ISBN : 2234064066
Éditeur : Stock (2010)


Note moyenne : 3.23/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Un homme tire un énorme paquet auquel il semble tenir plus que tout. Que renferme-t-il donc ? Le corps de sa femme qu'il aurait assassinée ? Les seuls biens qui lui restent ? Ses souvenirs, ses rêves, ses joies ? Les débris d'une vie ? Nos lâchetés, nos abandons, nos l... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 27 avril 2010

    LiliGalipette
    Pièce de Philippe Claudel.
    Un homme soliloque sur une scène. Il traîne derrière lui, avec lui, contre lui, un paquet qui semble lourd et dont la forme massive rappelle celle d'un corps. Dans une adresse au public et au monde, il raconte avec précipitation une vie, sa vie, toute une existence qui semble réussie mais dont le récit recèle des failles étonnantes.
    Cette pièce n'est pas une tirade. le discours s'interrompt pour laisser place à de longs effets visuels pendant lesquels le personnage s'affaire sur son paquet sans que jamais on ne puisse voir ce qu'il contient. Est-ce l'épouse de cet homme seul? Ou la noirceur du monde? "Moi j'ai seulement pris tout ce qui traînait, nos bassesses, nos veuleries, nos promesses reniées, toute la laideur du monde et celle de nos actes, et j'en ai fait un gros paquet." (p. 80)
    L'homme se livre avec frénésie à une relecture de sa vie. Après une litanie de mensonges sur sa réussite professionnelle et sociale, il dévoile ses faiblesses et ses échecs. Se dessine alors le récit d'une vie fantasmée qui emprunte à L'assommoir et à Germinal un peu de leur puissance pour nier la médiocrité et la solitude.
    Entre des phrases toutes faites aux allures de slogans publicitaires, des listes de faits divers, des réclames ou des morceaux de recettes culinaires, le discours s'emballe, esquisse des sujets, les abandonne et les reprend. Il semblerait que ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on raconte, mais pourquoi on le raconte. L'homme se vide devant un public silencieux. Teintée d'un peu de psychanalyse de comptoir comme celle que l'homme trouve auprès de Roger Freud, son analyste, l'histoire débitée sur le ton saccadé et assourdissant d'une émission télévisée est un exutoire, un déballage salutaire, une confession voire un testament. L'homme débite tout, abandonne tout et peut s'en aller.
    La force d'un pays se mesure-t-elle à la taille de son principal dirigeant? C'est ce que l'homme sous-entend: "Nous fûmes grands jadis, et de cette grandeur dont les échos ébranlaient les peuples lointains et les terres envieuses, il ne reste rien. Nous sommes passés, en l'espace de cinquante ans à peine, du mètre quatre-vingt-treize du Général de Gaulle aux ridicules 1670 millimètres de l'actuel résident du Faubourg Saint-Honoré." (p.44) Mais l'homme fait aussi l'apologie des imbéciles: "L'imbécile donne de l'espoir. C'est sa mission sur terre. C'est d'ailleurs pour cela que dans bien des pays progressistes et démocrates, nous en élisons un à la tête de l'État." (p 46) A cheval entre revendication politique, programme électoral et discours traditionnaliste, le monologue est une harangue molle pour un retour aux vraies valeurs. Molle puisque personne ne vient défendre l'homme ou acquiesser à son discours.
    Le soliloque s'achève sur une ultime pensée, adaptée de Blaise Pascal et de ses espaces infinis. La scène retourne au noir et au silence. Chaque lecteur/spectateur peut s'en retourner avec son paquet. J'aurais aimé assister à une représentation de la pièce. Elle a été créée par l'auteur en janvier 2010 au Petit Théâtre, à Paris. L'homme était joué par Gérard Jugnot.
    Philippe Claudel a une nouvelle fois su me séduire. Sa pièce est violente, elle bouscule, elle ne peut pas laisser indifférent. Après avoir été éblouie par Le rapport de Brodeck, je suis ravie, littéralement, par cette pièce. Elle se lit à toute vitesse, et elle doit être relue, à la lueur des derniers aveux de l'homme solitaire.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/04/27/17706364.html
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    • Livres 4.00/5
    Par patacaisse, le 12 avril 2010

    patacaisse
    Il est facile de lire cette pièce car c'est superbement bien écrit. L'écriture est fluide, les mots précis et j'ai imaginé très facilement Gérard Jugnot jouer le protagoniste.
    On se pose la question tout le long de ce livre : "qui est cet homme ?", et c'est cela qui fait continuer la lecture, plus que de savoir quel est la nature du paquet qu'il transporte.
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    • Livres 5.00/5
    Par Norlane, le 14 décembre 2011

    Norlane
    Un monologue intrigant, prenant, parlant. Un personnage qui s'imagine facilement, et qui met nos vies en question. Une petite chose qui se dévore et reste dans l'air après lecture.
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    • Livres 2.00/5
    Par Alienor, le 26 mai 2010

    Alienor
    Philippe Claudel est un touche à tout. Roman, livre pour enfants, cinéma, théâtre, il s'essaye à tous les genres et tout lui réussit. « Le paquet » est sa deuxième pièce, un monologue au cours duquel un homme livre au public les heurs et malheurs de sa vie. A ses côtés, un énigmatique paquet, lourd et encombrant, qui semble contenir les vestiges du passé de cet homme vieillissant et fatigué. A moins que, comme les didascalies le suggèrent, il ne s'agisse de tout autre chose…
    La suite sur mon blog...


    Lien : http://tassedethe.unblog.fr/2010/05/26/le-paquet-de-philippe-claudel/
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    • Livres 5.00/5
    Par Fleur, le 10 septembre 2010

    Fleur
    Cette pièce met en avant la sombre réalité qui nous traverse actuellement. « Nous mourons de posséder. Nous possédons trop. Trop d'argent. Trop de choses. Nous étouffons. »
    Ce long monologue nous livre un personnage à fleur de peau comme P. Claudel sait si bien le faire et qui transporte le lecteur (ou le spectateur) dans des émotions diverses: rire, questionnement,... pour finir la gorge serrée lors des dernières lignes. C'est une lecture que j'ai trouvé bouleversante!


    Lien : http://tournerlespages.over-blog.com/article-le-paquet-54624875.html
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Citations et extraits

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  • Par patacaisse, le 12 avril 2010

    On devrait toujours avoir un imbécile avec soi. Et il devrait être remboursé par la sécurité sociale. Je suis persuadé que si le nombre d'imbéciles au mère carré était multiplié, ne serait-ce que par deux, les taux de suicide et de dépression diminueraient d'autant. L'imbécile donne de l'espoir. C'est sa mission sur terre. C'est d'ailleurs pour cela que dans bien des pays progressistes et démocrates, nous en élisons un à la tête de l'Etat.
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Vidéo de Philippe Claudel

Bande annonce du second film de Philippe Claudel : Tous les soleils.








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