Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2755506407
Éditeur : 1001 Nuits (2012)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au cours d'une soirée où la meilleure société de Pétersbourg essaie de tromper son ennui, un vagabond sentant l'alcool et la crasse fait irruption au milieu des danseurs et s'empare d'un violon. Dès les premières notes, il se révèle être un musicien de génie et transpor... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (5)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 15 mars 2012

    Lune
    Inspirée par la rencontre avec un violoniste, « Un musicien déchu » est un nouvelle que Tolstoï publia au début de 1858 après l'avoir remaniée à plusieurs reprises, soit parce que lui-même n'en était pas content, soit à la demande de son éditeur qui la trouvait « scandaleuse » : trop éloignée de la pensée et des préoccupations sociétales de l'intelligentsia.
    En effet, Albert – nom du personnage principal qui donna d'ailleurs son titre original à la nouvelle – est un être marginal. Violoniste ayant perdu son emploi, et d'une certaine manière la raison et toute dignité, se réfugiant dans l'alcool à la suite d'une déception amoureuse mi-réelle, mi-fantasmée, Albert est présenté par Tolstoï comme étant l'artiste génial par excellence capable d'émouvoir jusqu'aux plus oisifs et blasés de la haute société. Délessov, l'un de ceux-là et un peu Tolstoï, lui-même en ces années 1850 aristocrate dandy, tente de le secourir mais en vain, au contraire : le sortir de sa déchéance lui serait fatal en lui faisant perdre son âme.
    On sait que Tolstoï tenait la musique en très haute estime : « Dieu sait à quel point l'impression de la musique dépasse l'impression des mots. » (Journal – 1896), ou encore : « Si cette civilisation s'en allait à tous les diables, je ne la regretterais pas, mais j'aurais du regret pour la musique (déclaration faite en 1910, année de sa mort). Pour Tolstoï, la musique est avant tout capable d'éveiller une fantasmagorie liée aux souvenirs. « Que me veut cette musique ? » (propos rapportés par son fils dans ses mémoires).
    Cette parabole, à l'encontre des idées de l'époque pour laquelle la musique devait être au service d'une cause, plaçant le rêve au-dessus de la réalité n'est pas loin de ce que développera Proust. C'est ce qui en fait tout le charme un peu désuet mais aussi un intéressant éclairage sur la Russie de l'époque et sur l'évolution de Tolstoï lui-même qui commençait dès ce moment à réfléchir à la place de l'art dans la société. Cette quête aboutira en 1898 à la publication de : « Qu'est-ce que l'art ? »
    Le texte intégral présenté par les Editions Mille et une Nuits est suivi par une postface fort intéressante écrite par Bernard Kreise – il est aussi le traducteur – intitulée joliment : « La musique du temps perdu ».
    Billet de Cantus
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 08 août 2013

    Lali
    Il y avait longtemps que je n'avais eu l'occasion de côtoyer des personnages aussi survoltés, passionnés et empreints d'un idéal suranné que ceux de la nouvelle de Tolstoï parue en 1858, Un musicien déchu, qui met en évidence ce que l'on appelle volontiers l'âme russe, à laquelle est presque aussi impossible de donner une définition que la saudade.
    Albert, un violoniste qui a tout perdu, son emploi, celle qu'il aimait et qui n'était pas éprise de lui, un toit et l'estime de lui-même, est ce musicien déchu auquel s'attache Délessov, un aristocrate qui voit en lui un violoniste d'exception qu'il faut à tout prix sauver de ses démons et de l'alcool tout en faisant en sorte que son immense talent soit reconnu à sa juste mesure.
    Mais on ne sauve pas qui ne veut pas être sauvé. Délessov le savait en hébergeant Albert afin le remettre sur « le droit chemin », mais il espérait secrètement faire mentir l'adage. Or, Albert, dans sa désespérance, son errance, sa quête de plaisirs éphémères pour oublier la tristesse de sa vie, son goût (immodéré) pour la fête, ne tient pas à être sauvé de lui-même ni à échapper à la vodka et au vin qui lui permettent de sortir de sa torpeur.
    Un musicien déchu ne sort pas de l'exercice que s'est imposé l'auteur, à savoir le portrait d'une âme profondément blessée, mais c'est un portait à la hauteur de celui qui a su dépeindre le peuple russe avec justesse, un écrivain qui avait un amour de la musique qui n'est pas sûrement pas étranger à celui qu'éprouve Délessov.
    Un texte qu'on souhaiterait davantage connu.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/un-musicien-dechu/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 16         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 28 octobre 2012

    sylvaine
    Nouvelle de Tolstoï parue dans les années 1850.Elle nous raconte l'histoire d'Albert musicien égaré dans la misère , l'alcool , la pauvreté qui débarque dans une réunion mondaine à Saint-Pétersbourg.La maîtresse de maison n'a pu l'empêcher d'entrer .La soirée est terne, les aristocrates présents s'ennuient, les femmes aussi, mais Albert s'empare de son violon et tout bascule.....
    L'un d'eux va vouloir lui sauver la mise, lui donner un toit , de quoi se vêtir , se nourrir mais Albert va fuir ..Un artiste ne peut vivre comme tout le monde,l'art n'a pas d'âge si reste le feu. Quelques réflexions retenues pour son traité sur l'art que publiera tardivement Tolstoï "Qu'est-ce que l'art?"
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Apikrus, le 23 juillet 2012

    Apikrus
    A la fin du XIXe siècle à Saint-Pétersbourg, un homme sale, mal vêtu et sentant l'alcool se présente à une soirée festive entre notables. Une servante reconnaît en lui un musicien qui rend parfois visite à sa maîtresse. Il entre dans la salle et y est rapidement remarqué, plus encore quand il se met à jouer du violon.
    Le contraste entre son talent et son apparence négligée intrigue les personnes présentes qui ne le connaissent pas, ainsi que le lecteur...
    C'est à travers le regard d'un homme qui veut aider ce musicien que nous le découvrons peu à peu. Son alcoolisme reflète - et résulte de - ses tourments, que l'auteur fait pressentir plus qu'il ne les décrit.
    Cette nouvelle présente les effets d'une profonde dépression d'un individu. Elle est aussi un hommage poussé à la musique et à ce qu'elle peut représenter pour ceux qui l'aiment.
    Les mélomanes apprécieront donc sans doute plus que moi cette nouvelle, dont la lecture m'a légèrement ennuyé, même si je reconnais que le portrait du personnage central est brillamment dressé.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Demoiselle-Coquelicote, le 09 juillet 2014

    Demoiselle-Coquelicote
    Ce sera une petite chronique, normal vu qu'Un musicien déchu est une nouvelle de Tolstoï, achevée en 1858. Son sujet principal en est, bien sûr, la musique… Lors d'une soirée privée qui s'est éternisée jusqu'aux dernières heures de la nuit, où le beau monde de Saint-Pétersbourg essaie de se divertir, une sorte de vagabond fait irruption et se met à jouer du violon, remuant jusqu'à l'âme des personnes présentes. Délessov n'y sera pas insensible et va décider de l'aider à sortir de la rue.
    J'adore cette petite collection chez Mille et une nuits, les ouvrages sont généralement pleins de petites choses intéressantes. Ici, il y a d'abord le texte tel que finalisé par Tolstoï, puis une annexe comprenant un passage qu'il n'a pas décidé de garder mais qui était pleinement rédigé. On trouve aussi une petite explication qui éclaire la nouvelle et une chronologie de la vie de Tolstoï. Tout ce qu'il faut pour apprécier au mieux ce court texte !

    On retrouve la structure que j'avais remarquée chez Anna Karénine : des chapitres courts et des phrases bien construites, jamais trop longues. La lecture est donc très fluide, facile et agréable. Il n'était pas encore au sommet de son art mais son écriture était déjà magnifique.

    Sur le fond, c'est une nouvelle vraiment très riche. Tolstoï y retranscrit son rapport très particulier, très passionné à la musique. Il s'est inspiré d'un homme qu'il avait rencontré et qui était presque fou de son art, et qui n'avait pu faire autrement que de chuter jusqu'à vagabonder malgré son talent incommensurable. La musique qui touche l'âme, transporter le lecteur dans des visions presque oniriques, réfléchir à la place de l'art, mais aussi à la vanité à travers le personnage de Délessov, qui veut se sentir bien au sujet de lui-même en aidant Albert. On n'est donc pas ici dans la peinture d'une société mais bien dans une nouvelle réflexive, où l'auteur plonge en lui-même et nous invite à faire de même. C'est très intéressant et court mais pas forcément facile d'accès sans les clés de compréhension, heureusement données dans cette édition.

    Encore un beau texte de Tolstoï, qui me fait penser que je devrais me bouger pour relire La mort d'Ivan Ilitch et pour découvrir Guerre et paix…

    Lien : http://sans-grand-interet.cowblog.fr/al-bert-3266884.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par sylvaine, le 20 octobre 2012

    "L'art est la manifestation supérieure de la puissance de l'homme.Il est donné à de rares élus et il élève celui qui est appelé à une hauteur telle qu'il est pris de vertige et qu'il lui est difficile de garder l'esprit clair.En art, comme dans toute lutte, il y a des héros qui sacrifient tout à son service et périssent sans avoir atteint leur dessein."(p57)

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la citation

  • Par sylvaine, le 20 octobre 2012

    ce que cela peut faire qu'il soit vieux?répliqua Albert d'in ton sévère.Il ne doit pas être vieux!Un artiste ne doit pas être vieux.Beaucoup de choses sont nécessaires pour faire de l'art,mais l'essentiel , c'est le feu!"ajouta-t'-il en faisant scintiller ses yeux et en levant les bras.(p 35)

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par Ninochka, le 20 octobre 2013

    Les notes du thème s'écoulèrent avec une aisance élégante, juste après une première lumière étonnamment claire et rassérénante qui avait soudain illuminé le monde intérieur de chacun des auditeurs. Aucun accent faux ou excessif ne vint briser l'envoûtement des témoins, toutes les notes étaient d'une clarté gracieuse et profonde. L'assistance entière se taisait et suivait le développement de la ligne mélodique dans une attente frémissante. Délaissant cet état d'ennui, de divertissement tapageur et de torpeur spirituelle où ils se trouvaient, ces gens furent soudain transportés, sans qu'ils s'en rendent compte, dans un tout autre monde qu'ils avaient oublié. Tantôt un sentiment de douce contemplation du passé ou un souvenir passionné d'un moment de bonheur surgissait dans leur âme, tantôt une exigence illimitée de pouvoir et de faste, tantôt un sentiment de soumission, d'amour inassouvi et de tristesse. Les notes, exprimant soit une triste tendresse, soit une bouffée de désespoir, s'entremêlaient en toute liberté, s'écoulaient, s'écoulaient l'une après l'autre si élégamment, d'une façon si puissante et si instinctive que ce n'étaient plus des sons que l'on percevait, mais le flux superbe d'une poésie depuis longtemps connue mais qui s'exprimait pour la première fois et emplissait naturellement l'âme.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Sael, le 28 août 2013

    Délaissant cet état d'ennui, de divertissement tapageur et de torpeur spirituelle où ils se trouvaient, ces gens furent soudain transportés, sans qu'ils s'en rendent compte, dans un tout autre monde qu'ils avaient oublié. (p.14)

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par Sael, le 28 août 2013

    Malgré son incohérence, tous ces souvenirs s'offraient à son imagination avec une telle clarté que, fermant les yeux, il ne savait ce qui était le plus réel - ce qu'il faisait ou ce qu'il pensait ? (p.54)

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

> voir toutes (26)

Videos de Léon Tolstoï

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Léon Tolstoï

Léon Tolstoi (13) - Présence de Tolstoi - Henri Guillemin








Sur Amazon
à partir de :
3,85 € (neuf)
11,00 € (occasion)

   

Faire découvrir Un musicien déchu par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (18)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz