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ISBN : 2081309556
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.94/5 (sur 594 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le jeu brûle tout. Il est la passion. Il est le rêve.
L'enfer et la démesure. Le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. Il est l'argent !

Autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 09 janvier 2013

    peloignon
    Pour reprendre la célèbre distinction kantienne, tous les romans de Dostoïevski sont dénués de beauté puisqu'ils sont consacrés au sublime. C'est d'ailleurs particulièrement le cas dans ce roman, où se déploie dans une tension presque insoutenable la facticité humaine la plus médiocre.
    En effet, les personnages sont ici réduis à de creux grains de poussières, vivotants dans l'impression trompeuse d'une appartenance propre en attendant que le hasard provoque leur mouvement : « Par moment, j'ai encore l'impression que je suis pris dans ce tourbillon, que l'orage va se déchaîner, me saisir au passage avec son aile et que, perdant l'équilibre et le sens de la mesure, je vais me mettre à tourner, tourner, tourner… » (p.179)
    La passion règne en maître, elle emporte tout et décide tout, faisant et défaisant l'échelle hiérarchique sans aucune entrave. On y voit un général renvoyer son précepteur pour une peccadille et revenir le jour suivant le supplier de le sauver; des femmes mépriser et admirer un même homme selon l'efficacité avec laquelle il peut leur offrir quelque prestige reconnu; une vielle vivant en réclusion et qu'on aimerait voir morte devenir soudain la reine du bal sitôt qu'elle se présente, etc.. Tout ce tourbillon absurde où chacun s'entre dévore force le lecteur à vivre l'instabilité absolue de l'atmosphère passionnelle qui m'apparaît être le véritable sujet du roman.
    Quant au jeu, l'exposé psychologique en vaut franchement le détour. L'état d'inconscience du joueur en action, frappé de plein fouet par la vitesse inouïe où se déroule l'enchaînement machinal du jeu est rendu de manière très frappante. le cynisme du mécanisme qui se déploie dans les salles de jeu, comme le fait que le pire qui puisse arriver pour faire Le joueur compulsif soit qu'il gagner une forte somme le premier coup, (dans la mesure, évidemment où notre classe sociale nous en fait sentir la valeur (p.37)) et que même les joueurs les plus aguerris savent à quel point il est presque « impossible de s'approcher de la table de jeu sans immédiatement subir la contagion de la superstition »(p.39) font sentir quelque chose comme un vertige devant ce gouffre. Quant à l'état du joueur compulsif, il se montre, dans l'extrait suivant, au cœur de l'horizon clair obscur d'un obsédé, dans un rare instant de semi-conscience: « Je vis dans une angoisse continuelle; je joue très peu à la fois et j'attends, je fais des calculs; je reste des journées entières près de la table de jeu…mais cependant il me semble que je me suis endurci, que je me suis embourbé dans la fange » (p.245). Sitôt qu'elle est prise par la passion, le jeu devient implacable et irrésistible, comme le fer et la poussière de l'existence, une aimant.
    Toutes ces descriptions sentent le vécu et l'auteur, qui s'est sorti d'une vie de joueur, ne pouvait conclure autrement qu'en présentant la possibilité de s'en sortir. Aussi, pour arrêter le jeu, comme pour n'importe quelle autre passion digne de ce nom, Dostoïevski nous indique qu'il « suffirait, une seule fois, d'avoir du caractère et, en une heure, je peux changer toute ma destinée. L'essentiel, c'est le caractère » (p.255). le caractère qui rendrait la vie aux creux grains de poussières, qui pourrait libérer de l'emprise des vents et marées que le hasard voudra bien apporter, tout est là. Mais cette possibilité n'y est qu'évoquée.
    Reste donc à savoir comment le caractère peut devenir effectivement possible...mais est-ce, justement, à savoir?
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 27 mars 2013

    fredho
    Au xixè à Roulettenbourg en Allemagne, dans une petite ville thermale à l'apparence paisible se déchaîne la passion pour le jeu dans un casino fréquenté par la haute société.
    Un jeune précepteur russe Alexis Ivanovitch est au service d'un général retraité et de sa famille composée de deux enfants et de sa belle fille Paulina Alexandrowna dont Alexis est follement épris.
    Autour de cette famille russe, vient se greffer des personnages tels que Blanche jeune et belle française opportuniste convoitée par le vieux général, Astley jeune et riche anglais amoureux de Paulina, et le marquis Des Grieux un français homme d'affaires sans scrupules aimé de Paulina qui possède l'hypothèque des biens du général ruiné.
    Paulina qui est liée à une dette, traite cruellement le précepteur, Alexis fou d'amour s'avilit tel un esclave aux exigences de la jeune femme, au point de se risquer à tous les dangers quitte à mourir pour elle. Celle-ci lui demandera de jouer à la roulette afin de résorber sa dette.
    Dans l'attente de l'héritage escompté de sa vieille tante qui doit prochainement mourir, le général espère épouser Blanche et rembourser le marquis, un marquis impatient de saisir des opportunités sur ce fameux héritage.
    Mais un beau jour la vieille tante « La Baboulinka » débarque à la surprise de tout ce petit monde, la vieille dame acariâtre qui n'a pas de leçons à recevoir, se risque au jeu de la roulette au grand désespoir du général, de Blanche et du marquis angoissés à l'idée que sa fortune se dilapide.
    Mais la chance du débutant ne dure pas, et la passion du jeu prend le dessus sur la raison !
    Alexis est également emporté par la fièvre du jeu, conscient que lui seul pourrait changer sa destinée « renaître et ressusciter », il aimerait redevenir un homme capable de tenir bon et de ne pas rechuter afin que l'amour ressorte vainqueur et que la passion du jeu se perde.
    Mais Alexis est un esclave du jeu mais surtout esclave de lui-même !
    Un livre sur les passions de l'amour et du jeu, « Le joueur » roman autobiographique vous entraîne dans une tension diabolique, on vit le jeu de la roulette avec frénésie, comme Le joueur nos jambes tremblent, nos mains sont moites, nos fronts ruissellent, la peur nous saisit en attendant les annonces du croupier.
    En parallèle Dostoïevski dépeint la noblesse russe, la positionne sur un piédestal face à une Europe qu'il a tendance à dénigrer : « je vis ce vilain, ce faux sourire français que je déteste » mais qu'on lui pardonne ce roman est (à mes yeux) un petit chef d'œuvre.
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  • Par PiertyM, le 12 octobre 2013

    PiertyM
    Le jeu peut-être considéré comme une pénitence. Celle-là qui incarne la bon Dieu et le beau Diable. Il est le refuge des personnages ou tout au moins de leur médiocrité ou encore de l'absurdité de leurs actes. le jeu est en quelque sorte leur lave-main, ils croient y retrouver un acte de purification. ils s'y gravitent comme s'ils imploraient le bon dieu ... puis ils découvrent un beau diable qui semble leur sourire...
    Une autobiographie bien poignante car le jeu dans ce livre commence au premier mot du livre jusqu'au dernier. Tout n'a été que jeu dans ce livre même des personnages n'ont été que des jeux, leurs rapports également n'ont été que des jeux.
    Il faut avoir connu le jeu pour pouvoir écrire de la sorte.
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    • Livres 5.00/5
    Par floyd2408, le 29 décembre 2013

    floyd2408
    Ce petit roman fût écrit par obligation en 27 jours pendant l 'écriture de Crime et châtiment ....Après un contrat signé avec son éditeur Stellovski qui l'oblige de lui rendre un roman au bout d'un moi autrement il devra durant les 9 années qui suivent écrire gratuitement .....Ainsi il prends les services d'une sténographe A.G Snitkina qui sera sa futur femme pour l 'élaboration de ce roman ....Après bien des tumultes Dostoïevski réussit l 'exploit d'écrire et de le rendre à temps ..obligé de le remettre à la police du quartier pour certifié de la date de la remise du roman à son éditeur perfide ....
    Dostoïevski avec le temps très court puisse dans sa vie pour parfaire ce livre et ses lectures aussi celles du bagne ...C est un Roman brut sans peaufinement marquant déjà le style de cet auteur Russe torturé ....Le héros un Russe apatride vivant le temps d'un instant dans une ville d'eaux avec son Casino et sa roulette aux histoires infinies se perd de son existence pour le Jeu...
    Percepteur pour un Générale en ruine fou d'amour pour une Française Mademoiselle Blanche ....appelé successivement Zelma deux ans auparavant puis De Cominges ensuite Du Placet pour devenir finalement Madame Zagoriansky ...
    Notre Joueur Alexai perdu dans cette famille ou le générale s'émarouche d'une femme superficiel .accompagné d'un Français dit le françouzik Marquis DesGrieux possédant une hypothèque sur les biens du générale et la belle fille de ce dernier l élue du cœur de ce russe outchitel ...Des scènes drôles fourmillent dans ce livre -Lorsque La Grand mère arrive dont ils attendaient tous un télégramme pour annoncer sa mort afin de toucher l héritage et rembourser le Français .....
    Le jeu débute avec Pauline Alexandrovna lorsqu'elle demande à Alexeï Ivanovitch de jouer pour elle ....Il prend gout au plaisir du casino mais il veut jouer pour lui ...il absorbe la réalité pour un virtuel de devoir jouer ....il s’obsède de cette idée qu'il doit absolument jouer ..puis ensuite la grand-mére bascule dans cette folie enfantine de son age pour se ruiner dans ce passage ironique avec les Polonais ...Enfin il joue pour lui avec frénésie grâce à l'amour qui caresse son être pour Cette Pauline ....il deviendra joueur ...Ce joueur dans son âme pour ressentir la vie qui coule en lui au détriment de cet amour véritable qui entoure son cœur....
    Dostoïevski livre l'amour de sa vie réel dans cette histoire avec Apollinaria Souslova ...Leur prénom est identique .l 'auteur raconte cet amour déçu avec poésie .il cède une part de sa vie mais avec Blanche on découvre l 'idéale de ses rêves ..ce côté irréel .cette part de songe ....
    C 'est un livre étonnant que j 'ai adoré ...je l'ai dévoré ...je l'ai décortiqué ....je pourrais en parler encore et encore ....
    je vous le conseille ...
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    • Livres 5.00/5
    Par Acerola13, le 29 décembre 2012

    Acerola13
    Passionnant, envoûtant, troublant ! Tel est ce court roman de Dostoïevski qui présente un jeune russe au statut obscur, amoureux transi et joueur incontrôlable. Loin du cliché de l'homme pris de remords et irréfléchi dans sa maniere de jouer, "Le joueur" décrit un personnage extrêmement précis, tant dans ses sentiments que dans ses transports invétérés pour le jeu. Loin de réprouver l'action que l'on pourrait dire immorale du narrateur, l'on plonge avec lui et l'on tremble en attendant que la bille s'imobilise ; par un coup de maître, Dostoïevski nous fait ressentir jusqu'aux plus infimes sentiments de son joueur, évoluant dans le monde de l'aristocratie russe, ruiné et pourri par le besoin d'argent que l'on s'empresse de perdre.
    Une belle ode a l'absurdite de certaines actions humaines irrépressibles.
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Citations et extraits

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  • Par PiertyM, le 12 octobre 2013

    ….ce que j’ai vu chez ces gens-là révolte ma nature tartare. Par Dieu ! je ne veux pas de telles vertus ! J’ai eu le temps de faire dans les environs un bout de promenade vertueux. Eh bien, c’est tout à fait comme dans les petits livres de morale, vous savez, ces petits livres allemands, avec des images ? Ils ont dans chaque maison un vater très vertueux et extraordinairement honnête, si honnête et si vertueux qu’on ne l’approche qu’avec effroi ; le soir, on lit en commun des livres de morale. Autour de la maison, on entend le bruit du vent dans les châtaigniers ; le soleil couchant enflamme le toit et tout est extraordinairement poétique et familial... Je me souviens moi-même que feu mon père, sous les tilleuls, dans son jardinet, pendant les beaux soirs, nous lisait aussi, à ma mère et à moi, de pareils livres... Eh bien ! chaque famille ici est réduite par son vater à l’esclavage absolu. Tous travaillent comme des bœufs, tous épargnent comme des Juifs. Le vater a déjà amassé un certain nombre de florins qu’il compte transmettre à son fils aîné avec sa terre ; pour ne rien détourner du magot, il ne donne pas de dot à sa fille, à sa pauvre fille qui vieillit vierge. De plus, le fils cadet est vendu comme domestique ou comme soldat, et c’est autant d’argent qu’on ajoute au capital. Ma parole !... Tout cela se fait par honnêteté, par triple et quadruple honnêteté ; le fils cadet raconte lui-même que c’est par honnêteté qu’on l’a vendu. Quoi de plus beau ? La victime se réjouit d’être menée à l’abattoir ! D’ailleurs, le fils aîné n’est pas plus heureux. Il a quelque part une Amalchen avec laquelle il est uni par le cœur, mais il ne peut pas l’épouser parce qu’il n’a pas assez de florins. Et ils attendent tous deux sincèrement et vertueusement. Ils vont à l’abattoir avec le sourire sur les lèvres ; les joues de l’Amalchen commencent à se creuser ; elle sèche sur pied. Encore un peu de patience ; dans vingt ans la fortune sera faite, les florins seront honnêtement et vertueusement amassés. Alors, le vater bénira son fils, un jeune homme de quarante ans, et l’Amalchen, une jeunesse de trente-cinq, à la poitrine plate et au nez rouge. À ce propos, il pleurera, il lira de la morale et puis... il mourra. L’aîné deviendra à son tour un vater vertueux, et la même histoire recommencera. Dans cinquante ou soixante-dix ans, le petit-fils du premier vater continuera l’œuvre, amassera un gros capital et alors... le transmettra à son fils ; celui-ci au sien, et, après cinq ou six générations, naît enfin le baron de Rothschild, ou Hoppe et Cie, ou le diable sait qui. Quel spectacle grandiose ! Voilà le résultat de deux siècles de patience, d’intelligence, d’honnêteté, de caractère, de fermeté... et la cigogne sur le toit ! Que voulez-vous de plus ? Ces gens vertueux sont dans leur droit quand ils disent : ces scélérats ! en parlant de tous ceux qui n’amassent pas, à leur exemple. Eh bien ! j’aime mieux faire la fête à la russe ; je ne veux pas être Hoppe et Cie dans cinq générations ; j’ai besoin d’argent tout de suite ; je me préfère à mon capital...
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  • Par tamara29, le 02 juin 2013

    Et puis, vous savez quoi ? Il est dangereux pour nous de marcher l'un à côté de l'autre ; j'ai senti plusieurs fois des envies irrépressibles de vous battre, de vous défigurer, de vous tordre le cou. Vous penserez que je n'oserai pas ? Vous finirez par me rendre vraiment malade. C'est du scandale, peut-être, que j'aurai peur ? Ou de votre colère ? Mais, qu'est-ce que j'en ai à faire, de votre colère ? Je vous aime sans espoir, et je sais qu'après ça, je vous aimerai encore mille fois plus. Si je vous tue un jour, il faudra bien que je me tue moi-même ; eh bien, je resterai le plus longtemps possible sans me tuer, pour ressentir le plus longtemps possible cette douleur monstrueuse d'être sans vous. Vous savez le plus incroyable ? Chaque jour, je vous aime un peu plus, et c'est pourtant presque impossible. Après cela, comment ne serais-je pas fataliste ?
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  • Par balrog, le 03 mai 2013

    Oui, il arrive que l'idée la plus folle, la plus invraisemblable, s'affirme dans votre esprit avec une force telle que vous en arrivez à la croire réalisable... Bien plus, si cette idée est conjuguée avec un désir violent, passionné, vous finissez parfois par la prendre pour une chose fatale, nécessaire, prédestinée; cela ne peut pas ne pas être, cela ne peut pas ne pas se produire !

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  • Par fredho, le 25 mars 2013

    Que m'importe votre colère! J'aime avec désespoir, et je sais que plus tard je vous aimerai cent fois plus. Si je vous tue un jour, il faudra bien que je me tue aussi. Alors je me tuerai le plus tard possible, afin de ressentir cette souffrance atroce sans vous.

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  • Par emileparte, le 19 juillet 2012

    Je sors de la gare et je retrouve, dans mon gousset, encore un florin. J’ai donc de quoi diner, pensai-je. Et je n’avais pas fait cent pas que je retournais au salon de jeu. Je mis mon florin sur « manque », et vraiment il y a quelque chose de particulier en ceci : un homme seul, loin de son pays natal, loin de ses amis, sans savoir s’il mangera aujourd’hui, risque son dernier florin, le dernier des derniers ! J’ai gagné, et, vingt minutes après, je sortais avec cent soixante-dix florins dans ma poche. C’est un fait ! Voilà mon dernier florin ! Et que serais-je devenu si j’avais manqué de courage ?...
    Demain, demain, tout finira…
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