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ISBN : 2081309556
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.92/5 (sur 670 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le jeu brûle tout. Il est la passion. Il est le rêve.
L'enfer et la démesure. Le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. Il est l'argent!

Autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 09 janvier 2013

    peloignon
    Pour reprendre la célèbre distinction kantienne, tous les romans de Dostoïevski sont dénués de beauté puisqu'ils sont consacrés au sublime. C'est d'ailleurs particulièrement le cas dans ce roman, où se déploie dans une tension presque insoutenable la facticité humaine la plus médiocre.
    En effet, les personnages sont ici réduis à de creux grains de poussières, vivotants dans l'impression trompeuse d'une appartenance propre en attendant que le hasard provoque leur mouvement : « Par moment, j'ai encore l'impression que je suis pris dans ce tourbillon, que l'orage va se déchaîner, me saisir au passage avec son aile et que, perdant l'équilibre et le sens de la mesure, je vais me mettre à tourner, tourner, tourner… » (p.179)
    La passion règne en maître, elle emporte tout et décide tout, faisant et défaisant l'échelle hiérarchique sans aucune entrave. On y voit un général renvoyer son précepteur pour une peccadille et revenir le jour suivant le supplier de le sauver; des femmes mépriser et admirer un même homme selon l'efficacité avec laquelle il peut leur offrir quelque prestige reconnu; une vielle vivant en réclusion et qu'on aimerait voir morte devenir soudain la reine du bal sitôt qu'elle se présente, etc.. Tout ce tourbillon absurde où chacun s'entre dévore force le lecteur à vivre l'instabilité absolue de l'atmosphère passionnelle qui m'apparaît être le véritable sujet du roman.
    Quant au jeu, l'exposé psychologique en vaut franchement le détour. L'état d'inconscience du joueur en action, frappé de plein fouet par la vitesse inouïe où se déroule l'enchaînement machinal du jeu est rendu de manière très frappante. le cynisme du mécanisme qui se déploie dans les salles de jeu, comme le fait que le pire qui puisse arriver pour faire Le joueur compulsif soit qu'il gagner une forte somme le premier coup, (dans la mesure, évidemment où notre classe sociale nous en fait sentir la valeur (p.37)) et que même les joueurs les plus aguerris savent à quel point il est presque « impossible de s'approcher de la table de jeu sans immédiatement subir la contagion de la superstition »(p.39) font sentir quelque chose comme un vertige devant ce gouffre. Quant à l'état du joueur compulsif, il se montre, dans l'extrait suivant, au cœur de l'horizon clair obscur d'un obsédé, dans un rare instant de semi-conscience: « Je vis dans une angoisse continuelle; je joue très peu à la fois et j'attends, je fais des calculs; je reste des journées entières près de la table de jeu…mais cependant il me semble que je me suis endurci, que je me suis embourbé dans la fange » (p.245). Sitôt qu'elle est prise par la passion, le jeu devient implacable et irrésistible, comme le fer et la poussière de l'existence, une aimant.
    Toutes ces descriptions sentent le vécu et l'auteur, qui s'est sorti d'une vie de joueur, ne pouvait conclure autrement qu'en présentant la possibilité de s'en sortir. Aussi, pour arrêter le jeu, comme pour n'importe quelle autre passion digne de ce nom, Dostoïevski nous indique qu'il « suffirait, une seule fois, d'avoir du caractère et, en une heure, je peux changer toute ma destinée. L'essentiel, c'est le caractère » (p.255). le caractère qui rendrait la vie aux creux grains de poussières, qui pourrait libérer de l'emprise des vents et marées que le hasard voudra bien apporter, tout est là. Mais cette possibilité n'y est qu'évoquée.
    Reste donc à savoir comment le caractère peut devenir effectivement possible...mais est-ce, justement, à savoir?
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 27 mars 2013

    fredho
    Au xixè à Roulettenbourg en Allemagne, dans une petite ville thermale à l'apparence paisible se déchaîne la passion pour le jeu dans un casino fréquenté par la haute société.
    Un jeune précepteur russe Alexis Ivanovitch est au service d'un général retraité et de sa famille composée de deux enfants et de sa belle fille Paulina Alexandrowna dont Alexis est follement épris.
    Autour de cette famille russe, vient se greffer des personnages tels que Blanche jeune et belle française opportuniste convoitée par le vieux général, Astley jeune et riche anglais amoureux de Paulina, et le marquis Des Grieux un français homme d'affaires sans scrupules aimé de Paulina qui possède l'hypothèque des biens du général ruiné.
    Paulina qui est liée à une dette, traite cruellement le précepteur, Alexis fou d'amour s'avilit tel un esclave aux exigences de la jeune femme, au point de se risquer à tous les dangers quitte à mourir pour elle. Celle-ci lui demandera de jouer à la roulette afin de résorber sa dette.
    Dans l'attente de l'héritage escompté de sa vieille tante qui doit prochainement mourir, le général espère épouser Blanche et rembourser le marquis, un marquis impatient de saisir des opportunités sur ce fameux héritage.
    Mais un beau jour la vieille tante « La Baboulinka » débarque à la surprise de tout ce petit monde, la vieille dame acariâtre qui n'a pas de leçons à recevoir, se risque au jeu de la roulette au grand désespoir du général, de Blanche et du marquis angoissés à l'idée que sa fortune se dilapide.
    Mais la chance du débutant ne dure pas, et la passion du jeu prend le dessus sur la raison !
    Alexis est également emporté par la fièvre du jeu, conscient que lui seul pourrait changer sa destinée « renaître et ressusciter », il aimerait redevenir un homme capable de tenir bon et de ne pas rechuter afin que l'amour ressorte vainqueur et que la passion du jeu se perde.
    Mais Alexis est un esclave du jeu mais surtout esclave de lui-même !
    Un livre sur les passions de l'amour et du jeu, « Le joueur » roman autobiographique vous entraîne dans une tension diabolique, on vit le jeu de la roulette avec frénésie, comme Le joueur nos jambes tremblent, nos mains sont moites, nos fronts ruissellent, la peur nous saisit en attendant les annonces du croupier.
    En parallèle Dostoïevski dépeint la noblesse russe, la positionne sur un piédestal face à une Europe qu'il a tendance à dénigrer : « je vis ce vilain, ce faux sourire français que je déteste » mais qu'on lui pardonne ce roman est (à mes yeux) un petit chef d'œuvre.
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  • Par PiertyM, le 12 octobre 2013

    PiertyM
    Le jeu peut-être considéré comme une pénitence. Celle-là qui incarne la bon Dieu et le beau Diable. Il est le refuge des personnages ou tout au moins de leur médiocrité ou encore de l'absurdité de leurs actes. le jeu est en quelque sorte leur lave-main, ils croient y retrouver un acte de purification. ils s'y gravitent comme s'ils imploraient le bon dieu ... puis ils découvrent un beau diable qui semble leur sourire...
    Une autobiographie bien poignante car le jeu dans ce livre commence au premier mot du livre jusqu'au dernier. Tout n'a été que jeu dans ce livre même des personnages n'ont été que des jeux, leurs rapports également n'ont été que des jeux.
    Il faut avoir connu le jeu pour pouvoir écrire de la sorte.
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    • Livres 5.00/5
    Par Neurot, le 10 août 2014

    Neurot
    Quand la passion devient une prison. Nous sommes au 19ème siècle et une petite famille, noble juste par le titre, se rend à Roulettebourg en espérant sa chance arriver. Il y a le général qui attend impatiemment la mort de sa vieille tante pour toucher l'héritage et se marier avec une jeune et magnifique française, la femme de ses rêves. Il y a la belle fille du général, Paulina, courtisé par un français qui n'attend lui aussi que la mort de la vielle pour toucher la dote d'un éventuel mariage avec elle. Et il y a surtout le précepteur de cette famille, le narrateur du livre. Un homme de passion, désinvolte à bien des égards, qui vie une relation d'amour/haine/soumission avec Paulina, avant que la folie du jeu n'emporte tout.
    Ce livre est assez court pour du Dostoievski, normal quand on connait le contexte de son écriture. L'auteur Russe n'avait que quelques mois pour rendre un manuscrit à son éditeur, sinon il perdait les droits sur ses précédentes et ses prochaines parutions. Déjà à l'époque la folie du jeu l'avait gagné et il était constamment sans le sous.
    Avec ce récit relativement simple Dostoievski nous parle de plusieurs choses. La folie du jeu évidement, palpable, terrible, les scènes dans le casino sont carrément oppressantes.. Gagner au jeu pour devenir quelqu'un. Mais il parle aussi de l'étranger, et on y entrevoit la déception qu'a été pour lui ses voyages en Europe de l'ouest, de cette pathétique société du paraître et de l'argent roi. Il parle aussi d'une autre passion destructrice, celle de son narrateur envers la belle et cruelle Paulina, une facette de l'histoire qui là aussi semble directement tiré de sa vie personnelle.
    Il est assez terrible de voir que ce livre n'a pas permis à son auteur de se défaire de son addiction, de cette auto-destruction par le jeu, malgré l'analyse terrible qu'il en fait dans cet ouvrage. Un livre très prenant et qui fait réfléchir.
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    • Livres 5.00/5
    Par patrick75, le 28 avril 2014

    patrick75
    Une ville d'eau en Allemagne, un hôtel, un grand parc pour les promenades et...un casino. C'est dans ce lieu que se retrouve une poignée d'immigrés russe. de noblesse, ils n'ont plus que le titre. Dostoïevski crée une ambiance très feutrée, où les personnages se croisent à tour de rôle.
    Une galerie de portraits pathétiques où le "paraître" est la règle.
    Bien sur, il y a le côté "torturé" des individus commun à l'auteur, on pourrait presque parler de masochisme, de folie.
    Avez-vous jamais joué à la" roulette russe" ? Ce livre est pour vous.
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Citations et extraits

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  • Par Bruno_Cm, le 24 août 2014

    J'ai maintenant quinze louis d'or, et il fut un temps où je me mettais à jouer avec quinze florins seulement ! Si je commence avec prudence... et après tout me prend-on vraiment pour un enfant ? Est-ce que je ne comprends pas moi-même que je suis un homme fini ? Mais, au fond, pourquoi ne pourrais-je pas revivre ? Oui ! Il suffit, ne serait-ce qu'une fois dans la vie, d'être prudent et patient, et... c'est tout ! Il suffit qu'une fois seulement je tienne bon, et en une heure je peux changer toute ma destinée !
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  • Par Bruno_Cm, le 24 août 2014

    Je sortis de la chambre en courant sans répondre à son regard interrogateur ; elle me cria quelque chose, mais je ne me retournai pas.
    Oui, il arrive que l'idée la plus folle, la plus invraisemblable s'affirme dans votre esprit avec une force telle que vous en arrivez à la croire réalisable... Bien plus, si cette idée est conjuguée avec un désir violent, passionné, vous finissez parfois par la prendre pour une chose fatale, nécessaire, prédestinée ; cela ne peut pas ne pas être, cela ne peut pas ne pas se produire ! Il y a peut-être là encore autre chose, certaine combinaison de pressentiments, un effort de volonté exceptionnel, une auto-intoxication de l'imagination... que sais-je encore ? Mais ce soir-là, et je ne l'oublierai jamais, j'ai vécu un prodige. L'arithmétique en rend d'ailleurs parfaitement compte. Pour moi, l'événement n'en demeure pas moins prodigieux.
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  • Par Bruno_Cm, le 23 août 2014

    - J'ignore s'il y a du vrai dans vos paroles, dit le général, songeur, mais je sais pour sûr que dès qu'on vous lâche un peu la bride vous commencez à exagérer de façon insupportable..."
    Suivant son habitude, il laissa sa phrase en suspens. Quand notre général abordait un sujet un tant soit peu sérieux qu'une conversation ordinaire, il ne terminait jamais ses phrases. Le Français, d'une oreille distraite, écoutait, les yeux légèrement écarquillés. Il n'avait presque rien compris de ce que j'avais dit.
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  • Par Bruno_Cm, le 23 août 2014

    J'avais l'idée baroque et folle de gagner ici, au jeu, à coup sûr. Je ne comprends pas comment cette idée est entrée dans ma tête,mais j'y croyais fermement. Qui sait, j'y croyais peut-être parce que je n'avais plus le choix.
    - Ou parce qu'il vous était plus que nécessaire de gagner. C'est tout à fait comme celui qui se noie et qui s'accroche à un fétu. Avouez que si l'on n'était pas en train de perdre pied on ne prendrait pas un fétu de paille pour un tronc d'arbre."
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  • Par Bruno_Cm, le 23 août 2014

    Il est tellement vertueux qu'on a peur de l'approcher. Je déteste les honnêtes gens qu'on craint d'aborder.

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