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ISBN : 2253067083
Éditeur : Le Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 4.3/5 (sur 605 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meil... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 27 mars 2014

    Nastasia-B
    L'idiot, l'une des quatre ou cinq œuvres phares de Fiodor Dostoïevski, est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, c'est-à-dire avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles s'étageant des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de la très haute aristocratie comme chez Tolstoï) avec différentes identités constitutives assez complexes et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'œil, etc.).
    Le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits.
    Le sujet du roman semble être l'effet produit par l'apparition dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux comme de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie.
    Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé.
    Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps.
    Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation, ne sachant plus trop qui est le "con" du dîner.
    Mais un roman russe du XIXème ne serait pas tout à fait un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour, dont une œuvre comme Anna Karénine constitue l'un des fleurons du genre.
    Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le cœur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée.
    C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux, qui, selon moi, n'apportent pas forcément un élan, une grandeur supplémentaire au roman, mais semblent avoir été des expédients pour Dostoïevski, lui permettant à la fois d'aborder quelques notions connexes, mais surtout, de faire des pages, lui qui publiait ses romans en feuilletons et qui avait un besoin vital de se les faire payer comme qui dirait " au poids ".
    D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui est toujours éminemment discutable sachant bien sûr que cela ne veut absolument pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, quel genre d'Idiote suis-je pour donner des avis sur des œuvres qui ont fait leur preuves ?
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    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 09 juillet 2013

    isajulia
    Encore novice en littérature russe, il était grand temps que je m'y mette. Souhaitant découvrir Dostoïevski depuis un moment, c'est sur l'Idiot que mon choix s'est arrêté, je ne le regrette pas d'ailleurs.
    L'histoire est celle du prince Muichkine, épileptique, qui après avoir passé une grande partie de sa vie en Suisse pour recevoir les soins adéquats à sa maladie, revient à Saint-Pétersbourg pour retrouver une de ses parentes éloignées, Elisabeth Prokofievna( la générale Epantchine). Grâce à son titre et cette parenté avec la générale, notre bon prince va accumuler les rencontres avec des personnages hauts en couleurs. Son immersion dans une société calculatrice et corrompue va entraîner cette âme pure vouée à faire le bien dans une spirale d'intrigues superficielles qui placeront le prince en position d'idiot, car lucide dans son analyse des choses et des gens qui l'entourent. Débordant de simplicité et de gentillesse, Muichkine va vite devenir l'agneau dans la meute de loups...
    Magnifique, grandiose, phénoménal, ce roman ne m'a pas laissée indifférente, j'ai presque honte d'avoir fait un court résumé car cette oeuvre ne se lit pas, elle se vit page à page. Grâce à ses nombreux personnages,tous pourvus de caractères bien distinct, le récit offre un portrait intéressant de la société russe du XIXème siècle. Le prince, catapulté au milieu de ces gens prêts à tout fait un peu office de ver dans la pomme, chamboulant les conventions, disant tout haut ce qu'il ne faudrait pas mentionner. Malgré tout, le prince n'est pas si idiot que ça, je l'ai trouvé irradiant de beauté, comme un ange descendu du ciel pour accomplir une mission, finissant par forcer l'admiration des hommes et la passion chez les femmes. Ce livre est fort, malgré son nombre conséquent de pages (900), il nous entraîne dans les abîmes de la folie humaine au fur et à mesure des événements. Tout comme son héros, Dostoïevski "sait raconter" et nous offre une intrigue vivante et haletante avec une fin magistrale à couper le souffle. J'ai adoré et je dirait aux lecteurs qui souhaitent découvrir l'Idiot de ne pas se laisser décourager par la taille du livre et certains passages relativement longs, il faut le lire avec le coeur, prendre le temps de le ressentir, il en vaut la peine!
    A lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 02 juin 2011

    vanuatu2000
    Lire" l'idiot" est un exercice fastidieux.
    En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
    "l'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
    Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
    Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
    Dostoïevski a voulu repenser sa société.
    Avec "l'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.
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    • Livres 3.00/5
    Par noor, le 20 septembre 2013

    noor
    Je pense que j'aurais pu beaucoup aimer ce livre s'il ne m'avait pas fallu 460 pages pour comprendre que la dizaine de personnages principaux portaient chacun trois noms de famille, un diminutif et un surnom.
    (Je me disais bien que çà faisait beaucoup de personnages principaux..)
    Le prince Mychkine et Nastassia Filippovna sont des personnages à la psychologie riche et attachante, et je ne voulais pas en rester là.
    Après avoir baissé les bras une première fois, pour un motif aussi ridicule, je décidai de prendre mon courage à deux mains et de retenter l'expérience.
    Afin de remettre mes idées au clair et de repartir sur de bonnes bases, j'eus la lumineuse idée de lire l'article concernant le roman sur Wikipedia, dont le résumé de l'histoire... jusqu'à ce que j'apprenne la fin .
    L'idiot , par une Idiote.
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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 03 octobre 2010

    cprevost
    Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C'est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d'ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L'intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d'apprendre de l'autre. Lire ce n'est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c'est une expérience de pensée. C'est accueillir en soi d'autres langues, d'autres mondes et d'autres caractères. C'est incorporer dans sa personnalité des savoirs, des émois nouveaux.
    Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « L'idiot », est l'Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L'amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .
    Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l'admire. L'amour qu'il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu'il approche : Hippolyte, l'athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu'il aime ; Aglaïa, l'amoureuse jeune, et innocente qu'il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.
    L'idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d'une complexité inimaginable. le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.
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Citations et extraits

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  • Par PierreMrdjenovic, le 20 août 2014

    La principale douleur, la plus intense, n'est peut-être pas celle des blessures, mais celle qui vient de la certitude que dans une heure, puis dans dix minutes, dans une demi-minute, enfin maintenant, tout de suite, l'âme va quitter le corps, qu'on cessera d'être un homme, que c'est certain, surtout que c'est certain.

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  • Par PierreMrdjenovic, le 20 août 2014

    Prenez un soldat, mettez-le en pleine bataille juste devant la gueule d'un canon, tirez sur lui. Jusqu'au bout il gardera l'espoir. Maintenant, faites lire à ce même soldat sa condamnation à une mort certaine, il deviendra fou ou il fondra en larmes. Qui a pu décréter que la nature humaine est capable de supporter un pareil supplice sans sombrer dans la folie ?

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  • Par PierreMrdjenovic, le 20 août 2014

    Est-il vrai, prince, que vous ayez dit une fois que la « beauté » sauverait le monde ? Messieurs, s'écria-t-il en prenant toute la société à témoin, le prince prétend que la beauté sauvera le monde! (…) Ne rougissez pas, prince! vous me feriez pitié. Quelle beauté sauvera le monde ?

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  • Par PierreMrdjenovic, le 20 août 2014

    Ce qu'il y a de plus odieux dans l'argent, c'est qu'il confère même des talents.

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  • Par PierreMrdjenovic, le 20 août 2014

    Si on mettait sous tutelle des hommes semblables, qui donc faudrait-il nommer tuteurs ?

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