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ISBN : 2253067083
Éditeur : Le Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 400 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meil... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 22 avril 2012

    NastasiaBuergo
    L'Idiot est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de l'aristocratie) avec différentes identités constitutives et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'œil, etc.). le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits. le sujet du roman semble être l'effet produit par l'intrusion dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux pour de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie. Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé. Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps. Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation. Mais un roman russe du XIXème ne serait pas un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour à la façon d'Anna Karénine. Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le cœur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée. C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux. D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui ne veut pourtant pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, qui suis-je pour donner des avis?
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellen-R, le 08 décembre 2012

    Ellen-R
    Un peu comme l'intelligence, l'idiotie peut pendre diverses formes, aussi élevée que soit la classe sociale. Par exemple celle dont est atteint le prince Mychkine n'a rien à voir avec le cas du prince Philippe. Pour le Russe, outre une naïveté presque volontaire, on diagnostiquera de l'épilepsie. Connaissant quelques personnes sujettes à ce type de crise, j'ai été particulièrement attentive à la description qu'en donne Dostoïevski. L'aura qui précède la perte de conscience, cette impression de vivre ou de revivre une situation de manière extraordinairement intense, ainsi que le manque de repères qui suit le réveil correspondent parfaitement à ce que j'ai pu en voir. Mais l'auteur, également épileptique, y ajoute un peu (de plus en plus) d'autisme, ce qui fausse les symptômes.
    Dostoïevski appartient à une autre époque et à une autre culture, malgré une forte influence occidentale et française en particulier, ce qui le rend parfois déroutant. Il écarte temporairement des affaires essentielles pour y revenir par après, quitte à laisser le lecteur perplexe. La complexité des patronymes et grades russes dispersés dans un texte servi par une traduction moyenne m'a contrainte à redoubler d'attention. Au bout du compte, les efforts sont largement récompensés, ne fut-ce que par les nombreuses digressions. J'ai particulièrement aimé l'épisode de la pauvre Marie en montagne, le plaidoyer contre la peine mort, le rêve d'Hippolyte ou les récits napoléoniens du général Ivolguine, mythomane invétéré.
    La palette des personnages dostoïevskiens constitue manifestement le grand attrait de ce qui pourrait être une gigantesque pièce de théâtre. Si l'on peut facilement deviner le Christ au travers du prince, il est envisageable d'étendre l'analogie jusqu'à distinguer d'autres figures du nouveau testament dans son entourage, comme Marie-Madeleine ou Judas.
    La psychologie de certains intervenants est passablement tortueuse, mais toujours concevable. Seuls le Prince et Lisaveta Yepantchine s'expriment sans détours. Parmi les autres, nombreux sont ceux que l'auteur s'amuse à placer face à leurs propres faiblesses, excès et contradictions au point de les rendre pathétiques.
    Pour être honnête, il faut mentionner que ce livre présente quelque points faibles et que par moment le scénario "ne tient pas la route". Mais on est dans un rêve, pas dans une histoire. Et dans un moment d'exaltation très Dostoïevskien, je n'hésite pas à dire que ce roman est, après Crime et châtiment, le plus grand roman jamais écrit par l'auteur. Et j'ajoute immédiatement qu'après avoir lu Dostoïevski, j'ai eu le sentiment très fort d'avoir tout lu.
    Grâce à la maestria de l'écrivain russe, mais aussi à la longueur du roman, on s'attache à tout ce petit monde qu'on aurait bien imaginé continuer son petit train-train, si le roman n'avait pas tourné au drame.
    Bon voyage !
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    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 02 juin 2011

    vanuatu2000
    Lire" l'idiot" est un exercice fastidieux.
    En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
    "l'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
    Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
    Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
    Dostoïevski a voulu repenser sa société.
    Avec "l'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.
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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 03 octobre 2010

    cprevost
    Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C'est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d'ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L'intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d'apprendre de l'autre. Lire ce n'est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c'est une expérience de pensée. C'est accueillir en soi d'autres langues, d'autres mondes et d'autres caractères. C'est incorporer dans sa personnalité des savoirs, des émois nouveaux.
    Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « L'idiot », est l'Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L'amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .
    Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l'admire. L'amour qu'il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu'il approche : Hippolyte, l'athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu'il aime ; Aglaïa, l'amoureuse jeune, et innocente qu'il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.
    L'idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d'une complexité inimaginable. le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.
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    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 06 mai 2012

    Aaliz
    l'idiot raconte les mésaventures du prince Michkine pas si Idiot que ça. le prince souffre d'épilepsie (tout comme l'auteur), maladie qui l'a longtemps handicapé dans sa jeunesse le privant d'une vie et d'une éducation normale. Elevé par un professeur philanthrope en Suisse, il revient dans son pays d'origine, la Russie, après le décès de son bienfaiteur, en vue d'y retrouver une lointaine parente et d'obtenir un héritage auquel il a droit.
    Le prince fait alors son entrée dans la société. Intelligent, plein de bonté mais naïf, il fait les frais des bassesses de son entourage.
    Le récit se découpe en 4 parties, chacune découpée en plusieurs chapitres. Chaque partie est relative à une période bien précise de l'intrigue.
    Après une première partie très rythmée, pleine d'action et de rebondissements où Dostoïevski ne laisse pas de répit à son lecteur, l'enthousiasme retombe comme un soufflé dès la deuxième partie. Il faut attendre la toute fin du roman pour retrouver enfin le rythme du début. Autrement dit, plus de la moitié du roman a été pour moi assez fastidieuse.
    Pourquoi ? Parce que, comme je l'ai dit, il ne s'y passe plus grand chose. L'intrigue traîne en longueur. On a le droit à de longues tirades et de longs dialogues parfois sans grand intérêt. Certains personnages, que j'ai pu trouver amusants au début, ont fini par me taper sur les nerfs. Je n'ai pas compris certaines des réactions des personnages, j'ai parfois eu l'impression qu'ils étaient Tous complètement fous. Dostoïevski profite aussi de ces parties pour y exposer ses idées auxquelles, je le reconnais, je n'ai pas compris grand chose. Il s'attaque tour à tour aux libéraux, aux athées, au catholicisme et se livre à une critique de la société russe de son temps. Mes connaissances en histoire sociale de la Russie avant les révolutions de 1917 étant totalement nulles, je n'ai évidemment pas pu saisir toute la portée des critiques de l'auteur. A travers le personnage d'Hippolyte condamné par la maladie, de belles pages traitent de la condamnation à mort et de ce que peut ressentir un condamné dans les moments précédents son exécution. J'ai appris après ma lecture que Dostoïevski savait d'autant plus de quoi il parlait qu'il avait lui-même été condamné à mort et gracié juste avant que les soldats ne tirent.
    Néanmoins, j'ai quand même perçu que le prince Michkine faisait figure de Christ prêchant toujours la bonne parole, réagissant toujours avec bonté, pardonnant Tous les excès et toutes les vilenies qu'on a pu lui faire subir. Je craignais que cela finisse par m'exaspérer mais il n'en fut rien, au contraire, Michkine est très attachant et même s'il m'est arrivé de pester contre sa crédulité, je ne pouvais qu'admirer son immense propension au pardon et à l'amour de son prochain.
    l'idiot c'est aussi l'histoire d'un triangle amoureux. Michkine et Rogojine aiment Tous deux la même femme : Nastassia Philippovna.
    Là où Michkine représente La Douceur et la tendresse, Rogojine incarne, lui, la passion et l'amour destructeur. Nastassia hésite entre ces deux conceptions de l'amour qui répondent l'une comme l'autre aux deux facettes antagonistes de sa propre personnalité.
    J'ai finalement un ressenti assez sombre sur la plupart des personnages. Très peu m'ont paru sympathique en dehors du général et de son épouse (malgré qu'elle soit assez lunatique) et de Kolia. Tous les autres m'ont vraiment donné une impression négative. Est-ce pour mieux mettre en lumière les qualités du prince ? La bonté du Christ face à la bassesse humaine ?
    Dostoïevski, ce sont aussi et surtout des dialogues et des introspections, les descriptions sont quasi inexistantes. Ne vous attendez donc pas à un classique façon Zola avec de longues descriptions poétiques.
    Dans l'ensemble, j'ai trouvé ma lecture trop longue. J'ai aimé la force et la noirceur des portraits psychologiques des personnages de Dostoïevski mais, malgré un début trépident et une fin magistrale, il m'a manqué du rythme et de la fougue. Peut-être est-ce du à la traduction. En effet, j'ai lu l'idiot chez Folio. Or, la majorité des lecteurs de Dostoïevski s'accordent pour dire que la traduction de Markowicz aux Editions Actes Sud (collection Babel) est de loin la meilleure car elle est bien plus fidèle à l'âme et au style de l'auteur.
    Peut-être me faudra-t-il une relecture dans cette collection pour mieux apprécier toute la puissance de cette œuvre.


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-l-idiot-fedor-dostoievsk..
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Citations et extraits

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  • Par NastasiaBuergo, le 11 septembre 2012

    - À l'eau ou sous le couteau ! dit-il enfin. Hé ! C'est justement pour ça qu'elle m'épouse, parce qu'elle s'attend sûrement au couteau ! Est-il vraiment possible, prince, que jusqu'à présent tu ne te sois pas aperçu de ce dont il s'agit ?
    - Je ne te comprends pas.
    Après tout, peut-être ne comprend-il vraiment pas, ha, ha ! On dit bien de toi que tu es un peu... Elle en aime un autre... c'est cela que tu dois comprendre ! Exactement comme je l'aime, moi, elle en aime un autre. Et sais-tu qui il est, cet autre ? C'est toi ! Quoi, tu ne le savais pas, peut-être ?
    - Moi !
    - Toi ! Elle t'a aimé dès ce jour-là, tu sais, le jour de sa fête. Seulement elle pense qu'il lui est impossible de t'épouser, parce qu'elle a peur de te déshonorer et de briser toute ta vie. "On sait qui je suis". Jusqu'à présent elle ne cesse de l'affirmer. Elle m'a dit tout cela carrément, en face. Elle craint de te perdre et de te déshonorer ; quant à moi, cela veut dire que ça ne fait rien, on peut m'épouser ; voilà en quelle estime elle me tient, remarque ça aussi !
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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Dans ces instants rapides comme l’éclair, le sentiment de la vie et la conscience se décuplaient pour ainsi dire en lui. Son esprit et son cœur s’illuminaient d’une clarté intense ; toutes ses émotions, tous ses doutes, toutes ses inquiétudes se calmaient à la fois pour se convertir en une souveraine sérénité, faite de joie lumineuse, d’harmonie et d’espérance, à la faveur de laquelle sa raison se haussait jusqu’à la compréhension des causes finales...

    Ces instants, pour les définir d’un mot, se caractérisaient par une fulguration de la conscience, et par une suprême exaltation de l’émotion subjective.

    À cette seconde – avait-il déclaré un jour à Rogojine quand ils se voyaient à Moscou – j’ai entrevu le sens de cette singulière expression : il n’y aura plus de temps.
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  • Par Aela, le 04 juillet 2012

    Gania s'approcha du prince.
    Ce dernier était en contemplation devant le portrait de Nastassia Philipovna.
    - Quel visage étonnant et je suis sûr que son destin doit être exceptionnel.
    Le visage est gai, et pourtant elle a terriblement souffert.
    On le lit dans son regard, dans ces saillies, ces deux points sous les yeux à la naissance des joues.
    C'est un visage fier, très fier!
    Mais je me demande si elle est bonne.
    Ah puisse-t-elle être bonne!
    Tout serait sauvé!
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  • Par andman, le 19 décembre 2012

    Peut-on aimer tous les hommes sans exception, tous ses semblables ? Voilà une question que je me suis souvent posée. Certainement non ; c'est même contre nature. L'amour de l'humanité est une abstraction à travers laquelle on n'aime guère que soi.

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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, que Colomb a été heureux.

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