ISBN : 2253067083
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1994)


Note moyenne : 4.3/5 (sur 211 notes) Ajouter à mes livres
Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meil... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 03 octobre 2010

    cprevost
    Ce roman fatigue, il demande une attention permanente. Il faut mémoriser une foule de détails, des noms de personnages, prêter attention à tout, ne rien omettre. C'est un inconvénient ; ce peut être un avantage car cet univers nous révèle une part d'ombre. Certains romans nous confrontent à une altérité radicale. L'intérêt ne vient plus de ce que nous reconnaissons de nous même, mais de ce que nous sommes susceptibles d'apprendre de l'autre. Lire ce n'est pas seulement converser avec de grands auteurs du passé et du présent, c'est une expérience de pensée. C'est accueillir en soi d'autres langues, d'autres mondes et d'autres caractères. C'est incorporer dans sa personnalités des savoirs, des émois nouveaux.
    Pour Dostoïevski, le prince Mychkine, personnage central de « l'idiot », est l'Homme positivement beau. Malade, il vit dans la perspective émminamant chrétienne de la fin de son existence. L'amour de la vie se confond chez lui avec la hantise permanente de la mort. Ce double sentiment le rend absent au monde et pourtant son retour en Russie lui impose une impossible présence .
    Le prince, imitateur du Christ, est donc en butte au milieu cruel de la haute société pétersbourgeoise qui tout à la fois le raille et l'admire. L'amour qu'il éprouve pour tous – sans distinction – sème la tempête. Il détruit tout ce qu'il approche : Hippolyte, l'athée qui se révolte contre sa maladie ; Nastassia Philippovna, la femme déchue et repentie qu'il aime ; Aglaïa, l'amoureuse jeune, et innocente qu'il ne chérit pas moins ; Rogogine, épris de Nastassia et part sombre de lui-même.
    l'idiot est un roman profondément russe. Les personnages y sont entièrement dominés par de leurs sentiments. Ils sont en cela très étrangers à notre univers et le plus souvent incompréhensibles. Ils passent sans transition aucune des larmes au rire, de la colère aux pardons les plus outranciers. Leur intériorité se révèle, pour nous lecteurs français, d'une complexité inimaginable. le roman est encombré de bouts et morceaux, de détails improbables. Mais ce fatras apparent – impossible de sauter une ligne – éclaire, page après page, l'âme russe.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par medsine, le 30 janvier 2012

    medsine
    L'Idiot, c'est mon deuxième Dostoïevski et si je ne me mets pas la note maximum c'est que j'ai préféré les frères Karamazov. Mais il faut bien reconnaitre que c'est encore un coup de génie et un véritable tour de force quand on sait à quelle vitesse et dans quelle misère Dostoïevski a écrit ce roman de 900 pages.Le héros est un prince démuni, d'une très grande innocence et à la santé mentale fragile (c'est lui l'Idiot). Il arrive à Saint-Pétersbourg après plusieurs années de soins et va naviguer au sein de trois familles bourgeoises qu'il va bouleverser par son comportement. Il y a là plusieurs histoires d'amour, et les histoires d'amour finissent mal (en général).On retrouve dans ce roman, comme chez les Karamazov, une vive critique de l'athéisme, le Prince est une sorte de Jésus, mais aussi une vision de l'avenir de la Russie (déclin de l'autorité et fin du patriarcat, montée du socialisme et du nihilisme). Le découpage du roman en quatre parties est assez déroutant, la première est très rythmée et permet de rentrer très vite dans le livre, puis viennent les grands monologues et le véritable discours de Dostoïevski. La fin est très noire et sublime.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 août 2011

    brigittelascombe
    Le personnage de L'idiot n'est pas Idiot du tout.Le prince Mychkine est un homme de qualité, naïf qui n' assume pas ses pulsions agressives (tout comme Dostoïevski éprouvait des sentiments de haine envers son père un tyran humiliant mais était incapable de les mentaliser). Cet excés de bonté le fait passer pour plus bête qu'il n'est.
    Ce roman fouillé et compliqué dépeint fort bien la société russe du XIX° siècle. Les émotions sont intenses et passionnées chez les personnages annexes.Le prince aime Nastasia qui le trahira et s'enfuira avec Rogogine.
    Ce roman a été publié en 1868, alors qu'épileptique, Fiodor Michaïlovitch Dostoïevski s'est réfugié à Genève avec son épouse Ania Svitkine pour fuir les deuils,défaites et nombreuses dettes dues à son vice pour le jeu(cf:Le joueur).
    Ecrivain prolifique Crime et chatiment(1866), entre autres, puis Les frères Karamasov(1878) lui apporteront la notoriété.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par vanuatu2000, le 02 juin 2011

    vanuatu2000
    Lire" l'idiot" est un exercice fastidieux.
    En compagnie du prince, protagoniste christique, épuisant de naiveté et de bonté,qui plonge dans des histoires tragiques, cocasses et absurdes, le lecteur se sent souvent perdu dans le labyrinthe des personnages ainsi que par l'immersion brutale et détaillée dans la société russe du XIXème siècle.
    "l'idiot" propulse le lecteur dans l'âme slave d'un autre temps et transmet le triste et vrai message de toute époque: les bons sont broyés et les mauvais ne cessent de triompher.
    Le prince, personnage hors société et hors temps, face à un monde d'argent triomphant et d' arrivisme social ne peut que perdre la raison.
    Un roman "parabole" sompteux, à lire et relire tant pour sa vision d'un humanisme fraternel que par sa description des moeurs d'une civilisation perdant toute notion de partage et de communication.
    Dostoïevski a voulu repenser sa société.
    Avec "l'idiot", le romancier nous amène à nous interroger sur nous-même et sur l'absurdité de nos moeurs.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 01 avril 2011

    cicou45
    Le roman narre la vie du prince Mychkine, être fondamentalement bon mais extrêmement naïf, ce qui lui fait grand défaut puisque cette naïveté tourne à l'idiotie. Doté cependant d'analyses psychologiques très fines, celui-ci trouve néanmoins sa place dans la grande bourgeoisie russe, après avoir passé son enfance dans un sanatorium en Suisse afin de soigner son épilepsie. La plus grande tragédie du prince aura sûrement été celle de tomber amoureux de Nastassia Filippovna et d'avoir eu le bonheur, ou le malheur plus exactement, de l'épouser. En effet, cette dernière le fera énormément souffrir en s'enfuyant avec son rival Rogojine. Se résignant à son sort, le prince va trouver refuge auprès de la famille Epantchine avec laquelle il a crée des liens. Entre amours déchus, trahisons et vengeance, ce roman est aussi très porté sur l'analyse psychologique des personnages et celui du prince est de loin mon préféré car il s'agit d'un être pur et bon mais qui subit les méchancetés, la jalousie et les incompréhensions de ses compatriotes. Roman absolument fabuleux qui reste, selon moi, l'un des incontournables de la littérature russe.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Dans ces instants rapides comme l’éclair, le sentiment de la vie et la conscience se décuplaient pour ainsi dire en lui. Son esprit et son cœur s’illuminaient d’une clarté intense ; toutes ses émotions, tous ses doutes, toutes ses inquiétudes se calmaient à la fois pour se convertir en une souveraine sérénité, faite de joie lumineuse, d’harmonie et d’espérance, à la faveur de laquelle sa raison se haussait jusqu’à la compréhension des causes finales...

    Ces instants, pour les définir d’un mot, se caractérisaient par une fulguration de la conscience, et par une suprême exaltation de l’émotion subjective.

    À cette seconde – avait-il déclaré un jour à Rogojine quand ils se voyaient à Moscou – j’ai entrevu le sens de cette singulière expression : il n’y aura plus de temps.
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  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, que Colomb a été heureux.
    Citation de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par Madoyaaan, le 18 février 2010

    Par une matinée de fin novembre, vers neuf heures, en plein dégel, le train de Varsovie approchait à toute vapeur de Pétersbourg. L'humidité et le brouillard étaient tels que le soleil avait peine à percer à dix pas, à droite et à gauche de la voie, il était difficile de discerner quoi que ce fût par les fenêtres du wagon. Parmi les voyageurs, certains revenaient de l'étranger ; mais les compartiments de troisième, les plus pleins, étaient remplis de gens de condition modeste se déplaçant pour affaires et ne venant pas de loin. Naturellement, tous étaient fatigués, transis, les yeux alourdis par l'insomnie, les visages blêmes, d'un jaune de brouillard. Dans un compartiment de troisième, deux voyageurs s'étaient trouvés face à face, depuis l'aube, près de la fenêtre. Jeunes tous les deux, au visage assez marquant, ils n'avaient presque pas de bagages et étaient vêtus sans grande recherche.
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  • Par torevan, le 28 décembre 2011

    Une chose seulement est vraie: je n'aime vraiment pas la compagnie des adultes, des grandes personnes, je l'ai remarqué depuis longtemps; je ne l'aime pas parce que je ne sais pas être avec eux.
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  • Par ignatus-reilly, le 06 juillet 2010

    Je me demande comment j'ai pu vous prendre pour un idiot ! Vous qui voyez ce que d'autres sont incapables de jamais remarquer. Il serait bon de parler avec vous... quoique... au fond, mieux vaut ne pas parler.
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