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ISBN : 2253067083
Éditeur : Le Livre de Poche (1994)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 897 notes)
Résumé :
Le prince Muichkine arrive à Saint-Pétersbourg. Idiot de naissance parce qu'incapable d'agir, il est infiniment bon. Projeté dans un monde cupide, arriviste et passionnel, il l'illumine de son regard. Par sa générosité, tel le Christ, Léon Nicolaïevitch révélera le meilleur enfoui en chacun. La trop belle Anastasia, achetée cent mille roubles, retrouve la pureté, Gania Yvolguine le sens de l'honneur, et le sanglant Rogojine goûte, un instant, la fraternité. Dostoïev... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B27 mars 2014
  • Livres 4.00/5
L'Idiot, l'une des quatre ou cinq oeuvres phares de Fiodor Dostoïevski, est un assez long roman, dans la veine russe du XIXème, c'est-à-dire avec un nombre assez important de personnages, plusieurs familles s'étageant des couches moyennes à hautes de la société (mais pas de la très haute aristocratie comme chez Tolstoï) avec différentes identités constitutives assez complexes et autour desquelles gravitent un certains nombres de satellites, tous plus ou moins intéressés (argent, mariage, élévation sociale, simple désir d'être "rincé" à l'oeil, etc.).
Le corps du roman prend racine à Pétersbourg ou dans sa proche banlieue bien que Moscou ou des pays étrangers soient mentionnés à différents endroits.
Le sujet du roman semble être l'effet produit par l'apparition dans cette société d'un homme radicalement différent, mû par son seul désir d'être agréable aux autres, toujours conciliant et bienveillant. Une telle attitude est perçue, au mieux comme de la naïveté, le plus souvent pour de la bêtise et parfois comme une pathologie.
Ce trait de caractère du personnage est d'ailleurs renforcé et rendu ambigu par l'épilepsie qui a nécessité plusieurs années de traitement au héros, le prince Muichkine, dans un établissement spécialisé.
Ainsi, ses prises de positions inattendues, sa mansuétude, sa bonhommie sont souvent mises au compte d'une déficience intellectuelle. Combinées à son humilité naturelle, cette disposition place systématiquement le prince en position d'infériorité vis-à-vis de ses interlocuteurs dans un premier temps.
Mais, le plus souvent, ses mêmes interlocuteurs, tentés de se mettre un peu dans la position d'un "dîner de cons" se retrouvent surpris du caractère pénétrant de ses réflexions et de sa subtilité et en ressentent un certain malaise, en comprenant qu'ils ont un peu été la dupe de la situation, ne sachant plus trop qui est le "con" du dîner.
Mais un roman russe du XIXème ne serait pas tout à fait un roman russe du XIXème sans d'inextricables histoires d'amour, dont une oeuvre comme Anna Karénine constitue l'un des fleurons du genre.
Notre bon prince va évidemment semer le trouble dans le coeur de ces dames, et même, de ces messieurs, qui à son contact vont parfois changer radicalement. La folie de différents personnages n'est jamais très, très loin non plus, ce qui ajoute au cocktail une touche déjantée.
C'est évidemment un très bon roman, mais je lui reproche tout de même des insertions longues et parfois ennuyeuses de personnages comme Hippolyte, jeune nihiliste, à l'article de la mort en raison d'une tuberculose, et Lebedev, un fonctionnaire rapace, entremetteur, fourbe et mielleux, qui, selon moi, n'apportent pas forcément un élan, une grandeur supplémentaire au roman, mais semblent avoir été des expédients pour Dostoïevski, lui permettant à la fois d'aborder quelques notions connexes, mais surtout, de faire des pages, lui qui publiait ses romans en feuilletons et qui avait un besoin vital de se les faire payer comme qui dirait " au poids ".
D'où mes 4 étoiles et non 5, ce qui est toujours éminemment discutable sachant bien sûr que cela ne veut absolument pas dire que je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à sa lecture, et au fait, quel genre d'idiote suis-je pour donner des avis sur des oeuvres qui ont fait leurs preuves ?
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isajulia
isajulia09 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Encore novice en littérature russe, il était grand temps que je m'y mette. Souhaitant découvrir Dostoïevski depuis un moment, c'est sur l'Idiot que mon choix s'est arrêté, je ne le regrette pas d'ailleurs.
L'histoire est celle du prince Muichkine, épileptique, qui après avoir passé une grande partie de sa vie en Suisse pour recevoir les soins adéquats à sa maladie, revient à Saint-Pétersbourg pour retrouver une de ses parentes éloignées, Elisabeth Prokofievna( la générale Epantchine). Grâce à son titre et cette parenté avec la générale, notre bon prince va accumuler les rencontres avec des personnages hauts en couleurs. Son immersion dans une société calculatrice et corrompue va entraîner cette âme pure vouée à faire le bien dans une spirale d'intrigues superficielles qui placeront le prince en position d'idiot, car lucide dans son analyse des choses et des gens qui l'entourent. Débordant de simplicité et de gentillesse, Muichkine va vite devenir l'agneau dans la meute de loups...
Magnifique, grandiose, phénoménal, ce roman ne m'a pas laissée indifférente, j'ai presque honte d'avoir fait un court résumé car cette oeuvre ne se lit pas, elle se vit page à page. Grâce à ses nombreux personnages,tous pourvus de caractères bien distinct, le récit offre un portrait intéressant de la société russe du XIXème siècle. le prince, catapulté au milieu de ces gens prêts à tout fait un peu office de ver dans la pomme, chamboulant les conventions, disant tout haut ce qu'il ne faudrait pas mentionner. Malgré tout, le prince n'est pas si idiot que ça, je l'ai trouvé irradiant de beauté, comme un ange descendu du ciel pour accomplir une mission, finissant par forcer l'admiration des hommes et la passion chez les femmes. Ce livre est fort, malgré son nombre conséquent de pages (900), il nous entraîne dans les abîmes de la folie humaine au fur et à mesure des événements. Tout comme son héros, Dostoïevski "sait raconter" et nous offre une intrigue vivante et haletante avec une fin magistrale à couper le souffle. J'ai adoré et je dirait aux lecteurs qui souhaitent découvrir l'Idiot de ne pas se laisser décourager par la taille du livre et certains passages relativement longs, il faut le lire avec le coeur, prendre le temps de le ressentir, il en vaut la peine!
A lire !
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noor
noor20 septembre 2013
  • Livres 3.00/5
Je pense que j'aurais pu beaucoup aimer ce livre s'il ne m'avait pas fallu 460 pages pour comprendre que la dizaine de personnages principaux portaient chacun trois noms de famille, un diminutif et un surnom.
(Je me disais bien que çà faisait beaucoup de personnages principaux..)
Le prince Mychkine et Nastassia Filippovna sont des personnages à la psychologie riche et attachante, et je ne voulais pas en rester là.
Après avoir baissé les bras une première fois, pour un motif aussi ridicule, je décidai de prendre mon courage à deux mains et de retenter l'expérience.
Afin de remettre mes idées au clair et de repartir sur de bonnes bases, j'eus la lumineuse idée de lire l'article concernant le roman sur Wikipedia, dont le résumé de l'histoire... jusqu'à ce que j'apprenne la fin.
Pour mon baptême de littérature russe, je crois que j'aurais pas pu faire un meilleur choix.
L'Idiot , par une idiote.
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cmpf
cmpf06 février 2015
  • Livres 4.00/5
Ce roman est écrit comme un récit fait par un témoin qui ne connaît pas toutes les circonstances, le reconnaît mais fait part à l'inverse de ses conjectures.
Le titre peut induire en erreur car le personnage ainsi nommé n'est pas à proprement parler un idiot mais il ne souscrit pas aux règles légèrement hypocrites de la vie en société. Il laisse voir son âme et lit dans celle des autres au-delà de leur comportement. Il ne peut que faire penser au Christ, tout au moins dans les deux premières parties. Je sais que c'est justement une des lectures de ce livre mais elle m'a paru évidente très vite.
L'idiot est un jeune prince Léon Nicolaiévitch Muichkine atteint comme Dostoïevski d'épilepsie. Envoyé à la fin de l'adolescence en Suisse pour un traitement il en revient jeune adulte apparemment guéri. Ne connaissant personne il se rend chez un vague parent, le général Epantchine dont l'épouse est née Muichkine. Ce couple qu'il fréquentera a trois filles à marier, la dernière Aglaé étant par sa beauté exceptionnelle considérée par sa famille comme destinée à un avenir remarquable. Là il entend parler de Nastasie Philippovna très belle jeune femme, orpheline qui a été recueillie par un noble qui en a fait sa maitresse alors qu'elle n'était qu'une très jeune fille. Il y rencontre aussi Gabriel Ardalionovitch Ivolguine secrétaire du général qui l'introduit dans sa famille. Bien d'autres personnages évoluent dans ces pages Parfione Semionovitch Rogojine jeune homme assez peu recommandable, les Lébédeff dont le chef de famille est un fonctionnaire qui ne recule devant aucune bassesse et semble même en tirer une certaine vanité...
A ma grande surprise il est beaucoup question d'amour dans ces pages. Rogojine et Nastasie Philippovna. le prince et la même Nastasie. Gabriel Adalionovitch et Aglae. Celle-ci et le prince. Tout cela au sein de réunions familiales ou mondaines dans lesquelles le prince par son comportement et ses opinions provoque différentes réactions, mépris, fascination, inquiétude.
Ces personnages le prince Léon, Nastasie, Aglaé, sa mère Élisabeth Prokofievna sont tous complexes et l'auteur affirme souvent ne pouvoir expliquer tel ou tel mouvement. Cela fait un roman qu'il est difficile de lâcher tant on souhaite voir l'évolution de ces figures et les comprendre.
Challenge pavés 2014-2015
Et challenge XIXè siècle 2015
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gouelan
gouelan15 novembre 2015
  • Livres 3.00/5
L'Idiot est le personnage principal de ce roman. le prince Mychkine est qualifié d'Idiot parce qu'il est pur, naïf, humble. Il est tellement bon qu'il pardonne les moqueries, les trahisons. Et pourtant, il surprend parfois par sa capacité d'analyse si fine et si juste. Il déstabilise ceux qui le tournent en ridicule.
Au début du roman il fait la rencontre de Rogojine. Un autre homme malade, violent, qui n'a ni foi en la loi de l'homme, ni en celle de Dieu.
Ces deux hommes sont liés par leur folie, bien que l'un semble être une brebis, et l'autre un monstre. Une femme les relie : Nastassia Philippovna.
Rogojine en est amoureux à la folie, alors que le prince Mychkine l'aime chrétiennement. Il veut sauver cette âme perdue. Il devine les desseins criminels de Rogojine et il comprend la profonde détresse de Nastassia.
L'attitude de Rogojine est claire, on comprend tout de suite le personnage. le personnage du prince est plus ambiguë. Sous ses apparences d'ange, en début de roman, il cache un autre personnage, attiré par le vide, incapable d'aimer. Il sombre petit à petit, il déçoit son entourage, et la maladie finit par le rattraper, comme s'il cherchait à redevenir l'Idiot, comme pour échapper à la réalité des hommes, dans laquelle il ne peut vivre.
Rogojine et Mychkine, sont à la fois rivaux et frères. Ange et démon. Les deux facettes de l'homme. Rien ne pourra arrêter la nature cruelle de Rogojine et cela le prince Mychkine l'a bien compris.
C'est un roman avec des longueurs qui rendent la lecture parfois assez pénible. Mais il exprime si bien l'âme russe dans ses excès, sa monstruosité, sa grandiloquence. Il questionne aussi sur la foi et la religion. Que peuvent la foi et la religion face à la nature de l'homme, peuvent-elles le rendre meilleur ?

"- L'un ne croit pas en Dieu, l'autre y croit tellement qu'il fait sa prière avant d'égorger les gens ! Non, mon cher, on n'invente pas une chose pareille ! Ha, ha ! Cela dépasse tout"
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Citations & extraits (115) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM28 janvier 2015
Les gens prêts à renseigner sur toute chose se rencontrent parfois, voire assez fréquemment, dans une certaine classe de la société. Ils savent tout, parce qu’ils concentrent dans une seule direction les facultés inquisitoriales de leur esprit. Cette habitude est naturellement la conséquence d’une absence d’intérêts vitaux plus importants, comme dirait un penseur contemporain. Du reste, en les qualifiant d’omniscients, on sous-entend que le domaine de leur science est assez limité. Ils vous diront par exemple qu’un tel sert à tel endroit, qu’il a pour amis tels et tels ; que sa fortune est de tant. Ils vous citeront la province dont ce personnage a été gouverneur, la femme qu’il a épousée, le montant de la dot qu’elle lui a apportée, ses liens de parenté, et toute sorte de renseignements du même acabit. La plupart du temps ces « je sais tout » vont les coudes percés et touchent des appointements de dix-sept roubles par mois. Ceux dont ils connaissent si bien les tenants sont loin de se douter des mobiles d’une pareille curiosité. Pourtant, bien des gens de cette espèce se procurent une véritable puissance en acquérant un savoir qui équivaut à une véritable science et que leur fierté élève au rang d’une satisfaction esthétique D’ailleurs cette science a ses attraits.
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Nastasia-BNastasia-B11 septembre 2012
- À l'eau ou sous le couteau ! dit-il enfin. Hé ! C'est justement pour ça qu'elle m'épouse, parce qu'elle s'attend sûrement au couteau ! Est-il vraiment possible, prince, que jusqu'à présent tu ne te sois pas aperçu de ce dont il s'agit ?
- Je ne te comprends pas.
Après tout, peut-être ne comprend-il vraiment pas, ha, ha ! On dit bien de toi que tu es un peu... Elle en aime un autre... c'est cela que tu dois comprendre ! Exactement comme je l'aime, moi, elle en aime un autre. Et sais-tu qui il est, cet autre ? C'est toi ! Quoi, tu ne le savais pas, peut-être ?
- Moi !
- Toi ! Elle t'a aimé dès ce jour-là, tu sais, le jour de sa fête. Seulement elle pense qu'il lui est impossible de t'épouser, parce qu'elle a peur de te déshonorer et de briser toute ta vie. "On sait qui je suis". Jusqu'à présent elle ne cesse de l'affirmer. Elle m'a dit tout cela carrément, en face. Elle craint de te perdre et de te déshonorer ; quant à moi, cela veut dire que ça ne fait rien, on peut m'épouser ; voilà en quelle estime elle me tient, remarque ça aussi !
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cmpfcmpf06 février 2015
– Je sais parfaitement, dit le prince, que les crimes étaient autrefois tout aussi nombreux et tout aussi effroyables. J’ai visité des prisons, il n’y a pas longtemps, et j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de quelques condamnés et inculpés. Il y a même des criminels plus monstrueux que ceux dont nous avons parlé. Il y en a qui, ayant tué une dizaine de personnes, ne ressentent pas l’ombre d’un remords. Mais voici ce que j’ai observé : le scélérat le plus endurci et le plus dénué de remords se sent cependant criminel, c’est-à-dire que, dans sa conscience, il se rend compte qu’il a mal agi, bien qu’il n’éprouve aucun repentir. Et c’était le cas de tous ces prisonniers. Mais les criminels dont parle Eugène Pavlovitch ne veulent même plus se considérer comme tels ; dans leur for intérieur, ils estiment qu’ils ont eu le droit pour eux et qu’ils ont bien agi ou peu s’en faut. Il y a là, à mon sens, une terrible différence. Et remarquez que ce sont tous des jeunes gens, c’est-à-dire que leur âge est celui où l’homme est le plus désarmé contre l’influence des idées démoralisantes.
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isajuliaisajulia17 juin 2013
Dire qu'il a été un homme tout à fait convenable, je m'en souviens parfaitement. Il était reçu dans le meilleur monde. C'est curieux comme ils s'effondrent rapidement, tous ces hommes convenables! Il suffit du moindre changement de leur condition ; il ne reste alors plus rien, sauf une traînée de poudre.
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isajuliaisajulia22 juin 2013
En jetant vos semences, votre "aumône", votre bonne action, quelle qu'en soit la forme, vous donnez une parcelle de votre personnalité et recevez en échange une parcelle de l'autre ; encore un peu d'attention et vous serez récompensé par la connaissance, par les découvertes les plus inattendues. Vous finiriez infailliblement par considérer votre oeuvre comme une science ; elle absorbera toute votre vie et elle pourra la remplir toute. D'autre part, toutes vos idées, toutes ces semences que vous aurez jetées et que vous avez peut-être oubliées déjà, prendront corps et se développeront ; celui qui a reçu de vous transmettra à un autre. Comment pouvez-vous savoir quelle part vous aurez dans la future solution des destins de l'humanité?
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