ISBN : 2264023481
Éditeur : Editions 10/18 (1995)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
John Kennedy Toole, auteur de la Conjuration des imbéciles, chef-d'oeuvre qui lui a valu en 1981, à titre posthume, le prix Pulitzer, a écrit la Bible de néon à l'âge de seize ans. Une voix juste, désarmante, drôle et poignante s'impose dans ce roman d'une enfance déshé... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    The Neon Bible
    Traduction : Sophie Mayoux
    Selon la mère de John Kennedy Toole, celui-ci écrivit "La Bible de néon" l'année de ses seize ans. Un an plus tôt, alors qu'il venait de décrocher son permis de conduire, il l'avait emmenée voir une étrange enseigne sur l'Airline Highway de La Nouvelle-Orléans, "une énorme enseigne au néon en forme de livre ouvert, portant sur une page les mots "Sainte Bible" et, sur l'autre, "Eglise Baptiste de Midcity." le fils et la mère avaient ri ensemble de cette horreur prétentieuse et Mrs Toole estimait que c'était probablement là que l'idée de ce premier roman était venue à John.
    Beaucoup plus court que "La Conjuration ...", ce roman est une chronique douce-amère, qui vire à la fin au tragique faulknerien. le narrateur, David, un tout jeune homme, y raconte son enfance dans une petite ville écrasée de poussière et de préjugés du Sud des Etats-Unis. Fils de petits exploitants agricoles, il grandit entre un père un peu brutal qui ira finalement se faire tuer en Italie pendant la Seconde guerre mondiale et une mère plus douce, plus gaie qui, malheureusement, sombrera dans la folie à l'annonce du décès de son mari. Fort heureusement pour David, vit aussi avec eux la tante Mae, ex-chanteuse et danseuse de saloon, véritable symphonie de couleurs et d'anticonformisme au sein de toute cette grisaille, soigneusement entretenue par les prêches du pasteur et les fervents "chrétiens" qui, telle Mr et Mrs Watkins, empoisonnent le coin avec leurs idées d'un autre âge.
    C'est avec cette férocité lucide, qu'il utilisera à son summum et avec infiniment plus de causticité dans "La Conjuration ...", que Toole, pourtant si jeune, dépeint tous ces vautours religieux qui, dès les premières pages, parce qu'ils estiment "Autant en emporte le vent" un livre "indécent", l'arrachent à la bibliothèque du coin pour en faire un feu de joie. le masochisme foncier et issu en droite ligne de deux mille ans de tradition judéo-chrétienne mal digérée qui constitue la faiblesse majeure des USA en même temps que l'inépuisable fonds de commerce des milliers de charlatans qui y pullulent s'y étale dans ses replis les plus crasseux et les plus inquiétants, d'autant que l'action se situe dans le Sud, ce Sud brisé et vivotant de sa gloire passée auquel Faulkner nous avait habitués.
    Quinze ans avant de mettre fin à ses jours en s'asphyxiant au monoxyde de carbone dans sa voiture aux vitres verrouillées, John Kennedy Toole a déjà compris que, pour quiconque naît différent en ce monde, aucun espoir n'est permis. En tous cas, pas au milieu de ceux qui s'autoproclament "la norme." Ne lui restent donc plus que deux voies : où courber l'échine dans la boue, ou relever la tête et risquer de se la faire couper par "les bons croyants", toujours si bien intentionnés.
    A moins qu'il ne choisisse de leur tirer une révérence ironique en se la coupant tout seul ... ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par lolo71, le 13 mars 2009

    lolo71
    John Kennedy Toole (1938 – 1969) a écrit là un petit chef d'œuvre. C'est d'autant plus remarquable qu'il avait alors seize ans ! Il n'aura malheureusement pas la joie de le voir publié, à la fin des années 80. Il s'est suicidé en 1969, à l'âge de 31 ans, sans doute déprimé par les refus successifs des éditeurs de publier La Conjuration des imbéciles, cet autre chef-d'œuvre écrit une dizaine d'années plus tard.
    David, le narrateur, un jeune garçon de 6 ans, vit avec ses parents dans une petite ville du sud des Etats-Unis, peu avant la seconde guerre mondiale. Son père travaille à l'usine, et la famille fréquente régulièrement la paroisse. La tante de sa mère, Mae, une ancienne artiste de cabaret sur le retour, vient s'installer chez eux. La dame s'occupe du petit garçon, l'emmène souvent se promener dans des tenues provocantes qui font jaser les habitants de la petite ville bigote et conformiste. Une relation tendre et complice se noue entre eux.
    Tout commence à basculer lorsque le père de David perd son emploi. La famille s'installe alors dans une maison vétuste et branlante sur l'une des collines d'argile qui dominent la ville. Elle ne fréquente plus l'église, faute de pouvoir payer la cotisation de membre. le père, désoeuvré, rumine son amertume, tandis que David fait ses premiers pas, difficiles, à l'école. Tout semble aller de travers, à l'image de la maison qui, lorsqu'il pleut sur la colline argileuse, s'enfonce de guingois dans la terre ramollie. Mais le jeune garçon est loin d'être au bout de ses peines, même si surgissent ça et là de rares moments de joie et de grâce.
    « La Bible de néon » est l'enseigne lumineuse qui orne la façade de l'église. David l'aperçoit de chez lui la nuit. Elle est le symbole de l'esprit puritain qui plane jour et nuit sur la communauté, et exclut tous ceux qui ne se conforment pas à ses dogmes. Pauvreté, maladie, vieillesse, singularité sont des fautes. « Si on était différent du reste des gens de la ville, on devait partir. C'était pour cela qu'ils se ressemblaient tous tellement. Leur façon de parler, ce qu'ils faisaient, ce qu'ils aimaient, ce qu'ils détestaient. […] A l'école, ils nous disaient qu'on devait penser par soi-même, mais dans la ville, il n'était pas question de faire ça. Vous deviez penser ce que votre père avait pensé toute sa vie, c'est-à-dire ce que toute le monde pensait ». Malgré son jeune âge, David sent qu'on est loin du véritable christianisme : « Je commençais à être fatigué de ce que le pasteur appelait « chrétien ». Tout ce qu'il faisait était chrétien, et les gens de son église le croyaient, en plus. […] il me semblait savoir ce que cela voulait dire de croire en Jésus-Christ, et cela n'avait rien à voir avec la moitié des choses que faisait le pasteur. Je considérais Tante Mae comme une bonne chrétienne, mais personne n'aurait été d'accord dans la vallée, parce qu'elle n'allait jamais à l'église ».
    John Kennedy Toole narre dans un style lumineux et sensible l'histoire d'un jeune garçon qui fait l'apprentissage d'une société intolérante et dure avec les faibles. Il ne fait pas bon être pauvre et sans défense dans l'Amérique puritaine des années 40 (comme des années 2000 d'ailleurs). Cette œuvre est d'une maturité étonnante pour un si jeune auteur. On se demande, en vain, ce qu'aurait pu encore offrir à la littérature John Kennedy Toole, ce génie trop tôt disparu.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/09/10/la-bible-de-neon-de-jo..
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    • Livres 3.00/5
    Par 270778, le 13 juillet 2010

    270778
    Certes, le meilleur livre de John Kennedy Toole est sans conteste "La Conjuration des imbéciles" (personnellement, j'adore ce titre!), un des romans les plus hilarants que j'ai jamais lu. Pourtant "La Bible de néon" vaut la peine d'être lu et considéré pour ce qu'il est, c'est-à-dire un beau petit roman initiatique, mélange de tendresse et de cruauté, écrit par un adolescent à peine plus âgé que Dave, personnage principal qui grandit dans une petite ville du Sud dans les années 40. Si Dave est un enfant puis un jeune garçon très attachant (à peu près autant que les personnages de petites filles de Carson Mac Cullers), c'est la flamboyante tante Mae qui marque le plus le lecteur. C'est une chanteuse plus très jeune et dont la carrière est derrière elle mais qui ne se voit pas vieillir sous sa teinture blonde : elle suscite le désir des hommes, la médisance des femmes et la plus haute réprobation du pasteur et de sa femme, institutrice. On referme le livre en se demandant ce que va devenir Dave, en partance dans un train dont il ignore la destination...
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Citations et extraits

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  • Par 270778, le 12 juillet 2010

    Le soleil était haut maintenant, il entrait par la fenêtre ouverte, fort et brillant. Je n'avais jamais été nu en plein soleil, alors je me suis mis devant la fenêtre et j'ai laissé la lumière jaune couler sur moi.Mon corps était blanc pâle sauf les bras et la figure, et la brise soufflait sa fraîcheur sur moi.Je suis resté là longtemps à regarder les arbres sur la colline et le ciel bleu où il n'y avait que quelques nuages au-dessus des pins les plus hauts.
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  • Par 270778, le 11 juillet 2010

    J'ai pris la fleur de Tante Mae, et elle sentait bon mais pas très fort. Cette fleur-là ne lui allait vraiment pas bien. Tante Mae, pour moi, c'était plutôt une grosse fleur de couleur vive, avec un parfum sucré. Une rouge, par exemple, qui aurait senti fort comme le chèvrefeuille, mais en moins innocent.
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Videos de John Kennedy Toole

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Vidéo de John Kennedy Toole

Présentation de l'adaptation théâtrale de LA CONJURATION DES IMBECILES de Bastien Crinon et Thierry Robard D’après l’œuvre de John Kennedy Toole - Traduction Jean-Pierre Carasso



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