> Jean-Pierre Carasso (Traducteur)

ISBN : 2264034882
Éditeur : Editions 10/19 (2002)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 345 notes) Ajouter à mes livres
L'aventure éditoriale de La Conjuration des imbéciles mériterait à elle seule qu'on lui consacre un roman, tant elle semble sortir tout droit de l'esprit d'un auteur en mal de publicité. Nous sommes en 1976 et Walker Percy, romancier et universitaire américain, est la c... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Penelope, le 31 mai 2008

    Penelope
    Je ne suis pas capable d'écrire des critiques littéraires, contrairement à certains membres de Babelio, que j'admire, mais c'est un de mes livres préférés, donc je vais écrire quelques mots. J'ai lu « La Conjuration des imbéciles » en 1984. Dès les premières pages, j'ai été émerveillée par ce récit et surtout par le personnage d'Ignatius Reilly. J'ai fini le livre en une journée, pendant la lecture j'ai beaucoup ri, j'ai admiré, j'ai été comblée. Tout de suite après je l'ai recommandé à tout mes amis et tout le monde l'a adoré. Encore aujourd'hui, nous parlons de « the great Ignatius », avec sa valve pylorique, son « travail » chez « Pantalons Levy », ses folles aventures…Mes enfants à leur tour ont apprécié ce livre génial, la preuve, ils ont tous les deux mis « La conjuration… » dans leur Top 5 sur Babelio.
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    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 30 août 2008

    Woland
    Confederacy Of Dunces
    Traduction : Jean-Pierre Carasso
    "La conjuration des imbéciles" ne saurait fonctionner sans ce pivot central que constituent les relations mère-fils de Mme Reilly et d'Ignatius.
    Celui-ci nous est dépeint comme particulièrement grand et fort, "obèse" même, très préoccupé par son "anneau pylorique" et son aérophagie, fondamentalement asocial bien que prodigieusement cultivé, résolu à défendre sa virginité contre les assauts des "ribaudes" même si Myrna Minkoff, qui endosse le rôle de sauveur d'Ignatius à la fin du roman, ne cesse de l'exhorter à prendre en main - si l'on ose dire - sa sexualité.
    Au vu du portrait de Kennedy Toole et quand on sait que ce fut sa mère qui, après sa mort, obtint enfin que son livre fut publié, doit-on en conclure que "La Conjuration ..." frôle parfois l'autobiographique ?
    Car pour dépeindre avec tant de justesse les rapports amour-haine d'une mère et de son fils, il faut avoir eu la possibilité de les étudier, soit parce qu'on y est directement impliqué, soit parce que l'on a vu l'un de ses proches y succomber. Toole a beau nous faire nous étrangler de rire en maints passages de ce livre extraordinaire, il n'en reste pas moins que Mrs Really a tout d'une alcoolique et qu'Ignatius ne s'est sans doute pas retiré pour rien dans sa bulle aux draps de lit jaunis, hantée par des remugles qui deviennent vite insupportables à Gus Levy lorsque celui-ci se risque dans la chambre de son ancien employé.
    Mère abusive, Mrs Reilly ? Pourtant, du début jusqu'à la fin, il est clair qu'elle ne demande qu'une seule chose : être enfin débarrassée de son fils, si possible que celui-ci se trouve une femme. le problème, c'est que Mrs Reilly est désormais courtisée par un vieux monsieur susceptible de lui faire partager une retraite confortable et que, dans de telles conditions, la présence continuelle d'un grand fils de 30 ans, qui pis est ouvertement condescendant envers le reste de l'univers et bien décidé à ne pas entrer dans la vie active, ne peut que représenter un très gros problème.
    Autour du fils et de la mère, papillonnent tout un essaim de personnages inénarrables : l'équipe du bar "Les Folles Nuits" avec Jones, un Noir forcé de consentir à un emploi payé au rabais parce qu'il craint de se faire pincer pour vagabondage et qui se verra donc contraint, pour se tirer de là, de "saboter" l'établissement, Roberta E. Lee,(!!!) propriétaire du bar, qu'Ignatius qualifie de "chienne nazie" pour des raisons que je vous laisse découvrir mais qui n'ont rien à voir avec la politique, George, son commissionnaire demi-sel qui livre pour elle de bien étranges paquets et enfin Darlène, strip-teaseuse de son état, et son cacatoès (!!) ; celle des "Pantalons Lévy" avec l'indescriptible Miss Trixie, qui rêve d'une retraite que Mme Lévy, une oisive complètement siphonnée, lui ajourne infiniment sous prétexte que cela nuirait à son équilibre psychologique ; Mr Clyde, qui engage Ignatius pour vendre des hot-dogs dans le Quartier chaud de la ville ; Miss Annie, la voisine des Reilly qui nous donnera à sa façon bien particulière quelques explications sur le parcours d'enfant et d'adolescent d'Ignatius et, bien entendu, la tribu Battaglia-Mancuso, c'est-à-dire la tante et le neveu (plus la grand-mère dans le portrait, sur le réfrigérateur), celui-ci n'étant autre que l'agent de police qui, dès la seconde page, tente d'arrêter Ignatius devant le magasin Holmes parce qu'il lui trouve une allure suspecte. Quant à Myrna Minkoff, elle se révèle tout entière dans ses lettres à Ignatius, qu'elle commence toujours par "Messieurs" d'ailleurs, avant d'apparaître pour le final sur le perron de la petite maison des Reilly en archange sauveur du malheureux.
    Une merveille de construction - c'est monté avec la précision incomparable d'un Feydeau devant lequel, comme le disait Marcel Achard, "on s'étouffe de rire" - et des dialogues époustouflants de naturel et de drôlerie complètent le tableau et contribuent à faire, de "La conjuration des imbéciles", l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature américaine du XXème siècle. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 03 février 2012

    carre
    A 30 ans passés, Ignatus vit encore chez sa mère. Fatiguée par ce fils survolté, égocentrique, étudiant attardé spécialisé de littérature médiévale, elle le force à trouver un job. Son caractère irascible, son apparence physique (sorte de géant hirsute et barré), ces problèmes gastriques ne favorisent pas son intégration. Ce type Ignatus Reilly est un inadapté aux autres et à la vie. John Kennedy Toole réussit un livre d'une incroyable drôlerie, les scènes cocasses s'enchainent à un rythme hallucinant, et dire que cet auteur se suicida pour ne pas avoir connu la reconnaissance de son talent. Croyez-moi les aventures de Ignatus Reilly se rappelleront à vous bien àprès la lecture de ce livre unique. Dans tout les sens du terme.
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    • Livres 5.00/5
    Par trust_me, le 17 octobre 2011

    trust_me
    Printemps 1997. Faisant partie des derniers appelés du contingent à devoir effectué le service militaire avant sa suppression définitive, je m'apprête à « faire mes trois jours » comme on disait à l'époque. Destination Cambrai pour une batterie de tests physiques et médicaux destinés à valider mon aptitude au service. Refusant obstinément de porter les armes et l'uniforme, je sais déjà que je serai objecteur de conscience, mais cela ne me dispense pas des trois jours. Avant de monter dans le train, je m'arrête dans une librairie afin de trouver un bouquin qui va m'aider à mieux supporter ce court séjour cambrésien. Déambulant dans le rayon de littérature étrangère, je tombe en arrêt devant un titre improbable mais on ne peut plus adapté à la situation : la conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole. le clin d'œil est trop beau, c'est le livre que je me dois d'emmener à la caserne ! Voila donc comment j'ai rencontré, par le plus grand des hasards, un des plus beaux romans qu'il m'ait été donné de lire.
    L'histoire de la publication de la conjuration des imbéciles est incroyable. John Kennedy Toole est né en 1937 en Louisiane. Couvé, surprotégé par une femme devenue mère à 37 ans alors que les médecins lui avaient certifié qu'elle ne pourrait jamais l'être, le jeune garçon a très tôt développé des capacités intellectuelles au dessus de la moyenne. Devenu professeur dans un établissement de La Nouvelle Orléans, il continua à vivre chez ses parents. C'est pendant son service militaire (décidément !) qu'il rédigea la conjuration des imbéciles. le manuscrit fut refusé par plusieurs éditeurs, au grand dam de son auteur.
    Le 26 mars 1969, à 31 ans, persuadé d'être un écrivain raté, JK Toole se suicide en inhalant les gaz d'échappement de sa voiture.
    Sa mère est dévastée lorsqu'elle apprend la nouvelle. Pendant les années qui suivent, elle propose le manuscrit à de nombreuses maisons d'édition. Les refus s'enchaînent. Obstinée, Thelma Ducoing Toole décide de montrer le texte à Walker Percy, un enseignant de création littéraire à l'université de Loyola. Dans la préface de l'édition française, le professeur Percy relate cette rencontre « [elle] me tendit l'épais manuscrit. Il n'y avait pas moyen d'y couper. Il ne me restait qu'un seul espoir : qu'après avoir lu quelques pages, je les trouverais, en toute bonne conscience, assez mauvaises pour ne pas avoir à en lire davantage. D'habitude, c'est ainsi que cela se passe. En fait, le premier paragraphe suffit souvent et ma seule crainte est que celui-ci ne soit pas assez mauvais ou qu'il soit juste assez bon pour que je me sente obligé de poursuivre la lecture.
    Cette fois-ci, je continuais à lire, encore et encore. Au début, avec le sentiment déprimant que ce n'étais pas assez mauvais pour en rester là. Ensuite, avec un vague titillement d'intérêt. Puis avec une excitation grandissante. Et finalement, avec une sorte d'incrédulité : il n'était pas possible que ce soit aussi bon. »
    L'ouvrage est finalement publié par la Louisiana State University Press. En 1981, la conjuration des imbéciles remporte le prix Pulitzer de la fiction. A titre posthume, John Kennedy Toole, un jeune homme qui se suicida pensant être un écrivain raté, reçu la plus prestigieuse des récompenses américaines pour un roman.
    Pourquoi la conjuration des imbéciles est un livre culte (au moins pour moi) ? le roman met en scène un des personnages les plus marquants de l'histoire de la littérature américaine : Ignatius Reilly. Un gaillard de La Nouvelle Orléans surdoué intelectuellement, irascible, en révolte contre la stupidité de ses congénères, à l'égo démesuré, fainéant comme pas deux, souffrant d'importants troubles gastriques qui engendrent de nombreuses flatulences et éructations. Une sorte de Don quichotte (obèse) des temps modernes qui cherche à mener une croisade perdue d'avance contre les imbéciles de tout poil. Sa mère le pousse à trouver un travail : chacune de ses expériences professionnelles va tourner à la catastrophe. Ignatius a une petite amie, Myrna. La relation entre ces deux drôles d'oiseaux est pour le moins originale. Et puis il y a la ville. JK Toole plonge le lecteur dans sa Nouvelle Orléans (la ville de sa naissance). Un endroit bigarré, à l'atmosphère si particulière. On parcourt les bas-fonds avec un plaisir incroyable, croisant des personnages hauts en couleur et des endroits au charme indéfinissable. Bref, voila un roman franchement drôle, à la fois léger et profond. Après avoir dévoré les 500 pages, on referme le livre en se disant que l'on ne tombe pas tous les jours sur un tel texte. Et c'est bien dommage !

    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2010/07/fan-de-episode-2-john..
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    • Livres 3.00/5
    Par Enila, le 13 janvier 2009

    Enila
    Quand on choisit consciemment de lire un roman qui est entouré d'une histoire extraordinaire et qui plus est, reste, aujourd'hui, un chef d'oeuvre de la littérature américaine reconnue par le prix Pultizer, on se dit: "Il va falloir que j'aime ce livre, que je le trouve bon sinon je suis à côté de la plaque!!" Il faut d'abord savoir que l'auteur Peter Kennedy Toole s'est suicidé à 32 ans pensant qu'il était un écrivain raté et sans sa coriace de mère, il n'aurait jamais été publié.
    L'histoire : C'est plutôt "inracontable", c'est l'histoire d'un mec (lol), Ignatus 30 ans, qui vit chez maman, a fait de longues études, parle comme un dictionnaire, est obèse, tache ses draps, boit des Docteur Nut, dont l'insulte favorite et mongolien (sans littéral), souffre à cause d'un anneau pylorique imaginaire et rote sans arrêt.
    Imaginez un tanguy, thésard médiéviste et puceau, royaliste échoué sur un lit comme une baleine sur une plage, persuadé d'être le théoricien sauveur de l'humanité.
    Cet être physiquement affreux et psychologiquement "débile" est le sujet de ce livre. Il est, à mon sens, un être pitoyable mais franchement qu'est ce qu'il peut être drôle!!!
    C'est lorsque sa môman a un accident de voiture et qu'elle se voit dans l'obligation de payer les réparations, que la vie d'Ignatius va changer. En effet, l'histoire commence lorsque l'élément dramatique est annoncé par la mère de notre "héros" :
    "Ma décision est prise. Tu vas aller chercher un travail"
    et Ignatius de dire (non sans bon sens d'ailleurs) ""Je doute très sérieusement que quiconque veuille m'embaucher"
    Critique de la forme:
    Cette nouvelle version est très belle à regarder, j'aime son format: "plus grand qu'un livre de poche, couverture solide, mais exportable partout"
    Critique du fond:
    Vous aurez beau détester l'histoire de Peter Kennedy Toole vous ne pourrez que vous inclinez devant son style original, recherché et drôle.
    On rit à chaque page dès qu'Ignatius (anti héros) s'emporte contre un agent de police "dégénéré", un noir, sa mère, une prostitué ou un "sodomite"... Ses idées, écrites dans ses fameux cahiers Big Chief, sont atroces et complètement dingues!!!Il est asocial, très pusillanime et franchement il nous semble tout à fait bienvenu que cet extra terrestre ne finisse pas dans un asile mais continue son voyage pour torturer d'autres pauvres humains!! le fond du livre est de nous montrer à travers un dément hypocondriaque qui refuse la société consumériste, qu'il n'est pas possible d'échapper à l'American Way of life. Car, ce géant "vert" consomme malgrè lui... Dans ses rencontres comme dans ses différentes activités (vendeur de Hot Dog, travail de bureau chez Pantalon Levy, théoricien boècien, politicien avorté ou complice de trafic de revues porno...) il est méprisable, terriblement monstrueux : exemples choisis : (voir phrase du jour sur le blog)
    "J'admire (...) la terreur que les Noirs sont capables d'instiller dans le cœur de certains membres du prolétariat blanc et je voudrais de toute mon âme disposer d'une capacité semblable. le Noir terrifie simplement en étant soi même, alors que je suis contraint de recourir à un certain nombre de manœuvres d'intimidation pour atteindre le même résultat. Peut-être aurait-il fallu que je fusse noir. M'est avis que j'aurai fait un Noir de dimensions considérables et tout à fait terrifiant, pressant continuellement mes vastes cuisses contre les maigres cuisses ridées des vieilles Blanches dans les transports publics afin de leur tirer plus d'un glapissement de panique."
    A Miss Trixie, une vieille fille à moitié Alzheimer : "Allez donc faire pendouiller vos appas fanés au dessus des toilettes"
    Portrait des ados : "Acné, banane, chaussures pointues, l'équipement standar d'un adolescence"
    Et puis, les personnes rencontrés par Ignatius au cours de son parcours initiatique dans la vraie vie sont extras! Tous sont passé au vitriol. Chaque personnage est approfondi, pittoresque et loufoque : le policier déguisé à la recherche d'un criminel, la maquerelle qui tient un bar miteux, le noir exploité et revanchard, la blonde idiote, la femme riche, blasée et autoritaire, une paire de vieille plus folles les unes que les autres...
    D'ailleurs : la maquerelle à la blonde idiote :
    "T'as l'air d'un tapin avec ta robe orange. Et qu'est-ce que c'est que tous ces bruits que tu fais comme une traînée? On dirait une nympho ivre morte qui tourne de l'oeil au fond d'un cul de sac"
    De plus, il arrive sans peine à nous emmener dans les quartiers populaires de La nouvelle Orléan, la traduction m'a permis d'approcher ce langage si particulier qui doit être un "patois" local :
    ex : Ils vont jouer au "bouligne" (bowling), la "matouse" d'Ignatius souffre "d'arthurite", Ignatius lance des bombes "nucleyère", Mancuso( le policier mongolien) porte des fringues de "lusque", le petit copain de la maman d'ignatius déteste les "communisses, Ignatius n'est pas fan des "bloudgines", un des noirs a un "barbocul"...
    Conclusion : Eh bien, il faut s'accrocher pour lire cette conjuration des Imbéciles parce qu'il s'agit là de l'histoire d'un imbécile. le vocabulaire est riche, certains dialogues nécessitent une relecture tant le traducteur s'est efforcé de nous faire partager l'accent de la nouvelle Orléans. Moi j'ai pris le temps de déguster ce livre et de lire attentivement les répliques afin de me gausser le plus possible. A consommer sans modération!!
    Enfin un livre dont on ne se dit pas : "Moi aussi, j'aurai pu écrire ça!" Alors, c'est ça un Chef d'oeuvre??

    Lien : http://enilashorcruxe.blogspot.com/2009/01/attention-chef-doeuvre.html
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 11 février 2009

    ... - Vous avez des papiers d'identité, monsieur ?" demanda le policier d'une voix qui espérait qu'Ignatius fût dépourvu de toute identité officielle.

    - Quoi ?"

    Ignatius baissa les yeux sur l'écusson de la casquette bleue et ajouta :

    - "Qui êtes-vous ?

    - Montrez-moi votre permis de conduire.

    - Je ne conduis pas. Ayez l'obligeance de vous éloigner. J'attends ma mère.

    - Qu'est-ce qui pend à la corde de votre sac, là ?

    - Que voulez-vous que ce soit, imbécile ? C'est une corde pour mon luth.

    - Qu'est-ce que c'est que ça ?"

    Le policier recula d'un pas.

    - "Vous êtes d'ici ?

    - Est-ce bien le rôle de la police municipale de s'acharner dans des tracasseries contre ma personne alors que notre ville est, au vu et au su de tous, l'une des capitales du vice du monde civilisé ?" beugla Ignatius au-dessus des têtes de la foule qui se pressait devant le magasin. "Notre ville est célèbre pour ses joueurs professionnels, ses prostituées, ses exhibitionnistes, ses antéchrists, ses ivrognes, ses sodomites, ses drogués, ses fétichistes, ses onanistes, ses pornographes, ses fripons, ses coquines, ses vandales et ses lesbiennes, toutes et tous dûment protégés par la prévarication et le trafic d'influence. Si vous avez un moment, je suis prêt à débattre avec vous du problème de la criminalité, mais ne commettez surtout pas l'erreur de m'importuner, moi."

    Le policier agrippa Ignatius par le bras et reçut sur la tête un coup de sac de partitions. La corde pendante du luth lui fouetta l'oreille.

    - "Eh ! là, s'écria le policier.

    - Prends ça !" cria Ignatius, remarquant qu'un cercle de badauds et chalands intéressés avait commencé à se former. ...
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  • Par Woland, le 11 février 2009

    ... - Y faut qu'on paye ce bonhomme, Ignatius. Tu veux donc me voir en prison ? T'aurais pas honte si ta pauvre maman se retrouvait sous les verrous ?

    - Veux-tu, je te prie, cesser de parler d'incarcération ? Cette idée semble te tracasser ; t'obséder même. On dirait même que tu prends plaisir à y songer. Le martyre est dépourvu de toute signification, de nos jours."

    Il rota doucement.

    - "Je suggère que nous réalisions certaines économies sur notre train de maison. Tu verras vite que tu disposes de la somme requise.

    - Je dépense tous les sous pour toi, pour te nourrir et je ne sais quoi.

    - J'ai trouvé récemment plusieurs bouteilles vides dont je n'avais certainement pas consommé le contenu.

    - Ignatius !

    - J'ai commis l'erreur de faire chauffer le four l'autre jour sans prendre la peine d'en inspecter l'intérieur. Quand je l'ai ouvert pour y mettre à réchauffer une pizza surgelée, j'ai presque été aveuglé par les vapeurs d'une bouteille de vin braisée qui s'apprêtait à exploser. Je suggère que tu mettes de côté une partie des sommes que tu investis à fonds perdus dans l'industrie des boissons alcooliques.

    - Tu devrais avoir honte, Ignatius ! Pour quelques bouteilles de Moscatel Gallo alors que toi, avec toutes tes babioles !

    - Peux-tu, je te prie, définir la signification du mot "babioles" dans ta bouche ?" demanda sèchement Ignatius.

    - "Tous ces livres. Le gramophone. La trompette que je t'ai achetée le mois dernier.

    - Personnellement, je considère la trompette comme un bon investissement, malgré notre voisine Annie qui est de l'avis opposé. D'ailleurs, si elle vient encore frapper à mes volets, je lui verserai de l'eau dessus. ...
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  • Par Elaine, le 20 février 2010

    "je doute trés sérieusement que quiconque veuille m'embaucher. les employeurs perçoivent en moi la négation de leurs valeurs. Ils me craignent. je les soupçonne d'être capables de se rendre compte que je vis dans un siécle que j'exécre."

    "Cette compléte absence de contact entre la réalité est d'ailleurs, soyons juste, caractéristique de la quasi-totalité de "l'art "d'Amérique. Toute ressemblance entre l'art américain et la nature américaine serait fortuite et reléverait de la coincidence, mais c'est seulement parce que le pays dans son ensemble n'a pas de contact avec la réalité.
    On tient là une seulement des raisons pour lesquelles j'ai toujours été contraint d'exister à la lisiére de sa société,consigné dans le limbe réservé à ceux qui savent reconnaître la réalité quand ils la rencontrent."
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  • Par Penelope, le 10 janvier 2008

    "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui."
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  • Par editionsdelabatjour, le 01 novembre 2010

    Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse et, à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis pleins de désapprobation et de miettes de pommes de terre chips. A l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneux d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des signes de son mauvais goût vestimentaire.

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Présentation de l'adaptation théâtrale de LA CONJURATION DES IMBECILES de Bastien Crinon et Thierry Robard D’après l’œuvre de John Kennedy Toole - Traduction Jean-Pierre Carasso








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