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Jean-Pierre Carasso (Traducteur)
ISBN : 2264034882
Éditeur : 10-18 (01/08/2002)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 1744 notes)
Résumé :
À trente ans passés, Ignatius vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C'est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre ... Chef d'œuvre de la littérature américaine, La conjuration des imbéciles offre le génial portrait d'un Don Quichotte yankee inclassable et culte.

«On ne peut pas lire ce livre, l'un des plus drôles de l'histoire littérair... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (171) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
29 septembre 2013
  • 2/ 5
Une minute d'autosatisfaction :
Vive moi !
Voilà.
Car il m'a fallu faire preuve d'une obstination de marathonienne pour arriver au bout de ce roman-culte encensé un peu partout.
La Conjuration des imbéciles, titre appétissant pourtant, tout comme la page de couverture de la dernière édition 10-18... ça commençait plutôt bien.
Et puis non.
Autosatisfaction, parlons-en. Dans ce domaine Ignatius Reilly est un virtuose, limite sociopathe et furieusement mythomane. Raisons pour lesquelles, sans doute, l'envie de lui coller des baffes démange tout au long du récit et c'est – très prosaïquement j'en conviens – ce qui m'a le plus agacée. Pour en rajouter dans le crispant, notre héros tragi-comique prend place au centre d'une sorte de vaudeville extravagant, braillard, outré, logorrhéique, avec portes qui claquent, personnages rocambolesques et situations absurdes à tous les étages. Pourtant fervente adepte du deuxième degré (voire du troisième sans trop me pousser), difficile de m'expliquer pourquoi cet humour, visiblement apprécié par beaucoup, ne m'a pas du tout séduite.
En revanche la prose de J.K.Toole singulièrement explicite et riche (portée de plus par une traduction tout aussi adroite) révèle une force d'évocation surprenante de réalisme et de précision. de ce fait, La Conjuration des imbéciles est loin d'être une daube intersidérale mais, en ce qui concerne ma propre lecture, je constate pour conclure que la lassitude l'a constamment disputé à l'agacement sans pratiquement jamais solliciter mon grand zygomatique pourtant généralement assez bien disposé.
Ou alors je vieillis.
Ça doit être ça.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Penelope
31 mai 2008
  • 5/ 5
Je ne suis pas capable d'écrire des critiques littéraires, contrairement à certains membres de Babelio, que j'admire, mais c'est un de mes livres préférés, donc je vais écrire quelques mots. J'ai lu « La conjuration des imbéciles » en 1984. Dès les premières pages, j'ai été émerveillée par ce récit et surtout par le personnage d'Ignatius Reilly. J'ai fini le livre en une journée, pendant la lecture j'ai beaucoup ri, j'ai admiré, j'ai été comblée. Tout de suite après je l'ai recommandé à tout mes amis et tout le monde l'a adoré. Encore aujourd'hui, nous parlons de « the great Ignatius », avec sa valve pylorique, son « travail » chez « Pantalons Levy », ses folles aventures…Mes enfants à leur tour ont apprécié ce livre génial, la preuve, ils ont tous les deux mis « La conjuration… » dans leur Top 5 sur Babelio.
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colimasson
16 octobre 2012
  • 5/ 5
Au frémissement de moustache, un remugle de décadence parvient jusqu'à vos narines éclairées… Sans doute faites-vous partie des anachroniques de l'acabit d'Ignatius Reilly. Dans ce cas, autant vous prévenir tout de suite : la lecture de la Conjuration des imbéciles vous fera l'effet d'une révélation. Mieux que Batman, presque équivalent à Boèce, Ignatius se situe droit dans la lignée des contempteurs de leur époque. Lorsque les vices décriés par les bonnes moeurs –saleté, misanthropie, exclusion sociale et professionnelle- deviennent les totems revendiqués de la lutte contre le nivellement par le bas, Ignatius Reilly fait figure d'orateur hors-pair, toujours sûr de lui et des théories uniques dont il s'est fait l'auteur.

A contre-courant de tout et de tout le monde, Ignatius mène une vie qui se constitue à l'exact opposé du rêve américain. A trente ans, après avoir passé près de dix ans à l'université pour ramener une licence qui ne lui servira jamais, il retourne vivre chez sa « manman » dans un pauvre taudis entouré de voisins suspicieux et racoleurs. Entre joutes verbales et confrontations physiques, le fils et sa mère passent leur temps à se contredire à la manière d'un vieux couple à la relation platonique. Leurs sorties se limitent à la vieille boîte miteuse des « Folles nuits » -avec « bouligne » quelquefois pour la mère Reilly qui désire se socialiser et cinéma pour Ignatius qui, en observateur attentif de la décadence de son époque, n'assiste qu'aux séances des films les plus populaires afin de s'insurger contre le lavage d'esprit dont sont victimes ses contemporains. Gare ! La colère bloque le mécanisme d'ouverture de son anneau pylorique –qui ne l'empêche cependant pas de se nourrir de macarons, de beignets et de hot-dogs maintenant son obésité maladive-, et pour pallier à cette réaction psychosomatique, Ignatius déverse sa bile noire dans des montagnes de petits cahiers, tous gribouillés, à moitié achevés lorsqu'ils ne sont pas à peine commencés.

Ces petits cahiers froissés, recouverts de miettes de beignets et de traces de sperme, constituent un chef d'oeuvre de politiquement incorrect. Leur humour ravageur tient à la fois à leur audace et au fossé qui les sépare du sérieux de la démarche d'Ignatius et de l'incohérence absurde de ses propos. Ses théories relèvent du surréalisme mais rien n'y fait : Ignatius s'y accroche avec conviction et ne doute jamais une seconde qu'il détient la vérité contre tous.

Personnage buté, grotesque, misanthrope, Ignatius est pourtant revigorant et libérateur. Qui ne lui a jamais été semblable une fois dans sa vie ? Il est le reflet de nos pensées les plus extrêmes, celles qu'on ressent parfois subrepticement avant de les chasser, rattrapés par la bonne couche de vernis policé et civilisé qu'on se doit de s'imposer pour vivre en bons termes avec la civilisation. Ignatius est drôle parce qu'il ose et assume l'insanité de ses convictions. On l'admire parce qu'il est sûr de lui, et on l'envie parce qu'il ne doute jamais et ne démord pas de ses théories, même dans l'adversité. Il est un personnage entier et honnête et même s'il n'a certainement pas les pieds sur terre, il vit dans un monde qu'il est le seul à percevoir de cette manière.

Sans se limiter à Ignatius, les personnages qui l'entourent –sa mère Reilly, son employeur Levy, son amie-ennemie Myrna, le policier Mancuso, le pédérastre Dorian…- constituent des figures secondaires atypiques, complètement anormales elles aussi mais d'une manière plus conventionnelle. Car Toole a ce talent : révéler, à travers l'excentricité d'Ignatius, la folie tout aussi vive qui touche ceux dont les comportements sont pourtant validés par la civilisation. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de la Conjuration des imbéciles : en s'exprimant d'un ton pince-sans-rire, John Kennedy Toole nous fait comprendre qu'Ignatius n'est pas plus dérangé qu'un autre, et il met ainsi en avant toute la folie des comportements contemporains.

Une lecture exaltante et excitante qui nous fait voir le monde à travers le prisme « du bon goût, de la décence, de la géométrie et de la théologie » -valeurs sûres et définitives d'une civilisation qui se respecte.
Lien : http://colimasson.over-blog...
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StephaneMei
25 septembre 2012
  • 5/ 5
Voilà un livre assez extraordinaire ! Il nous raconte les aventures d'un garçon absolument odieux, se débattant dans un quartier, une ville (la Nouvelle Orléans), un monde même, pour lequel il n'est pas du tout adapté.
Ignatius J. Reilly est un obèse monstrueux, génie ou abruti complet (à vous de voir...) pouvant à peine se déplacer, rotant sans cesse, martyrisant sa mère et méprisant le monde entier avec une fougue et un sens de la répartie extraordinaires. Hypocondriaque, de mauvaise foi, persuadé de sa propre supériorité, colérique et dégoûtant : le gendre idéal, quoi !
Obligé par un concours de circonstances à chercher du travail, il ira de catastrophe en catastrophe, rencontrant une multitude de personnages tous plus cinglés les uns que les autres, créant sans cesse sur son passage des situations saugrenues et inextricables.
Les personnages sont exceptionnels ! Ils sont tous complètement frappés, sauf peut-être un ou deux (Gus Levy, patron des jeans Levy, qui est torturé par sa femme, que j'ai trouvé à peu près sain; et Jones, le noir employé comme balayeur dans le bar des Folles nuits, le seul du livre à être capable de second degré). Les dialogues sont ciselés, un vrai plaisir : on rit à chaque page, une vraie mine de citations !
J'ai été un peu déçu par le manque d'intrigue, puisque le fil conducteur, c'est la stupidité. Mais il faut dire qu'il y a de quoi faire. Ouah-ho !
Pour paraphraser ce bon Ignatius : "Si vous n'avez pas lu ce chef-d'oeuvre de la littérature du XXème siècle, vous méritez le fouet jusqu'à l'évanouissement."
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wellibus2
15 septembre 2014
  • 4/ 5
La CONJURATION DES IMBECILES en près de 500 pages de délire récurent, nous relate les aventures d'Ignatius J.Reilly, trentenaire sans emploi à l 'idéal moyenâgeux, obèse surdoué, marginal asocial, décalé à l'esprit paranoïaque, grossier provocateur et manipulateur, materné par son souffre-douleur de mère alcoolique ; dans l'univers confiné des quartiers populaires de la Nouvelle-Orléans.
Ignatius J.Reilly ,"roteur" invétéré à l'anneau pylorique tourmenté, est entouré d'une galerie de personnages truculents : Mancuso policier des basses oeuvres et sa tata boulignesque, Jones le portier "palabrant" des Folles Nuits, Minkoff amoureuse éconduite platonique par fin de non-recevoir et psychanalyste par destination de l'âme torturée de notre héros sympathique et attachant (vous en conviendrez) et tant d'autres.
Ce roman, alternant théories ubuesques, dérisions sadiques et épisodes requinquants; par une critique au vitriol nous dépeint la réalité de l'Amérique désenchantée des années 60
.....Génial.....Jouissif....et ......Incontournable
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Citations & extraits (147) Voir plus Ajouter une citation
YannLeClouecYannLeClouec18 janvier 2017
La Nature, parfois, fait des imbéciles, mais un freluquet est toujours œuvre de l’homme lui-même.
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joedijoedi15 janvier 2017
Le minimum que tu avais fait pour elles jusqu'ici, c'était quand même de leur assurer un certain confort matériel. Elles seront certainement enchantées d'apprendre qu'elles sont passées à deux doigts de la prostitution ou pire encore ...
— C'est vrai que je n'aurais pas vu d'inconvénient à ce que ça leur rapporte un peu d'argent. À ma connaissance, elles ont toujours fait ça gratuitement jusqu'ici.
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joedijoedi12 janvier 2017
En un sens, je me suis toujours senti comme une lointaine parenté avec la race des gens de couleur parce que sa position est assez comparable à la mienne : l'un et l'autre nous vivons à l'extérieur de la société américaine. Certes, mon exil à moi est volontaire. Tandis qu'il est trop clair que nombre d'entre les nègres caressent le vœu de devenir membres actifs des classes moyennes américaines.
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joedijoedi12 janvier 2017
Malgré tout ce à quoi on les soumet depuis si longtemps, les Noirs n'en sont pas moins des gens plutôt sympathiques dans leur immense majorité. Je n'ai guère eu l'occasion d'en rencontrer : décidé à ne fréquenter que mes égaux, je ne fréquente bien évidemment personne puisque je suis sans égal.
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joedijoedi11 janvier 2017
— Je veux une perruque brune, figure-toi, pour pouvoir changer de personnalité.
— Écoute, tu es brune, non ? Alors tu pourrais laisser à tes cheveux leur couleur naturelle, quand ils auront repoussé, et tu t'achèteras une perruque bonde.
— Tiens, je n'y avais pas pensé.
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Guillaume Gallienne lit la conjuration des imbecilles de J.Kenedy Toole (LGL 20121220 - 11/13) La grande librairie 20/12/2012 sur France 5 de François Busnel, émission spéciale lecture à l'opéra comique
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