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> Jean-Pierre Carasso (Traducteur)

ISBN : 2264034882
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 1110 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'aventure éditoriale de "La Conjuration des imbéciles" mériterait à elle seule qu'on lui consacre un roman, tant elle semble sortir tout droit de l'esprit d'un auteur en mal de publicité.
Nous sommes en 1976 et Walker Percy, romancier et américain, est la cible ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Lolokili, le 29 septembre 2013

    Lolokili
    Une minute d'autosatisfaction :
    Vive moi !
    Voilà.
    Car il m'a fallu faire preuve d'une obstination de marathonienne pour arriver au bout de ce roman-culte encensé un peu partout.
    La Conjuration des imbéciles, titre appétissant pourtant, tout comme la page de couverture de la dernière édition 10-18... ça commençait plutôt bien. Et puis non.
    Autosatisfaction, parlons-en. Dans ce domaine Ignatius Reilly est un virtuose, limite sociopathe et furieusement mythomane. Raisons pour lesquelles, sans doute, l'envie de lui coller des baffes démange tout au long du récit et c'est – très prosaïquement j'en conviens – ce qui m'a le plus agacée. Pour en rajouter dans le crispant, notre héros tragi-comique prend place au centre d'une sorte de vaudeville extravagant, braillard, outré, logorrhéique, avec portes qui claquent, personnages rocambolesques et situations absurdes à tous les étages. Pourtant fervente adepte du deuxième degré (voire du troisième sans trop me pousser), difficile de m'expliquer pourquoi cet humour, visiblement apprécié par beaucoup, ne m'a pas du tout séduite.
    En revanche la prose de J.K.Toole singulièrement explicite et riche (portée de plus par une traduction tout aussi adroite) révèle une force d'évocation surprenante de réalisme et de précision. de ce fait, La Conjuration des imbéciles est loin d'être une daube intersidérale mais, en ce qui concerne ma propre lecture, je constate pour conclure que la lassitude l'a constamment disputé à l'agacement sans pratiquement jamais solliciter mon grand zygomatique pourtant généralement assez bien disposé.
    Ou alors je vieillis.
    Ca doit être ça.

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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 16 octobre 2012

    colimasson
    Au frémissement de moustache, un remugle de décadence parvient jusqu'à vos narines éclairées… Sans doute faites-vous partie des anachroniques de l'acabit d'Ignatius Reilly. Dans ce cas, autant vous prévenir tout de suite : la lecture de La conjuration des imbéciles vous fera l'effet d'une révélation. Mieux que Batman, presque équivalent à Boèce, Ignatius se situe droit dans la lignée des contempteurs de leur époque. Lorsque les vices décriés par les bonnes mœurs –saleté, misanthropie, exclusion sociale et professionnelle- deviennent les totems revendiqués de la lutte contre le nivellement par le bas, Ignatius Reilly fait figure d'orateur hors-pair, toujours sûr de lui et des théories uniques dont il s'est fait l'auteur.

    A contre-courant de tout et de tout le monde, Ignatius mène une vie qui se constitue à l'exact opposé du rêve américain. A trente ans, après avoir passé près de dix ans à l'université pour ramener une licence qui ne lui servira jamais, il retourne vivre chez sa « manman » dans un pauvre taudis entouré de voisins suspicieux et racoleurs. Entre joutes verbales et confrontations physiques, le fils et sa mère passent leur temps à se contredire à la manière d'un vieux couple à la relation platonique. Leurs sorties se limitent à la vieille boîte miteuse des « Folles nuits » -avec « bouligne » quelquefois pour la mère Reilly qui désire se socialiser et cinéma pour Ignatius qui, en observateur attentif de la décadence de son époque, n'assiste qu'aux séances des films les plus populaires afin de s'insurger contre le lavage d'esprit dont sont victimes ses contemporains. Gare ! La colère bloque le mécanisme d'ouverture de son anneau pylorique –qui ne l'empêche cependant pas de se nourrir de macarons, de beignets et de hot-dogs maintenant son obésité maladive-, et pour pallier à cette réaction psychosomatique, Ignatius déverse sa bile noire dans des montagnes de petits cahiers, tous gribouillés, à moitié achevés lorsqu'ils ne sont pas à peine commencés.

    Ces petits cahiers froissés, recouverts de miettes de beignets et de traces de sperme, constituent un chef d'œuvre de politiquement incorrect. Leur humour ravageur tient à la fois à leur audace et au fossé qui les sépare du sérieux de la démarche d'Ignatius et de l'incohérence absurde de ses propos. Ses théories relèvent du surréalisme mais rien n'y fait : Ignatius s'y accroche avec conviction et ne doute jamais une seconde qu'il détient la vérité contre tous.

    Personnage buté, grotesque, misanthrope, Ignatius est pourtant revigorant et libérateur. Qui ne lui a jamais été semblable une fois dans sa vie ? Il est le reflet de nos pensées les plus extrêmes, celles qu'on ressent parfois subrepticement avant de les chasser, rattrapés par la bonne couche de vernis policé et civilisé qu'on se doit de s'imposer pour vivre en bons termes avec la civilisation. Ignatius est drôle parce qu'il ose et assume l'insanité de ses convictions. On l'admire parce qu'il est sûr de lui, et on l'envie parce qu'il ne doute jamais et ne démord pas de ses théories, même dans l'adversité. Il est un personnage entier et honnête et même s'il n'a certainement pas les pieds sur terre, il vit dans un monde qu'il est le seul à percevoir de cette manière.

    Sans se limiter à Ignatius, les personnages qui l'entourent –sa mère Reilly, son employeur Levy, son amie-ennemie Myrna, le policier Mancuso, le pédérastre Dorian…- constituent des figures secondaires atypiques, complètement anormales elles aussi mais d'une manière plus conventionnelle. Car Toole a ce talent : révéler, à travers l'excentricité d'Ignatius, la folie tout aussi vive qui touche ceux dont les comportements sont pourtant validés par la civilisation. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de La conjuration des imbéciles : en s'exprimant d'un ton pince-sans-rire, John Kennedy Toole nous fait comprendre qu'Ignatius n'est pas plus dérangé qu'un autre, et il met ainsi en avant toute la folie des comportements contemporains.

    Une lecture exaltante et excitante qui nous fait voir le monde à travers le prisme « du bon goût, de la décence, de la géométrie et de la théologie » -valeurs sûres et définitives d'une civilisation qui se respecte.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-conjuration-des-imbeciles..
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    • Livres 5.00/5
    Par StephaneMei, le 25 septembre 2012

    StephaneMei
    Voilà un livre assez extraordinaire ! Il nous raconte les aventures d'un garçon absolument odieux, se débattant dans un quartier, une ville (la Nouvelle Orléans), un monde même, pour lequel il n'est pas du tout adapté.
    Ignatius J. Reilly est un obèse monstrueux, génie ou abruti complet (à vous de voir...) pouvant à peine se déplacer, rotant sans cesse, martyrisant sa mère et méprisant le monde entier avec une fougue et un sens de la répartie extraordinaires. Hypocondriaque, de mauvaise foi, persuadé de sa propre supériorité, colérique et dégoûtant : le gendre idéal, quoi !
    Obligé par un concours de circonstances à chercher du travail, il ira de catastrophe en catastrophe, rencontrant une multitude de personnages tous plus cinglés les uns que les autres, créant sans cesse sur son passage des situations saugrenues et inextricables.
    Les personnages sont exceptionnels ! Ils sont tous complètement frappés, sauf peut-être un ou deux (Gus Levy, patron des jeans Levy, qui est torturé par sa femme, que j'ai trouvé à peu près sain; et Jones, le noir employé comme balayeur dans le bar des Folles nuits, le seul du livre à être capable de second degré). Les dialogues sont ciselés, un vrai plaisir : on rit à chaque page, une vraie mine de citations !
    J'ai été un peu déçu par le manque d'intrigue, puisque le fil conducteur, c'est la stupidité. Mais il faut dire qu'il y a de quoi faire. Ouah-ho !
    Pour paraphraser ce bon Ignatius : "Si vous n'avez pas lu ce chef-d'œuvre de la littérature du XXème siècle, vous méritez le fouet jusqu'à l'évanouissement."
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    • Livres 5.00/5
    Par Penelope, le 31 mai 2008

    Penelope
    Je ne suis pas capable d'écrire des critiques littéraires, contrairement à certains membres de Babelio, que j'admire, mais c'est un de mes livres préférés, donc je vais écrire quelques mots. J'ai lu « La Conjuration des imbéciles » en 1984. Dès les premières pages, j'ai été émerveillée par ce récit et surtout par le personnage d'Ignatius Reilly. J'ai fini le livre en une journée, pendant la lecture j'ai beaucoup ri, j'ai admiré, j'ai été comblée. Tout de suite après je l'ai recommandé à tout mes amis et tout le monde l'a adoré. Encore aujourd'hui, nous parlons de « the great Ignatius », avec sa valve pylorique, son « travail » chez « Pantalons Levy », ses folles aventures…Mes enfants à leur tour ont apprécié ce livre génial, la preuve, ils ont tous les deux mis « La conjuration… » dans leur Top 5 sur Babelio.
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    • Livres 5.00/5
    Par ChristopheM, le 02 septembre 2012

    ChristopheM
    Coupez les vannes du « Make some noïse » de la rentrée littéraire pour prendre le temps de découvrir un son jazz aux allures d'improvisation qui se trouve être un ensemble cohérent arc-en-ciel. Ce sera ma plus longue impression où les prises de notes auraient pu se compter par caisse. Mais j'ai signé pour rester un imbécile à conjurer et j'ai limité mes notes à deux pages. Pour rajouter une couche de désordre pendant l'écriture de ce texte dont j'espère que vous en viendrez à bout, j'ai écouté « Big R classic country USA » sur Delicast.com…
    Les références du personnage principal dans cette histoire poussent comme fleurs en saison. Et vu ma connaissance générale littéraire, la toile m'a été d'un grand secours. Hein Wiki... ? On se boit un café un jour…
    Ignatius, la barrique, dit de Marc Twain qu'il est ennuyeux, « La cause de la stagnation présente de la vie intellectuelle. » C'est gros, ambigu ou plutôt comique ou absurde. le papa de Tom Sawyer et Huckleberry Finn empruntait des chemins de réflexion similaires sur « l'excès de la civilisation » qu'il dénonçait avec humour. Schiller est la référence utilisée pour donner une excuse valable à l'odeur de renfermé dans sa chambre, il raconte que le poète et écrivain allemand s'accommodait de l'odeur de pomme pourrie dans son bureau pour stimuler son inspiration…
    Que dire d'un individu aussi infect caractériellement qu'un Ignatius Reilly de la Nouvelles Orléans des années ‘70. Un malade imaginaire, dont l'anneau pylorique est un instrument redoutable pour imposer le chantage à sa pauvre mère. Ce trentenaire en excès de poids aussi physique qu'intellectuelle, vit une journée apocalyptique. Il subit une arrestation arbitraire, un accident de voiture et l'ordre de sa mère de trouver un travail.
    L'entrée en matière annonce la couleur :
    “— Ignatius, qu'est-ce que toutes ces saletés sur le planché ?
    — C'est ma vision du monde que tu vois là. Il reste à l'organiser en un tout cohérent, alors fait attention où tu mets les pieds.”(p74)
    Cet enfant-roi opposé à l'hypothèque de son fief se voit obligé d'accepter la condition de sa mère. Un sacré passage réactionnaire de la part d'Ignatus et courageux de sa génitrice. Un grand moment d'une dizaine de pages. Acculé, il cède sans reconnaître la raison éclairée de son interlocutrice :
    “Le fait d'agir au sein même du système que je critique représentera en soi, un paradoxe ironique non dépourvu d'intérêt”.
    Un intérêt pour son œuvre dont le thème gratté dans ses carnets Big Chief est :
    “Avec la rupture du système médiéval, les dieux du chaos, de la démence et du mauvais goût prirent le dessus”.
    Voilà, le grand, l'absolu dans sa première nouvelle fonction chez “Les pantalons Levy”. Il s'y sent bien au départ et pense avoir quartier libre pour développer sa révolte, l'ets n'engage que des simples d'esprit. Paradoxe lui qui est l'intelligence suprême. Il prétend y jouer son rôle de travailleur qu'il considère comme partie intégrante de son étude, fraichement innovée, il écrit le “compte rendu des problèmes d'un jeune homme” dans ses carnets.
    Son langage est l'art de l'extrapolation. Décalé, il l'est dans son entièreté d'ailleurs. Il rejette le communisme, vomit la démocratie et la modernité, il défend la royauté moyenâgeuse. Il évite le dialogue constructif, il le construit, il contourne les questions qui le concernent et qui touchent à son caractère, le travail et son inactivité.
    Son discours négatif sur tout me rappelle l'intelligence très développée en ébullition d'un Patrick Bateman dans American psycho par sa description de groupe musical, dont Génésis, qui s'avère être méticuleuse. le personnage de Bret Easton Ellis en a autant qui cogne sous le plafond qu'Ignatius sur une partie de leur vision des choses. Il y a une différence grossière quand même, ils sont tuants, mais un seul tue. Je voulais juste pointer le QI. Des passages qui reflètent la connaissance profonde de l'individu sur son environnement. Un autre exemple de ce type d'esprits qui m'épate est le personnage de Will Hunting dans le film de Gus van Sand en 1997. Ces personnages “surdoués” aux démonstrations d'une ou deux pages, de propos révoltés extra lucides et d'une logique implacable. Je ne sais pas si trop ou extra lucide à un sens. Par contre, leur point de vue est impressionnant et dépasse les stéréotypes courant souvent imposés. Ces êtres décalés passeraient pour des Anonymes (le mouvement) à trop penser.
    Ce qui suit est très peu aérer. le but étant de me rapprocher le plus possible d'une sensation vécue pendant ma lecture. Impressionné, les mots, les mots passent, je veux tout raconter en même temps. Je prends un bol d'air sans respirer et...
    Ignatius correspond avec Mirna Minkoff : son amie de Ny, elle reflète le côté plus réaliste qui dévoile à Ignatius “son problème paranoïde et sexuel, signé Freud”. Réactionnaire, elle est active contrairement à lui qui palabre, qui ne peut garder un travail et qui détruit ce qu'il entreprend par ses idées. Défense de la cause raciale, tentative de révolte, personne ne le suit dans son délire, dans l'entreprise des pantalons Lévy. Société dont l'héritier veut se débarrasser. Sa femme, une plaie, le boulet qui ramène tout à son confort et l'incompétence de son mari par peur de la pauvreté. Myrna, la seule capable par lettres, puisqu'il les lit, à attirer son attention, lui ouvrir les yeux. Même s'il réagit mal par vocifération, virulence et esprit de vengeance. Il se lance alors dans le travail et la révolte pour lui agrafer le caquet… Puisque Myrna pense que l'orientation sexuelle homo est un problème qui se soigne, il se lance dans une autre révolte, le mouvement des sodomites pour la paix, en tenue de pirate de Caraïbes s.v.p.. Un coup dans le beurre, seul il restera. Son dernier travail, la vente de hot dog qu'il appelle en p254 dans une lettre pour Myrna: “… je suis pour l'heure en relation, de manière la plus fondamentale, avec l'industrie du marchéage alimentaire”.
    Respiration, essouflé, je poursuis.
    La présence “communisse”, le maccarthysme, la chasse aux sorcières, est sur les lèvres, et vociférée pour une moindre prise à partie. L'esclavage, la période post coloniale, le dédain du blanc devant le noir, le travail sous-payé ou le vagabondage. John et son ballet sont l'image de cette période. La communauté “Noire” ressent toujours l'animosité blanche et inversement. Les folles nuits, un pub qui bat de l'aile. John le balayeur, black exploité, accepte ce boulot sous-payé plutôt que le vagabondage et une discussion avec la police, il tente d'avoir une augmentation, chantage, sabotage du travail. La gérante s'adonne à un trafic d'image pornographique, de stupéfiant, triche sur les boissons, utilise un gamin George pour son trafic, utilise une serveuse racoleuse pour pousser à la consommation, Darlene qui rêve de son numéro de danseuse, avec perroquet peu après. Lee, la patronne s'accommode de ceux-là, elle n'en veut pas. Mancuso, l'agent timide, soumis, qui court toute l'histoire après sa première arrestation, avec déguisement imposé par son chef tant qu'il n'a attrapé personne. N'est pas que le représentant de la société, il est “La société” : passif et ridicule en apparence sous ses changements de costumes (qui peut être le changement des idées), observe, attends, il a le dernier mot au final en agissant au bon moment…
    Le tout lâché, je reprends l'aération du texte.
    Ignatius cite souvent Boèce : La consolation de la philosophie :
    “le livre nous apprend à accepter ce que nous ne pouvons modifier”, p224.
    Le sort du juste dans une société injuste… Partisan du moindre effort et féru de cinéma. le lieu de prédilection qui reflète son image parfaitement. “Les incroyables blasphèmes en technicolors”. Ignatius est un parano à la logique irréfutable, sur le moindre détail du quotidien. Pour les autres, c'est un malade. Il ne reçoit pas d'écho sur ses monologues méticuleux.
    La mère d'Ignatius est à bout, ne supporte plus les frasques de son fils. Un glandeur, ingrat, toutes les économies familiales sont passées dans son cursus universitaire. Irene Reilly fréquente de nouveau, désarroi de son fils, elle décide de prendre les choses en main pour stopper le délire de son fils…
    Une vaste scène théâtrale où pullulent des personnages hauts en couleur, teintée de contradictions. Tous délavés… L'absurde et l'intelligence d'une comédie classique réaliste (c'est tout ce que j'ai trouvé à part roman étranger…) qui bouscule. Une comédie qui démarre lentement, le germe d'un chaos annoncé. Un dénouement amusant magistral. Hors thème, mais sur l'imbroglio, je pense à “la bonne planque de Michel Andre avec Bourvil” ou “L'avare version Jean Girault avec de Funès” ou mieux encore un “Laurel et Hardy”. Tout part d'une simple situation et se termine par un chaos ou s'enchaînent les situations délirantes. Jusqu'à un final qui prend moins d'importance que la consistance des actions qui l'ont précédé.
    Enfin, il est indubitable que j'ai à nouveau entre les mains une œuvre de style, brillante et hors du commun. Je m'étonne de la disparition prématurée de l'auteur. Serait-ce le suicide d'Ignatius ?
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Citations et extraits

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  • Par Pringles, le 29 octobre 2014

    Je suis un anachronisme. Les gens s'en rendent compte et en forment du ressentiment contre moi.

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  • Par Woland, le 11 février 2009

    ... - Vous avez des papiers d'identité, monsieur ?" demanda le policier d'une voix qui espérait qu'Ignatius fût dépourvu de toute identité officielle.

    - Quoi ?"

    Ignatius baissa les yeux sur l'écusson de la casquette bleue et ajouta :

    - "Qui êtes-vous ?

    - Montrez-moi votre permis de conduire.

    - Je ne conduis pas. Ayez l'obligeance de vous éloigner. J'attends ma mère.

    - Qu'est-ce qui pend à la corde de votre sac, là ?

    - Que voulez-vous que ce soit, imbécile ? C'est une corde pour mon luth.

    - Qu'est-ce que c'est que ça ?"

    Le policier recula d'un pas.

    - "Vous êtes d'ici ?

    - Est-ce bien le rôle de la police municipale de s'acharner dans des tracasseries contre ma personne alors que notre ville est, au vu et au su de tous, l'une des capitales du vice du monde civilisé ?" beugla Ignatius au-dessus des têtes de la foule qui se pressait devant le magasin. "Notre ville est célèbre pour ses joueurs professionnels, ses prostituées, ses exhibitionnistes, ses antéchrists, ses ivrognes, ses sodomites, ses drogués, ses fétichistes, ses onanistes, ses pornographes, ses fripons, ses coquines, ses vandales et ses lesbiennes, toutes et tous dûment protégés par la prévarication et le trafic d'influence. Si vous avez un moment, je suis prêt à débattre avec vous du problème de la criminalité, mais ne commettez surtout pas l'erreur de m'importuner, moi."

    Le policier agrippa Ignatius par le bras et reçut sur la tête un coup de sac de partitions. La corde pendante du luth lui fouetta l'oreille.

    - "Eh ! là, s'écria le policier.

    - Prends ça !" cria Ignatius, remarquant qu'un cercle de badauds et chalands intéressés avait commencé à se former. ...
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  • Par pyexperience, le 27 juillet 2012

    ... , Ignatius discourut :
    -Vous savez, l'inventeur des menottes, des fers et des chaînes ne se serait jamais douté de l'utilisation que ces conceptions d'un âge plus rude et plus simple que le nôtre auraient un jour dans le monde moderne! Si j'étais à la place des promoteurs immobiliers et des responsables de l'aménagement du territoire en banlieue, j'en prévoirais au minimum une paire au mur de chaque foyer. Quand les banlieusards seraient fatigués de la télévision, du ping-pong ou des autres activités, quelles qu'elles soient, qu'ils pratiquent dans leur foyer, ils pourraient s'enchaîner les uns les autres, se jeter aux fers pour un moment. Tout le monde adorerait ça. On entendrait les épouses: "Mon mari m'a jetée aux fers, hier soir. C'était formidable. Le vôtre ne vous l'a jamais fait?". Les enfants se hâteraient de rentrer de l'école à la maison car leur mère les y attendrait pour les enchaîner. Cela permettrait aux enfants d'enrichir leur imagination, ce que le télé leur interdit, et je ne doute pas que la délinquance juvénile en serait considérablement diminuée. Quand le père rentrerait à son tour, les autres membres de la famille pourraient se saisir de lui et le jeter aux fers pour lui apprendre à être assez stupide pour travailler toute une journée dans le but de subvenir aux besoins du ménage. Les vieux parents ennuyeux pourraient être enchaînés dans le garage. On leur libérerait les mains une fois par mois, pour leur permettre d'endosser leur chèque de sécurité sociale ou leur retraite. Les fers et les chaînes permettraient la construction d'une vie plus belle pour tous.Il faudra que j'y pense et que je consacre quelques lignes de mes notes.
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  • Par Woland, le 11 février 2009

    ... - Y faut qu'on paye ce bonhomme, Ignatius. Tu veux donc me voir en prison ? T'aurais pas honte si ta pauvre maman se retrouvait sous les verrous ?

    - Veux-tu, je te prie, cesser de parler d'incarcération ? Cette idée semble te tracasser ; t'obséder même. On dirait même que tu prends plaisir à y songer. Le martyre est dépourvu de toute signification, de nos jours."

    Il rota doucement.

    - "Je suggère que nous réalisions certaines économies sur notre train de maison. Tu verras vite que tu disposes de la somme requise.

    - Je dépense tous les sous pour toi, pour te nourrir et je ne sais quoi.

    - J'ai trouvé récemment plusieurs bouteilles vides dont je n'avais certainement pas consommé le contenu.

    - Ignatius !

    - J'ai commis l'erreur de faire chauffer le four l'autre jour sans prendre la peine d'en inspecter l'intérieur. Quand je l'ai ouvert pour y mettre à réchauffer une pizza surgelée, j'ai presque été aveuglé par les vapeurs d'une bouteille de vin braisée qui s'apprêtait à exploser. Je suggère que tu mettes de côté une partie des sommes que tu investis à fonds perdus dans l'industrie des boissons alcooliques.

    - Tu devrais avoir honte, Ignatius ! Pour quelques bouteilles de Moscatel Gallo alors que toi, avec toutes tes babioles !

    - Peux-tu, je te prie, définir la signification du mot "babioles" dans ta bouche ?" demanda sèchement Ignatius.

    - "Tous ces livres. Le gramophone. La trompette que je t'ai achetée le mois dernier.

    - Personnellement, je considère la trompette comme un bon investissement, malgré notre voisine Annie qui est de l'avis opposé. D'ailleurs, si elle vient encore frapper à mes volets, je lui verserai de l'eau dessus. ...
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  • Par Elaine, le 20 février 2010

    "je doute trés sérieusement que quiconque veuille m'embaucher. les employeurs perçoivent en moi la négation de leurs valeurs. Ils me craignent. je les soupçonne d'être capables de se rendre compte que je vis dans un siécle que j'exécre."

    "Cette compléte absence de contact entre la réalité est d'ailleurs, soyons juste, caractéristique de la quasi-totalité de "l'art "d'Amérique. Toute ressemblance entre l'art américain et la nature américaine serait fortuite et reléverait de la coincidence, mais c'est seulement parce que le pays dans son ensemble n'a pas de contact avec la réalité.
    On tient là une seulement des raisons pour lesquelles j'ai toujours été contraint d'exister à la lisiére de sa société,consigné dans le limbe réservé à ceux qui savent reconnaître la réalité quand ils la rencontrent."
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Guillaume Gallienne lit la conjuration des imbecilles de J.Kenedy Toole (LGL 20121220 - 11/13) La grande librairie 20/12/2012 sur France 5 de François Busnel, émission spéciale lecture à l'opéra comique








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