ISBN : 2878582926
Éditeur : Viviane Hamy (2009)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
« On ne sortait des Suicides qu'à la retraite, par démission, via une dépression ou en finissant soi-même avec son are de service dans la bouche. De ces options, toutes étaient souhaitées à Guérin, dans un ordre variable. Mais celle que personne n'avait envisagée était ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gridou, le 13 mai 2011

    gridou
    Mr Varenne,

    Je viens à peine de vous découvrir et déjà vous me giflez violemment, un sublime soufflet en pleine poire ! Quel drôle de monde fréquentez-vous pour distiller autant de noirceur ?
    Alors effectivement on ne se connaît pas, mais je vais quand même me permettre de vous appeler Antonin, car quand on écrit un livre pareil, on y laisse forcément des petits bouts de soi. Et j'ai l'impression de commencer à vous connaître. Un peu.
    A peine ai-je refermé "Fakirs", ce livre qui a remporté le Prix Michel Lebrun 2009, le Grand Prix du jury Sang d'encre 2009, ainsi que le prix du meilleur polar des lecteurs Points 2010 (rien que ça?!) que j'ai du mal à revenir à la réalité. Ma réalité est beaucoup plus simple et tranquille que la vôtre. Enfin je crois. On ne sait jamais quelle part de réalité et de fiction contient une oeuvre. Même si tout n'est que fiction, elle est inspirée, il y a des choses qui ne s'inventent pas. Vos personnages sont trop réels pour n'exister que dans votre imagination.
    Guérin, ce flic mis au placard au service des suicides, je l'ai cru "normal" au début (je m'amuse à recenser les flics qui ne sont pas névrosés, ils sont rares) et puis très progressivement, je me suis rendue compte qu'il n'était pas seulement différent de ses collègues mais qu'il avait un sacré parcours...De quoi garder des séquelles, c'est sûr...Très malin d'avoir mis en épilogue un portrait des personnages principaux. Très bien placé. On apprend à les connaître, on croit tout savoir, mais on se rend compte que non, on ne savait pas tout. Vous avez raison, un être humain c'est complexe, les casseroles qu'on traîne derrière soi aiguillent les choix de vie. Tout est lié. Il n'y a pas de hasard, aucune coïncidence. Avouez Antonin, la grande théorie de Guérin, c'est la vôtre non?
    Et les Fakirs ? ça vient d'où cette histoire? Il y a vraiment des spectacles de ce genre qui existent? Oui, je sais, c'est anecdotique dans la vie du fakir Alan, mais certaines images sont assez marquantes pour les novices. drôle d'univers...
    Je ne serais pas surprise qu'on vous reproche la complexité de l'intrigue...Je suis sûre que certains ne comprennent rien à l'histoire des trois personnages dans la voiture. Je me trompe ? On ne t'a jamais dit ça? C'est sûr qu'il faut suivre mais ça ne m'a pas posé de problème parce que j'ai lu d'une traite les 200 dernières pages (les deux tiers du livre en fait!). Je n'ai pas eu le temps d'oublier de détails en cours de route...
    Bien sûr, il faudrait aussi parler du grand John, l'homme des bois qui débarque à Paris avec son arc et ses flèches, Lambert l'adjoint docile de Guérin, l'ancien taulard et son chien...Mais bon, tu les connais déjà, tu les as créés.
    Je ne voudrais pas abuser de ton temps, Antonin, et j'espère que tu es en train de nous écrire un autre petit bijou, bien sombre et intelligent dans la même veine que celui-ci. En attendant, j'ai "Le Mur, le Kabyle et le Marin" qui m'attend sur une étagère et tu peux-être sûr qu'il ne va pas y rester trop longtemps !

    A très bientôt,
    ta nouvelle fan, Gridou.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par encoredunoir, le 07 décembre 2011

    encoredunoir
    Dans Fakirs, au pluriel, il y a surtout un vrai fakir que l'on ne rencontrera jamais vraiment. Alan Mustgrave, américain, ancien spécialiste de la torture pour les forces spéciales américaines lors de la première guerre du Golfe, expie ses péchés en public en torturant son corps sur scène et noie sa culpabilité et son mal-être dans l'héroïne. Il expire sur la scène d'un cabaret parisien durant l'un de ses spectacles. Pour John Nichols, son seul ami, exilé au fin fond du Lot, ce ne peut-être qu'un suicide. Convoqué à Paris pour identifier le corps, il s'aperçoit qu'en fait les causes de la mort d'Alan sont autrement plus complexes.
    Pendant ce temps, au 36, Quai des Orfèvres, dans un réduit sous les toits, le commissaire Guérin, placardisé au service des Suicides avec un adjoint falot, suit son intuition et ses théories erratiques pour tenter de faire la lumière sur des suicides suspects. Comme de bien entendu, les destins de Guérin et de Nichols sont amenés à se croiser.
    Prenant pour point de départ un élément classique du polar – un homme cherche la cause de la mort de son ami – Fakirs dévie bien vite. Si l'intrigue est bien là, omniprésente, travaillant le lecteur, elle abandonne le devant de la scène à des personnages très singuliers : John l'américain ermite, Guérin le flic génial qui ne domine pas son cerveau qui fonctionne trop vite et qui vit avec un perroquet dépressif, Lambert le bleu devenu flic parce que son père trouvait qu'infirmier, c'est un métier de tafiole, Alan le fakir, bien entendu, les flics louches de la crime, le gardien de parc ancien taulard, la patronne de cabaret, l'artiste-peintre qui s'enduit de peinture avant de coller les hommes au mur… Autant de personnages dont le rapport au corps relève bien souvent de la torture et de l'automutilation (autant de Fakirs), autant de freaks en puissance, qu'Antonin Varenne ne place cependant pas dans cette posture spectaculaire et dont il dresse un portrait d'une grande finesse.
    De cette intrigue mettant en scène des personnages confrontés aussi bien à la violence du monde extérieur qu'à celle qui les habite, il ressort une grande noirceur qui, pour autant n'est pas déprimante (sans doute grâce à la relation tissée entre John Nichols et le gardien de parc, et à l'éphémère respect mutuel qui peut apparaître entre Guérin et son adjoint, Lambert). le style d'Antonin Varenne, écriture précisément ciselée, intrigue parfaitement construite, sans pathos mais avec un amour pour les personnages qui suinte de chaque phrase, y est aussi pour beaucoup.
    D'une intrigue qui aurait pu former la trame d'un thriller prédigéré et fade, Varenne fait un très beau roman doublé d'une réflexion originale sur le corps comme révélateur de ce qu'est l'homme et comme exutoire. Succès mérité donc, d'un auteur dont on espère que les autres romans sont à l'avenant.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-pas-dans-les-clous-fakirs-..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par jostein, le 13 janvier 2011

    jostein
    « Fakirs » est effectivement un vrai roman noir avec des personnages déroutants et des situations troubles.
    Selon moi, il y a deux histoires dans ce livre. Celle que j'ai préférée raconte l'amitié de John Nichols et d'Alan, les conséquences humaines des guerres actuelles sur les anciens soldats. J'ai adoré le rapport humain (confiance, amitié, respect) entre John et « Bunker ». J'ai eu un gros coup de cœur pour Bunker et Mesrine, le chien. Dommage que leurs aventures finissent mal. Ma note bénéficie de mon intérêt pour cette partie de l'histoire qui est finement dévoilée au fil du livre.
    Par contre, je n'ai pas vu l'intérêt de l'histoire de Guérin, un désaxé qui enquête sur des suicides. Propriétaire d'un perroquet dépressif, il a vraiment un comportement étrange. Choqué par l'histoire mystérieuse de Kowalski, il s'acharne sur un lien hypothétique entre les différentes enquêtes. Son collègue Lambert est idiot et l'auteur insiste sur des détails dégoûtants à son sujet (« Lambert curait son nez d'aigle… »). Seule son histoire de jeunesse aurait pu expliquer son comportement mais elle arrive en fin de livre. Les trois « pieds nickelés » Savane, Roman et Berlion oscillent entre bêtise et méchanceté. Je n'ai vraiment vu aucun intérêt à cette partie du livre que j'ai trouvé étrange.
    Le lien entre les deux histoires est ténu (« une quantité rassurante de hasard ») et je n'accroche pas à ces personnages inattendus comme Paty, l'amie peintre ou Berlion.
    Dommage car le style est fluide, la lecture est agréable.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par maltese, le 09 avril 2011

    maltese
    On suit tout d'abord Richard Guérin et son adjoint Lambert, tous deux flics chargés de s'occuper des suicides. Un boulot qui n'est certes pas très réjouissant mais qui convient parfaitement à Guérin, policier quelque peu névrotique qui s'obstine à chercher des liens entre les faits, aussi ténus soient-ils.
    Rapidement, arrive une seconde intrigue qui met en scène un américain, John Nichols, vivant dans un tipi non loin de Saint-Céré dans le Lot.
    Les différents protagonistes vont finalement se retrouver autour du cadavre d'Alan Mustgrave, fakir de son état, mort d'une hémorragie sur scène au milieu de son numéro.
    Antonin Varenne nous peint des personnages qui sont autant de Fakirs à leur manière: écorchés par la vie, ils sont tous marqués de cicatrices, d'écorchures qui les minent.
    Cette galerie est un des points forts de ce roman, même si certains portraits flirtent avec la caricature. Côté dénouement par contre rien de très original.
    Un livre noir, guère optimiste sur la nature humaine.
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    • Livres 4.00/5
    Par Inextenso, le 03 octobre 2010

    Inextenso
    Fakirs est un très bon polar qui vous transporte dans son propre univers : décalé, vaguement surréaliste et souvent drôle.
    Les personnages de Fakirs sont très travaillés et ont tous un véritable relief : loufoques, désabusés ou abimés par la vie ils sont toujours attachants, fascinants même. Ils sont l'âme du roman. Bien sûr il y aussi une intrigue, originale et tordue, juste ce qu‘il faut.
    Rehaussé d'humour grinçant, le style est parfait : vif, direct et pourtant plein de poésie.

    Lien : http://www.quartier-livre.fr/post/2010/10/03/Fakirs-Antonin-Varenne
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1001libraires.com - le Frelon noir - juin 2011
Christophe Dupuis, l'ange noir de Langon (33), nous revient en pleine forme de Clermont-Ferrand où il a couvert le premier festival polar de la ville, les "48 heures du polar". Il nous en ramène deux superbes entretiens, le premier avec Dominique Sylvain pour son nouveau livre, Guerre sale (honneur au dame en ce pays de goujats), le deuxième avec Antonin Varenne pour Le Mur, le Kabyle et le Marin... Bon voyage.








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