ISBN : 2253109088
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 376 notes) Ajouter à mes livres
Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917. C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l’on tue des fill... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (51)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 30 décembre 2011

    lehane-fan
    Imaginez un jour d'hiver froid et pluvieux à la brume persistante . En fonds sonore , la voix éraillée d'un p'tit Miossec , Saez ou autre Raphael , chanteur euphorisant déversant une joie communicative entrecoupée des croassements de rares corbeaux au diapason . Voilà pour le ressenti final des Ames Grises qui m'aura laissé pantois , gavé de tristesse et la gorge sérrée en guise d'adieu...A noter que si les symptomes persistent , Idées noires de Franquin devrait rapidement y remédier . La bonne nouvelle , c'est que ce médicament est en vente libre et n'a absolument aucun lien de parenté avec les gentils laboratoires Servier ! La mauvaise , remboursement de la sécu proche du QI cumulé de tous ces participants "télé-pas-réalité" en mal de notoriété...Néant...Dommaaaaaage...

    A mon humble avis , le meilleur Claudel lu à ce jour ! En meme temps , c'est le premier ;)
    La premiere guerre mondiale change la donne familiale faisant des veuves et des orphelins les nouvelles normes . V , petite ville du Nord de la France ( à ne pas confondre avec la série du meme nom magistralement filmée par Spielberg , Raoul Spielberg , réalisateur au style aussi inimitable que ses décors en carton devenus désormais la référence en matiere d'effets spéciaux...) semble en etre le témoin privilégié . L'atmosphere est à l'image de ces canons qui tonnent et rythment désormais le quotidien de ces villageois . Une véritable chappe de plomb s'est abattue sur la ville . Les corps et les ames souffrent , tout comme ces soldats défilant dans la rue principale , qui estropié , qui aveuglé , qui défiguré , qui sauraaaa, qui sauraaa mais je m'égare ! Et pour ajouter à l'horreur désormais quotidienne , le corps sans vie de Belle de Jour , fillette de 10 ans , est retrouvé aux abords d'un petit cours d'eau . le meurtre est avéré . L'enquete peut débuter .
    Le narrateur anonyme , alors policier à l'époque des faits , puise dans ses souvenirs les plus douloureux afin de ressusciter tous ces ( ses ) fantomes qui le hantent depuis pres de 20 ans . Forme d'éxutoire au chagrin qui le tenaille , au tourment qui l'étreint et qui sera sien à perpétuité . Peine incompressible ! Un contexte historique tumultueux et une galerie de portraits hétéroclites font de ce récit une véritable étude de moeurs aussi jubilatoire que désespérante . J'avoue avoir batailler ferme pour m'impregner de ce roman qui ne se livre pas si facilement . Cette histoire se mérite et l'effort consenti n'est rien au regard du plaisir ressenti en la terminant .
    Claudel instaure magistralement un climat oppressant et malsain . Les protagonistes sont peu nombreux mais présentent tous un dénominateur commun : une terrible affliction . Tristesse d'avoir perdu sa femme , son enfant , son amour , sa foi en l'etre humain . Une galerie de portraits intimiste merveilleusement contée sans jamais faire preuve de voyeurisme . La plume de Claudel est simple , précise , poetique et entrainante comme une ritournelle malgré la teneur du propos . Que l'on soit magistrat , institutrice , policier , aubergiste ou simple soldat , nul ne peut se targuer d'etre à l'abri du malheur . Pas d'antidote au désespoir , pas de remède à l'accablement . L'infortune frappe aveuglément sans se soucier des titres...
    Nous sommes tous des ames grises . Certaines tirent plus vers le clair , d'autres vers le foncé . Fort heureusement , peu d'entre elles s'épanouissent dans l'obscurité à l'instar de ce triste sire qu'est le juge Mierck , plus enclin à imposer sa vérité qu'à découvrir la vérité , plus prompt à arreter le coupable idéal que le véritable assassin et ceci afin d'asseoir sa nouvelle réputation , fut-elle cultivée sur le terreau de la malversation , du mensonge et de la torture .
    les ames grises , un moment de lecture aussi beau que douloureux .
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (24 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par missmolko1, le 31 décembre 2011

    missmolko1
    J'ai bien aimé ce roman mais je suis un peu moins enthousiaste que certains lecteurs.
    L'écriture est très belle et j'ai beaucoup apprécié le style même si parfois je me suis un peu perdue dans certaines descriptions.
    Par contre, je n'ai pas aimé le coté noir de ce livre : l'histoire se situe en pleine guerre 14-18 certes mais j'aurai apprécié un peu plus de sentiments.
    Critique de qualité ? (30 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 04 avril 2011

    cicou45
    1917. La Première Guerre mondiale fait ravage dans toute la France mais cette petite ville de Province (là où se déroule notre histoire) ne semble pas ébranlée outre mesure par les terribles évènements qui se déroulent chaque jour. Malgré les dégâts causé par la Grande Guerre qui se produisent partout en France (dégâts matériels et surtout les nombreuses pertes humaines), le temps semble s'être arrêté ici car tout un chacun continue sa vie comme si de rien n'était. le maire du village, le gendarme, le juge, le médecin...tous ces notables appréciés et respectés de tous continuent leur tranquille petite vie, plongés dans une agréable routine agrémentée d'échanges sociaux tout aussi courtois avec les gens du village...jusqu'au jour où une fillette de 10 ans est retrouvée flottant dans l'eau, assassinée. Tout le village est alors en émoi car la petite fille, surnommée Belle-de-Jour, tous la connaissent car elle travaillait comme serveuse au Rébillon, le restaurant du village. Qui a pu être capable de commettre un acte aussi atroce et surtout, pourquoi ?
    Des soupçons commencent à se former mais seront-ils avérés ? l’enquête serait-elle aussi facile qu'elle ne semble l'être ?
    Je vous invite fortement à venir découvrir ce livre car l'histoire, dépeinte sur un fonds historique véridique, est passionnante. L'écriture de Claudel, elle, est remarquable et l'auteur décrit la psychologie des personnage avec une précision étonnante. À lire !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par hexagone, le 27 janvier 2011

    hexagone
    Philippe Claudel n'évoquait pour moi rien de précis. La sonorité de ce nom évoquait aussi bien un administrateur de biens, professionnel et consciencieux, qu'un commercial froid, assez anodin, drapé dans une certaine rigidité n'enlevant rien à sa compétence.
    Quelqu'un que l'on croise tous les jours au coin de la rue.
    Allez savoir pourquoi certains patronymes évoquent de si troublantes pensées!
    Donc, cet écrivain ne me disait rien. Je pouvais vaguement le rapprocher de part la sonorité à Camille Claudel, Paul Claudel c'est à dire à rien de précis.
    Et puis ces Ames Grises, tient donc, quel titre!
    Cela me fait penser au titre de cet album de JJG " Entre gris clair et gris foncé".
    La couvertue de l'édition livre de poche attire mon regard, cette jeune fille fantomatique au milieu d'une forêt en hiver a tout me plaire.
    Je consulte la quatrième de couverture et découvre que ce livre a reçu le prix des lectrices du magazine Elle.
    Aille, ouille est ce vraiment interessant? N'est ce pas un de ces romans à la Marc Levy ?
    J'ai soudain une répulsion, une envie de reposer le livre sur l'étal.
    Je m'obstine, je lis que Marielle et Villeret ont interprété deux protagonistes dans une adaptation du livre .
    Est ce possible que ces deux immenses acteurs aient bien voulu jouer dans un navet ?
    Banco j'achète.
    Cela ne tient à rien parfois la lecture d'un livre, la découverte d'un auteur.
    Laissant mes préjugés aux vestiaires de ma conscience, j'attaque la lecture.
    Oui, j'attaque toujours une lecture, bien décidé à en découdre avec les mots, l'auteur, l'histoire et savoir si cet ensemble sera capable de me faire rendre les armes, de me faire signer l'armistice et de me faire trinquer à la concorde.
    Donc, j'attaque la lecture.
    Tout de suite je suis pris par le rythme, emballé par ce qui semble être une sombre histoire d'êtres humains en désérrance.
    Il n'y a pas que les âmes qui soient grises, il y aussi la région envellopée de nuages, cernée par les canonades, meurtrie par la vision de ces gueules cassées.
    Le village semble aussi terne que ceux traversés de nos jours par ces convois de camions qui grisent les murs des habitations. Ce village V. traverse bon an mal an ces années de guerres et vit dans ces murs une guerre intérieure, intestine.
    Belle de jour, une jeune fille, est retrouvée morte.
    Ce fait divers au milieu de la tourmente va alimenter le récit et permettre de mieux connaître les protagonistes de ce village.
    Le procureur, le juge, le restaurateur, le maire, l'insitutrice et le policier.
    Cette société est dépeinte avec beaucoup de talent par Claudel. L'arrogance froide du juge, la déférence du procureur qui regarde les autres comme des fientes, l'ingénuité de l'institutrice et la pleutrerie du maire. Il n'y a que Belle de Jour qui incarne la pureté "Elle ressemble à une Sainte Vierge", elle n'aura pas sa place au milieu de ces notables déchus. Elle sera étouffée, comme on étouffe les secrets les plus lourds.
    C'est dans une société engourdie, empétrée dans ses rapports de classe et de culture qu'évolue le récit
    Chacun danse une valse morbide. Car ici chacun cherche et cache son mort. Ceux d'avant, ceux de maintenant et ceux de demain.
    Chacun semble pris en otage par des fantômes.
    Certaines scènes sont décrites avec énormément de talent, comment ne pas relire celle où figure ce soldat, entravé au marronier de la cour de la mairie, grelottant de froid, dévêtu de sa ses habits et de sa dignité sous le fronton orné de la devise républicaine et sous les regards cruels du juge et du colonel.
    On étouffe beaucoup dans ce livre, on se pend, on meurt en silence.
    Les scènes de repas sont pantagrueliques.
    Et puis les noms, la rivière la Guerlante ( Guerre lente), Destinat le procureur, Lyse l'institutrice, la Barbe, le Grave.jusqu'au nom du village V. Comme celui de l'hypothétique victoire qui l'on croyait acquise dès le début sans éffort et sans morts.
    Une athmosphère tapisse ce livre, une humidité, une odeur d'humus, de froid qui pénétre jusqu'aux os.
    A la lecture je me disais il aurait pu appeler son livre" les Ames Pourries", ce qui est moins joli que les "Ames Grises" j'en conviens. Car ces âmes sont pourries me disais-je. Et au fil d'une page, Claudel évoque ces âmes pourries qu'il décrit, ainsi nous nous sommes rejoint.
    Ce fut une réel plaisir que de me plonger dans cet ouvrage qui m'a révélé un auteur inconnu. Je relirai sans doute d'autres livres de Claudel.
    Je ne formulerai qu'un seul reproche, c'est une certaine forme de consensus dans l'écriture, comme si les formules étaient étudiées pour plaire au lectorat quoiqu'il en coûte.
    Jamais je n'ai senti le fil du rasoir sur ma gorge, jamais je n'ai senti le précipice sous mes pieds.
    J'ignore où se situe ce livre dans la chronologie de l'auteur, certainement a t-il conquit son lectorat et peut-il se permettre plus d'audace, plus de risques.
    En tout cas, je ne fais qu'apporter mon humble avis au concert de louanges qui entoure les ames grises et confirme à mon goût qu'il s'agit d'un excellent moment de lecture et certainement un bon film.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 juin 2011

    brigittelascombe
    Prix Renaudot,Grand prix des lectrices de Elle, on n'en attendait pas moins de la part de cet écrivain à la sublime écriture, à la poésie légère et intemporelle . Rien à voir avec "l’enquête" sorti en début d'année dont le ton impersonnel surprenait. Enfin, si, juste ce thème d'enquête, mais une enquête toute policière 'L'affaire' menée en 1917, suite au meurtre d'une petite fille de dix ans.
    Il faut "ouvrir le mystère comme un ventre et y plonger ses mains", confie le narrateur, policier dépéché sur les lieux du crime, dans ce qui va s'avérer une analyse fouillée et une longue confession.
    D'emblée, Philippe Claudel, pose ses pions, roi, reines, princesses et valets. Tous, des âmes grises. Sauf peut être, 'Belle de jour', la fille du patron du 'Rebellion', petite morte "princesse de contes aux lèvres bleuies et paupières blanches, dont les cheveux se mélaient aux herbes roussies par les matins de gel, dont les petites mains s'étaient fermées sur du vide" et Clémence,limpide et douce, la jeune épouse enceinte de l’enquêteur "Clémence qui disait en parlant de la neige, si elle vient, ce sera le plus bel habit pour notre petit".
    Des pions, des pièces maitresses ou secondaires.
    Le procureur Pierre Ange Destinat , qui emportera son mystère dans sa tombe bien après la fin de l'affaire, le procureur, "un homme grand et sec qui ressemblait à un oiseau froid, majestueux et hautain. Un procureur surnommé 'Bois le sang' car il fait tomber les têtes par sa pugnacité. Veuf, le souvenir de Clélis le ronge encore et pourtant le voilà étrangement attiré par la nouvelle institutrice.
    Lysa Verhareine, l'institutrice qui va loger dans la petite maison du parc du chateau de Destinat. "Elle avait un prénom, on le sut plus tard dans lequel sommeillait une fleur, Lysia, et ce prénom lui seyait comme une tenue de bal". Une fleur parmi les fleurs, mais une fleur qui s'étiole.
    Et puis des morts qui jonchent les pages, petits cailloux, gris repères d'une affaire qui tente de se résoudre doucement mais sûrement.
    Barbe et son trop plein de cerises à l'eau de vie, qui retrouvera son 'Le grave' écrasé précédemment par une charette. Mierck qui aura la tête fracassée par un sabot de cheval, Adélaïde Sffert la maraine tuée par le chagrin et le petit Breton qui se dénonce, le fusillé.
    Et se jouant de ces morts, le hasard, ou le destin peut être qui frappe la vie lorsqu'on s'y attend le moins, le hasard va toucher simultanément Bourrache, le père endeuillé et le policier dont la femme est sur le point d'accoucher.
    Mais quelle est donc réellement cette "affaire" dont nous connaissons tous les tenants et les aboutissants mais dont le talent de Philippe Claudel nous tiendra en haleine avec son rebondissement de la fin?
    Les âmes grises: du grand ART!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (43)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par lehane-fan, le 28 décembre 2011

    La foule grossit et , on ne sait pas pourquoi , peut-etre parce que c'est toujours tres bete une foule , elle se fait menaçante , serre de plus en plus les prisonniers . Des poings se brandissent , des insultes volent , des cailloux aussi . Une foule , c'est quoi ? c'est rien , des pécores inoffensives si on leur cause les yeux dans les yeux . Mais mis ensemble , presque collés les uns aux autres , dans l'odeur des corps , de la transpiration , des haleines , la contemplation des visages , à l'affut du moindre mot , juste ou pas , ça devient de la dynamite , une machine infernale , une soupiere à vapeur prete à péter à la gueule si jamais on la touche .
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par Hebephrenie, le 26 juin 2010

    Elle respirait avec une lenteur effroyable et ses joues étaient à peine tièdes. Son teint était celui de celles et ceux que la vie abandonne. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai dit son nom, je l'ai hurlé, j'ai pris son visage entre mes mains, j'ai giflé ses joues, j'ai soufflé de l'air dans sa bouche. Je ne pensais même pas à l'enfant. Je ne pensais qu'à elle. J'ai essayé aussi d'ouvrir la fenêtre mais la poignée m'est restée dans la main, alors j'ai tapé du poing sur le carreau qui s'est brisé, je me suis entaillé, j'ai mêlé mon sang au sien, j'ai gueulé, gueulé à la rue, fort comme un chien, avec une colère de bête que l'on maltraite. Des portes se sont ouvertes, des fenêtres. Je suis tombé à terre. Je suis tombé. Je tombe encore. Je ne vis plus que dans cette chute. Toujours.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par lehane-fan, le 28 décembre 2011

    On dit toujours que la vie est injuste , mais la mort l'est encore davantage , le mourir en tout cas . Certains souffrent et d'autres passent comme dans un soupir . La justice n'est pas de ce monde mais elle n'est pas de l'autre non plus .
    Citation de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par athena1, le 03 mars 2010

    On tue beaucoup dans une journée, sans même s'en rendre compte vraiment, en pensée et en mots. Au regard de tous ces crimes abstraits, les assassinats véritables sont bien peu nombreux, si l'on y réfléchit. Il n'y a vraiment que dans les guerres que l'équilibre se fait entre nos désirs avariés et le réel absolu.
    Citation de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par nicolopoulos, le 17 avril 2011

    Tes yeux regardaient le lointain. Les miens regardaient ta nuque. Je sentais ton parfum d'héliotrope et celui de la rivière, tout de frais et d'herbes mâchées. Puis, tu t'es tournée vers moi, m'a souri, et tu m'as embrassé. C'était la première fois. L'eau courait sous le pont.
    Hier, je suis retourné sur le pont. La rivière est la même. Il y a toujours ces grands nénuphars, ces algues aux cheveux longs, ces berges de terre glaise. Toujours le parfum de frais et d'herbes mâchées, mais lui seul désormais....
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)

> voir toutes (24)

Videos de Philippe Claudel

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Philippe Claudel

Bande annonce du second film de Philippe Claudel : Tous les soleils.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les âmes grises. par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (685)

> voir plus

Quiz