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ISBN : 2253109088
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 648 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917. C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l’on tue des fill... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 11 décembre 2012

    LydiaB
    Les Âmes grises... où comment regarder les turpitudes d'un village, en apparence calme, par le petit trou de la lorgnette... Sur fond de Première Guerre Mondiale, on assiste aux réactions des villageois après "l'Affaire", c'est-à-dire la mort d'une fillette, retrouvée dans l'eau, assassinée alors qu'elle n'avait que dix ans. Son surnom ? Belle de jour. Il faut avouer que la gamine le porte bien mal... à moins qu'il n'y ait un rapport entre la couleur du corps et celle, tirant entre le bleu et le violet, de la fleur éponyme. Pourtant, on ne se focalise pas sur le meurtre. Non. On se braque plutôt sur les personnages qui gravitent autour : le procureur, le juge, le père, l'institutrice... Et l'on comprend dès lors le titre : tout le monde a quelque chose de négatif en lui, quelque chose à se reprocher... On navigue dans cette ambivalence. Philippe Claudel sonde les coeurs, les âmes de chacun, fouille au plus profond des consciences... Et si chacun d'entre nous était cette âme grise ?
    Un beau, très beau roman !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/littérature-des-xxe-et-xxie-siècles..
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    • Livres 5.00/5
    Par manU17, le 17 décembre 2012

    manU17

    Une couverture dans les tons de bruns, un peu sépia. Une petite fille, des branchages ou plutôt des broussailles. Les Âmes grises, on sent que la gaité ne sera pas de mise.
    On entre à peine dans l'histoire et déjà, elle nous happe. Qui est le narrateur ? Comment sait-il ? Où se situe-t-il au milieu de tous ces événements et de ces différents personnages ?
    Très vite, vient l'Affaire, la majuscule est d'importance, le terrible assassinat de cette petite fille, la bien nommée Belle de jour, d'autres meurtres suivront. Un suspect se dessine rapidement et parallèlement, notre envie de savoir et d'enfin comprendre nous emporte.
    L'opposition entre les petites gens et les notables tout-puissants, le pot de terre contre le pot de fer, donne toute sa force et contribue à donner corps à cette histoire qui fleure bon la province française de cette époque troublée par la première guerre.
    Plus encore que pour l'histoire, particulièrement poignante, j'ai eu un véritable coup de cœur pour l'écriture de Philippe Claudel que j'ai découvert avec ce livre. Une écriture parfaitement calibrée, toute en nuances, en évocations, en émotions et en Parfums, déjà, qui amplifie la véracité et l'authenticité du récit.
    Le monde et les hommes ni tout noirs, ni tout blancs et Les âmes grises...

    Un grand merci à ma nantaise préférée pour cette belle découverte.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2012/12/les-ames-gri..
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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 21 septembre 2012

    Hahasiah
    Belle de jour...Un nom qui résonne dans le coeur des villageois de V. Chérie de tous et de toutes, la petite Belle de jour portait en elle la fragilité et la délicatesse de celle qui lui valut son surnom. La douce enfant était un joyau qui irradiait de beauté et réchauffait les âmes lourdes en cette période de première guerre mondiale.
    Tous aimaient à la voir s'agiter autour des tables du Rébillon, le bistrot de son père et porter, dans ses mains en coupe, ici un pichet de vin, là un plat. Et pour que sa beauté perdure, le destin, funeste, décida de la ravir à jamais.
    « La mort brutale prend les belles choses, mais les garde en l'état. C'est là sa vraie grandeur. On ne peut lutter contre. »
    La petite n'aura vécu qu'une courte décade; une fulgurance sur l'échelle du temps.
    En ce premier lundi de décembre de 1917, elle sera retrouvée morte. Des mains de bourreau, des mains inhumaines se sont posées sur le cou frêle de l'enfant et l'ont serré jusqu'à lui dérober son dernier souffle. Et tandis que Belle de jour s'enfonce inéluctablement dans les eaux d'un Styx grossi par les larmes des siens, d'autres déjà s'apprêtent à l'accompagner en enfer...
    Qui est assez cruel pour oser s'en prendre à l'innocence incarnée? Qui réclame le sang?
    Engourdis par un froid glacial et mortifère, les villageois se réveilleront brutalement au son du glas.
    Les langues vont se délier, les blessures que l'on croyait guéries, suppurer à nouveau charriant avec elles des souvenirs douloureux et amers. La rumeur grandit, les soupçons s'étayent au fur et à mesure que croît l'horreur.
    Philippe Claudel est un remarquable conteur et nous offre ici une œuvre extrêmement équilibrée où le visuel est de mise. La tension ne retombe jamais et dote ce roman d'un rythme soutenu et martelant. Il parvient magnifiquement à attirer le lecteur dans l'univers qu'il dépeint avec brio. On se surprend à frissonner devant ses descriptions hivernales, on pleure avec lui la mort de l'enfant et on se reconnaît aussi un peu parfois... Plus qu'une histoire poignante dans l'horreur de la guerre, plus qu'un atroce fait-divers, ce livre nous ouvre les portes de l'indicible, de tout ce qui nous étreint sans que l'on ne parvienne à le mettre en mots, de ces douleurs qui nous assaillent et que nous ne maîtrisons pas.
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 27 janvier 2013

    fredho
    Le narrateur omniscient, adresse sur un cahier des lignes de confessions à sa femme Clémence décédée il y a fort longtemps, des confessions comparables à des plaies douloureuses, ouvertes sur des remords, des ressentis et des aveux.
    Le narrateur nous retrace par le biais de ses écrits, une période noire d'un petit village de Province où un matin d'hiver 1917, on découvre le corps d'une petite fille de 10 ans tuée par strangulation.
    Le récit gravite autour de ce macabre assassinat, le narrateur un policier témoin observateur de L'Enquête, nous transporte dans cette sombre affaire, il nous décortique au fil de la lecture l'ambiguïté de cette tragédie, et nous décrit également la vie tourmentée des petits gens et les notables du village.
    En parallèle, ce roman nous amène à certaines réflexions sur différents cas de figure, les atrocités de la 1ère guerre mondiale et ces jeunes garçons poussés sur le front sans expérience, sans préparation psychologique, traumatisés par les horreurs d'une guerre sanglante et barbare, ces soldats déserteurs, fusillés pour avoir fui les responsabilités d'une patrie, ces jeunes garçons qui ne veulent pas devenir assassins d'une guerre qu'on leur impose, une guerre qu'ils ne comprennent pas. C'est une réflexion sur la peine de mort, des têtes tranchées sous l'épée d'une justice stricte, rigide et malveillante. C'est un regard sur la ségrégation des classes sociales, où la haute bourgeoisie traite avec condescendance le petit peuple, d'ignorants. La bourgeoisie et ses inspecteurs, ses juges, ses procureurs et ses notables qui s'octroient des droits et du pouvoir sous prétexte d'instruction et d'éducation, et qui révèlent des faces cachées de pourritures et d'injustices, trouvant des coupables idéaux pour classer des affaires dérangeantes.
    Et parmi cette réalité, il y a « Belle de Jour », la fillette assassinée à l'âme pure, que « le Mal qui rend les Hommes si laids », ne possédera pas !
    L'auteur sous la main d'une jolie plume, expose les douleurs, les lâchetés, les injustices, des uns et des autres, un roman bouleversant où les protagonistes sont comme cités dans le texte par Joséphine amie du narrateur « Ni salauds, ni saints, ni tout blanc, ni tout noir c'est le gris qui gagne. Les Hommes et leurs âmes c'est pareil... » Nous sommes juste des âmes grises.
    Le charme de ce roman, c'est ce mystère qui perdure sur « l'opacité de ce crime » qui nous laisse juge de choisir le coupable, ou tout comme le narrateur dans « le doute, la pénombre, l'hésitation, et l'absence de réponses et de certitudes »... Crime d'un pervers ou crime d'un martyr, est-il souhaitable de le savoir !
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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 10 décembre 2012

    araucaria
    Un livre très fort, bouleversant qui nous emporte. Je n'ai pas trouvé de temps mort dans ce roman et suis sortie de ma lecture très émue. Un très grand livre de Philippe Claudel qui a été pour moi un coup de coeur. Je conseille vivement la lecture de ce chef d'oeuvre.
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Citations et extraits

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  • Par AlexandrinePoncy, le 09 mai 2013

    Mais rien n'est simple. Il n'y a que les saints et les anges qui ne se trompent jamais.

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  • Par Hahasiah, le 21 septembre 2012

    C'est curieux, la vie. Ça ne prévient pas. Tout s'y mélange sans qu'on puisse y faire le tri et les moments de sang succèdent aux moments de grâce, comme ça. On dirait que l'homme est un de ces petits cailloux posés sur les routes, qui reste des jours entiers à la même place, et que le coup de pied d'un trimardeur parfois bouscule et lance dans les airs, sans raison. Et qu'est-ce que peut un caillou?
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  • Par jackycaudron, le 24 juin 2012

    " Hier, je suis allé traîner vers le pont des Voleurs.
     Tu te souviens?
    Quel âge avions nous?
     Un peu moins de 20 ans?
     Tu portais une robe couleur de groseilles.
     J'avais le ventre serré.
     Nous étions sur le pont et nous regardions la rivière.
     Ce courant, tu me disais, c'est notre vie qui passe, regarde comme elle va loin, regarde comme elle est belle, là, entre les fleurs de nénuphar, les algues aux cheveux longs, les berges de terre glaise. Je n'osais pas te prendre par la taille.
     J'avais dans mes tripes un noeud si violemment serré que je respirais à peine.
    Tes yeux regardaient le lointain.
    Les miens regardaient ta nuque.
     Je sentais ton parfum d'héliotrope et celui de la rivière, tout de frais et d'herbes mâchées.
     Puis, sans que je m'y attende, tu t'es tournée vers moi, m'a souri, et tu m'as embrassé.
     C'était la première fois.
    L'eau courait sous le pont.
    Le monde avait l'éclat des beaux dimanches.
    Le temps s'est arrêté..."
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  • Par comtesseoboulof, le 21 octobre 2012

    "Elle était si douce ta femme... " Joséphine me tendait de nouveau le bol rempli.
    "Je ne me souviens plus bien de ses traits, ajouta-t'elle, mais je me souviens qu'elle était douce, que tout était doux chez elle, ses yeux et sa voix.
    _ Moi non plus, lui dis-je, je n'ai plus son visage.... Souvent je le cherche, j'ai l'impression qu'il vient vers moi, et puis il s'efface, il ne reste plus rien, alors je me tape, je m'engueule...
    _ Pourquoi donc, bêta?
    _Ne plus me souvenir du visage de celle qu'on aimait.... Je suis un salaud."
    Joséphine haussa les épaules:
    "Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. rien n'est ni tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil.... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous...."
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  • Par Hebephrenie, le 26 juin 2010

    Elle respirait avec une lenteur effroyable et ses joues étaient à peine tièdes. Son teint était celui de celles et ceux que la vie abandonne. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai dit son nom, je l'ai hurlé, j'ai pris son visage entre mes mains, j'ai giflé ses joues, j'ai soufflé de l'air dans sa bouche. Je ne pensais même pas à l'enfant. Je ne pensais qu'à elle. J'ai essayé aussi d'ouvrir la fenêtre mais la poignée m'est restée dans la main, alors j'ai tapé du poing sur le carreau qui s'est brisé, je me suis entaillé, j'ai mêlé mon sang au sien, j'ai gueulé, gueulé à la rue, fort comme un chien, avec une colère de bête que l'on maltraite. Des portes se sont ouvertes, des fenêtres. Je suis tombé à terre. Je suis tombé. Je tombe encore. Je ne vis plus que dans cette chute. Toujours.
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Bande annonce du second film de Philippe Claudel : Tous les soleils.








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