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ISBN : 2253109088
Éditeur : Le Livre de Poche (2006)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.84/5 (sur 1058 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917.

C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 11 décembre 2012

    LydiaB
    Les Âmes grises... où comment regarder les turpitudes d'un village, en apparence calme, par le petit trou de la lorgnette... Sur fond de Première Guerre Mondiale, on assiste aux réactions des villageois après "l'Affaire", c'est-à-dire la mort d'une fillette, retrouvée dans l'eau, assassinée alors qu'elle n'avait que dix ans. Son surnom ? Belle de jour. Il faut avouer que la gamine le porte bien mal... à moins qu'il n'y ait un rapport entre la couleur du corps et celle, tirant entre le bleu et le violet, de la fleur éponyme. Pourtant, on ne se focalise pas sur le meurtre. Non. On se braque plutôt sur les personnages qui gravitent autour : le procureur, le juge, le père, l'institutrice... Et l'on comprend dès lors le titre : tout le monde a quelque chose de négatif en lui, quelque chose à se reprocher... On navigue dans cette ambivalence. Philippe Claudel sonde les coeurs, les âmes de chacun, fouille au plus profond des consciences... Et si chacun d'entre nous était cette âme grise ?
    Un beau, très beau roman !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/littérature-des-xxe-et-xxie-siècles..
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    • Livres 5.00/5
    Par manU17, le 17 décembre 2012

    manU17

    Une couverture dans les tons de bruns, un peu sépia. Une petite fille, des branchages ou plutôt des broussailles. Les Âmes grises, on sent que la gaité ne sera pas de mise.
    On entre à peine dans l'histoire et déjà, elle nous happe. Qui est le narrateur ? Comment sait-il ? Où se situe-t-il au milieu de tous ces événements et de ces différents personnages ?
    Très vite, vient l'Affaire, la majuscule est d'importance, le terrible assassinat de cette petite fille, la bien nommée Belle de jour, d'autres meurtres suivront. Un suspect se dessine rapidement et parallèlement, notre envie de savoir et d'enfin comprendre nous emporte.
    L'opposition entre les petites gens et les notables tout-puissants, le pot de terre contre le pot de fer, donne toute sa force et contribue à donner corps à cette histoire qui fleure bon la province française de cette époque troublée par la première guerre.
    Plus encore que pour l'histoire, particulièrement poignante, j'ai eu un véritable coup de cœur pour l'écriture de Philippe Claudel que j'ai découvert avec ce livre. Une écriture parfaitement calibrée, toute en nuances, en évocations, en émotions et en Parfums, déjà, qui amplifie la véracité et l'authenticité du récit.
    Le monde et les hommes ni tout noirs, ni tout blancs et Les âmes grises...

    Un grand merci à ma nantaise préférée pour cette belle découverte.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2012/12/les-ames-gri..
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 27 janvier 2013

    fredho
    Le narrateur omniscient, adresse sur un cahier des lignes de confessions à sa femme Clémence décédée il y a fort longtemps, des confessions comparables à des plaies douloureuses, ouvertes sur des remords, des ressentis et des aveux.
    Le narrateur nous retrace par le biais de ses écrits, une période noire d'un petit village de Province où un matin d'hiver 1917, on découvre le corps d'une petite fille de 10 ans tuée par strangulation.
    Le récit gravite autour de ce macabre assassinat, le narrateur un policier témoin observateur de L'Enquête, nous transporte dans cette sombre affaire, il nous décortique au fil de la lecture l'ambiguïté de cette tragédie, et nous décrit également la vie tourmentée des petits gens et les notables du village.
    En parallèle, ce roman nous amène à certaines réflexions sur différents cas de figure, les atrocités de la 1ère guerre mondiale et ces jeunes garçons poussés sur le front sans expérience, sans préparation psychologique, traumatisés par les horreurs d'une guerre sanglante et barbare, ces soldats déserteurs, fusillés pour avoir fui les responsabilités d'une patrie, ces jeunes garçons qui ne veulent pas devenir assassins d'une guerre qu'on leur impose, une guerre qu'ils ne comprennent pas. C'est une réflexion sur la peine de mort, des têtes tranchées sous l'épée d'une justice stricte, rigide et malveillante. C'est un regard sur la ségrégation des classes sociales, où la haute bourgeoisie traite avec condescendance le petit peuple, d'ignorants. La bourgeoisie et ses inspecteurs, ses juges, ses procureurs et ses notables qui s'octroient des droits et du pouvoir sous prétexte d'instruction et d'éducation, et qui révèlent des faces cachées de pourritures et d'injustices, trouvant des coupables idéaux pour classer des affaires dérangeantes.
    Et parmi cette réalité, il y a « Belle de Jour », la fillette assassinée à l'âme pure, que « le Mal qui rend les Hommes si laids », ne possédera pas !
    L'auteur sous la main d'une jolie plume, expose les douleurs, les lâchetés, les injustices, des uns et des autres, un roman bouleversant où les protagonistes sont comme cités dans le texte par Joséphine amie du narrateur « Ni salauds, ni saints, ni tout blanc, ni tout noir c'est le gris qui gagne. Les Hommes et leurs âmes c'est pareil... » Nous sommes juste des âmes grises.
    Le charme de ce roman, c'est ce mystère qui perdure sur « l'opacité de ce crime » qui nous laisse juge de choisir le coupable, ou tout comme le narrateur dans « le doute, la pénombre, l'hésitation, et l'absence de réponses et de certitudes »... Crime d'un pervers ou crime d'un martyr, est-il souhaitable de le savoir !
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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 10 décembre 2012

    araucaria
    Un livre très fort, bouleversant qui nous emporte. Je n'ai pas trouvé de temps mort dans ce roman et suis sortie de ma lecture très émue. Un très grand livre de Philippe Claudel qui a été pour moi un coup de coeur. Je conseille vivement la lecture de ce chef d'oeuvre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lorraine47, le 17 juillet 2013

    Lorraine47
    "Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle..." sur l'existence, tel un brouillard épais faisant de notre passage sur Terre un instant vain et futile.
    Les âmes des protagonistes masculins de ce roman sont grises: non pas noires mais grises. le narrateur: policier de son état, nous distille les pièces d'un puzzle dramatique ayant impliqué plusieurs habitants de V. en 1917, petite ville que nous pourrions situer en Lorraine, non loin du front.
    Le lecteur, pauvre fétu impuissant, se laisse capter tant par sa soif de comprendre que par le charme de la plume de l'auteur non dénuée de poésie même dans les scènes les plus terribles.
    Le roman est captivant. Je l'ai dévoré à en être grisée...
    Mais quand je l'ai refermé j'ai eu envie d'écouter la "Vie en rose", juste pour me sentir vivante!
    L'amour c'est grisant mais ça vous dégrise l'âme: alors, vite, à vos pinceaux et débarbouillez-moi tout ça avec de la couleur!
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Citations et extraits

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  • Par lehane-fan, le 28 décembre 2011

    On dit toujours que la vie est injuste , mais la mort l'est encore davantage , le mourir en tout cas . Certains souffrent et d'autres passent comme dans un soupir . La justice n'est pas de ce monde mais elle n'est pas de l'autre non plus .

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  • Par lehane-fan, le 28 décembre 2011

    La foule grossit et , on ne sait pas pourquoi , peut-etre parce que c'est toujours tres bete une foule , elle se fait menaçante , serre de plus en plus les prisonniers . Des poings se brandissent , des insultes volent , des cailloux aussi . Une foule , c'est quoi ? c'est rien , des pécores inoffensives si on leur cause les yeux dans les yeux . Mais mis ensemble , presque collés les uns aux autres , dans l'odeur des corps , de la transpiration , des haleines , la contemplation des visages , à l'affut du moindre mot , juste ou pas , ça devient de la dynamite , une machine infernale , une soupiere à vapeur prete à péter à la gueule si jamais on la touche .
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  • Par Hebephrenie, le 26 juin 2010

    Elle respirait avec une lenteur effroyable et ses joues étaient à peine tièdes. Son teint était celui de celles et ceux que la vie abandonne. J'ai posé mes lèvres sur les siennes, j'ai dit son nom, je l'ai hurlé, j'ai pris son visage entre mes mains, j'ai giflé ses joues, j'ai soufflé de l'air dans sa bouche. Je ne pensais même pas à l'enfant. Je ne pensais qu'à elle. J'ai essayé aussi d'ouvrir la fenêtre mais la poignée m'est restée dans la main, alors j'ai tapé du poing sur le carreau qui s'est brisé, je me suis entaillé, j'ai mêlé mon sang au sien, j'ai gueulé, gueulé à la rue, fort comme un chien, avec une colère de bête que l'on maltraite. Des portes se sont ouvertes, des fenêtres. Je suis tombé à terre. Je suis tombé. Je tombe encore. Je ne vis plus que dans cette chute. Toujours.
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  • Par comtesseoboulof, le 21 octobre 2012

    "Elle était si douce ta femme... " Joséphine me tendait de nouveau le bol rempli.
    "Je ne me souviens plus bien de ses traits, ajouta-t'elle, mais je me souviens qu'elle était douce, que tout était doux chez elle, ses yeux et sa voix.
    _ Moi non plus, lui dis-je, je n'ai plus son visage.... Souvent je le cherche, j'ai l'impression qu'il vient vers moi, et puis il s'efface, il ne reste plus rien, alors je me tape, je m'engueule...
    _ Pourquoi donc, bêta?
    _Ne plus me souvenir du visage de celle qu'on aimait.... Je suis un salaud."
    Joséphine haussa les épaules:
    "Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. rien n'est ni tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil.... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous...."
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  • Par Lorraine47, le 16 juillet 2013

    Pour essayer de comprendre les hommes, il faut creuser jusqu'aux racines. Et il ne suffit pas de pousser le temps d'un coup d'épaule pour lui donner des airs avantageux: il faut le creuser dans ses fissures et lui faire rendre le pus.

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