> Sylvie Servan-Schreiber (Traducteur)

ISBN : 2070309053
Éditeur : Folio (2006)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collingsworth, l'attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d'esprit rapidement désap... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Chaplum, le 22 mars 2011

    Chaplum
    En 1903, Mary Mackenzie est à bord d'un paquebot qui l'emmène en Chine où elle doit épouser Richard Collingworth, un attaché militaire britannique. Elle se singularise déjà par un comportement libre et pétillant, comme son choix de renoncer à porter un corset pour plus de confort sur le bateau. C'est aussi lors de cette croisière qu'elle prend l'habitude d'écrire dans un carnet ses pensées et ce qui lui arrive. Une fois en Chine, son caractère indépendant et peu conventionnel la met en marge de la légation. Mais elle peut heureusement compter sur certains amis, comme les Chamonpierre de l'ambassade française. Surtout que Richard est très souvent absent et que son mariage est loin d'être basé sur l'amour, et ce même après la naissance de la petite Jane.
    Lors de la guerre entre la Russie et le Japon, exilée, Mary succombe au charme du comte Kentaro Kurihama et de cette passion, un enfant est conçu. Lorsqu'il s'en rend compte, Richard devient fou et chasse Mary, lui enlevant sa fille Jane. Mais au lieu de retourner en Écosse, Mary choisit de se réfugier au Japon pour y mettre au monde le fruit de ses amours interdites.
    En lisant les dernières pages, j'ai eu une boule dans la gorge et mes yeux se sont mis à piquer. Je dois avouer que cela m'arrive excessivement rarement et je ne m'y attendais pas ! Quel superbe roman ! Alternant le journal que Mary tient depuis le jour où elle a quitté l'écosse et les lettres qu'elle envoie à sa mère ou à son amie Marie de Chamonpierre, le récit retrace l'itinéraire d'une jeune femme atypique dans un Orient dont elle ne maîtrise pas les codes et mariée à un homme qu'elle n'aime pas et qu'elle ne connaît pas. Dès son arrivée en Chine, Mary ne sent pas à l'aise dans le milieu des légations, dont elle se sent exclue, n'étant pas issue de la même classe sociale. Contrairement à son mari Richard, les mondanités la mettent mal à l'aise et elle se rend vite compte qu'elle est une déception pour lui. Sentiment renforcé lorsqu'elle met au monde une fille et non l'héritier souhaité. J'avoue que toute cette première partie qui se déroule en Chine, même si elle m'a plu, m'a parfois parue un peu longue. L'écriture d'Oswald Wynd est digne des grands romanciers classiques. Elle est très poétique, effleure les vérités plutôt que de décrire des réalités crues mais décrit les sentiments avec une grande sensibilité et tout en retenue. Les paysages de l'Orient sont évoqués de telle manière qu'ils nous apparaissent en même temps que Mary les découvre. On est véritablement plongé dans la Chine et le Japon de l'époque.
    Dès que Mary se retrouve chassée par son époux, suite à sa faute, et qu'elle fuit au Japon, je n'ai plus pu lâcher le roman. le récit m'a a lors vraiment passionnée et le destin de cette femme, qui a refusé la sécurité pour mener à bien une grossesse née d'un amour vrai même si honteux, m'a plus d'une fois étonnée. Ce roman a réussi à me faire passer par une multitude de sentiments et à me surprendre. Je ne m'attendais pas du tout à ce qui allait arriver à Mary une fois au Japon. J'ai été choquée, offusquée, ébranlée, enchantée, enthousiaste, … bref, toute la palette des émotions m'a envahi tour à tour ! Mais je ne veux pas trop en dire car cela nuirait au plaisir des futurs lecteurs potentiels.
    Oswald Wynd, écossais né au Japon, nous fait véritablement voyager avec ce petit bijou de la littérature. Il dévoile à ses lecteurs la vie en Chine et au Japon à la fin du XIXème siècle et pendant la première moitié du XXème siècle. Il ne cache rien du racisme ambiant au Japon à certaines périodes, ni des difficultés à vivre dans un pays aussi fermé pour une femme étrangère. Les règles ancestrales y sont encore très présentes et régissent la vie de nombreux Japonais. Il est d'ailleurs frappant d'apprendre le suicide d'un proche de l'empereur Meiji lors de son décès. En plus de raconter une histoire passionnante, ce roman est instructif ! le romancier a aussi l'art d'imaginer des personnages forts et hors du commun, dont les femmes, surtout, sortent du lot. En dehors de Mary, ses amies sont des personnages fabuleux : Marie de Chamonpierre de la légation française, qui veut tout faire pour que son mari devienne ambassadeur et Aiko, comtesse déchue à cause de ses combats pour les droits des femmes et de ses emprisonnements parce qu'elle a fixé l'empereur Meiji alors que c'est formellement interdit en sont des exemples.
    J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce roman

    Lien : http://www.chaplum.com/une-odeur-de-gingembre-de-oswald-wynd-4393
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Ptitgateau, le 25 janvier 2012

    Ptitgateau
    l'histoire d'une femme courageuse qui , en 1903 débarque en Chine où elle doit se marier. L'histoire de sa lutte pour vivre sa vie de femme sans tenir compte, des pressions de la société anglaise de cette époque durant laquelle il y avait "la bonne société" et les autres...
    Dans son journal ou par le biais des lettres qu'elle écrit à sa mère avant que celle ci ne la renie, car elle devient une fille perdue, Marie Mackenzie, nous livre ses pensées, son adaptation à une culture qui n'était pas la sienne mais qui va pratiquement le devenir, ses inquiétudes, et sa vision des événements (guerres mondiales notamment). Très drôles pour un lecteur de notre époque, les allusions aux inventions qui vont être à l'origine de plus de confort, objets du quotidien aujourd'hui, progrès des transports...Très bon roman.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Sand94, le 06 mars 2009

    Sand94
    J'en suis encore toute chamboulée ! J'ai achevé ce matin la lecture de "Une odeur de gingembre" de Oswald Wynd!
    Blottie dans mon lit, j'ai lu avec émotion les dernières pages de ce roman qui m'a littéralement possédée pendant une semaine! Cela faisait longtemps que je n'étais pas tombée ainsi sous le charme d'un roman au point que les dernières pages m'ont arrachée quelques larmes... pourtant aucun pathos, aucune atermoiement, aucune nunucherie... non tout est dans l'évocation, la nuance, dans un style parfait!
    L'Histoire
    Mary Mackenzie embarque pour la Chine pour épouser Richard Collinsgsworth qu'elle connaît très peu! Durant le long trajet en bateau, elle rédige un journal qu'elle gardera toute sa vie. On suit donc, au fur et à mesure, les pensées, les impressions de cette jeune écossaise qui s'ouvre à la vie, aux découvertes, qui évolue, change ! Elle arrive à Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers. Curieuse de tout, Mary préfère restée éloignée de la communauté européenne qui vit en vase clos.
    En Chine, elle a une petite fille Jane, mais sa vie est morne, sans relief, jusqu'au moment où elle a une histoire hors du temps avec un Japonais, Kentaro. Homme énigmatique, dont la culture et le mystère enflamme la jeune écossaise.
    Je vous laisse découvrir la suite!
    Mon Avis
    C'est réellement un roman fabuleux, mythique, de ces romans qui resteront dans ma mémoire et dans mes sens! Cette Mary est une sacrée nana, passez-moi l'expression... son intelligence, sa sensibilité, nous la rende proche, comme une amie lointaine qui nous livrerait sa vie. le fait que le roman soit écrit comme un journal a aussi tout pour me plaire... il y a toute une réflexion sur l'écriture intime, sur le poids de ces cahiers qu'on enferme dans une petite valise ou dans une boîte, que l'on tient secret... j'ai moi aussi ce genre de boîte...
    En dehors de l'histoire personnelle de Mary, on plonge également dans la culture chinoise et japonaise, dans les coutumes, dans les avancées techniques, dans la mode vestimentaire, dans ces pays où les Européens se sont installés, et qui ont résisté, parfois violemment certes, pour que leur culture demeure... Mary, a bien conscience de n'être qu'une étrangère et pourtant, elle se fond dans cette culture, dans ce pays, elle en apprend la langue, les coutumes, le savoir-vivre... devenant alors étrangère aussi à l'Europe!
    On suit ainsi le destin de Mary de 1903 à 1942... et c'est un merveilleux voyage dans le temps.

    Lien : http://georgesandetmoi.hautetfort.com
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    • Livres 5.00/5
    Par mimai, le 24 janvier 2011

    mimai
    Cette odeur de gingembre m'a valu deux nuits blanches exquises et épuisantes, à lutter contre le sommeil pour suivre la destinée de Mary Mackenzie. Mary est une jeune écossaise qui part en Asie, pleine d'illusions, pour rejoindre un futur époux, qu'elle croît aimant, et mener une nouvelle vie dans un monde exotique qu'elle imagine accueillant. Mais elle va rapidement désenchanter. Si sa destinée est à l'image du voyage éprouvant qui va la mener en Chine au tout début du livre, elle y montre déjà, malgré sa jeunesse, une force de caractère et une grande liberté d'esprit. Oswald Wynd nous fait découvrir sa vie au fil de son journal intime et de quelques lettres envoyées à sa mère. Sa vie est un combat pour assumer sa passion amoureuse dans un monde où les femmes se doivent d'être soumises, et pour s'intégrer dans une société japonaise dont les codes lui sont totalement inconnus. Elle paiera d'ailleurs très cher ses "erreurs". Son histoire m'a littéralement bouleversée. C'est remarquablement écrit, intelligent et sensible. Et il faut dire que l'auteur connaît bien son sujet, puisqu'il est né au japon et y a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans (il a donc fait le chemin inverse de Mary).
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    • Livres 5.00/5
    Par chroniquesassidues, le 03 octobre 2011

    chroniquesassidues
    Mary McKenzie est une jeune écossaise envoyée en Chine pour épouser, Richard Collingworth, attaché militaire. Après une longue et pénible traversée en bateau, elle découvre un pays inconnu, ses mœurs et ses coutumes bien différentes de celles de son pays natal, mais reste confinée dans un petit cercle de diplomates et leurs femmes. C'est alors qu'elle rencontre Kentaro, un officier japonais de qui elle va tomber follement amoureuse. Enceinte, elle est contrainte à fuir au Japon, où elle s'établit et se construit une nouvelle vie...
    Quand on lit un avis aussi élogieux sur un livre, on a forcément très envie de le lire, mais aussi, pour ma part, un peu peur d'être déçu. C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai ouvert cet été Une odeur de gingembre... J'ai trouvé le début un peu long : l'auteur y raconte le voyage en bateau jusqu'en Chine avec beaucoup de détails, peut-être un peu trop, d'autant plus que l'on y croise des personnages que l'on ne revoit plus du tout dans la suite du récit.
    Mais dès que Mary McKenzie pose les pieds en Chine, j'ai été conquise. Avec elle, je découvre le pays, les coutumes, l'époque (début du XXe siècle). Peu à peu, Mary, confrontée à la misère du pays, prend ses distances avec le cercle des riches diplomates. Quand elle rencontre Kentaro, tout bascule et elle est amenée à reconstruire sa vie, à se reconstruire elle-même. Au Japon, elle grandit, devient critique vis-à-vis de ses compatriotes, cherche véritablement à s'intégrer dans ce pays, en apprenant à l'aimer, le comprendre et le respecter. C'est un véritable roman initiatique que nous offre Oswald Wynd, où la jeune fille, devient femme puis mère. le contact avec la civilisation japonaise l'enrichit et font d'elle une femme accomplie, indépendante. Elle est confrontée à de terribles épreuves qui vont l'endurcir et faire d'elle une femme libérée de son éducation petite bourgeoise, libérée des hommes.
    Le roman regroupe le cahier rédigé par Mary, où elle y consigne les événements marquants de ses journées, et des lettres qu'elle envoie à sa mère et ses amies. J'ai aimé cette forme de journal épistolaire, qui nous met au plus près des pensées de l'héroïne. Se déroulant sur une longue période, il permet de comprendre au mieux son évolution.
    Je ne peux que conseiller la lecture de ce formidable roman (merci George pour la découverte) qui offre un magnifique portrait d'une femme qui a le courage de s'affranchir des préjugés et de devenir maitresse de son destin.


    Lien : http://leschroniquesassidues.blogspot.com/2011/09/une-odeur-de-ginge..
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Citations et extraits

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  • Par bookaure, le 02 février 2012

    Il parait que les gens changent à l'est de Suez et c'est peut-être bien ce qui est en train de m'arriver. Quand j'ai commencé à me sentir mal, avant-hier, j'avais quand même envie de goûter au curry, et pourtant j'ai toujours détesté le curry! C'était presque effrayant d'être sur un bateau et de se sentir changer.
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  • Par Ptitgateau, le 25 janvier 2012

    Pourquoi ne reviendriez-vous pas au japon que vous aimez tant la prochaine fois que vous quitterez Washington ? Le voyage que cela représente n'est plus rien de nos jours : il ne faut que cinq jours pour aller de chez vous à Vancouver, et de là il n'en faut que douze pour arriver à Yokohama... Peut-être que dans 50 ans, on voyagera dans des machines volantes ?
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  • Par Meringue, le 31 mars 2009

    Il m’arrive parfois de penser à ces petits incidents qui semblent sans importance et qui ont changé le cours de ma vie, comme aller chez Margaret Blair et d’y avoir rencontrer Richard, une chance sur dix mille en réalité. Et puis il y a eu cette promenade matinale sur un sentier qui traversait un petit bosquet de bambous et menait à Kentaro. Que des évènements aussi anodins puissent transformer aussi radicalement le cours de ma vie veut-il dire que je suis atteinte d’une espèce particulière de folie ? Les autres bâtissent-ils leur vie sur de tels incidents ? Je crois bien que ne réussissent vraiment dans la vie que les gens à qui il n’arrive rien, et qui planifient leurs jours comme la trajectoire d’un bateau sur une carte, sans jamais qui leur boussole des yeux.
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  • Par Pchabannes, le 16 août 2010

    Des jardins

    “Le parc entier a un air très digne, l’arrivée des beaux jours n’est pas saluée par une explosion de bulbes colorés, on n’aperçoit aucun crocus, aucune jonquille, mais seulement ici et là une touche de violet qui tranche sur un fond de verdure persistante, disposée selon une méthode qui n’est jamais qu’une légère discipline imposée à la nature. Je me souviens de ces parterres ovales ou carrés de fleurs serrées les unes contre les autres que l’on voyait à Princes street à Edimbourgh, dont l’arrangement faisait penser à un tapis, et je me demande ce que les Japonais en penseraient. Ils seraient probablement choqués, et considéreraient cette façon de faire comme une insulte à la nature.”
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  • Par chroniquesassidues, le 03 octobre 2011

    Eh bien, me voilà en Chine pour la première fois, étant donné que Hong Kong n'est pas vraiment la Chine. Hong Kong est un bel endroit, mais ici c'est assez hideux, d'après ce que j'ai pu en voir. Mon hôtel est dans la concession française. Je n'avais jamais entendu parler des concessions et c'est le vice-consul, venu à ma rencontre, qui m'a expliqué de quoi il s'agissait. Apparemment, les grandes puissances ont pris des morceaux de Chine et y ont établi leurs propres lois, les autochtones ne pouvant y pénétrer que comme des étrangers, ce qui semble assez bizarre. Tous les bâtiments que je vois de ma fenêtre sont européens, et à part les pousse-pousse et ces Chinois que l'on voit dans les rues, je n'ai pas du tout l'impression d'être en Orient. Une petite rivière coule devant la ville, très sale et très encombrée d'embarcations. Des pauvres gens vivent dans des bateaux le long des berges, avec leurs familles, leurs chiens et leurs chats. Ils font la cuisine en plein air et par ce froid, sur des braseros. Mme Brinkhill m'avait dit de m'attendre à voir une très grande misère en Chine, et avait ajouté que je m'y habituerais.
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