> Sylvie Servan-Schreiber (Traducteur)

ISBN : 2070309053
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 76 notes) Ajouter à mes livres
En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collingsworth, l'attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d'esprit rapidement désap... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Ptitgateau, le 25 janvier 2012

    Ptitgateau
    l'histoire d'une femme courageuse qui , en 1903 débarque en Chine où elle doit se marier. L'histoire de sa lutte pour vivre sa vie de femme sans tenir compte, des pressions de la société anglaise de cette époque durant laquelle il y avait "la bonne société" et les autres...
    Dans son journal ou par le biais des lettres qu'elle écrit à sa mère avant que celle ci ne la renie, car elle devient une fille perdue, Marie Mackenzie, nous livre ses pensées, son adaptation à une culture qui n'était pas la sienne mais qui va pratiquement le devenir, ses inquiétudes, et sa vision des événements (guerres mondiales notamment). Très drôles pour un lecteur de notre époque, les allusions aux inventions qui vont être à l'origine de plus de confort, objets du quotidien aujourd'hui, progrès des transports...Très bon roman.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chaplum, le 22 mars 2011

    Chaplum
    En 1903, Mary Mackenzie est à bord d'un paquebot qui l'emmène en Chine où elle doit épouser Richard Collingworth, un attaché militaire britannique. Elle se singularise déjà par un comportement libre et pétillant, comme son choix de renoncer à porter un corset pour plus de confort sur le bateau. C'est aussi lors de cette croisière qu'elle prend l'habitude d'écrire dans un carnet ses pensées et ce qui lui arrive. Une fois en Chine, son caractère indépendant et peu conventionnel la met en marge de la légation. Mais elle peut heureusement compter sur certains amis, comme les Chamonpierre de l'ambassade française. Surtout que Richard est très souvent absent et que son mariage est loin d'être basé sur l'amour, et ce même après la naissance de la petite Jane.
    Lors de la guerre entre la Russie et le Japon, exilée, Mary succombe au charme du comte Kentaro Kurihama et de cette passion, un enfant est conçu. Lorsqu'il s'en rend compte, Richard devient fou et chasse Mary, lui enlevant sa fille Jane. Mais au lieu de retourner en Écosse, Mary choisit de se réfugier au Japon pour y mettre au monde le fruit de ses amours interdites.
    En lisant les dernières pages, j'ai eu une boule dans la gorge et mes yeux se sont mis à piquer. Je dois avouer que cela m'arrive excessivement rarement et je ne m'y attendais pas ! Quel superbe roman ! Alternant le journal que Mary tient depuis le jour où elle a quitté l'écosse et les lettres qu'elle envoie à sa mère ou à son amie Marie de Chamonpierre, le récit retrace l'itinéraire d'une jeune femme atypique dans un Orient dont elle ne maîtrise pas les codes et mariée à un homme qu'elle n'aime pas et qu'elle ne connaît pas. Dès son arrivée en Chine, Mary ne sent pas à l'aise dans le milieu des légations, dont elle se sent exclue, n'étant pas issue de la même classe sociale. Contrairement à son mari Richard, les mondanités la mettent mal à l'aise et elle se rend vite compte qu'elle est une déception pour lui. Sentiment renforcé lorsqu'elle met au monde une fille et non l'héritier souhaité. J'avoue que toute cette première partie qui se déroule en Chine, même si elle m'a plu, m'a parfois parue un peu longue. L'écriture d'Oswald Wynd est digne des grands romanciers classiques. Elle est très poétique, effleure les vérités plutôt que de décrire des réalités crues mais décrit les sentiments avec une grande sensibilité et tout en retenue. Les paysages de l'Orient sont évoqués de telle manière qu'ils nous apparaissent en même temps que Mary les découvre. On est véritablement plongé dans la Chine et le Japon de l'époque.
    Dès que Mary se retrouve chassée par son époux, suite à sa faute, et qu'elle fuit au Japon, je n'ai plus pu lâcher le roman. le récit m'a a lors vraiment passionnée et le destin de cette femme, qui a refusé la sécurité pour mener à bien une grossesse née d'un amour vrai même si honteux, m'a plus d'une fois étonnée. Ce roman a réussi à me faire passer par une multitude de sentiments et à me surprendre. Je ne m'attendais pas du tout à ce qui allait arriver à Mary une fois au Japon. J'ai été choquée, offusquée, ébranlée, enchantée, enthousiaste, … bref, toute la palette des émotions m'a envahi tour à tour ! Mais je ne veux pas trop en dire car cela nuirait au plaisir des futurs lecteurs potentiels.
    Oswald Wynd, écossais né au Japon, nous fait véritablement voyager avec ce petit bijou de la littérature. Il dévoile à ses lecteurs la vie en Chine et au Japon à la fin du XIXème siècle et pendant la première moitié du XXème siècle. Il ne cache rien du racisme ambiant au Japon à certaines périodes, ni des difficultés à vivre dans un pays aussi fermé pour une femme étrangère. Les règles ancestrales y sont encore très présentes et régissent la vie de nombreux Japonais. Il est d'ailleurs frappant d'apprendre le suicide d'un proche de l'empereur Meiji lors de son décès. En plus de raconter une histoire passionnante, ce roman est instructif ! le romancier a aussi l'art d'imaginer des personnages forts et hors du commun, dont les femmes, surtout, sortent du lot. En dehors de Mary, ses amies sont des personnages fabuleux : Marie de Chamonpierre de la légation française, qui veut tout faire pour que son mari devienne ambassadeur et Aiko, comtesse déchue à cause de ses combats pour les droits des femmes et de ses emprisonnements parce qu'elle a fixé l'empereur Meiji alors que c'est formellement interdit en sont des exemples.
    J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce roman

    Lien : http://www.chaplum.com/une-odeur-de-gingembre-de-oswald-wynd-4393
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimai, le 24 janvier 2011

    mimai
    Cette odeur de gingembre m'a valu deux nuits blanches exquises et épuisantes, à lutter contre le sommeil pour suivre la destinée de Mary Mackenzie. Mary est une jeune écossaise qui part en Asie, pleine d'illusions, pour rejoindre un futur époux, qu'elle croît aimant, et mener une nouvelle vie dans un monde exotique qu'elle imagine accueillant. Mais elle va rapidement désenchanter. Si sa destinée est à l'image du voyage éprouvant qui va la mener en Chine au tout début du livre, elle y montre déjà, malgré sa jeunesse, une force de caractère et une grande liberté d'esprit. Oswald Wynd nous fait découvrir sa vie au fil de son journal intime et de quelques lettres envoyées à sa mère. Sa vie est un combat pour assumer sa passion amoureuse dans un monde où les femmes se doivent d'être soumises, et pour s'intégrer dans une société japonaise dont les codes lui sont totalement inconnus. Elle paiera d'ailleurs très cher ses "erreurs". Son histoire m'a littéralement bouleversée. C'est remarquablement écrit, intelligent et sensible. Et il faut dire que l'auteur connaît bien son sujet, puisqu'il est né au japon et y a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans (il a donc fait le chemin inverse de Mary).
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par CFONS, le 24 mai 2012

    CFONS
    C'est une belle histoire romanesque entre la Chine et le Japon. Mary Macenzie nous entraine dans sa vie d'aventurière et sa conquête de la liberté féminime. C'était pas facile d'être une femme au début du 19ième siècle mais grâce à son courage elle va surmonter les obstacles malgré tous les coups durs de sa vie. Un bon livre pour les vacances.
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    • Livres 4.00/5
    Par bookaure, le 29 février 2012

    bookaure
    Ce livre n'a pas été un coup de cœur, mais j'en garderais quand même un souvenir très agréable.
    Il s'agit de l'histoire de Mary Mackenzie, qui à l'âge de 17 ans quitte son Écosse natale afin de rejoindre son futur mari (qu'elle n'a vu qu'une seule fois), un anglais, Richard Collinsgsworth, en Chine. A travers les lettres qu'elle écrit à sa mère et son journal, elle nous fait le récit de son voyage jusqu'à son arrivée à Pékin au lendemain de la révolte des Boxers.
    Son mariage n'est évidemment pas un grand succès et lors d'une mission de son mari à l'étranger, restée à Pékin, Mary entame une liaison avec un général japonnais dont elle tombera enceinte. Reniée par son mari, elle va s'enfuir au Japon.
    La suite du livre, toujours à travers son journal et cette fois quelques lettres à sa meilleure amie, nous fait le récit de sa survie dans cette société japonaise, si difficile à aborder, surtout à cette époque, mais qu'elle ne quittera qu'à la fin de sa vie.
    J'ai aimé voyager dans l'Asie coloniale, avec toute la beauté des paysages, le côté pittoresque de ses habitants, le comique de certaines situations... et toute son ironie aussi. On assiste aussi à l'éveil du Japon, au détriment des Chinois certes, mais qui va devenir en quelques décennies la 3ème puissance mondiale.
    J'ai aimé le courage de Mary, pour non seulement survivre, mais aussi réussir à se faire un nom dans une société, encore assez xénophobe, qui accorde aussi peu de crédit aux femmes. Elle doit se battre constamment contre cela, et vivre aussi ses blessures: séparée de ses deux enfants, apatride, peu d'amis sur lesquels compter.
    C'est donc un personnage qui a su éveiller ma sympathie, et une certaine admiration.
    J'ai moins aimé toutefois son côté parfois un peu trop conservateur, (mais cela doit être dû au fait que nous ne vivons pas les mêmes époques) et une certaine fainéantise parfois, qui a d'ailleurs fait qu'elle accepte tout de même pendant une certaine période d'être entretenue par son général japonais (là je n'étais pas d'accord du tout!).
    Je regrette enfin quelques pépins dans la traduction, qui font qu'à plusieurs reprises je me suis retrouvée avec des phrases ou expressions qui semblaient n'avoir ni queue ni tête en français.
    En résumé, ce roman vaut la peine d'être lu justement pour son "odeur de gingembre", pour le savoureux voyage en Asie qu'il nous propose. J'ai vraiment eu par moment l'impression d'y être.
    Il s'agit également d'une bonne leçon de courage, et l'aplomb et la justesse du personnage rendent très agréable la lecture de son journal et de ses lettres.
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Citations et extraits

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  • Par Meringue, le 31 mars 2009

    Il m’arrive parfois de penser à ces petits incidents qui semblent sans importance et qui ont changé le cours de ma vie, comme aller chez Margaret Blair et d’y avoir rencontrer Richard, une chance sur dix mille en réalité. Et puis il y a eu cette promenade matinale sur un sentier qui traversait un petit bosquet de bambous et menait à Kentaro. Que des évènements aussi anodins puissent transformer aussi radicalement le cours de ma vie veut-il dire que je suis atteinte d’une espèce particulière de folie ? Les autres bâtissent-ils leur vie sur de tels incidents ? Je crois bien que ne réussissent vraiment dans la vie que les gens à qui il n’arrive rien, et qui planifient leurs jours comme la trajectoire d’un bateau sur une carte, sans jamais qui leur boussole des yeux.
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  • Par Pchabannes, le 16 août 2010

    Des jardins

    “Le parc entier a un air très digne, l’arrivée des beaux jours n’est pas saluée par une explosion de bulbes colorés, on n’aperçoit aucun crocus, aucune jonquille, mais seulement ici et là une touche de violet qui tranche sur un fond de verdure persistante, disposée selon une méthode qui n’est jamais qu’une légère discipline imposée à la nature. Je me souviens de ces parterres ovales ou carrés de fleurs serrées les unes contre les autres que l’on voyait à Princes street à Edimbourgh, dont l’arrangement faisait penser à un tapis, et je me demande ce que les Japonais en penseraient. Ils seraient probablement choqués, et considéreraient cette façon de faire comme une insulte à la nature.”
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  • Par KATE92, le 11 février 2012

    Eh bien, me voilà en Chine pour la première fois, étant donné que Hong Kong n'est pas vraiment la Chine. Hong Kong est un bel endroit, mais ici c'est assez hideux, d'après ce que j'ai pu en voir. Mon hôtel est dans la concession française. Je n'avais jamais entendu parler des concessions et c'est le vice-consul, venu à ma rencontre, qui m'a expliqué de quoi il s'agissait. Apparemment, les grandes puissances ont pris des morceaux de Chine et y ont établi leurs propres lois, les autochtones ne pouvant y pénétrer que comme des étrangers, ce qui semble assez bizarre. Tous les bâtiments que je vois de ma fenêtre sont européens, et à part les pousse-pousse et ces Chinois que l'on voit dans les rues, je n'ai pas du tout l'impression d'être en Orient. Une petite rivière coule devant la ville, très sale et très encombrée d'embarcations. Des pauvres gens vivent dans des bateaux le long des berges, avec leurs familles, leurs chiens et leurs chats. Ils font la cuisine en plein air et par ce froid, sur des braseros. Mme Brinkhill m'avait dit de m'attendre à voir une très grande misère en Chine, et avait ajouté que je m'y habituerais.
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  • Par bookaure, le 23 février 2012

    Peut-être qu'une partie de mon malaise à l'égard de tout cela provient du fait que j'avais vraiment l'impression de réaliser quelque chose dans ce pays que personne ne pouvait faire aussi bien, quand je travaillais au magasin, même si je n'avais pas eu de formation particulière pour ce travail. Je vis à présent dans une sorte de fange de la société, où je suis tolérée mais n'ai aucune importance, et ne suis même plus ces temps-ci l'objet d'une curiosité. En tenant compte de cela, je crois sincèrement que le changement d'esprit dans ce pays n'est pas le produit de mon imagination; il émerge actuellement un mépris de l'Occident, que les Japonais ont été capables en si peu de temps de copier, et pourtant bien rapidement dépasser.
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  • Par KATE92, le 18 avril 2012

    "Une équipe d'ouvriers doit commencer aujourd'hui à préparer la terre de mon jardin, qui sera livré au début de la semaine prochaine. Je suis restée à la maison pour surveiller les travaux. Il ne pousse plus que des mauvaises herbes, c'est du moins ce que je croyais. Les graines n'auraient pas pu survivre à ce brasier, les vents d'hier ont donc dû en apporter d'autres. J'ai jeté un coup d'oeil aux restes de mon vieux pin devenu quasiment du charbon de bois avant de monter sur le petit terre-plein d'où saillait le chicot de l'arbre à gingembre comme un piquet passé à la créosote. Je n'en croyais pas mes yeux, quand j'ai vu ce qui luttait contre les mauvaises herbes pour gagner sa part de soleil : une pousse verte toute nouvelle, émergeant d'un amas de racines noircies, et qui portait déjà neuf de ces feuilles aromatiques si facilement reconnaissables. J'en ai pincé une pour être bien sûre, qui m'a laissé sur les doigts cette odeur de gingembre.
    Je ne crois pas aux présages, sauf quand ils sont bons. Et c'était un bon présage. Je suis de retour dans une maison qui sent encore la menuiserie fraîche, et ressens une joie parfaitement ridicule. Je vais rester avec les terrassiers toute la journée, pour être bien sûre qu'une colline artificielle sera de nouveau dominée par cet arbre venu d'ailleurs."
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