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> Frédéric Cotton (Traducteur)

ISBN : 2910846792
Éditeur : Agone (2002)


Note moyenne : 4.48/5 (sur 101 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Cette histoire des Etats-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus mode... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Alcapone, le 22 septembre 2012

    Alcapone
    "La mémoire des Etats n'est résolument pas la nôtre. Les nations ne sont pas des communautés et ne l'ont jamais été. L'histoire de n'importe quel pays, présentée comme une histoire de famille, dissimule les plus âpres conflits d'intérêts (qui parfois éclatent au grand jour et sont le plus souvent réprimés) entre les conquérants et les populations soumises, les maîtres et les esclaves, les capitalistes et les travailleurs, les dominants et les dominés, qu'ils le soient pour des raisons de race ou de sexe. Dans un monde aussi conflictuel, où victimes et bourreaux s'affrontent, il est, comme le disait Albert Camus, du devoir des intellectuels de ne pas se ranger aux côtés des bourreaux." p.15. Voici comment Howard Zinn, cet historien et politologue américain engagé dans le combat pour les respect des droits civiques, justifie son oeuvre. Prenant à contre-pied les thèses couramment établies dans les ouvrages d'histoire sur les Etats-Unis, Howard Zinn propose une version novatrice de l'histoire américaine. Sa volonté de donner la voix aux populations oubliées de l'histoire américaine est un moyen de rendre justice à tous ceux qui ont participé à la construction du pays au prix de nombreux sacrifices. Edité pour la première fois aux USA en 1980 (et dans sa version française en 2002 par les Editions Agone), cet ouvrage fait partie des références en la matière : les grands épisodes de l'histoire américaine sont désormais enrichis par ces voix jusque là occultées...
    Cet ouvrage est si dense qu'il est difficile d'en rendre toute l'essence en quelques mots. Les références et exemples si nombreux, ont parfois nui à ma lecture. Mais je recommande chaudement cette lecture : bien que certains épisodes de l'histoire américaine relatés dans ce livre soient aujourd'hui connus du grand public, cela n'en rend pas cette Histoire populaire des Etas-Unis moins passionnante : colonisation, évangélisation forcée, esclavage, racisme, ségrégation, déségration, discrimination, luttes sociales, l'hsitoire des Etats-Unis s'est écrite dans le conflit. Et les USA modernes sont l'héritage de ces luttes qui ont constamment ponctués l'histoire sociale du pays. A cette lecture, on appréhende avec recul la construction de la première puissance économique mondiale. le Rêve américain est bien loin de ce qu'il laisse miroiter : comme l'on peut s'en douter, c'est évidemment au détriment des minorités sociales que s'est fondé le pays. Indiens, Noirs, Européens immigrés, Asiatiques, Latino-Américains, femmes, homosexuels... ce sont les luttes de ces communautés opprimées qui ont réellement fait progresser le pays. C'est d'ailleurs à ces populations qu'Howard Zinn tient à rendre justice et c'est avec stupeur que j'ai découvert certains événements relatés par l'historien. Seul bémol : ce livre n'est pas accessible à tout public. Il est difficile à s'approprier tant les références sont nombreuses. Il faut d'ailleurs avoir une certaine culture du pays pour comprendre certains épisodes relatés. L'auteur aborde tant de sujets (enjeux politiques, sociaux, économiques, religieux...) que sans connaissances préalables, il est difficile de s'y retrouver. Ceci dit, il ne faut pas se décourager et ne pas hésiter à se replonger dans le bouquin. En tous cas, ce sera mon cas...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.fr/2012/09/une-histoire-..
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    • Livres 5.00/5
    Par loreleirocks, le 08 décembre 2013

    loreleirocks
    Voilà un ouvrage particulièrement intéressant sur l'histoire des États Unis. Intéressant de par le point de vue choisi par l'auteur. D'ailleurs, bon nombre de critiques sont braqués contre ce point de vue. Il s'agit ici de montrer le revers de la médaille des politiques gouvernementales essentielles depuis la colonisation du continent américain. On pourrait voir ici un bon lot de théories du complot sur le gouvernement fédéral, si tous les faits n'étaient pas clairement justifiés par des documents authentiques. On pourrait aussi voir un portrait tellement négatif du pays que tout ce qui le concerne serait remis en question.
    L'utilité de cette Histoire des États Unis est de donner un contexte supplémentaire et remettre un peu à jour les effets sur les minorités ethniques, politiques, sociales ou sur la population en général, de grandes lois et politiques, pas toujours aussi bénéfiques, généreuses et sans arrière pensée que l'on pourrait croire. Et de démystifier certains personnages essentiels de l'histoire des États Unis.
    Personnellement, cet ouvrage m'a semblé être une bonne option pour la "vieille étudiante" que ma reprise d'études me force à être, me permettant de remettre un tas de connaissances imprécises et flottantes en contexte, surtout en contexte souvent acquis il y plus de 15 ans de manière tellement scolaire et technicolor qu'il fallait y regarder sous un autre angle, d'apprendre en me divertissant aussi.
    Bref, tout ça pour dire que je ne sais pas apprendre scolairement et comme les enfants, la narration est essentielle à l'intégration de faits, dates, noms etc. et que j'ai dévoré ces 850 pages (en VO) comme un bon polar socio-politique.
    Ayant récemment vu Capitalism: A Love Story de Michael Moore, Gasland, et Manufacturing Consent de Noam Chomsky, vous pouvez deviner que je me suis régalée de ce portrait de "désunité" des USA. Donc...
    ...une mise en garde pour les intéressés : ce livre est à lire en parallèle avec un ouvrage plus classique vous donnant une idée plus cadrée de faits, lois et personnes, histoire de construire une culture plus objective et de juger par vous même sans soudain chercher à lire entre les lignes de toute actualité états-unienne sous l'angle du complot et de l'abus. Et surtout si vous êtes étudiants en anglais.
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    • Livres 4.00/5
    Par mouette_liseuse, le 25 septembre 2014

    mouette_liseuse
    L'histoire des Etats-Unis telle qu'on ne la connaît peu. Pas de figures mythiques de la conquête de l'ouest, pas de Pères fondateurs, héros de l'indépendance, grands hommes, ou d'Amérique idéalisée, mais l'histoire de ceux dont on ne parle pas mais qui représentent la majorité de ceux qui fait les Etats-Unis. Depuis le premier contact de l'Occident avec Christophe Colomb jusqu'aux luttes des années 60, en passant par les luttes des années 60, on découvre une histoire alternative de l'Amérique. A lire
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    • Livres 5.00/5
    Par tolbiac, le 01 juin 2013

    tolbiac
    S'il devait en rester qu'un que ce soit celui-ci.
    S'il ne devait resté qu'un seul ouvrage sur l'histoire de l'empire, que ce soit celui-ci…
    La face cachée de l'histoire ; Celle des vaincus, des dépossédés, des laissé-pour-compte.
    Une autre manière d'appréhender l'histoire.
    Bon c'est socialo' ? Marxiste ? J'avoue wouai un peu… Beaucoup…
    La face cachée de l'oncle Sam…
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    • Livres 5.00/5
    Par EFourn, le 26 mars 2015

    EFourn
    Le film « Howard Zinn une histoire populaire américaine » de Daniel Mermet et Olivier Azam produit par Les Mutins de Pangée sortira (enfin ! après de longues années d'attente) le 29 avril 2015.
    http://www.histoirepopulaireamericaine.fr/#!home
    http://www.lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50
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Citations et extraits

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  • Par michemuche, le 22 mai 2015

    L'histoire de l'humanité est une histoire d'injustices et d'usurpations faites à la femme par l'homme, ayant toutes pour direct objet de lui imposer une tyrannie absolue.

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  • Par michemuche, le 18 mai 2015

    Ce dont la femme a besoin, ce n'est pas d'agir et diriger en tant que femme, mais de s'épanouir en tant qu'être vivant, de raisonner en tant qu'intelligence et, en tant qu'esprit, de vivre librement et sans entraves.

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  • Par michemuche, le 15 mai 2015

    Aux alentours de 1750, alors que près de 90% de la population blanche masculine était alphabétisée, 40% seulement des femmes savaient lire et écrire. Les femmes des classes laborieuses avaient peu de moyens de s'exprimer et encore moins de transmettre par écrit les sentiments de révolte qu'elles pouvaient éprouver devant cette sujétion.

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  • Par enkidu_, le 11 mai 2015

    Ceux qui critiquaient les bombardements [de l'Afghanistan] affirmaient que le terrorisme s'enracinait dans le ressentiment profond éprouvé à l'égard des États-Unis. L'origine de ce ressentiment n'était pas difficile à identifier : la présence de troupes américaines en Arabie saoudite, terre sacrée de l'islam, les dix années de sanctions économiques infligées à l'Irak - sanctions qui, selon les Nations unies, avaient entraîné des centaines de milliers de morts chez les enfants de ce pays -, l'indéfectible soutien américain à l'occupation des territoires palestiniens par Israël et les milliards de dollars d'aide militaire apportée à ce pays.

    Mais ces problèmes ne peuvent être résolus sans que se produisent des changements fondamentaux dans la politique étrangère américaine. De tels changements seraient inadmissibles aux yeux du complexe militaro-industriel, qui influence les deux principaux partis. En effet, ils impliqueraient que nous retirions les troupes américaines disséminées à travers le monde, que nous abdiquions notre volonté de domination politico-économique sur les autres pays du monde - bref, que nous fassions notre deuil du rôle tant prisé de superpuissance mondiale.

    De tels changements fondamentaux exigeraient également un renversement dans l'ordre des priorités politiques : faire passer par exemple les trois à quatre cents milliards de dollars annuels affectés au budget de la Défense vers des projets qui permettraient d'améliorer les conditions de vie des Américains et des autres peuples du monde. L'Organisation mondiale de la santé affirme par exemple qu'une infime portion du budget militaire américain suffirait à sauver des millions de vies humaines si elle était affectée au traitement de la tuberculose.

    Les États-Unis, après de tels changements drastiques dans leur politique, ne seraient certes plus la superpuissance militaire mais pourraient devenir une superpuissance humanitaire, utilisant leurs incroyables ressources pour venir en aide aux nations les plus démunies. (pp. 768-769)
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  • Par enkidu_, le 11 mai 2015

    James était membre d'un mouvement réunissant les hommes d'affaires, les politiciens et les intellectuels éminents qui avaient fondé la Ligue anti-impérialiste en 1898 et mené une longue campagne pour sensibiliser les Américains aux horreurs de la guerre des Philippines et aux méfaits de l'impérialisme. Il s'agissait d'un mouvement étrange (Andrew Carnegie en faisait partie) , qui rassemblait des aristocrates ennemis du mouvement ouvrier et des intellectuels, unis dans une condamnation morale de ce que l'on faisait subir aux Philippins au nom de la liberté. Quelles que fussent leurs divergences sur d'autres questions, ils tombaient tous d'accord avec James lorsqu'il s'emportait : « Dieu maudisse les États-Unis pour leur misérable conduite aux Philippines. »

    La Ligue anti-impérialiste publia des lettres de soldats faisant leur service aux Philippines. Un capitaine originaire du Kansas écrivait : « La ville de Caloocan était censée abriter dix-sept mille habitants. Le 20" du Kansas est passé par là et maintenant il n'y a plus âme qui vive à Caloocan. » Un simple soldat du même régiment affirma : « J'ai mis moi-même le feu à plus de cinquante maisons de Philippins après la victoire de Caloocan. Des femmes et des enfants ont été victimes de nos incendies. »

    Un volontaire de l'État de Washington écrivit pour sa part que « notre esprit combatif était au plus haut et nous voulions tous tuer du "nègre". [...] On les a tirés comme des lapins. »

    C'était une époque de racisme intense aux États-Unis. Entre 1889 et 1903, deux Noirs, en moyenne, étaient assassinés chaque semaine (pendus, brûlés vifs ou mutilés) . Les Philippins avaient la peau sombre, p résentaient des caractéristiques physiques spécifiques, parlaient un drôle de langage et semblaient étranges aux yeux des Américains. À la brutalité aveugle habituelle de la guerre venait donc s'ajouter le facteur de l'hostilité raciale.

    En novembre 1901, le correspondant du Ledger de Philadelphie à Manille rapportait : « La guerre actuelle n'est pas une guerre d'opérette menée en gants blancs. Nos hommes ont été impitoyables. Ils ont tué pour exterminer hommes, femmes, enfants, prisonniers et otages, rebelles avérés et individus suspects de plus de dix ans. Lidée qui a prévalu est qu'un Philippin en tant que tel n'a pas plus de valeur qu'un chien. [...] Nos soldats ont fait ingurgiter de l'eau salée à des individus pour les faire parler. Ils ont également fait prisonniers des individus qui se rendaient pacifiquement, les mains en l'air, et une heure plus tard, sans un atome de preuve qu'il s'agissait bien là d'insurgés, les ont emmenés sur un pont et les ont abattus les u ns après les autres. Pour finir, ils les ont jetés dans la rivière, les laissant aller au fil du courant afin qu'ils servent d'exemple à ceux qui découvriraient leurs corps criblés de plomb. »

    Un général américain en poste dans le sud de Luson déclarait, de retour aux États-Unis au début de 1901 : « Un sixième des indigènes de Luson ont été tués ou sont morts de la fièvre au cours de ces dernières années. Les décès par exécution ont été très nombreux mais je pense que toutes ces morts ont été nécessaires à la poursuite de nos objectifs de guerre. Il était nécessaire d'adopter ce que dans d'autres pays on aurait pu qualifier de mesures cruelles. »

    Le secrétaire à la Guerre, Elihu Root, dut se défendre contre des accusations de barbarie : « La guerre aux Philippines a été menée par les armées américaines selon les règles les plus scrupuleuses de la guerre civilisée, [...] en faisant preuve de pondération et d'une humanité jamais égalée. » (pp. 360-361)
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" Howard Zinn - Une Histoire populaire américaine " Bande-annonce du documentaire d'Olivier Azam et Daniel Mermet, sur la vie de Howard Zinn, 1922-2010, auteur du livre "Une histoire populaire des Etats-Unis". (Les Mutins de Pangée, Coopérative audiovisuelle.)











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