> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 2253005622
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 165 notes) Ajouter à mes livres
Florent est un naufragé de la vie, rêveur impénitent, insouciant, arrêté par erreur au lendemain du 2 décembre et conduit au bagne de Cayenne. Il parvient à s'évader, gagne Paris et retrouve son demi-frère, Quenu, charcu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Florent s'est évadé de Guyane où il avait été déporté suite à sa compromission dans les événements du 2 Décembre. Il trouve refuge chez son frère, Quenu, qui est charcutier au plein cœur des Halles de Paris. Il devient inspecteur de la marée. Commence le quotidien d'un Maigre entouré d'une foule qui n'a qu'un objectif : le faire grossir.
    « Le Ventre de Paris » est le troisième tome des Rougon-Macquart paru en 1873. J'ai beaucoup apprécié cette longue et belle œuvre. J'ai notamment particulièrement aimé la plume singulière de l'écrivain qui sait rédiger des descriptions si poétiques. On a d'ailleurs pu qualifier son texte de « prose descriptive ». Il prend manifestement plaisir à décrire les Halles de Paris, les étalages gargantuesques de légumes, de fruits, de poissons, de viandes, de fleurs, de fromages, … Vers la fin de son roman, Zola utilise des métaphores musicales pour décrire l'odeur pestilentielle des fromages qui s'étalent sous ses yeux, en témoigne cet extrait : « Elles restaient debout, se saluant, dans le bouquet final des fromages. Tous, à cette heure, donnaient à la fois. C'était une cacophonie de souffles infects, depuis les lourdeurs molles des pâtes cuites, du gruyère et du hollande, jusqu'aux pointes alcalines de l'olivet » (p. 340). Les étals nous apparaissent dans toute leur matérialité, avec leurs cortèges de couleurs, d'odeurs, de saveurs. On a pu dire que cette œuvre de Zola pouvait être comparée à une véritable nature morte, l'auteur donnant à voir à travers ses mots une vraie peinture, telle qu'aurait pu la concevoir Claude, l'artiste qu'il décrit au fil des pages.
    Zola croque une véritable fresque de la bourgeoise Parisienne à travers la galerie de personnages qu'il présente : Florent, le fuyard, Quenu, son frère, la belle et grasse Lisa qui tient la charcuterie. Il y a aussi Marjolin et Cadine, les deux brutes éprises l'une de l'autre qu'aime à peindre Claude, l'artiste. N'oublions pas Mlle Saget, la médisante petite vieille, qui constitue un personnage repoussant. Zola fait Tous ces personnages une véritable analyse psychologique.
    J'ai été particulièrement sensible au début de l'œuvre : l'écrivain nous décrit l'arrivée de Florent dans les Halles luxuriantes qui offrent un trop plein de nourritures, un luxe démesuré. le lecteur est saisi de pitié devant cet évadé affamé (il n'a pas mangé depuis plusieurs jours) qui observe avec beaucoup de convoitise ces monceaux de victuailles qui s'offrent à ses yeux et à son odorat. Face à cette prodigalité, Zola oscille entre fascination et répulsion.
    Une belle œuvre naturaliste qui expose la lutte entre les Maigres et les Gras sur un fond politique marqué. On ne retrouve pas ici de drame amoureux, comme dans « La bête humaine » par exemple. le propos est ici plus centré sur l'engagement politique. Il faut donc bien connaître l'histoire de la fin du XIXème siècle. A savourer sans modération !
    Le lecteur complétera utilement sa lecture par un dossier en fin d'œuvre. La préface d'Henri Guillemin est aussi très éclairante.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ivredelivres, le 11 août 2010

    ivredelivres
    'ordre adopté par Zola pour sa généalogie des Rougon Macquart nous fait passer des salons du Second Empire au ventre de Paris, des toilettes chiques aux poissonnières, des parfums envoûtants de Renée à ceux moins raffinés de la cuisson du boudin ou des étalages de fromages odorants.
    Le héros ici n'est pas vraiment un Rougon, il est un petit rameau ajouté, c'est sa belle soeur, la belle Lisa, qui est une fille d' Antoine Macquart de Plassans. Il se nomme Florent, il est jeune et beau garçon, sa vie est pourtant déjà bien pleine car il a passé quelques années au bagne. Il n'a pas tué père et mère pour ça, non, il s'est juste trouvé où il ne fallait pas lors d'une émeute, arrêté et jugé de façon expéditive pour un crime dont il est innocent.
    Echappé de Cayenne le voilà revenu à Paris où il trouve refuge aux Halles auprès de son frère Quenu, l'époux de Lisa la belle charcutière.
    Accueilli comme le frère prodigue, on lui trouve du travail, on l'héberge, on l'habille, c'est que Quenu lui est redevable, Florent l'a élevé, s'est sacrifié pour lui durant des années, devenu un commerçant riche et gras c'est le moment de payer ses dettes.
    L'arrivée de Florent va déclencher des réactions en chaîne, objet de toutes les convoitises féminines notre Florent est bien naïf et en plus il a des convictions républicaines, de là à devenir activiste contre le gouvernement il n'y a qu'un pas ....
    Après quelques temps ce frère devient gênant, voire dangereux pour la prospérité d'une charcuterie, et puis bien sûr il y a l'héritage de l'oncle de Quenu, héritage qui revient pour moitié à Florent ....dommage qu'il soit rentré......Les langues se délient, la médisance, les commérages, les mensonges, les trahisons, le petit peuple des Halles n'est pas plus beau que celui des salons.
    Les vilenies ne sont plus perpétrées pour de L'Argent mais par envie, par mesquinerie, par jalousie.
    Ce troisième volume de Zola est cru, plein d'odeurs, de couleurs, et de bruit. C'est la version XIXème siècle de la Grande Bouffe.
    L'écrivain nous sature de scènes où la nourriture est reine, les devantures, les arrières boutiques, tout regorge de sang, de graillon, d'effluves fortes, les fromages le disputent aux légumes entassés, les poissons aux viandes, les beurres et les fromages dégoulinent, les déchets eux mêmes sont partie du décor. On vit de la bouffe et parfois on en meurt.
    Zola décrit à merveille ce marché, les étals, les pavillons, la misère et les vices. Arrivé à la fin du roman on sait que ce n'est pas Florent le héros de cette histoire, ce sont les Halles corps vivant, chaud, violent, qui après avoir tenté de le digéré, aura recraché Florent comme un noyau indigeste.
    J'ai aimé ce troisième roman et je suis déjà plongée dans la suite, lire Zola en continuité est une expérience enrichissante et je n'ai qu'une enivie : la poursuivre


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/04/23/le-ventre..
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  • Par Donnakal, le 06 mai 2011

    Donnakal
    Editions FASQUELLE
    61 rue des Saints Pères
    75006 Paris

    Monsieur ZOLA Emile
    Appartement n° 9
    5 rue de Bruxelles
    75009 Paris

    Paris,
    Vendredi 27 septembre 1872

    Monsieur,
    Vous nous avez confié votre dernier-né « Le Ventre de Paris ». Je ne trouve qu'un seul qualificatif pour ce roman (et sans mauvais jeu de mots !) : « indigeste »…
    Ce livre fait l'apologie de la victuaille, certes ! Cependant, au cours de notre lecture en cette belle et douce journée d'automne, les voix criardes des marchands résonnant sous les Halles et le bruit de fond de la ville de Paris mastiquant à longueur de journée, nous a empli les oreilles d'un vacarme assourdissant ! Nous avons alors décidé de fermer les fenêtres. L'odeur fade du cochon fraîchement égorgé, mêlée aux effluves des poissons posés sur les étals, était trop forte ; l'air de la salle est alors devenu irrespirable ! Et c'est les doigts dégoulinants de graisse que nous avons terminé de lire ce gargantuesque festin. Un des membres de notre comité de lecture a même grossi d'un kilo, uniquement en lisant votre manuscrit... Impensable ! A côté de cela, certains de vos personnages sont si maigres qu'ils en deviennent pathétiques !!! Ne pouvez-vous imaginer des individus moins radicaux ?
    Par conséquent, vous comprendrez qu'il est inconcevable pour nous, notre maison et le plaisir de nos lecteurs, d'éditer ce « énième » épisode de votre interminable saga des Rougon-Macquart. Changez votre discours ! Les Français se lassent…
    Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.

    Eugène FASQUELLE
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Hicchi, le 27 juin 2011

    Hicchi
    Mon second Rougon-Macquart favoris~ C'est en parti grâce à Lisa, car il faut l'avouer, elle a un caractère assez spécial que je trouve particulièrement attachant. Elle est en parfait contraste avec sa soeur Gervaise d'ailleurs. Zola a très bien retranscrit l'univers de cette nourriture qui déborde sur les trottoirs parisiens, on sentirait presque les odeurs que le romancier a voulu décrire. du génie tout simplement.
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    • Livres 5.00/5
    Par Amaliah, le 06 février 2012

    Amaliah
    Mon Zola préféré!
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    autour de lui des gorges énormes, des reins monstrueux, des faces rondes, comme de continuels arguments contre sa maigreur de martyr, son visage jaune de mécontent. C’était le ventre boutiquier, le ventre de l’honnêteté moyenne, se ballonnant, heureux, luisant au soleil, trouvant que tout allait pour le mieux, que jamais les gens de mœurs paisibles n’avaient engraissé si bellement. Alors, il se sentit les poings serrés, prêt à une lutte, plus irrité par la pensée de son exil, qu’il ne l’était en rentrant en France. La haine le reprit tout entier. Souvent, il laissait tomber sa plume, il rêvait.
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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    Et il allait la prendre à la taille, ainsi qu'il prenait Cadine, d’une brutalité d’animal qui vole et qui s’emplit, lorsque, sans crier, toute pâle de cette attaque brusque, elle sortit du panier d’un bond. Elle leva le bras, comme elle avait vu faire aux abattoirs, serra son poing de belle femme, assomma Marjolin d’un seul coup, entre les deux yeux. Il s’affaissa, sa tête se fendit contre l’angle d’une pierre d’abattage.
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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    Une barre de soleil, tombant du haut vitrage de la rue couverte, vint allumer ces couleurs précieuses, lavées et attendries par la vague, irisée et fondues dans les tons de chair des coquillages, l’opale des merlans, la nacre des maquereaux, l’or des rougets, la robe lamée des harengs, les grandes pièces d’argenterie des saumons. C’était comme les écrins, vidés à terre, de quelque fille des eaux, des parures inouïes et bizarres, un ruissellement, un entassement de colliers, de bracelets monstrueux, de broches gigantesques, de bijoux barbares, dont l’usage échappait.
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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    Il ne marchait plus à terre, comme soulevé par cette idée intense de se faire le justicier des maux qu’il avait vu souffrir. Il était d’une crédulité d’enfant et d’une confiance de héros. Logre lui aurait conté que le génie de la colonne de Juillet allait descendre pour se mettre à leur tête, sans le surprendre. Chez monsieur Lebigre, le soir, il avait des effusions, il parlait de la prochaine bataille comme d’une fête à laquelle tous les braves gens seraient conviés.
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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    Les larges cuivres de la cheminée luisaient, les volailles fumaient, la graisse chantait dans la lèchefrite, les broches finissaient par causer entre elles, par adresser des mots aimables à Quenu, qui, une longue cuiller à la main, arrosait dévotement les ventres dorés des oies rondes et des grandes dindes.
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