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Nicolas Waquet (Traducteur)
ISBN : 2743620323
Éditeur : Payot et Rivages (12/11/2009)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Si le romantisme a bouleversé la tradition littéraire dans maints pays, l'Allemagne est certainement celui où ses effets se firent sentir le plus profondément. Un bref «tableau de l'Europe» dans la première moitié du XIXe siècle mettait en évidence l'ampleur de la vague de fond qui, submergeant la solennité, l'impersonnalité du classicisme, apporta avec une eau pure ourlée d'une écume révolutionnaire, les moyens de donner à l'art d'écrire une forme nouvelle.
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
10 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
UN POISON NOMMÉ WANDA...
Je dois reconnaître que je ne m'attendais pas, en démarrant la lecture de ce livre, à vivre un aussi bon moment.
En effet, l'ouvrage avait, a priori, tout pour me déplaire ; j'étais mue surtout par la curiosité et le désir de ne pas mourir complètement idiote, plutôt que de m'attendre à être positivement surprise par cette narration. Et PAF !, voilà qu'au tournant, un souffle étrange, un courant d'air particulier me ravive les sangs et le plaisir de la lecture me fouette.
Quelque chose comme le brûlant d'une flamme qu'on n'attendait pas qui nous consume l'âme autant que la raison pour nous illuminer d'une réflexion nourrie et d'un sourire polisson.
Leopold von Sacher-Masoch n'est pas un marquis de Sade et, bien que son nom soit à l'origine du terme masochisme, La Vénus À La Fourrure est le seul ouvrage " équivoque " qu'on puisse lui attribuer.
Pourtant, il ne fait absolument pas l'apologie du masochisme dans ce livre, mais essaie plutôt de nous convier à réfléchir sur cette tendance inscrite en nous et ne réclamant qu'à être activée pour prendre des proportions horribles.
L'auteur, par ailleurs universitaire brillant et plutôt féru d'histoire, dresse un portrait psychologique admirable de cette espèce de ... comment dire... d'aliénation morale, qui, dans certaines conditions, nous pousse à accepter des châtiments inimaginables, laquelle acceptation pouvant disparaître lorsque ces conditions particulières disparaissent.
Il choisit de prendre le cas d'une souffrance volontaire suscitée par l'amour d'une personne vis-à-vis d'une autre, mais je suis assez convaincue que l'on pourrait étendre cette notion à d'autres types de souffrances volontaires auxquelles celui qui s'y adonne peut éprouver une certaine forme de plaisir. Je pense notamment à l'anorexie ou encore à la pratique de certains sports poussés jusqu'à l'abomination. le côté extrêmement ambigu de la chose est qu'un tiers puisse éprouver du plaisir à voir l'autre souffrir. Si l'on réfléchit bien, est-ce si différent notre comportement quand on trépigne de plaisir devant un cycliste en train de souffrir et de laisser ses tripes sur une bicyclette à escalader un col dans un délai à peine humain ou un boxeur se faire démolir la face et se relever à chaque fois pour s'en reprendre plein la figure et re-souffrir encore, et re-tomber, et se re-lever et ainsi de suite. (Je ne parle même pas des images de héros de guerre...)
Appliqué à l'amour, la chose peut avoir un côté très choquant, mais, ce livre à le mérite de nous montrer que cela n'est sans doute pas fondamentalement différent.
Ici, Séverin nous explique comment il s'est volontairement infligé des souffrances inqualifiables pour jouir de son amour avec la belle et sulfureuse Wanda. Dans un château ou belle demeure campagnarde perdue quelque part dans les Carpates, le narrateur, plutôt solitaire et asocial, fait la connaissance d'une jeune veuve que dans une sorte de délire, il associe à la statue de Vénus. D'abord timides l'un et l'autre, les deux âmes solitaires vont vivre des épisodes troublants la nuit, dans le jardin, la femme revêtue de sa fourrure...
Séverin se sent incapable d'une déclaration ordinaire et prétend qu'il désire être son esclave. Wanda, quelque peu titillée mais pas franchement amoureuse prend cette déclaration au sens figuré mais Séverin insiste. Il veut être son esclave, s'enchaîner à elle pour lui signifier combien il l'aime, quitte même à subir des mauvais traitements. Chemin faisant, il l'enjoint carrément à lui infliger des coups car, dit-il, une excitation particulière est alors créée. Wanda, pas trop chaude au départ (n'y voyez pas de jeu de mots) se laisse prendre au " jeu " puis administre avec prolixité des châtiments corporels à son amant en y puisant, manifestement un grand plaisir.
Ce couple à relations asymétriques se déplace ensuite à Florence où le masochisme prend alors des proportions extrêmes. Il n'est probablement pas convenable d'en dire davantage.
Un autre aspect est évoqué dans l'ouvrage ; celui de la relation de dominance qui s'instaure entre les partenaires, l'acceptation de sa position de dominé et l'acceptation des violence pour ne pas perdre l'être cher.
Ceci est réellement captivant d'un point de vue psychologique et je puis dire que j'ai quasiment lu ce roman comme un essai sur la question. Cela nous questionne également et nous donne des éléments de compréhension de l'acceptation des violences subies par des enfants vis-à-vis de leurs parents. Aimant leurs parents et ayant peur de les perdre, ils acceptent tous types de violences, même les plus répugnantes et abjectes.
L'auteur, féru d'art et d'histoire, fait de nombres et diverses références soit au monde de la littérature (le Faust de Goethe, notamment), à la mythologie païenne grecque, à l'histoire des arts, sculpture ou peinture, en particulier la toile du Titien qui représente la Vénus à la fourrure.
L'auteur s'appesantit, un peu comme un fil conducteur du livre, sur la symbolique de la fourrure, qui évoque à la fois la douceur, la chaleur, mais aussi et surtout la sauvagerie, les instincts primaires.
Bref, une lecture hyper intéressante, où Sacher-Masoch de fait jamais dans le trivial, dans le gore ou dans la dépravation sexuelle, où tout ce qui est le plus insoutenable est traité sous le registre de l'évocation, de la suggestion, plutôt que de se complaire à décrire ces atrocités. Je le répète, l'auteur ne me semble pas un partisan du masochisme mais a pris le parti d'évoquer cette tendance comportementale si déroutante chez l'humain.
Une vraie découverte et un vrai coup de coeur pour moi, mais ce n'est bien sûr que mon avis, qu'il ne vous fasse pas de mal car il ne représente pas grand-chose, tout bien pesé.
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Foxfire
24 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Je ne prétends pas proposer une critique de ce classique de la littérature romantique, je n'ai pas un bagage culturel suffisant pour cela. Je vais me contenter de livrer succinctement mon ressenti.
J'ai été séduite par la beauté de la langue, à la fois simple et lyrique, subtile et passionnée. Il ne faut pas attendre des scènes crues, le récit est très pudique, presque cérébral, et joue plutôt sur les non-dits et la suggestion. Ce qui n'empêche pas de distiller un climat agréablement érotique et sensuel.
Mais j'ai surtout été emportée par la description du sentiment amoureux. L'auteur évoque cette passion amoureuse, proche de la folie, de façon admirable. L'intensité de cet amour absolu ne peut qu'émouvoir le lecteur, pour peu qu'il soit un peu sentimental.
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Bazart
09 décembre 2013
★★★★★
★★★★★
Ce bouquin pouvait me faire un peu peur à priori, moi qui, il faut bien l'avouer, lit bien peu de classiques de la littérature. Il faut savoir en effet que son auteur Sacher-Masoch s'inscrit parfaitement dans le mouvement romantique allemand de la première moitié du XX ième siecle. "La Vénus à la fourrure", comme plusieurs autres de ses ouvrages, est en partie autobiographique, Sacher Masoch y relatant certains épisodes de son orageuse aventure avec une certaine Anna de Kottowitz.
Comme je l'ai dit dans ma chronique du film, c'est donc ce roman, par ailleurs le seul vraiment sulfureux de son auteur, qui ait contribué à ce que son nom soit à l'origine du terme masochisme.
Dans ce roman, un homme, Séverin, est amoureux d'une statue marmoréenne de Vénus, qui se trouve dans un jardin public. Dans ce jardin, il rencontre un jour une femme hors du commun, Wanda, qui ne s'est donné qu'une règle, celle de n'obéir qu'aux lois du plaisir. Séverin se lie et conclut avec Wanda un contrat par lequel il se soumet entièrement à elle : il sera son valet, son esclave, son jouet. le masochisme ne vient-il pas de Masoch? En contrepartie, Wanda se vêtira d'une seule fourrure et sera alors pour lui d'une animalité divinement érotique.
Bref, une relation oh combien éprouvante, qui entraine personnage et lecteurs dans des affres que l'on devine tout autant cruelles que jouissives pour les deux protagonistes, comme on le ressent d'ailleurs tout aussi parfaitement dans le film de Polanski.
Pour qui a vu le film, d'ailleurs, il est assez passionnant de se plonger dans le livre originel puisqu'une grande partie du film nous dévoile des parties du livre et se permet même de l'analyser, alors que d'autres parties du roman ne sont pas traitées dans le film, donc il était assez passionnant de découvrir ce qui était ou n'était pas dans le film.
Certes, la lecture de ce livre, entre le roman et le poèsie, fut parfois un peu ardue, car d'une part, le style de l'auteur est parfois un peu datée (et que je n'ai plus trop l'habitude des classiques), et d'autre part certains passages m'ont parus un peu abscons, notamment lorsque l''auteur, bien plus que ne le fait Polanski, s'attarde longuement sur la symbolique de la fourrure, qui évoque à la fois (à mes yeux seulement?) la pilosité des organes génitaux, ainsi que moins prosaiquement, la chaleur et une certaine forme de sauvagerie dans les relations charnelles et les instincts primaires.
Mais ce texte qui incarne une certaine forme de romantisme (puisque le romantisme peut se représenter évidemment sous différentes formes), possède,à n'en pas douter, un souffle et une puissance de feu, en tant qu'il exalte les passions jusqu'aux tourments de l'amour fou, et de l'appartenance a l'autre en tant qu'être sublimé.
Et si Sacher-Masoch reste souvent dans l'évocation et dans la suggestion (on n'est pas dans "50 shades of grey", autres époques, autres moeurs) et ne tombe pas dans le glauque de la dépravation sexuelle, le SM est quand même abordé frontalement au détour de plusieurs situations ou dialogues non équivoques ( "Qui se laisse fouetter mérite d'être fouetté")..
Bref une oeuvre fondatrice, dont la lecture est certes peu "confortable" (en même temps, l'adjectif sied mal également au film de Polanski) mais incontestablement interessante et instructive, pour ce qu'elle dit des rapports hommes/ femmes, aussi bien de l'époque de l'ouvrage que celles des siècles à venir...
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Marti94
16 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Ma découverte de « La vénus à la fourrure » de Sacher Masoch s'est faite d'abord par le cinéma avec le film de Roman Polanski que j'ai vraiment adoré, puis j'ai emprunté la bande dessinée de Guido Crepax à la bibliothèque et dernièrement je suis allée voir la pièce mise en scène par Jérémy Lippmann au théâtre Tristan Bernard à Paris. Cette dernière, ainsi que le film de Polanski, est un excellent texte écrit par David Ives, inspiré du roman de Sacher Masoch mais il ne s'agit pas d'une adaptation au sens strict.
L'histoire d'origine, je l'ai téléchargé sur ma liseuse pour mieux saisir la grandeur d'un texte fondateur qui date de 1870. Et j'ai bien fait car le texte est beaucoup plus profond que je l'imaginais. Il est plus du ressort de Freud que de Sade.
L'histoire se situe dans une petite station thermale des Carpates puis nous mène de Vienne à Florence. le héros de la Vénus à la fourrure, Séverin von Kusiemski, raconte comment, aux termes d'un contrat conclu avec sa maîtresse, Wanda von Dunajew, il s'est engagé à être son esclave, contraint de subir toutes les humiliations qu'elle jugerait bon de lui infliger. le bonheur alterne sans fin avec la douleur, comme si l'un ne pouvait venir que de l'autre : « Si je ne peux jouir pleinement et parfaitement du bonheur de l'amour, je veux boire jusqu'à la lie la coupe de ses souffrances et de ses tourments ; je veux être maltraité et trahi par la femme que j'aime. Plus elle sera cruelle, mieux cela vaudra. C'est aussi une jouissance ! ».
Passion, don de soi sont les thèmes abordés plus que sexualité. L'univers romanesque de l'écrivain autrichien est aussi empreint de culpabilité, il évoque même une « guérison » lorsque qu'il y a rupture. Il précise aussi que « c'est le christianisme, dont le cruel emblème, la Croix, a pour moi quelque chose d'effroyable, qui le premier a introduit un élément étranger et hostile au sein de la nature et de ses innocents instincts. »
On comprend donc qu'au 19ème siècle, les romans de Sacher Masoch ont inspiré le psychiatre Krafft-Ebing pour créer le terme de "masochisme".
Lu en novembre 2014
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BookyMary
27 avril 2016
★★★★★
★★★★★
Une violente douceur, une sensualité brute, "La Vénus à la fourrure" est un enivrement des sens, une plongée dans les fantasmes masochistes qui vous fera perdre pied.
J'avais l'impression d'entrer dans le rêve de quelqu'un d'autre tant par moment je me perdais un peu dans les songes de Séverin et dans la manière de raconter de son auteur.
Soyons clair, l'écriture est très belle et d'une poésie inouïe mais par moment j'ai eu l'impression que l'auteur se laissait emporter par la passion qui l'habitait et oubliait de nous donner quelques descriptions des lieux pour que l'on s'y retrouve.
Ce n'est pas un livre à analyser mais plutôt à ressentir, et ce fut une expérience assez étrange que cette plongée sensorielle dans les passions et les fantasmes d'un homme se complaisant dans le masochisme et l'asservissement.
J'ai eu l'impression de me retrouver devant "Les funérailles d'Atala" de Girodet durant toute ma lecture, parce que le côté très dérangeant et funeste de cette histoire est dépassé par la fascination presque malsaine qu'éprouve le lecteur devant cet homme qui préfère baiser les pieds de sa maîtresse pendant qu'elle le flagelle plutôt que d'en devenir l'époux.
Cette tristesse annonciatrice de douleur, et donc de plaisir pour Séverin, est d'autant plus belle que les descriptions qu'il fait de sa "Vénus à la fourrure" sont saisissantes de beauté et de passion.
Une chose assez frappante et particulière est l'absence de chapitres. le texte est un flot ininterrompu de mots et de lubricité, qui nous amène, finalement comme notre héros, à un point de non-retour que j'ai trouvée assez tordu mais terriblement bien amené.
Une expérience déchirante mais admirable et captivante, une ode aux amours torturés, l'apologie de la servitude amoureuse et charnelle. le livre qui marquera la vision que l'on peut avoir du masochisme.
Enfin bref...Une oeuvre sur le masochisme, oui mais pas seulement, une plongée dans la complexité de l'esprit humain et dans sa part la plus sombre et perverse. Un roman de débauche et d'impureté qui dépeint l'un des tableaux les plus malsains et fascinants de la littérature du XIXème siècle.
Lien : http://bookymary.blogspot.fr..
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Citations & extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B11 décembre 2013
- Ne sois jamais sûr de la femme que tu aimes, car la nature de la femme recèle plus de périls que tu ne peux le croire. Les femmes ne sont ni aussi bonnes que les font leurs admirateurs et leurs défenseurs, ni aussi mauvaises que les font leurs détracteurs. [...] Toute femme, bonne ou mauvaise, est capable à chaque instant d'avoir les pensées, les actions et les sentiments les plus diaboliques comme les plus divins, les plus sordides comme les plus purs. La femme, malgré tous les progrès de la civilisation, est restée telle qu'elle est sortie des mains de la nature, elle est comme les bêtes sauvages, elle peut se montrer fidèle ou infidèle, bienveillante ou cruelle, selon les sentiments qui la dominent. Seule une culture sérieuse et approfondie peut engendrer un caractère moral ; l'homme, même égoïste ou méchant, obéit à des principes quand la femme n'obéit qu'à ses sentiments.
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Nastasia-BNastasia-B03 novembre 2013
- Ingrat !
- Je ne veux pas vous faire de reproches. Vous êtes assurément une femme divine, mais avant tout une femme cruelle en amour comme toutes les femmes.
- Vous appelez cruauté, repartit vivement la déesse de l'amour, ce qui fait l'élément propre de la sensualité et de l'amour pur, la vraie nature de la femme : se donner où l'on aime et aimer tout ce qui plaît.
- Existe-t-il pour l'amant cruauté plus grande que l'infidélité de la bien-aimée ?
- Hélas, répliqua-t-elle, nous sommes fidèles tant que nous aimons, mais vous exigez de la femme la fidélité sans l'amour et le don de soi sans le plaisir. Qui se montre donc cruel : la femme ou l'homme ? Vous autres, gens du Nord, prenez l'amour beaucoup trop au sérieux. Vous parlez de devoir où il ne devrait être question que de plaisir.
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Nastasia-BNastasia-B20 novembre 2013
Je [...] me montrai fort surexcité lorsque, vers dix ans, je crois, je pus lire les Vies des martyrs. Je me souviens avoir éprouvé une horreur qui n'était que du ravissement à ces lectures : ils souffraient les pires tourments avec une sorte de joie, ils se languissaient dans les geôles, étaient suppliciés sur le gril, percés de flèches, jetés dans la poix bouillante, livrés aux bêtes féroces ou cloués sur la croix. [...] Je continuai de lire avec une véritable avidité des récits dans lesquels étaient dépeintes les cruautés les plus effroyables, je contemplai avec une délectation particulière les tableaux et les gravures qui pouvaient en offrir le spectacle ; et je voyais chaque fois habillés de fourrures ou de robes garnies d'hermines tous les tyrans sanguinaires qui ont jamais siégé sur un trône, les inquisiteurs qui faisaient persécuter, brûler ou égorger les hérétiques, et toutes ces femmes qui, dans le grand livre de l'histoire du monde, sont placées sous le signe de la volupté, de la beauté et de la violence : Libussa, Lucrèce Borgia, Agnès de Hongrie, la reine Margot, Isabeau, la sultane Roxelane, et les tzarines russes du siècle dernier.
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Nastasia-BNastasia-B15 novembre 2013
- Mais l'individu qui se révolte contre les institutions de la société est aussitôt expulsé, stigmatisé, lapidé, me direz-vous. Soit, je prends ce risque. Mes principes sont délibérément païens, je veux vivre ma vie. Je renonce à votre respect hypocrite, je préfère être heureuse. Ceux qui ont inventé le mariage chrétien ont bien fait d'avoir inventé en même temps l'immortalité. Je ne pense pas un instant à vivre éternellement et, lorsqu'avec mon dernier soupir tout ici-bas sera fini pour moi, Wanda de Dunajew, à quoi me servirait-il de savoir si mon pur esprit chante parmi le chœur des anges ou si la poussière de mon être forme un être nouveau ?
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Nastasia-BNastasia-B08 novembre 2013
- Mais Séverin, dis-je en posant ma main sur son bras, comment peux-tu traiter de la sorte cette jolie petite femme ?
- Regarde-la un peu, répliqua-t-il, clignant de l'œil l'air plaidant. Si je l'avais flattée, elle m'aurait passé autour du cou un nœud coulant ; mais elle m'adore parce que je la dresse au knout.
- Tais-toi !
- Tais-toi toi-même ; c'est ainsi qu'on doit dresser les femmes.
- Vis si tu veux comme un pacha dans son harem, mais ne m'expose pas de théories.
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