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L'Hymne à l'amour (interdit)
Interview : Emma Green à propos de Love & Lies on Campus, Part 3 

Article publié le 17/09/2020 par Solène Spiguelaire


Derrière le pseudo Emma Green, on trouve en fait un duo d'autrices ayant déjà signé près de trente romances en huit ans de collaboration. C'est d'ailleurs d'une seule voix qu'elles ont répondu aux questions des lecteurs Babelio à propos du troisième tome de Love & Lies on Campus, paru en juillet 2020 aux éditions Addictives. Dans ce nouvel épisode, on découvre un peu plus l'histoire d'amour interdite entre Tillie et Arlo, respectivement la soeur et meilleur amie de Colleen. L'occasion de (re)plonger dans ses années à la faculté (ici aux Etats-Unis), entre désir de liberté et attachement à son entourage...

 

Merci aux lecteurs de Babelio pour leurs questions : TheLovelyTeacherAddictions, MAGALI08, GamesOfBooks, Titiachloee, carine13400ChasingRomance  et BookosphereBlog
 



Vous avez travaillé et écrivez désormais ensemble depuis de nombreuses années. Quel est le secret de cette amitié et de cette collaboration sans failles ?

Accepter qu’il y ait des failles, justement. Le seul ingrédient miracle, comme dans toutes les relations humaines, en amour, en amitié, dans le travail, la création, c’est la communication. On se connaît par cœur toutes les deux, on se parle énormément et en dix ans, on a aussi appris à s’écouter, à prendre les critiques de l’autre et à se nourrir de ses idées. Deux cerveaux et quatre mains pour un seul roman, c’est d’une richesse infinie !
 

Dans vos romans, la thématique de l'amour interdit est récurrente. Pourquoi est-ce l’un de vos thèmes de prédilection ? 

L’amour tout court est déjà un sujet universel, dont on aime explorer toutes les facettes. Mais en bonnes accros aux émotions fortes, au suspense, aux rebondissements, aux cliffhangers insoutenables, on trouve les amours interdites très adaptées à notre style d’écriture moderne, dense, foisonnant de personnages secondaires et de péripéties. C’est ce qui nous anime, on essaie d’écrire nos histoires d’amour à la manière d’un polar ou d’une épopée.
 

Pouvez-vous nous parler de Tillie et Arlo, les héros de cette saga ? Quelles sont leurs forces et leurs failles ? 

Tillie Sinclair, 18 ans. Dans son petit bled d’Arizona, on la surnomme encore « Baby Tillie », peut-être parce qu’elle a grandi dans l’ombre de Colleen, sa sœur au caractère si fort... Mais à son arrivée sur le campus de San Diego, elle est bien décidée à prendre sa chance. À exister. Elle n’a plus le temps d’attendre, plus rien d’un bébé. Et si le garçon de ses rêves n’est autre qu’Arlo Sheridan, l’intouchable meilleur ami de sa sœur, tant pis : c’est à son tour de vivre, maintenant.

Arlo Sheridan, 21 ans. Numéro 9 de l’équipe universitaire de soccer. Réputation de collectionneur sur le campus. Mais dans le vert de ses yeux et les méandres de son cœur : une profondeur sans pareille. Il se fout pas mal de ce qu’on dit de lui : qu’il n’a pas eu d’enfance, qu’il se tape tout ce qui bouge, que même ses propres parents ne l’aiment pas et qu’il est incapable d’aimer qui que ce soit. Son amitié fusionnelle avec Colleen, c’est tout pour lui... Tillie ? c’est l’interdit.
 

Pour Love & Lies on Campus, mais aussi pour vos romans en général, comment faites-vous pour écrire à quatre mains ? Comment vous répartissez-vous l'écriture d'un roman ?

On passe un temps fou et très précieux sur la trame du roman, toutes les intrigues entremêlées, le choix des décors et l’élaboration de nos personnages. Il faut qu’on commence l’écriture avec une partition très précise sous les yeux pour pouvoir se lancer, s’amuser et se laisser emporter par l’histoire. Ensuite, on écrit un chapitre chacune et on repasse sur le texte de l’autre pour corriger, enrichir, harmoniser. Ça demande une parfaite synchronisation entre nous deux… mais après huit ans et bientôt trente romans, on est rôdées à l’exercice. Écrire à quatre mains, c’est vraiment la partie la plus agréable de ce métier qui peut être solitaire, parfois ingrat, ça nous inspire et nous motive au quotidien.

 


 
Est-ce qu’un jour vous avez eu un désaccord sur le déroulé de l’histoire ? Ou la fin des personnages ?

On a régulièrement des débats enflammés sur nos derniers chapitres, ce sont les rares qu’on ne prévoit pas précisément à l’avance, pour pouvoir se laisser une marge de liberté au moment de dire adieu à nos personnages. On a longtemps privilégié les « happy ends » qui correspondent aux codes de la romance, mais depuis quelque temps, on se laisse la possibilité de fins plus sombres, plus nuancées ou même carrément ouvertes pour que le lecteur se fasse sa propre idée de la suite. Parce que comme dans la vie, l’avenir n’est jamais parfaitement écrit et une histoire d’amour jamais vraiment finie.
 

Improvisez-vous au fil de l’histoire ou connaissez-vous la fin avant de l’écrire ?

Pas d’improvisation dans notre travail d’imagination et de création. Mais on se laisse de la souplesse dans l’écriture parce que c’est comme ça qu’on y prend du plaisir et qu’on arrive à se renouveler, roman après roman. Le jour où écrire deviendra automatique, presque robotique, il faudra changer de métier. Notre petit plaisir, c’est aussi surprendre l’autre avec un « twist » qui n’était pas prévu dans un chapitre mais qui s’intègre parfaitement dans l’intrigue. Ça oblige à s’adapter, à rebondir, et ça donne de l’élan à l’histoire.
 

Concernant les personnages des trois tomes, avez-vous un chouchou ?

En dehors de nos deux héros, c’est la première fois qu’on crée un troisième personnage principal et on a adoré pousser cet « outsider » au centre de notre roman : Colleen n’est pas la narratrice, pas au cœur de l’histoire d’amour, elle est même très absente de l’histoire à partir d’un moment, mais sa force de caractère, ses failles et ses secrets la rendent indispensable. On aime beaucoup ces personnages de l’ombre qui finissent par jouer les premiers rôles malgré eux. Et bien sûr, comment ne pas citer Martha, cette ex-mormone qui découvre le monde avec les yeux d’une enfant et l’appétit des affamés de la vie. Il nous faut toujours, dans chaque roman, quelqu’un d’assez déjanté pour nous laisser dire et faire tout ce qu’on n’ose pas dans la vraie vie.
 

Vous écrivez essentiellement de la romance. Envisagez-vous d'écrire dans un autre genre ?

On est régulièrement tentées par l’écriture d’une dystopie… On manque de temps pour ça, mais on se venge en changeant régulièrement de genre à l’intérieur de la romance : comédies, histoires policières, romance engagée, séries à suspense. On essaie surtout d’aborder dans chaque roman un sujet d’actualité qui nous a touchées ou qui nous tient à cœur, le harcèlement scolaire, le mouvement body positive, les addictions, le handicap, les familles recomposées, le veuvage, la perte d’un enfant, les maladies mentales, la misère sociale… Toutes ces blessures ou ces épreuves de la vie qui exigent de se relever et de se battre ou d’accepter son sort et d’en faire une force. Aujourd’hui, on appelle ça la résilience, quel joli mot et quelle belle idée !


Emma Green à propos de leurs lectures 
 

Quel est le livre qui vous a donné envie d’écrire ?

D’abord Jane Eyre de Charlotte Brontë et Nana d’Émile Zola, nos premières claques littéraires qui parlent, entre autres, d’amour. Mais aussi Bridget Jones d’Helen Fielding ou Avant toi de Jojo Moyes, des romans accessibles, drôles, incisifs et bien dans leur époque, qui nous ont fait nous dire qu’on pouvait peut-être tenter l’aventure aux côtés d’auteurs qu’on admire comme Christina Lauren, Colleen Hoover, Jennifer Armentrout et tant d’autres.
 

Quel est le livre que vous auriez rêvé d’écrire ?

La Servante écarlate de Margaret Atwood et Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee.
 

Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Pour toutes les deux vers 10 ans, Le Hobbit de Tolkien et La Cicatrice de Bruce Lowery. Un livre qui transporte ailleurs, un autre qui change le regard sur la vraie vie, deux choses qu’on essaie de faire passer dans nos romans d’aujourd’hui.
 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Tous les Jane Austen et les Harry Potter pour l’une, tous les Stephen King pour l’autre.
 

Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Aucun. Il manque sans doute beaucoup de classiques à nos bibliothèques, mais il nous semble que la littérature et la honte n’ont rien à faire ensemble.
 

Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Les Grand-mères de Doris Lessing, une histoire poignante d’amours interdites.
 

Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« Il n’y a rien d’impossible quand on s’aime. » George Sand
 
« Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir. Non, ne me dites pas qu'il est trop tard, que ces précieux sentiments ont disparu à jamais. Je vous offre de nouveau un cœur qui vous appartient encore plus totalement que lorsque vous l'avez brisé, il y a huit ans et demi. Ne prétendez pas que l'homme oublie plus vite que la femme, que son amour meurt plus tôt. Je n'ai jamais aimé que vous. Injuste, j'ai pu l'être, faible et rancunier, je l'ai été… mais inconstant, jamais. » Jane Austen (Persuasion)
 

Et en ce moment que lisez-vous ?

Les premiers chapitres de notre prochain roman, qu’on retouche encore et encore, indéfiniment, tandis que nos éditrices trépignent et s’impatientent !

Pendant les phases d’écriture, on ne lit rien à côté. On passe donc nos journées et nos soirées aux côtés de Willa Larsson, une guerrière toute en rondeurs, reliefs, courbes et aspérités, une femme d’aujourd’hui complexe et pleine de complexes, libre mais tournée vers les autres, féministe, exigeante et bien consciente de ses contradictions… Et son rival masculin qui a au moins autant de défauts et de répondant qu’elle et qui pourrait bien lui préparer un sale coup : lui faire croire en l’amour.

 



Découvrez Love & Lies on Campus, Part 3 d'Emma Green publié aux éditions Addictives

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