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EAN : 9782070426188
128 pages
Éditeur : Gallimard (23/10/2003)
3.89/5   85 notes
Résumé :
"Vous étiez petite fille même rongée de tristesse, les nattes doivent virevolter c'est dans l'ordre des choses". Chloé "la fille de l'aume", narratrice de ce deuxième roman de Chloé Delaume, fait le portrait de son enfance tabassée. Entre le père fouettard et la mère non moins violente dans les mots, la petite s'interroge, subit, culpabilise, angoisse… La charge du passé s'échappe comme un grand cri incontinent, explose dans un texte qui n'en finit pas de s'explorer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Enroute
  15 septembre 2015
Cela ressemble à de la poésie. Pas de virgules, des nom utilisés comme des adjectifs, des adjectifs comme des noms, des néologismes, des verbes formés sur des noms, des articles qui disparaissent. Des phrases qui se scandent, car composées de 6 syllabes pour la plupart. Cette indication permet parfois de les comprendre, qui resteraient absconses sinon. La recherche d'une parole disparue, d'un discours enfermé en soi par ces phrases étranges qui riment entre elles ou à l'intérieur d'elles-mêmes est originale et surprenante. Mais à mon sens une monotonie s'installe à ce rythme toujours repris que l'on se prête à suivre plus qu'à la lecture d'alexandrins - car, malgré tout, toutes les phrases ne sont pas identiquement rythmées. Dans les alexandrins on sait à quoi s'attendre, les règles poétiques et la typographie donnent à anticiper le rythme. Ici on découvre le rythme de la phrase, mais on ne peut la comprendre que si l'on replace la ponctuation au bon endroit et si l'on déniche les syllabes, les e muets qui sautent - car les hexamètres ne valent que s'ils sont dits, non selon la règle classique. de ce fait, la recherche d'hexamètres s'impose comme une méthode spontanée à chaque début de phrase. Elle ne marche pas si mal, mais pas toujours. le plus simple est encore de lire les phrases tout haut, c'est là que le sens paraît avec le moins de difficultés.
Il m'a été difficile de trouver une liberté dans ce texte, car ce systématisme du rythme force à rester très près des mots. Soit je lisais les phrases à la vitesse normale, et alors le rythme hexamètres s'imposait et m'empêchait de comprendre le sens global, haché malaisément par des hexamètres irréguliers ou, par surprise, des octosyllables, heptasyllabes, etc ; soit je ralentissais la lecture pour saisir chaque sens et alors c'est le sens global du paragraphe, les liens avec les autres phrases, la logique de l'articulation de l'idée qui m'échappait. de plus, le long monologue intérieur que représente le roman m'a semblé répétitif, revenant souvent en arrière, et centré uniquement sur le traumatisme, la difficulté d'expression, sans ouverture aux évènements, à une chronologie. de là aussi sans doute l'impression d'un poème par cet aspect figé, descriptif plus que romanesque.
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MarianneDesroziers
  05 mai 2010
Chloé Delaume raconte son histoire: son père a tué sa mère quand elle avait 9 ans avant de se suicider, elle a ensuite été élevée par une tante et un oncle raciste, bêtes et méchants qui sans la maltraiter avait peu de considération pour elle. On ne s'apitoie jamais chez Chloé Delaume : c'est sec, c'est rude, sans fioriture ni lysrisme déplacé quand il s'agit de dire le crime sordide, la bêtise crasse et la tentation du suicide. Si l'auto-fiction a produit un seul écrivain de qualité ces dernières années, c'est bien Chloé Delaume.
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Marylou26
  16 mars 2021
Je me suis demandé dès la première page si je voulais vraiment lire ce livre, qui a reçu le prix Décembre au moment de sa sortie en 2001, du fait de la contrainte du langage qu'il impose. Les policiers arrivent sur une scène de crime : une femme a été assassinée par son mari qu'elle voulait quitter; il a retourné l'arme contre lui, épargnant la fille de neuf ans du couple qui a assisté à la scène, une enfant non désirée, non désignée, et qui souffrait de maltraitance de la part de ses deux parents, mais particulièrement du père, une enfant dont on camouflait les ecchymoses... Elle raconte les événements dans une langue déconcertante, peu ponctuée, cathartique, mythologique, faite d'inversions, de mots inventés, de mots savants qu'il devient lourd de chercher, des incantations qui s'apparentent souvent à des alexandrins… Langage du trauma, de l'indicible, qu'il appartient au lecteur de déchiffrer ? On décèle un sens si on va à la recherche des mots, et cela finit par produire de bien jolies phrases. Je suis contente de m'être accrochée car j'ai somme toute été touchée, mais je reste avec l'impression d'être passée souvent à côté de quelque chose, surtout la fin, que j'ai trouvé pénible à lire et absconse.
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AMasini
  07 janvier 2016
Le Cri du sablier est une merveille et restera longtemps un objet rare et précieux du champ littéraire. Racontant la tragédie qui a marqué l'enfance de l'auteur, cette autobiographie est morcelée - parce que raconter une telle horreur d'un coup d'un seul est impossible. Tout est fragmenté : le récit, la chronologie, et même l'écriture, qui réserve ce livre aux grands habitués de la lecture, dans la veine de Duras et de Claude Simon. Réussissant le pari de créer un style tout à fait nouveau, Chloé Delaume nous livre un récit d'une grande force et d'une grande sensibilité, le récit de la reconstruction lorsqu'on semble être pourtant, comme les grains du sablier, éparpillés, enfermés, et condamnés à ne faire que répéter notre passé. Une très belle illustration du concept de résilience, courageuse et sans emphase inutile.
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Alhice
  06 juillet 2013
Passée la curiosité face au langage, les mots percutent. Hachés, hurlés, ils déroutent, désarment.
Une fois le style adopté, le récit bouleverse, puissant. La violence du cri transperce l'aspect anarchique du texte.
Mille sensations ont traversé ma lecture. Bouche bée devant la beauté de la création. Poésie ?
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
EnrouteEnroute   20 août 2015
Cela ressemble à de la poésie. Pas de virgules, des nom utilisés comme des adjectifs, des adjectifs comme des noms, des néologismes, des verbes formés sur des noms, des articles qui disparaissent. Des phrases qui se scandent, car composées de 6 syllabes pour la plupart. Cette indication permet parfois de les comprendre, qui resteraient absconses sinon. La recherche d'une parole disparue, d'un discours enfermé en soi par ces phrases étranges qui riment entre elles ou à l'intérieur d'elles-mêmes est originales et surprenante. Mais à mon sens une monotonie s'installe à ce rythme toujours repris que l'on se prête à suivre plus qu'à la lecture d'alexandrins - car, malgré tout, toutes les phrases ne sont pas identiquement rythmées. Dans les alexandrins on sait à quoi s'attendre, les règles poétiques et la typographie donnent à anticiper le rythme. Ici on découvre le rythme de la phrase, mais on ne peut la comprendre que si l'on replace la ponctuation au bon endroit et si l'on déniche les syllabes, les e muets qui sautent - car les hexamètres ne valent que s'ils sont dits, non selon la règle classique. De ce fait, la recherche d'hexamètres s'impose comme une méthode spontanée à chaque début de phrase. Elle ne marche pas si mal, mais pas toujours. Le plus simple est encore de lire les phrases tout haut, c'est là que le sens paraît avec le moins de difficultés.
Il m'a été difficile de trouver une liberté dans ce texte, car ce systématisme du rythme m'a forcé à rester très près des mots. Soit je lisais les phrases à la vitesse normale, et alors le rythme hexamètres s'imposait et m'empêchait de comprendre le sens global, haché malaisément par des hexamètres irréguliers ou, par surprise, des octosyllables, heptasylabes, etc ; soit je ralentissais la lecture pour saisir chaque sens et alors c'est le sens global du paragraphe, les liens avec les autres phrases, la logique de l'articulation de l'idée qui m'échappait. De plus, le long monologue intérieur que représente le roman m'a semblé répétitif, revenant souvent en arrière, et centré uniquement sur le traumatisme, la difficulté d'expression, sans ouverture aux évènements, à une chronologie. De là aussi sans doute l'impression d'un poème par cet aspect figé, descriptif plus que romanesque.
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MollyMolly   03 décembre 2010
Maman se meurt première personne.
Elle disait malaxer malaxer la farine avec trois œufs dedans et un yaourt nature. Papa l’a tuée deuxième personne.
Infinitif et radical.
Chloé se tait troisième personne.
Elle ne parlera plus qu’au futur antérieur.
Car quand s’exécuta enfin le parricide il fut trop imparfait pour ne pas la marquer.
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   13 juillet 2010
Comme ça s'appellait l'amour ils firent le nécessaire. Ils n'eurent jamais d'enfants pour contrarier tout le monde et vécurent dans une île retranchée dont le nom fut perdu. Car la confiance luisant le reste importait peu.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   26 avril 2018
"La fragrance du sapin tournoyait si sûre d'elle ignorant tout des vrilles qu'elle sinuait nasaléenne. J'effilais un ruban au crochet des silènes. Bouchetant dans ma moelle l'oxyde de la couronne les épineuses nervures qu'il faut solliciter pour cambrer la survie cabrioler la garde H2O la noyade la goulée du j'existe. Substantifique serait trouvons le substantif combien même adjectif ou onomatopée salvateurs à quoi bon cette langue m'est étrangère cette langue pâteuse blanchie dans une bouche tétanique. Les mots comme on les lit. Sans résonance interne. Les mots comme on écrit. Non ça ne se crie pas. Comment leur expliquer quand revient bien plus tard le don de l'expulser. De l'expulser, le Verbe. Mon cerveau comme un livre. Les synapses corollaires au cahier paraphaient. Et toujours au chapitre s'étiolait l'incipit exergue violine la lune est claire le ramage empesé : nous avons eu un magnifique mois de juin."
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EferyEfery   25 août 2011
J'avais trop peu d'amis pour me crever chez eux. Et je suis bien élevée. On ne meurt pas chez les gens ce n'est pas très poli.
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Vidéo de Chloé Delaume
Qu'est-ce que l'engagement ? Comment se manifeste-t-il chez les artistes, les auteurs, les intellectuels ? Est-il un moyen, une fin, à l'origine de certaines oeuvres ? Ces questions universelles amènent des réponses toutes personnelles. La rencontre digitale Fnac « artistes engagés » fait se croiser les points de vue autour de cette thématique : l'autrice Chloé Delaume et le rappeur-poète Oxmo Puccino. Un rendez-vous pour faire connaître leurs définitions de ce que sont l'art et la volonté de changer les choses !
Découvrez toutes les vidéos sur la plateforme dédiée de la Claque Fnac : https://www.laclaquefnac.com#bl=YTFnac
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