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ISBN : 2070426181
Éditeur : Gallimard (23/10/2003)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 74 notes)
Résumé :
"Vous étiez petite fille même rongée de tristesse, les nattes doivent virevolter c'est dans l'ordre des choses". Chloé "la fille de l'aume", narratrice de ce deuxième roman de Chloé Delaume, fait le portrait de son enfance tabassée. Entre le père fouettard et la mère non moins violente dans les mots, la petite s'interroge, subit, culpabilise, angoisse… La charge du passé s'échappe comme un grand cri incont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Enroute
  15 septembre 2015
Cela ressemble à de la poésie. Pas de virgules, des nom utilisés comme des adjectifs, des adjectifs comme des noms, des néologismes, des verbes formés sur des noms, des articles qui disparaissent. Des phrases qui se scandent, car composées de 6 syllabes pour la plupart. Cette indication permet parfois de les comprendre, qui resteraient absconses sinon. La recherche d'une parole disparue, d'un discours enfermé en soi par ces phrases étranges qui riment entre elles ou à l'intérieur d'elles-mêmes est originales et surprenante. Mais à mon sens une monotonie s'installe à ce rythme toujours repris que l'on se prête à suivre plus qu'à la lecture d'alexandrins - car, malgré tout, toutes les phrases ne sont pas identiquement rythmées. Dans les alexandrins on sait à quoi s'attendre, les règles poétiques et la typographie donnent à anticiper le rythme. Ici on découvre le rythme de la phrase, mais on ne peut la comprendre que si l'on replace la ponctuation au bon endroit et si l'on déniche les syllabes, les e muets qui sautent - car les hexamètres ne valent que s'ils sont dits, non selon la règle classique. de ce fait, la recherche d'hexamètres s'impose comme une méthode spontanée à chaque début de phrase. Elle ne marche pas si mal, mais pas toujours. le plus simple est encore de lire les phrases tout haut, c'est là que le sens paraît avec le moins de difficultés.
Il m'a été difficile de trouver une liberté dans ce texte, car ce systématisme du rythme m'a forcé à rester très près des mots. Soit je lisais les phrases à la vitesse normale, et alors le rythme hexamètres s'imposait et m'empêchait de comprendre le sens global, haché malaisément par des hexamètres irréguliers ou, par surprise, des octosyllables, heptasylabes, etc ; soit je ralentissais la lecture pour saisir chaque sens et alors c'est le sens global du paragraphe, les liens avec les autres phrases, la logique de l'articulation de l'idée qui m'échappait. de plus, le long monologue intérieur que représente le roman m'a semblé répétitif, revenant souvent en arrière, et centré uniquement sur le traumatisme, la difficulté d'expression, sans ouverture aux évènements, à une chronologie. de là aussi sans doute l'impression d'un poème par cet aspect figé, descriptif plus que romanesque.
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MarianneDesroziers
  05 mai 2010
Chloé Delaume raconte son histoire: son père a tué sa mère quand elle avait 9 ans avant de se suicider, elle a ensuite été élevée par une tante et un oncle raciste, bêtes et méchants qui sans la maltraiter avait peu de considération pour elle. On ne s'apitoie jamais chez Chloé Delaume : c'est sec, c'est rude, sans fioriture ni lysrisme déplacé quand il s'agit de dire le crime sordide, la bêtise crasse et la tentation du suicide. Si l'auto-fiction a produit un seul écrivain de qualité ces dernières années, c'est bien Chloé Delaume.
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AMasini
  07 janvier 2016
Le Cri du sablier est une merveille et restera longtemps un objet rare et précieux du champ littéraire. Racontant la tragédie qui a marqué l'enfance de l'auteur, cette autobiographie est morcelée - parce que raconter une telle horreur d'un coup d'un seul est impossible. Tout est fragmenté : le récit, la chronologie, et même l'écriture, qui réserve ce livre aux grands habitués de la lecture, dans la veine de Duras et de Claude Simon. Réussissant le pari de créer un style tout à fait nouveau, Chloé Delaume nous livre un récit d'une grande force et d'une grande sensibilité, le récit de la reconstruction lorsqu'on semble être pourtant, comme les grains du sablier, éparpillés, enfermés, et condamnés à ne faire que répéter notre passé. Une très belle illustration du concept de résilience, courageuse et sans emphase inutile.
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Alhice
  06 juillet 2013
Passée la curiosité face au langage, les mots percutent. Hachés, hurlés, ils déroutent, désarment.
Une fois le style adopté, le récit bouleverse, puissant. La violence du cri transperce l'aspect anarchique du texte.
Mille sensations ont traversé ma lecture. Bouche bée devant la beauté de la création. Poésie ?
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  21 janvier 2019
A l'origine il y a le drame, l'assassinat de la mère par le père, qui se suicide aussitôt. L'événement laisse Chloé Delaume, alors enfant, aphone, aphasique. Plusieurs décennies plus tard, l'écriture devient le moyen de laver la souillure, de tuer enfin figurativement l'image du père.
Longue profération, le Cri du sablier bouscule les mots, les transforme en matière mouvante, magmatique, à même de faire sentir les répercussions sans fin de l'onde de choc provoquée par le crime paternel. D'une profonde singularité, l'oeuvre de Chloé Delaume transforme le matériau personnel en geste mythologique, ce qui en fait un des projets autobiographiques les plus fascinants de notre époque.
Lien : https://balises.bpi.fr/litte..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
EnrouteEnroute   20 août 2015
Cela ressemble à de la poésie. Pas de virgules, des nom utilisés comme des adjectifs, des adjectifs comme des noms, des néologismes, des verbes formés sur des noms, des articles qui disparaissent. Des phrases qui se scandent, car composées de 6 syllabes pour la plupart. Cette indication permet parfois de les comprendre, qui resteraient absconses sinon. La recherche d'une parole disparue, d'un discours enfermé en soi par ces phrases étranges qui riment entre elles ou à l'intérieur d'elles-mêmes est originales et surprenante. Mais à mon sens une monotonie s'installe à ce rythme toujours repris que l'on se prête à suivre plus qu'à la lecture d'alexandrins - car, malgré tout, toutes les phrases ne sont pas identiquement rythmées. Dans les alexandrins on sait à quoi s'attendre, les règles poétiques et la typographie donnent à anticiper le rythme. Ici on découvre le rythme de la phrase, mais on ne peut la comprendre que si l'on replace la ponctuation au bon endroit et si l'on déniche les syllabes, les e muets qui sautent - car les hexamètres ne valent que s'ils sont dits, non selon la règle classique. De ce fait, la recherche d'hexamètres s'impose comme une méthode spontanée à chaque début de phrase. Elle ne marche pas si mal, mais pas toujours. Le plus simple est encore de lire les phrases tout haut, c'est là que le sens paraît avec le moins de difficultés.
Il m'a été difficile de trouver une liberté dans ce texte, car ce systématisme du rythme m'a forcé à rester très près des mots. Soit je lisais les phrases à la vitesse normale, et alors le rythme hexamètres s'imposait et m'empêchait de comprendre le sens global, haché malaisément par des hexamètres irréguliers ou, par surprise, des octosyllables, heptasylabes, etc ; soit je ralentissais la lecture pour saisir chaque sens et alors c'est le sens global du paragraphe, les liens avec les autres phrases, la logique de l'articulation de l'idée qui m'échappait. De plus, le long monologue intérieur que représente le roman m'a semblé répétitif, revenant souvent en arrière, et centré uniquement sur le traumatisme, la difficulté d'expression, sans ouverture aux évènements, à une chronologie. De là aussi sans doute l'impression d'un poème par cet aspect figé, descriptif plus que romanesque.
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MollyMolly   03 décembre 2010
Maman se meurt première personne.
Elle disait malaxer malaxer la farine avec trois œufs dedans et un yaourt nature. Papa l’a tuée deuxième personne.
Infinitif et radical.
Chloé se tait troisième personne.
Elle ne parlera plus qu’au futur antérieur.
Car quand s’exécuta enfin le parricide il fut trop imparfait pour ne pas la marquer.
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MarianneDesroziersMarianneDesroziers   13 juillet 2010
Comme ça s'appellait l'amour ils firent le nécessaire. Ils n'eurent jamais d'enfants pour contrarier tout le monde et vécurent dans une île retranchée dont le nom fut perdu. Car la confiance luisant le reste importait peu.
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EferyEfery   25 août 2011
J'avais trop peu d'amis pour me crever chez eux. Et je suis bien élevée. On ne meurt pas chez les gens ce n'est pas très poli.
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CandilaCandila   26 avril 2018
"La fragrance du sapin tournoyait si sûre d'elle ignorant tout des vrilles qu'elle sinuait nasaléenne. J'effilais un ruban au crochet des silènes. Bouchetant dans ma moelle l'oxyde de la couronne les épineuses nervures qu'il faut solliciter pour cambrer la survie cabrioler la garde H2O la noyade la goulée du j'existe. Substantifique serait trouvons le substantif combien même adjectif ou onomatopée salvateurs à quoi bon cette langue m'est étrangère cette langue pâteuse blanchie dans une bouche tétanique. Les mots comme on les lit. Sans résonance interne. Les mots comme on écrit. Non ça ne se crie pas. Comment leur expliquer quand revient bien plus tard le don de l'expulser. De l'expulser, le Verbe. Mon cerveau comme un livre. Les synapses corollaires au cahier paraphaient. Et toujours au chapitre s'étiolait l'incipit exergue violine la lune est claire le ramage empesé : nous avons eu un magnifique mois de juin."
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Vidéo de Chloé Delaume
Retrouvez des extraits de nos coups de c?ur de l'année dans l'émission de ce soir : Joseph Ponthus « À la ligne », (Éditions La Table Ronde), Franck Bouysse « Né d?aucune femme », (La manufacture de livres), Jesmyn Ward « le Chant des revenants », (Belfond), Lydie Salvayre « Marcher jusqu?au soir », (Editions Stock) et Chloé Delaume « Mes bien chères s?urs », (Editions du Seuil).
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