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3.76/5 (sur 565 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 19/09/1957
Biographie :

François Sureau est un haut fonctionnaire, avocat et écrivain français, membre de l'Académie française.

Il est le fils de Claude Sureau (1927-2020), ancien président de l'Académie nationale de médecine et le frère ainé de Véronique Sales (1961).

Après des études au lycée Saint-Louis-de-Gonzague et à l'Institut d'études politiques de Paris, il est reçu à l'École nationale d'administration (ENA). Après l'ENA (promotion Droits-de-l'homme), il devient auditeur au Conseil d'État. Il quitte la haute fonction publique pour exercer d'autres activités.

Il rejoint, au début de l'année 1990, l'UAP, à la direction des participations. Il est ensuite avocat au barreau de Paris en 1995 et écrivain.

En 2008, il est président fondateur, avec son épouse Ayyam Sureau (d'origine égyptienne, née en 1965 à New York) de l'association Pierre Claver, aidant les personnes déplacées par force de leur pays d'origine et trouvant refuge en France.

En juin 2014, il devient avocat près le Conseil d'État et la Cour de cassation. Le 5 février 2021, il se retire de la qualité d'avocat aux conseils du fait de son élection à l'Académie française en 2020.

Membre du comité de rédaction de la revue "Commentaire", il tient de 2016 à 2019 une chronique hebdomadaire dans "La Croix".

François Sureau a écrit plusieurs ouvrages. Il a notamment obtenu le Grand Prix du roman de l'Académie française avec "L'Infortune" (Gallimard), en 1991, le prix Goncourt de la nouvelle 1997 pour "Le Sphinx de Darwin" et le Prix Méditerranée 2003 pour "Les Alexandrins".

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À l'occasion de la sortie de son livre Entre guerres paru chez Gallimard, François Lecointre nous a fait l'honneur de venir à Pau rencontrer ses lecteurs. General, ancien chef d'etat-major des armees, Francois Lecointre est grand chancelier de la Legion d'honneur. "Une parole rare. Les soldats qui ecrivent peinent a restituer la complexite des combats. Les ecrivains qui n'ont pas connu la guerre peinent a rendre compte de cette experience. le general Lecointre decrit, en ecrivain, ce que Francois Sureau nomme "le sentiment de la guerre" ; avant, pendant, apres." Rencontre du jeudi 16 mai au fonds de dotation du Parvis à Pau

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Citations et extraits (183) Voir plus Ajouter une citation
François Sureau
Les Français n’ont pas nécessairement besoin d’être d’abord protégés ou rassurés, ils ont besoin d’une autorité politique qui leur disent la vérité
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C'est de mon enfance tout à la fois éclairée et assombrie par les sortilèges de la forêt que je tiens le remède par lequel j'ai guéri de cette enfance même.
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François Sureau
Une nature sensible ne contemple pas l’histoire de son pays sans douleur. C’est vrai d’abord de l’histoire de France, dont la violence dément notre réputation de mesure. La France est un pays où rien n’est jamais acquis, ni la paix, ni la vérité, ni même la liberté.

Nous connaissons en moyenne une révolution, franche ou larvée, tous les soixante ans depuis plusieurs siècles. Les juges américains et anglais se servent de textes qui datent du XVIIe ou du XVIIIe siècle pour définir les droits du citoyen. Chez nous, chaque nouveau gouvernement ou presque, non content de réformer le Code pénal tous les dix-huit mois, prétend améliorer la Déclaration des droits. Et par bien des côtés, la France ressemble à une immense cour de justice criminelle où l’alternance au pouvoir permet simplement aux protagonistes d’échanger leurs rôles, procureur, juge, jurés, défenseurs et publics.

Max Gallo a fixé son regard sur cette histoire tourmentée, et sans jamais faiblir. Ce pays qui était devenu le sien par l’effet d’un hasard auquel il n’avait eu aucune part, il en a assumé le passé tout entier, à la manière de Marc Bloch, y mettant la rigueur d’un amour exceptionnel.

Discours de François Sureau, élu à l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de Max Gallo, le jeudi 3 mars 2022 : page 7-8
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Augustin Pieyre n'aimait pas les voyages. Il était heureux en France, heureux comme Dieu ou comme un Allemand. Il aurait volontiers fait sienne l’idée que l'étranger est une province un peu plus mal tenue, habitée par des professeurs de langues. L’Angleterre ? Un pub où des juges à perruque fouettaient sans plaisir de plates écolières ; la Russie ? Une steppe mystique éclairée de loin en loin par les feux des samovars; et l’Allemagne, hélas l’Allemagne, une manière de laboratoire scientifique au milieu des forêts où les savants pouvaient oublier la raison. Plus loin, c'était la jungle et l’anthropophagie, exception faite quand même de l’Italie, à cause du verre d’eau que l'on sert avec le café et du célèbre regard des Vénitiennes.
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"Il y a quelques semaines, deux cents personnes à peu près manifestaient, immobiles, place de la République à Paris, pour dire leur réprobation de l’action de la police dans la répression d’une soirée à Nantes, à l’issue de laquelle un jeune homme s’était noyé dans la Loire. Les forces de l’ordre représentaient trois fois leur nombre. Elles étaient surtout armées en guerre, le fusil d’assaut barrant la poitrine. Ce fusil était le HK G36 allemand, qui équipe la Bundeswehr depuis 1997 et qui, largement exporté, a servi aux forces déployées au Kosovo, en Afghanistan et en Irak. Il tire des munitions de 5,56 millimètres selon trois modes de tir, rafale, rafale de deux coups ou coup par coup, avec une portée pratique de cinq cents mètres, une cadence de sept cent cinquante coups par minute, une vitesse initiale de neuf cent vingt mètres par seconde. Il s’agissait à l’évidence moins d’encadrer que d’intimider, d’exercer une pression de type militaire"
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François Sureau
Dans son Tableau de Paris, Louis-Sébastien Mercier prévoit, en 1788, que vers 2440 les moines vont disparaître, mais que les membres de l’Académie deviendront des chartreux et vivront dans la solitude et la contemplation. Il nous reste quatre cent vingt ans pour apprendre à nous taire, ce qui est peu.

Je vous remercie donc pour les six mois d’entraînement que vous m’avez offerts, autant que pour ce beau costume qui me ramène à mes amours de toute une vie, puisqu’il est presque, broderie pour broderie, celui de Morcerf, dans le Comte de Monte-Cristo.
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François Sureau
Discours sur la Vertu prononcé par M. François SUREAU le jeudi 1er décembre 2022

(...) Entré à la Tour le 17 avril 1534, par une porte qu’on appelle « la porte des traîtres », Thomas More s’y trouve absolument seul. Érasme se tait, son ami Tunstall a signé le serment ainsi que William Roper, son gendre, qui poursuit sa carrière au Parlement. Il n’est pas sûr que sa fille tant aimée le comprenne (...).

À l’automne, il affronte, de manière pénible, lady Alice sa femme qui lui reproche son obstination : « Je me demande au nom de Dieu ce que vous pouvez avoir en tête pour languir ici ». À quoi More répond, de cet air joyeux qui était dans sa manière : « Dis-moi une chose, Alice, cette maison-ci n’est-elle pas aussi proche du ciel que la mienne ? »

Mais on sait par ses lettres qu’il avait peur du supplice et de la mort. (Le crime de haute trahison était puni par la pendaison, mais pas jusqu’à la mort, l’éviscération encore vivant, et le découpage en morceaux – hanged, drawn and quartered – ce à quoi seule la grâce royale pouvait faire obstacle.) C’est alors qu’il écrit le célèbre « Dialogue du réconfort », où il fait apparaître dans sa cellule, comme pour remplacer ses amis absents, un maître et son disciple engagés dans un dialogue platonicien.

Il restera seul jusqu’au bout. Son humour ne l’abandonnera pas, et l’on sait qu’en montant à l’échafaud il demandera l’aide du lieutenant de la Tour en ces termes : « Merci de m’aider à monter. Pour la descente, je me débrouillerai tout seul. »
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François Sureau
Discours sur la Vertu prononcé par M. François SUREAU le jeudi 1er décembre 2022

(...) Le courage est un saut dans l’inconnu, fait à la lumière incertaine d’une lanterne sourde. Il n’y a plus de prophètes, plus de dogmes, plus de panneaux indicateurs, seulement l’exemple de ceux qui nous ont précédés sur un chemin qui n’en finit pas, dans une pérégrination où s’exprime le meilleur de nous-mêmes.

Ceux qui s’y engagent de nos jours, comme nos amis en leur temps, nous ne les connaissons pas. Ils restent pour l’instant invisibles. Certains sont assis aujourd’hui parmi nous. Un jour viendra où l’un de mes successeurs se lèvera pour prononcer leur éloge.
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Lorsque Damien Courtial revint en permission, il fut surpris de découvrir son nom sur la grande plaque de marbre de l'église. On y ajoutait, au fur et à mesure, les noms des tués. Il y avait plusieurs noms déjà. Le curé lui expliqua que ces mésaventures étaient fréquentes. Somme toute, il n’était pas mort, et c’était l’essentiel. On effacerait son nom. « Attendez un peu », fît Damien qui avait un humour de sauvage. « Attendez un peu, effacez seulement la date. On verra plus tard. » II était devenu un héros. Le curé lui trouva une âme d’anarchiste.
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François Sureau
Discours sur la Vertu prononcé par M. François SUREAU le jeudi 1er décembre 2022

(...) Il en va tout autrement d’André Gide à deux moments essentiels de sa vie publique, après le voyage au Congo, et surtout après le voyage en U.R.S.S.

Communiste à l’époque, il part pour Moscou en 1936, mais en écrivain, c’est-à-dire, pour lui, en psychologue. Il soutient le Front populaire, dont son ami Léon Blum dirige le gouvernement. Mais seule la vie de l’esprit l’intéresse, et s’il part chez les Soviets, c’est animé par l’espoir d’y découvrir la fabrique de l’homme nouveau. Pour mesurer son courage ultérieur, il faut se souvenir de la grandeur de l’accueil qui lui est fait. Le bourgeois précautionneux décrit par Cravan, l’esthète, le châtelain de Cuverville, l’écrivain des amours interdites est fêté comme un dieu prolétarien des lettres. Pour finir, c’est sur la place Rouge qu’il prononce l’oraison funèbre de Maxime Gorki, entouré par Staline, Molotov et Mikoyan.

Mais lui qui sait voir a vu, et ne cachera pas ce qu’il a vu : « dictature, évidemment ; mais celle d’un homme, non plus celle des prolétaires, des soviets. Il importe de ne point se leurrer, et force est de reconnaître tout net : ce n’est point là ce qu’on voulait. Un pas de plus et nous dirons même : c’est exactement ceci que l’on ne voulait pas ».

Après quoi ni rien ni personne ne le feront dévier. Ni ses amis communistes, Nizan, Rolland, Groethuysen, qui lui demandent de surseoir à la parution de son livre. Ni le gouvernement des soviets, qui, pour le dissuader de le publier, fait passer dans la Pravda un article où il est question d’un jeune garçon envoyé en Sibérie pour avoir entretenu avec Gide, pendant son séjour, un commerce illicite. Cette haine-là durera jusqu’à la fin, L’Humanité stigmatisant le jour de sa mort, je cite, le fasciste pédéraste, le plus parfait apôtre de la décomposition de l’homme, le cadavre qui vient de mourir.

C’est en lui-même, dans la fidélité à soi-même, que Gide avait trouvé le courage de dire après avoir vu, donnant un exemple – c’est un euphémisme – rare non seulement à l’époque, mais dans le demi-siècle qui a suivi.
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