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EAN : 9782070358632
160 pages
Éditeur : Gallimard (23/10/2008)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Alors que la Première guerre mondiale vit sans le savoir ses derniers mois, de grandes batailles sanglantes à l’issue incertaine se rallument sur la ligne de front franco-allemande. C’est le moment que choisit le roi de Belgique pour présenter à la France une bien singulière requête : lui prêter la guillotine et le bourreau de Paris, Deibler, pour assurer de manière spectaculaire l’exécution capitale d’un soldat prétendument coupable du viol et de l’assassinat de d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  06 mars 2014
Comme la présentation de l'éditeur résume parfaitement cette histoire..pour le moins singulière, je la retranscris:
"Alors que la Première guerre mondiale vit sans le savoir ses derniers mois, de grandes batailles sanglantes à l'issue incertaine se rallument sur la ligne de front franco-allemande.
C'est le moment que choisit le roi de Belgique pour présenter à la France une bien singulière requête : lui prêter la guillotine et le bourreau de Paris, Deibler, pour assurer de manière spectaculaire l'exécution capitale d'un soldat prétendument coupable du viol et de l'assassinat de deux femmes belges.
Or l'exécution doit se dérouler à Furnes, localité situé de l'autre côté du front… Après de longues négociations, un convoi improbable va tenter de passer à travers les balles et les obus. Il y parviendra, non sans dommages, et la sinistre guillotine finira bel et bien par se dresser, au petit matin, sur la grand-place de Furnes. Mais rien ne se passera comme prévu…
Construit comme un recueil de correspondances échangées et de notes de services pondues par des fonctionnaires zélés, L'obéissance est l'étrange récit, concis, rythmé et d'un irrésistible humour noir, d'un des épisodes les plus extravagants de la Grande Guerre."
Oui, c'est l'absurde jusqu'au bout. Où l'on voit que pour tuer " légalement" un individu , les politicards vont jusqu'au bout, et il n'y aura pas qu'un mort. Mais il faut ce qu'il faut, et quelles que soient les circonstances, il faut appliquer la justice telle qu'elle est écrite, on ne discute pas. Vont partir donc la guillotine avec bourreau et aides, et une escorte militaire. Plongée dans la bêtise ordinaire avec échanges savoureux de lettres entre hauts fonctionnaires et hauts gradés, c'est vrai qu'on en rirait si ce n'était pas si triste. Et puis, chaque personnage à son tour, avec chacun son style, raconte.
Rassurez-vous, la justice est passée. Heureusement. le condamné, qui avait combattu bravement pendant des années, ce qui l'avait un peu perturbé, n'avait plus aucune raison de vivre. Sinon, il se serait suicidé, quel désastre!!!
Petit extrait:
."..Je suis content qu'il ait survécu. Les meilleurs soldats meurent au début des guerres. Défilent à la fin les enfants, des embusqués, et de très rares braves que le dieu des batailles a épargnés pour qu'ils puissent admirer leurs généraux ventrus. Les généraux sont immortels.
Je suivrais ce légionnaire au feu, si j'avais encore à y suivre quelqu'un.
C'est une grande pitié d'avoir à obéir à des bureaucrates, généraux ou politiciens. Quand ont-ils découvert que l'Europe avait des frontières? Quand ils ont été nommés ministres. Les bureaux et l'intrigue auront fait autant de morts que les Boches. Oublions cela.."

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Rodin_Marcel
  27 mai 2015
Sureau François - "L'Obéissance" - Gallimard, 2007 (ISBN 978-2070781928)

L'auteur utilise un évènement réel, survenu pendant la Première Guerre Mondiale : suite à un crime particulièrement atroce commis au début 1918 sur la dame Rachel Rijckewaert, une cour de justice belge avait condamné à mort le coupable, un certain Emile Ferfaille. Mais depuis 1863, le roi des Belges avait l'habitude de gracier les condamnés à la décapitation et de commuer leur peine en détention à perpétuité, si bien que le bourreau belge n'avait plus aucune expérience en la matière. L'Etat belge se tourna donc vers l'Etat Français, et demanda l'envoi à Furnes du bourreau en fonction à Paris, Anatole Deibler, accompagné de ses assistants et – bien sûr – d'une guillotine en état de marche. Aussi incroyable que ceci puisse paraître, l'Etat Français accéda à cette demande, et détacha le bourreau, ses assistants, son matériel, le tout escorté d'une escouade militaire pour se rendre à Furnes, malgré les combats qui faisaient rage au même moment.
En effet, nous sommes en mars 1918, au moment où les empires germaniques lancent une dernière gigantesque offensive pour crever le front à hauteur d'Amiens, la charnière entre les troupes britanniques et françaises dépourvues de commandement unique. Les anglais plient sous l'assaut, les soldats français vont tenir et littéralement se faire tuer sur place (parmi eux, l'un des frères de mon arrière-grand-père, mort à la bataille de Moreuil).
Dans la réalité, Furnes se trouvait dans la toute petite zone de Belgique flamande qui échappait à l'occupation par l'armée impériale prussienne, et le condamné fut bel et bien décapité en place publique le 26 mars 1918 (voir "De laatste onthoofding" de Siegfried Debaeke), alors que la ville était soumise à un intense bombardement de la part des troupes de Ludendorf.

L'auteur s'empare de cet épisode, et en fait une narration éclatée entre les divers protagonistes, depuis le bourreau et son humble escorte de soldats jusqu'au Garde des Sceaux qui souhaite plaire à son homologue Belge, pensant ainsi bénéficier d'une promotion.
L'auteur se limite à quelques modifications, ainsi de la nature du crime commis, du statut du condamné qui devient sous sa plume un militaire doté de bons états de service, et place la ville de Furnes en zone occupée pour bien montrer combien les Etats peuvent s'entendre dans l'absurdité, même lorsqu'ils se livrent une guerre acharnée.
La narration est très bien maîtrisée, le style est concis et sans emphase.
Il s'agit là d'un roman écrit par un auteur né en 1957, qui parvient à rendre compte sans pathos de toute l'horreur de la Grande Tuerie, de ses charniers, de son absurdité : voir par exemple en pages 75 et 76, l'explication du long trajet de Paris à Furnes, mis en parallèle avec la longue attente du condamné à mort.
Par ailleurs, la double narration, située d'une part au niveau des protagonistes effectuant réellement ce déplacement, d'autre part au niveau des planqués de l'arrière, jugeant de la situation depuis leurs bureaux parisiens, rend de façon saisissante l'une des facettes cruciales de cette ignoble guerre, à savoir la distance énorme entre ceux qui souffrent et meurent sur le terrain et ceux qui ont décidé de cette atrocité depuis leurs beaux salons.

Un livre à lire, et à recommander.
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PommeBleu
  04 janvier 2016
Printemps 1918. Depuis plus de 50 ans la Belgique n'exécute plus ses criminels, mais le roi des Belges a décidé de faire un exemple. Il demande donc à la France de lui prêter son bourreau et sa guillotine.
Le roman est inspiré d'un fait réel.
Chaque personnage : magistrat, lieutenant, chef de cabinet du Ministre, soldats, bourreau, est l'auteur de correspondances, courriers, notes administratives ou extraits de journal intime.
Alors que la guerre fait des milliers de morts par jour, le bourreau « Deibler » est chargé, sous escorte, de trimbaler sa guillotine (sur 400 km) sous les bombes et au milieu des champs de bataille pour aller « raccourcir » un soldat belge accusé de meurtre.
Cette cascade d'obéissance civile et militaire est absurde, mais l'auteur François Sureau se garde bien de critiquer, il s'applique à brosser ironiquement de beaux portraits.
Un livre pour s'interroger sur l'obéissance et le non-sens.
De 1885 à 1939, le "bourreau de la République" Anatole Deibler, a coupé près de 400 têtes, dont celles de Ravachol, Caserio, Raymond la Science (de la bande à Bonnot), Landru, etc …
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  05 avril 2014
Beaucoup de livres sont sortis cette année (ou l'année dernière) sur la grande guerre. Commémoration oblige. Celui-ci est paru en 2006. Il est relativement passé inaperçu du grand public, bien qu'il ai reçu un prix littéraire (prix du roman historique des rendez-vous de l'histoire de Blois). C'est dommage.
L'histoire est surprenante. Elle raconte comment un convoi escortant le bourreau de Paris s'est rendu en Belgique, en zone allemande, pour y procéder à l'exécution d'un condamné à mort.
Etrange (ou absurde ?) histoire, en pleine tuerie de cette fin de guerre.
C'est bien entendu l'occasion de connaître un peu mieux les acteurs de la première guerre mondiale.
Le style est celui de la succession de notes de journal de marche, de témoignages (récit d'un tel), de courriers adressés à la hiérarchie. En fonction du support, les sentiments sont dévoilés ou cachés.
Les acteurs sont gouleyants. le légionnaire sent bon "le sable chaud". L'officier défiguré est attachant. Les "troupiers" sont natures. Et les civils, habillés en militaires ou non restent civils.
Une belle histoire, d'actualité, qui nous livre une nouvelle absurdité de cette période difficile.
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emmyne
  29 novembre 2013
Depuis ma lecture du texte "Le Chemin des morts" de François Sureau, j'étais plus que curieuse de découvrir un autre récit de l'auteur. Je n'ai pas été déçue de mon choix avec ce roman inspiré de faits réels (L'obéissance a d'ailleurs reçu le Prix du roman historique des Rendez-vous de l'Histoire de Blois )
Un grand roman à tous points de vues, un roman choral, alternant récits des protagonistes, lettres, notes et courriers interministériels dont le sujet et l'époque sont traités avec brio. La plume, leste, précise, concise, témoigne d'une maîtrise qui m'a soufflée, la finesse et profondeur du propos, l'humanité et la lucidité qui se dégagent des portraits sur le ton sans concession, la violence des scènes de combats – pages au talent narratif impressionnant – et de l'ironie, le sens évident du récit et de la formule qui se plante là comme son décor. Si dense et si fluide à la lecture. Une véritable pièce de bravoure menée tambour battant, captivante, percutante.
Sous l'horreur de cette guerre, sous l'absurde de la mobilisation et des enjeux de cette mission de » convoquer un bourreau au milieu d'un champs de bataille « , ce récit est incroyablement vivant pour raconter la mort, la relation à la mort, le non-sens accepté de la mort, de ces morts; tant de morts pour quelle valeur de la vie ? Pour quelles lois de respect de la vie et de la société des hommes ? « Désordre à l'avant mais de l'ordre à l'arrière » ?
« Deux cent mille Anglais poussés aux reins par les Boches, les nôtres qui montent. Et nous, moins qu'une escouade à travers ce bordel, avec des civils encore ! Pour un seul branque ! Sait-on ce qu'il a fait ?«
Ce roman est à la fois une réflexion sur la guerre ( et sur la responsabilité confrontée à un rôle engagé comme dans le chemin des morts ) et un tableau de la guerre extrêmement réalistes et perspicaces, sur ceux qui s'y précipitent, sur ceux qui y sont précipités, sur ce qu'ils y deviennent tous, sur tous les paradoxes. Pas de grands mots dans ce grand roman sur la Grande Guerre, ni de grandes convictions si ce n'est celle de la conscience individuelle, c'est le nu et la vérité des hommes, ces bureaucrates, ces gueules cassées. Et un bourreau.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
wellibus2wellibus2   06 octobre 2018
Les maisons de Furnes ont des façades d'escaliers. Ces escaliers ne vont nulle part. Le ciel est bas, et pourtant on ne peut pas y monter. Les portes ressemblent à des culs d'apothicaires. Les fenêtres à bord de cuivre sont toutes fermées. Dedans,ça doit puer le genièvre et l'encaustique. Ça doit sentir les cent vertus des gens qui ne sont jamais partis.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   05 avril 2014
Quand je reviendrai chez moi, je ne quitterai plus la forêt d'Olmeta. On y est à l'abri. Pas comme ici, ou les arbres servent aux artilleurs pour régler les tirs.
Chez moi, c'est une vraie forêt, épaisse, et quand on se perd dedans on ne voit jamais le ciel. Le bruit des torrents monte, le bruit des oiseaux descend, les autres bruits du monde ne traversent pas, il n'y a pas d'autre pays que la forêt.
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TINUSIATINUSIA   22 mai 2014
Ces morpions et leurs chefs qui décident des guerres et les arrêtent... Nous, les soldats, nous faisons notre guerre à l'intérieur de la leur, notre guerre à nous, entre frères et avec de l'honneur. Mais nous nous abusons nous-mêmes. Les morpions sont les maîtres du monde, et c'est nous les parasites, les arrangeurs, qui nous bâtissons de petits palais de boue à l'intérieur des tranchées qu'ils ont voulues ! Alors pas de pitié sur nous-mêmes ! Mais pas d'illusions ! Pas de respect pour les pékins !
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TINUSIATINUSIA   22 mai 2014
Les meilleurs soldats meurent au début des guerres. Défilent à la fin des enfants, des embusqués, et de très rares braves que le dieu des batailles a épargnés pour qu'ils puissent admirer leurs généraux ventrus. Les généraux sont immortels.
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TINUSIATINUSIA   22 mai 2014
Même pour ceux qui l'ont déjà connu, le désordre de la guerre est toujours plus grand qu'on ne l'imagine.
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