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EAN : 9782072854217
64 pages
Éditeur : Gallimard (26/09/2019)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 43 notes)
Résumé :
L'écrivain et avocat François Sureau, dans le prolongement de ses prises de positions publiques récentes, fait état des nouvelles menaces pesant sur nos libertés civiques et individuelles.
Le titre de son essai reprend la célèbre citation de François-René de Chateaubriand, « sans la liberté il n'y a rien au monde, elle seule donne du prix à la vie ».
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
karkarot
  07 mars 2021
Cette collection Tracts mérite son succès, du moins si j'en crois le nombre de lecteurs, de critiques, et les différents numéros publiés par Gallimard.
Je n'ai lu que celui-ci (recommandé par Pierre Lieutaghi dans son très bon La surexplication du Monde) et le N°2 d'Erri de Luca, par appétence pour cet auteur dont je connaissais les engagements politiques.
Je ne baigne donc pas dans la sphère du droit et de la justice dans laquelle François Sureau nous entraine pour décrypter l'évolution récente de notre société et ses soubassement, relativement à la question centrale et si souvent évoquée de la Liberté.
C'est une lapalissade que de dire que c'est un concept central de notre république, Liberté, Égalité, Fraternité. Mais que mettons nous derrière ? Ou plutôt, qu'en reste-t-il ?
C'est bien cela que se demande cet avocat spécialisé dans les défenses des libertés publiques, notamment face à l'état.
Car les citoyens abandonnent de plus en plus leur liberté, si chère, à un appareil étatique que de moins en moins de frein retiennent de glisser vers un régime sécuritaire. Telle est la thèse de ce Tract, le passage de citoyen à sujet, la perte progressive des gardes-fous qui empêche l'état de se retourner contre ceux qu'il est censé protéger.
A chaque affaire, chaque problème, de nouvelles lois surgissent, de nouvelles facilités pour les forces de l'ordre, de moins en moins de contrôle, de moins en moins de libertés, en définitives ; celle-ci est morcelée, amoindrie sous le regard indifférent ou consentant des citoyens qui, eux, n'ont rien à se reprocher et laissent faire.
Là est le problème et la solution, la reprise en main des outils de l'état, de la constitution par nous, qui en sommes les constituants. La liberté n'est pas acquise, elle se défend par l'éducation, l'implication. Au lieu de l'individualisme qui nous isole, il faut aussi défendre les droits de nos voisins pour conserver sur le long terme, les nôtres. Ce qui nous a poussé à bâtir notre république ne dois pas être, en fin de compte, ce qui la pousse vers sa fin.
Un essai brillant, convaincant, très orienté sur le droit et sa destruction, mais aussi philosophique qui intéressera tout le monde en ces temps d'état d'urgence normalisé...
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Gribouille_idf
  12 décembre 2019
Que ferions-nous sans la liberté ? Celle qui a été gagnée dans la souffrance, par les luttes et souvent par le sang. Et qu'avons-nous fait, gouvernés et gouvernants, de cette liberté héritière du passé ? Lorsque l'on observe la société française, on se dit que les libertés publiques ne tiennent plus qu'à un fil. Les trois derniers quinquennats auront fini un travail de sape qui dure depuis presque trente ans. Que ce soit la gauche ou la droite, la liberté ne signifie plus rien pour la classe politique dirigeante. Comme l'exprime éminemment bien François Sureau, « la gauche a abandonné la liberté comme projet. La droite a abandonné la liberté comme tradition (…) » Finalement plus rien ne tient. Tout s'en va à vau-l'eau. Les injustices deviennent monnaie courante. Quant au Peuple, leurré depuis le Serment du Jeu de Paume, s'est progressivement laissé séduire par les illusions de la modernité.
Mais les propos de François Sureau viennent en priorité cogner ceux qui ont le pouvoir et qui n'en n'ont rien fait. En tant qu'intellectuel, à sa manière, écrivain, de talent, et haut fonctionnaire, il a pu côtoyer et examiner ces gens du pouvoir : «j'ai vu, dit-il, depuis dix ou vingt ans les meilleurs caractères se corrompre comme dans un bain d'acide (…) caractère de l'administration, du parlement, du gouvernement et souvent des juges. » La France n'est pas et n'a jamais été le pays des Droits de l'homme, juste celui de la Déclaration. C'est regrettable ! Mais cela explique cette démocratie sans liberté. Nous avons été privé de cette liberté sans même nous en rendre compte. Dans ce petit essai-témoignage François Sureau tente une vaine conscientisation. Il souhaite un dernier réveil des Français.e.s. Il le fait par le truchement de quelques auteurs connus, notamment Simone Weil : « L'esclavage avilit l'homme jusqu'à s'en faire aimer; la vérité, c'est que la liberté n'est précieuse qu'aux yeux de ceux qui la possèdent effectivement ». Et il finit par une recommandation : « Travailler à assurer au plus grand nombre cette possession effective, tel devrait être notre principal souci. » Charge à nous de faire re-vivre cette liberté en voie de disparition.
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talou61
  06 janvier 2020
Un essai intelligent sur la notion de Liberté et les atteintes aux libertés individuelles sous couvert de sécurité.
Un plaidoyer flamboyant accessible à tous.
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hal793
  05 novembre 2019
Découvert par un entretien de l'auteur sur France Culture.
M. François Sureau nous interpelle sur notre rapport à la liberté et sur la représentation de cette valeur de nos jours.
Il y dénonce les successions de réformes sur le système judiciaire, la dégradation de la séparation des pouvoirs, nos comportements d'individus et non de citoyens.
L'auteur énumère les différents phénomènes et évenements qui illustrent notre rapport à la notion de liberté et montre également la négligeance autant par les citoyens que par les gouvernements.
Enfin, la dernière partie est consacrée à l'amour de la liberté et aux conditions nécessaires à sa sauvegarde.
Un texte clair et percutant.
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Givry
  28 octobre 2019
Le sujet de cet opuscule dense est le déclin de la liberté. C'est confondant d'évidence, rafraichissant aussi, compliqué souvent, car ce sujet sérieux mérite l'effort de s'y intéresser.
Notre apathie, dûe entre autres au consumérisme, nous laisse accepter l'inacceptable. Ce constat avait déjà été fait par Soljenitsyne devant des étudiants d'Harvard en 1978, auprès de qui il dénonçait aussi « la tyrannie du conformisme intellectuel. »
François Sureau se demande si nous nous aimons assez pour aimer les autres, et par conséquent, défendre leurs droits alors que nous ne sommes pas concernés. Il cite par boutade le fait que nous restons indifférents à l'interdiction de certaines publications sur internet qui ne nous intérressent pas. Nous ne réagissons pas quand nous ne sommes pas directement concernés. C'est le règne du chacun pour soi. C'est si vrai pour la question des migrants à laquelle je ne peux m'empêcher de penser.
La contradiction est une condition pour construire une société meilleure. En contrôlant la contradiction, on fait semblant d'agir mais on n'avance pas.
Il rappelle les fondamentaux : « Le citoyen doit conserver en toutes circonstances une souveraineté intellectuelle et morale ».
A lire et à relire, pour éclairer nos esprits endormis.
Lien : http://objectif-livre.over-b..
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critiques presse (1)
LaCroix   27 septembre 2019
Dans un texte grave, François Sureau alerte sur la fragilité des libertés publiques en France et nous presse de retrouver le sens de la citoyenneté politique.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ArchiKeArchiKe   11 octobre 2019
La gauche a abandonné la liberté comme projet. La droite a abandonné la liberté comme tradition, comme élément central d'une tradition nationale au sens d'Edmund Burke. La premier camp réclame des droits "sociétaux" comme on dit aujourd'hui, dans un long bêlement progressiste, le deuxième réclame des devoirs, dans un grand bêlement sécuritaire.
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talou61talou61   06 janvier 2020
Le législateur a préféré doter l'Etat du moyen de contrôler la participation individuelle de chacun à une manifestation, c'est-à-dire d'intimider, non le délinquant, mais bien le citoyen lui-même. Il ne reste rien de la liberté de manifester si le gouvernement peut choisir ses opposants.
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ClementJnClementJn   28 décembre 2019
C’est une caractéristique des systèmes liberticides. On les crée pour parer à une menace indiscutable, dans l’esprit du moins de leurs auteurs. Puis, dès lors qu’ils existent, on s’en sert pour autre chose. [Ainsi] la législation « antiterroriste » de Vichy a d’abord servi à réprimer des femmes coupables d’avortement.
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talou61talou61   06 janvier 2020
Les modifications incessantes du Code pénal, le recul de l'autorité judiciaire, à l'intérieur de celle-ci l'assomption d'un parquet contre les actions duquel les recours sont faibles, la confusion des notions de police administrative et judiciaire, les policiers armés en guerre dans les rues, le recours au tiers censeur, participent du même mouvement qui transforme peu à peu le citoyen en sujet.
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talou61talou61   06 janvier 2020
… celui d'un pays où les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir, une faculté susceptible d'être réduite, restreinte, contrôlée autant dans sa nature que dans son étendue.
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Le portrait du mois - L'Esprit des Lettres de novembre 2020 François Sureau Retrouvez les livres de François Sureau : https://www.laprocure.com/auteurs/francois-sureau-0-1324382.html
L'Esprit des Lettres est une émission diffusée sur KTO tous les derniers vendredis du mois coproduite par KTO et le Jour du Seigneur.
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