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Citations de Jean-Paul Dubois (1891)


Les célébrations catholiques m'ont toujours semblé surgir d'une autre époque, d'un autre monde, d'un âge sombre. Vêtus comme des empereurs incas, les célébrants marmonnent des incantations surjouées dans une langue morte, mélangeant l'eau et le vin, bénissent un quignon de pain, et lors de la séquence dite de la "transsubstantiation" prétendent métamorphoser la vieille tranche d'azyme en une colombe divine.
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(en parlant d'une église catholique) Et il faut le reconnaître, c'était du travail soigné. .... Et de l'art partout, sous toutes ses formes .... A tout cela il fallait ajouter huit stations de décontamination, huit parloirs de la faute, huit confessionnaux intimidants dont la taille et le nombre laissaient penser que Satan venait dîner en ville tous les soirs.
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La vie, c'est comme les canassons, fils : si elle t'éjecte, tu fermes ta gueule et tu lui remontes dessus tout de suite. (p. 227)
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Une grande variété de boules et de lumières ridicules scintilleront et clignoteront dans la maison comme dans toutes les autres maisons de la ville, les grands magasins diffuseront des Christmas carols pour lubrifier les cartes de crédit et, en un illisible ballet, toutes sortes d'objets inutiles et dispendieux, extirpés du néant pour y revenir bientôt, transiteront de main en main, tandis que, pour l'occasion, les radios enchantées programmeront "All I want for Christmas is you". (p. 24)
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'' C'est dans le silence des pierres et des forêts que nous parvient parfois le murmure des dieux.''
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Ma mère n'avait jamais fréquenté son office et, pour ma part, je ne venais plus depuis longtemps écouter ses sornettes qui, à l'image de celles de ses confrères et concurrents, tournaient en rond depuis des siècles sur le phonographes des prophètes.
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Cette soirée lui avait fait du bien, elle avait lissé les crêtes de son anxiété
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Des femmes sortaient en larmes des confessionnaux après s’être fait sermonner et traiter de mauvaises chrétiennes pour n’avoir donné la vie qu’à sept enfants en treize années de mariage. Dès le retour à la maison, en guise d’expiation, elles devaient contraindre leur mari à se remettre à l’ouvrage et en vitesse.
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La nuit et les benzodiazépines, largement distribuées, commencent à faire leur œuvre. Bientôt le ventre de la prison pourra amorcer sa lente digestion, et, lentement, tous les hommes qui l'habitent, eux aussi, le temps d'une courte nuit, disparaîtront dans les oubliettes communes.
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L'enfermement a une odeur déplaisante. Des remugles de macération de mauvaises pensées, des effluves de sales idées qui ont traîné un peu partout, des relents aigres de vieux regrets.
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La vie, c’est comme les canassons, fils : si elle t’éjecte, tu fermes ta gueule et tu lui remontes dessus tout de suite.
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C'était bien le moins que l'on pouvait attendre d'un homme qui se vantait d'avoir mangé de la cervelle de singe et des yeux de tigre dans la jungle de Bornéo.
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Il suffit de prêter son attention et son regard pour comprendre que nous faisons tous partie d’une gigantesque symphonie qui, chaque matin, dans une étincelante cacophonie, improvise sa survie.
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Les retraités abordaient maintenant la dernière étape de leur vie. Ils perdaient toutes un tas de petites choses, oubliaient leurs clés , leurs affaires au bord de la piscine, s’inquiétaient de détails sans importance, et m’appelaient parfois le soir, croyant entendre des bruits bizarres dans leurs conduits de ventilation. Ils vieillissaient . Tous n’en mouraient pas, mais tous étaient atteints.p176
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...je ne pense pas avoir cessé d’aimer Winona Mapachee , ne serait-ce que le temps d’une respiration. Depuis cette journée au bord du lac, elle est devenue une part de ma chair, je la porte en moi, elle vit, pense, bouge dans mon cœur, et sa mort n’y a rien changé.173
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... alors,… Chargées de tout le limon de nos vies, remontant des sentiers de l’enfance,emplies d’un amour initial intact,porteusesde tant de choses que nous n’aurons plus, les larmes du petit Paul Hansen tombent sur l’emmanchure cotonneuse de la veste de sa maman.p 156
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Dans la tiédeur du soir, ces conversations anodines brassaient l'air comme un ventilateur de plafond, rafraîchissaient l'esprit. Ces phrases ne demandaient aucune réponse, aucun effort de compréhension, il n' y avait rien à en retenir. A mes oreilles tous ces mots tintaient comme des glaçons avant d'être emportés dans l'oubli par la brise du soir.
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 Je m’assois sur le rebord du lit, j’effleure sa peau aussi froide que celle de mon père. Alors, bien loin de Ganz, spectre infinitésimal, chargées de tout le limon de nos vies, remontant des sentiers de l’enfance, emplies d’un amour initial intact, porteuses de tant de choses que nous n’aurons plus, les larmes du petit Paul Hansen tombent sur l’emmanchure cotonneuse de la veste de sa maman. 
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Je suis entré dans cette eau comme on pénètre dans son domaine. Je l’ai sentie enserrer ma taille, couvrir ensuite mes épaules et mon dos, s’enrouler autour de mon cou et submerger ma tête. Depuis plus de vingt ans que je travaillais ici, c’était la première fois que je me glissais dans ce merveilleux territoire qui m’était pourtant interdit. Je nageais sous l’eau, en apnée, profitant de ce bain miraculeux. J’aimais cette eau et je sentais que cette eau m’aimait aussi. Sa « texture », comme me disait souvent monsieur Sibélius, était légère, aérienne presque, comme oxygénée par une infinité de microscopiques bulles. De temps en temps je remontais à la surface prendre de l’air, avant de redescendre brasser ces fonds où j’avais tant travaillé. Pour la première fois depuis toutes ces années, je transgressais la règle et c’était merveilleux.
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L'enfermement a une odeur déplaisante. Des remugles de macération de mauvaises pensées, des effluves de sales idées qui ont traîné un peu partout, des relents aigres de vieux regrets. L'air libre, par définition, ,'entre jamais ici. Nous respirons nos haleines en vase clos, des souffles communs chargés d'éclats de poulets bruns et de sombres projets. Même les vêtements, les draps, les peaux finissent par s'imprégner de ces exhalaisons auxquelles on ne s'habitue jamais. Au retour des promenades, quand l'air du dehors s'arrête au seuil des tourniquets, la transition est à chaque fois brutale et une vague nausée se charge aussitôt de nous rappeler que nous vivons et respirons dans un ventre qui nous charrie continuellement, longtemps nous digère, avant, le moment venu, de nous expulser pour se libérer plutôt que pour nous rendre la liberté.
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Je ne sais pas ce qu'aurait voulu ma femme, et rien n'est plus vain que de vouloir penser à la place des morts. Alors j'ai laissé parler mon cœur, et il a dit oui, que vous pouviez la ramener chez elle, parmi les siens. Mais je ne ferai pas le voyage vers le nord. Je vous laisserai le soin de la conduire, de la préparer et de la célébrer dans la nuit de sa tombe. Je vous laisserai même son oiseau et vous le glisserez auprès d'elle. Et je garde tout le reste. Ces onze années d'un bonheur vitaminé, onze années dévorées de la terre jusqu'au ciel, grâce à cette incroyable fille du deuxième frère de votre père. Elle a été cette personne auprès de laquelle j'ai toujours essayé de me tenir droit, dans la neige et les forêts, les étés et les orages. Partout je la suivais. Elle possédait le don de révéler la meilleure part de chacun. Je vous laisse ce corps que l'avion a brisé mais je garde tout le reste. Á chacun son héritage. Il est terrible à partager.
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