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4.07/5 (sur 51 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Brăila, Roumanie , le 14/06/1925
Mort(e) à : Paris , le 16/11/2014
Biographie :

Serge Moscovici (de son nom de naissance Srul Herș Moscovici) est un psychologue social, historien des sciences français d'origine roumaine et l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique.

Issu d'une famille juive, il fut exclu en 1938 du lycée de Bucarest par les lois antisémites. En 1947, il quitta la Roumanie et, comme beaucoup, utilisant la filière des "camps de personnes déplacées" passant par la Hongrie, l’Autriche et l’Italie, entra en France un an plus tard.

En 1949, il obtint sa licence de psychologie et en 1950 le diplôme de l’Institut de Psychologie, Paris. À partir de 1950, il poursuit ses études à la Sorbonne et fit, en 1961 sa thèse, sous la direction de Daniel Lagache, sur la représentation sociale de la psychanalyse. Par la suite, ces travaux de psychologue social porteront principalement sur les processus de passage de la science dans le sens commun et sur le pouvoir des minorités.

Ancien directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales de Paris, il fut l'un des fondateurs de la psychologie sociale européenne.

Il a été directeur du Laboratoire de psychologie sociale à l'EHESS et fondateur du Laboratoire européen de psychologie sociale à la Maison des sciences de l'homme à Paris (1976-2006), premier président de la l’Association européenne de psychologie sociale expérimentale et, de 1974 à 1980, du Committee on Transnational Social Psychology du Social Research Council.

Il fut également membre de l'Académie des sciences de Russie et membre honoraire de l'Académie hongroise des sciences.

Il fut jusqu'à sa mort président honoraire du Réseau mondial Serge Moscovici, fondé en 2014 à la fondation Maison des sciences de l'homme à Paris.

Il est le père de deux fils dont l'un est l'homme politique français Pierre Moscovici (1957).

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Source : Wikipédia
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Peut-on encore rêver dans un monde prisonnier du réel ? .
Serge Moscovici,Nikos Kalampalikis,Bruno AmbroiseCC-BY-NC-ND 2.0Quel rôle notre société peut-elle encore donner à l?imaginaire ? Quelle vision les différents groupes élaborent-ils tout en agissant sur elle ? Dans un monde toujours plus complexe traversé de conflits, de luttes idéologiques, nous créons des métaphores, des images, des symboles et des mots qui forment des représentations sociales. Celles-ci permettent de questionner les tensions entre individu et société, psychologie et culture, identité et altérité, croyance et connaissance. Chercheurs et artistes ont un rôle fondamental à jouer dans l?expression de ces relations sociales.

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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Tajfel: « La continuité entre psychologie sociale et psychologie individuelle ou générale. En psychologie sociale, la plupart des travaux, qui se situent dans le cadre d'une approche cognitive, se sont généralement contentés de formuler des lois ou relations concernant la nature cognitive en général et de les appliquer au comportement et à l'expérience sociale. Quelques-unes de ces généralisations et applications se sont révélées être fécondes. »
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« passage d'une psychologie bi-polaire (ego-objet) à une psychologie tripolaire (ego-alter-objet), mutation nécessaire parce que plus conforme à la réalité » Muscovici et Ricateau
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Zimbardo : « Je suis pour ma part convaincu que le but de toute étude du comportement humain (quelle que soit l'étiquette scientifique du chercheur) est finalement de préciser quelles sont les conditions qui accroissent la liberté d'un individu pour qu'il développe ses potentialités, de façon optimale, tout en améliorant du même coup la valeur globale de notre vie sociale.
De façon paradoxale, la recherche psychosociologique a contribué à ce but en faisant ressortir la facilité avec laquelle on peut manipuler et contrôler le comportement humain. Ces démonstrations ont été vues à tort comme des manifestations machiavéliques du pouvoir de l'expérimentateur sur la personne du sujet, ou comme des signes indiquant que l'homme est crédule, naïf et malléable. Tout au contraire, la recherche en psychologie sociale détermine, comme nous allons le montrer, les contraintes imposées à la liberté d'action et indique par là ce qu'il faut faire si nous ne voulons pas perdre notre liberté. »
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Comprendre son entourage implique que l’on range par catégories les gens et les choses que l’on voit, au lieu de les traiter en tant qu’absolument uniques. Par exemple, on catégorise les individus en tant que « Turcs » ou « Italiens », « hommes » ou « femmes », « jeunes » ou « vieux ». Tajfel a émis l’hypothèse que l’acte de catégoriser pourrait, dans certaines conditions, conduire à des distinctions cognitives de même espèce que celles des autoritaires se servant de clichés. Dans une expérience de laboratoire, Tajfel montre à des sujets 8 lignes de différentes longueurs. Chaque ligne est présentée séparément et les sujets sont invités à estimer la longueur de chacune. Dans une condition expérimentale, les 4 lignes les plus courtes sont étiquetées « A », les 4 plus longues, « B ». Tajfel a découvert que le seul fait d’étiqueter les lignes affecte le jugement des sujets. Ceux-ci ont tendance à juger les quatre lignes les plus courtes - les lignes « A » - de longueur plus semblable qu’elles ne le sont en réalité. Ils ont de même exagéré la similitude des lignes « B ». Par contre, ils ont eu tendance à exagérer les différences entre les lignes « A » et « B », en jugeant la ligne « A » la plus longue bien plus courte que la plus courte des lignes « B ». Bref, les sujets ont sous-estimé les différences entre les lignes de la même catégorie, et surestimé les différences entre les lignes de catégories différentes.

Ce que font ces sujets dans la situation délibérément artificielle du laboratoire ne diffère pas grandement de ce que fait celui qui pense par clichés lorsqu’il emploie des stéréotypes. Les sujets catégorisent des stimuli qui diffèrent pris un à un et sont ensuite influencés dans leur jugement de ces stimuli par la catégorisation. Tajfel a soutenu que ses résultats expérimentaux avaient des implications claires pour l’étude des stéréotypes. La simple existence d’une étiquette servant à catégoriser les gens (par exemple « Blanc »/« Noir », « Français »/« Allemand », « homme »/« femme ») pourrait affecter la façon dont on porte un jugement sur les gens catégorisés.
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Weber explique la naissance de cet « esprit du capitalisme » comme le résultat psychologique de la doctrine de Calvin. Tout particulièrement, en passant au crible les écrits des pasteurs puritains, il montre que leurs prêches visent à sanctifier le travail qui apaise le sentiment d'indignité et évite d'avilir nos brèves vies par le péché. Ils dressent la liste interminable des tentations dont on doit se garder : plaisirs mondains ou vaine conversation, sommeil prolongé et loisir oisif, jusques et y compris la méditation religieuse, si elle gaspille le temps qu'il faut donner à sa vocation, voulue par Dieu lui-même.

« Sur ce point, déclare Weber, l'ascétisme protestant n'a, en soi, apporté rien de neuf. Cependant il a sensiblement approfondi cette conception, et de plus, il a créé la seule norme qui fût décisive pour son efficacité : la motivation psychologique pour laquelle le travail en tant que vocation constitue le meilleur, sinon l'unique moyen de s'assurer de son état de grâce. »
En s'adonnant à leur besogne de toute leur âme, riches et pauvres étaient convaincus de pratiquer une forme de dévotion. Mais comment juger de son efficacité ? A ses fruits, bien sûr, signe qu'il agrée à Dieu. Le bénéfice et la richesse n'ont saveur de péché que s'ils détournent du labeur et conduisent à la jouissance. Ils prennent en revanche une valeur de confirmation religieuse s'ils encouragent à chercher le profit pour le réinvestir.

Le capitalisme puritain, donc, « s'opposa avec une grande efficacité à la jouissance spontanée des richesses et freina la consommation, notamment celle des objets de luxe. En revanche, il eut pour effet psychologique de débarrasser des inhibitions de l'éthique traditionaliste le désir d'acquérir. Il a rompu les chaînes [qui entravaient] pareille tendance à acquérir, non seulement en la légalisant, mais aussi, comme nous l'avons exposé, en la considérant comme directement voulue par Dieu ».
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[Polarisation, taille et diversité du groupe]

Augmenter la taille du groupe serait une manière indirecte d’aiguiser le conflit, du fait qu’on augmente les chances d’y inclure des individus hétérogènes. L'expérience la plus connue est celle de Teger et Pruitt (1967) qui composent des groupes de trois à cinq personnes. La tâche proposée consiste à résoudre les dilemmes d’un protagoniste en optant pour une solution comportant un risque plus ou moins élevé. Les auteurs demandent à ces groupes de se mettre d’accord sur une alternative prudente ou hardie, soit en comparant leurs avis en silence, soit en les discutant à haute voix.

Le constat est simple : les choix communs sont beaucoup plus extrêmes dans les groupes de cinq personnes que dans ceux de quatre personnes, eux-mêmes plus extrêmes que les groupes de trois. En outre, ils polarisent davantage lorsqu’ils discutent entre eux que lorsqu’ils procèdent à un échange muet de notes.

Une autre expérience (Vidmar et Burdeny, 1963), appuie l’hypothèse qu’un groupe étendu doit inclure, statistiquement, une plus large gamme d’opinions qu’un groupe restreint. D’où la probabilité d’y rencontrer une opinion extrême qui aiguise les tensions. Ceci se traduit à son tour par des tentatives affirmées d’aplanir les différends au moyen de discussions plus intenses dans lesquelles chacun s’implique davantage. C’est un résultat inhérent à cette procédure que les décisions sont polarisées. Inversement, on peut exprimer ce résultat ainsi : en réduisant le nombre et la variété des participants au débat public, on augmente les chances d’aboutir à la modération et au compromis.

Nous disposons d’indications plus directes de ce que nous venons d’avancer. Au lieu de confier au nombre le soin d’accroître la diversité, il suffit de composer des groupes hétérogènes ayant les qualités voulues. Recourant au même type de questionnaire sur les décisions en matière de risques, Vidmar (1970) classe les individus selon le degré élevé, moyen ou faible du risque qu’ils prennent. Ainsi que vous l’imaginez, il forme ensuite avec eux des groupes de cinq personnes, les uns purs, comprenant des individus préférant le même niveau de risque (tous « audacieux » ou tous « prudents ») les autres mixtes, composés par exemple de deux « audacieux », un preneur de risques modérés et deux sujets « prudents ». Le groupe une fois constitué discute les divers dilemmes concernant la prise de risque qui devrait être conseillée à un personnage donné, et il se met d’accord sur une des solutions possibles. De manière surprenante, ce sont les groupes mixtes qui choisissent les solutions les plus risquées, alors que les groupes purs ne bougent pas et convergent vers une espèce de moyenne.

Le péril d’extrémisme, si souvent mentionné, ne vient pas, si l’on se fie à ces observations, des opinions outrancières, excessives, des individus, mais simplement des différences qui les séparent. C’est précisément pour conjurer ce péril lointain que les sociétés ont créé et ordonné des disciplines militaires et religieuses. Elles n’ont pas pour but de supprimer, comme on le prétend, le déviant et l’excessif, mais d’organiser la création difficile de ressemblances à un type, extrême ou moyen, peu importe. Est-ce une affirmation vague et gratuite ? Nous allons en juger sans nous laisser rebuter par les études ingrates. Voyons donc le parallèle établi entre la tendance à prendre des risques et les interactions des membres d’un groupe. A savoir : plus le nombre de fois où la discussion est relancée augmente, plus on prend des risques élevés. Proposition parfaitement raisonnable et confirmée à plusieurs reprises. Ainsi, selon le procédé décrit, Willems et Clark (1971) composent des groupes mixtes et des groupes purs réunis dans deux conditions différentes. Dans la première, les individus échangent des informations sur leurs positions respectives ; dans la seconde, ils discutent ensemble. Employant le même matériel que les auteurs précédents, ils observent que les groupes mixtes, plus divers, font preuve de choix plus extrêmes dans l’une et l’autre condition que les groupes purs. Ce résultat semble assez bien établi, de sorte que les auteurs peuvent suggérer que : « le degré de diversité d’opinions dans un groupe est en fait une condition nécessaire pour le déplacement vers le risque observé dans les groupes. Quand les membres du groupe sont d’accord, on n’observe pas de déplacement ; mais quand ils font preuve d’un désaccord substantiel, un déplacement substantiel vers le risque est observé ».
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Toute minorité qui provoque une innovation authentique doit se lancer et continuer pendant un certain temps sans qu il en résulte pour elle aucun avantage sur le plan du pouvoir, du statut, des ressources ou de la compétence
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Quand on s’interroge sur le grand et le petit, que voulons nous ? La massification, c'est-à-dire la concentration de tout le monde dans des énormes villes ? Quand on parle de la pollution, à Paris, mais surtout à Mexico avec ses 20 millions d’habitants, le problème fondamental, c’est celui de la massification. Poser le problème de l’agriculture et de quel type d’agriculture. Des inégalités. Mais prenons un autre problème, celui du temps. Le problème du temps, les cycles, c’est important dans le rapport à la nature, c’est quand même aussi le bien-être physique des gens qui est en question. Je pense que nous sommes peut-être parmi les premiers à avoir proposé la semaine des 32 heures. Mais quand on pose la question de la semaine de 32 heures, est-ce que c’est un problème quantitatif ou d’organisation de la vie ? De même, on sait aussi que grâce à l’hygiène, aux découvertes de la science, on arrive à un rallongement de la vie. Les gens se demandent si on aura de l’argent pour payer les retraites mais il faudrait se demander ce que sera la vie pour quelqu’un qui vit en bonne santé jusqu’à 80-90 ans. Que vont faire les gens arrivés à un certain âge ? Vont-ils tous devenir téléspectateurs ? De même, il faut poser la question de la famille. Celle de la ville. Et pas seulement comme question une question d’architecture, il faut penser le problème urbain en soi. Je pense que les écologistes doivent penser à tout ça en introduisant quelque chose auquel les gens ne pensent pas : le problème du rythme et du temps. Les gens pensent uniquement dans l’«espace ». Il y a énormément de problème sociaux qui ne sont pas que quantitatifs…
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A cette occasion, j’appris combien il est difficile de faire partager une expérience particulière à celui qui ne veut la voir qu’en termes généraux. J’appris surtout combien il est blessant, combien on se sent aliéné, lorsqu’une expérience vécue comme unique, qui nous a personnellement atteint, nous est renvoyée à titre d’exemple. Seule une expérience partagée a du prix. L’explication qu’en donne l’autre ressemble à un refus, une marque d’indifférence.

Plus tard, je sus que la plupart des communistes eurent la même attitude face aux souffrances de tant d’hommes. Et leur vision de l’holocauste en a été faussée pour toujours. J’ai compris que celui qui se glisse dans le lit d’une doctrine est un homme et celui qui en sort est une idée. Puisque notre communauté était une idée pour Crâciun, les meurtres et les persécutions n’étaient pas des crimes envers des hommes, des femmes et des enfants, mais les conséquences les plus logiques du monde, qu’il fallait accepter, même si on devait s’en indigner.
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Trois principes interviennent donc dans la définition d'un mouvement social : le principe d'identité, le principe d'opposition et le principe de totalité. Ces trois principes doivent être définis d'une manière relationnelle : « Le principe d'identité est la définition de l'acteur par lui-même. Un mouvement social ne peut s'organiser que si cette définition est consciente ; mais la formation du mouvement précède largement cette conscience. C'est le conflit qui constitue et organise l'acteur... On doit définir de la même manière le principe d'opposition. Un mouvement ne s'organise que s'il peut nommer son adversaire, mais son action ne présuppose pas cette identification. Le conflit fait surgir l'adversaire,
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