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DE L'EXHIBITION A LA MONSTRATION


L'Occident a inventé le "sauvage". Ce fut un immense spectacle, avec ses figurants, ses décors, ses imprésarios, ses drames et ses récits incroyables. C'est une histoire oubliée. Elle est pourtant au carrefour de l'histoire coloniale, de l'histoire de la science et du monde du spectacle et des grandioses expositions qui ont façonné le monde pendant plus d'un siècle. Ce fut le temps des exhibitions humaines et du "racisme scientifique", un temps où des hommes venaient voir des "monstres" ou des "exotiques", non pas pour ce qu'ils font, mais pour ce qu'ils sont censés être..........................................................................................................................................................................................................................................................................................Éternellement partant donc,Georges de Caunes, à l'âge de 71 ans, s'enferme dans une cage du zoo de la Palmyre, près de Royan, sous l'étiquette "Homo sapiens" pour y "observer les humains avec les yeux des animaux".
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1 Exhibitions. L'invention du sauvage
Pascal Blanchard
1 critique

L'Occident a inventé le "sauvage". Ce fut un immense spectacle, avec ses figurants, ses décors, ses impresarios, ses drames et ses récits incroyables. C'est une histoire oubliée. Elle est pourtant au carrefour de l'histoire coloniale, de l'histoire de la science et du monde du spectacle et des grandioses expositions qui ont façonné le monde pendant plus d'un siècle. Ce fut le temps des exhibitions humaines et du "racisme scientifique", un temps où des hommes venaient voir des "monstres" ou des "exotiques", non pas pour ce qu'ils font, mais pour ce qu'ils sont censés être. Ces exhibitions populaires ont produit des multitudes d'images pour convaincre les visiteurs et fasciner les publics. À l'occasion d'une exposition-événement au musée du quai Branly, ce livre-anthologie en montre les traces, grâce à quelque cinq cents documents exceptionnels issus de collections publiques et privées - pour la plupart inédits - , accompagnés des analyses de soixante-dix spécialistes internationaux. Ainsi, au fil de douze chapitres divisés en trois parties, le lecteur entre dans l'histoire des zoos humains. Avec plus d'un milliard de visiteurs et des dizaines de milliers d'exhibés, ce phénomène international, qui commence au XVIe siècle et connaît son apogée dans le premier tiers du XXe siècle, accompagne la mise en place des empires et touche les peuples aux quatre coins de la planète, fabriquant un modèle unique du "sauvage", sorte de mondialisation avant l'heure, de Tokyo à Hambourg, de Chicago à Londres, de Paris à Barcelone, de Bâle à Johannesburg. À travers ce passé oublié, dont il reste des milliers de témoignages, on mesure de quelle façon l'idée de domination s'est généralisée et a imprégné le monde sur un temps relativement court. Cet ouvrage explore les frontières parfois ténues entre "exotiques" et "monstres", science et voyeurisme, exhibition et spectacle, et questionne le lecteur sur ses propres représentations dans le monde d'aujourd'hui. Si ces exhibitions disparaissent au cours des années 1930, elles auront largement accompli leur oeuvre : bâtir deux humanités , et nous commençons à peine à comprendre la puissance de ce qui n'était alors que de la curiosité Ajouter à mes livres
2 La fabrique des monstres : Les Etats-Unis et le freak show 1840-1940
Robert Charles Bogdan
2 critiques

De 1840 à 1940, le spectacle des freaks, des difformes et personnes considérées comme des erreurs de la nature, connut une vogue particulière aux Etats-Unis. Outre les nains, les siamois, les femmes à barbe et autres curiosités, les Peaux-Rouges étaient exhibés, puis les sauvages et autres peuples exotiques. Ajouter à mes livres
3 Zoos humains : Au temps des exhibitions humaines
Association Connaissance de l'histoire de l'Afrique contemporaine
1 critique 2 citations

Les " zoos humains ", symboles oubliés de l'époque coloniale, ont été totalement refoulés de notre mémoire collective. Ces exhibitions de l'exotique ont pourtant été, en Occident, une étape majeure du passage progressif d'un racisme scientifique à un racisme populaire. Depuis l'exhibition en Europe de la Vénus hottentote au début du XIXe siècle, elles ont touché, comme on le découvrira dans ce livre remarquablement documenté, des millions de spectateurs, de Paris à Hambourg, de Londres à New York, de Moscou à Porto. Dans ces exhibitions " anthropozoologiques ", des individus " exotiques " mêlés à des bêtes sauvages étaient mis en scène derrière des grilles ou des enclos. Mesurés par les savants, exploités dans les cabarets, utilisés dans les expositions officielles, ces hommes, ces femmes et ces enfants venus des colonies devenaient les figurants d'un imaginaire et d'une histoire qui n'étaient pas les leurs. Premier ouvrage de synthèse sur la question, rassemblant les meilleurs spécialistes internationaux, Zoos humains met en perspective la " spectacularisation " de l'Autre, à l'origine de bien des stéréotypes actuels. L'enjeu de cet ouvrage est aussi de comprendre la construction de l'identité occidentale. " La somme collective que publie La Découverte est de bout en bout passionnante. Parce qu'elle interroge, autour du zoo humain, figure enfouie de l'ère coloniale, l'arrogante affirmation de la supériorité d'un Occident blanc comme un discours racial en construction, complément transversal de l'élaboration des identités nationales. Sans négliger de faire le lien avec d'autres enfermements - ceux des fous et des déviants notamment. " Le Monde. Ajouter à mes livres
4 Les monstres : Histoire encyclopédique des phénomènes humains
Martin Monestier
5 critiques 2 citations

Autodidacte, maladivement curieux, encyclopédiste du bizarre, archéologue du pire, briseur de tabous, rien n?arrête Martin Monestier dans sa quête de l'inimaginable, du scandaleux et de l'occulte. Livre après livre, cet enquêteur de l?extrême pousse l'érudition des incongruités et des extravagances humaines à son comble et révèle ainsi une histoire du monde telle qu?on ne l?a jamais écrite. « Encyclopédiste des comportements, de nos travers, de nos perversités, Martin Monestier s'est fait une spécialité du témoignage par KO », dira un de ses confrères. C'est le cas, cette fois encore, avec cette nouvelle édition de son « livre culte » qui le pose depuis trente ans comme le premier historien des monstres. Ses nombreux livres, au carrefour des sciences humaines et du journalisme, sont tous des ouvrages de référence, sans cesse réédités et traduits en de nombreuses langues. Enfin réédité dans une nouvelle édition revue et largement augmentée, Les Monstres de Martin Monestier est un rassemblement minutieux et érudit de documents mal connus ou inédits de toutes les époques, de toutes les civilisations et de tous les coins du monde. Cet ouvrage est une stupéfiante galerie d'« hommes différents » aux destins insolites, heureux ou tragiques mais toujours passionnants. Hier les croyances imposaient souvent leur mise à mort, mais les foules faisaient au contraire leur fortune. Aujourd'hui, estimés à plus de 250 millions sur la planète, ils sont écartés de la lumière. Présenté sans complaisance, cet ensemble inouï offre un voyage au pays du merveilleux, de l'horrible et du sublime. Il aide à comprendre cette étrange humanité et à apporter aux « monstres », nos semblables, la seule réponse qu'on leur doit : le droit d'exister. Géants, nains, obèses, femmes à barbe, frères siamois, hommes à queue, femmes à cornes, sirènes, culs-de-jatte, manchots, hommes-troncs, hermaphrodites, albinos, hommes animaux, hommes à deux têtes, femmes à quatre jambes, hommes-machines, etc. Ajouter à mes livres
5 La Vénus hottentote entre Barnum et Muséum
Claude Blanckaert
1 critique 2 citations

La Vénus hottentote entre Barnum et MuséumLa Vénus hottentote entre Barnum et Muséum Claude Blanckaert Paris, Publications scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Archives/Muséum national d'Histoire naturelle, [2013], 478 p. Originaire du cap de Bonne-Espérance, la Vénus hottentote, de son vrai nom Sarah Baariman, fui présentée au public comme « le plus merveilleux phénomène de la nature » dès son arrivée à Londres en 1810. Affublée d?un fessier hors de proportion (stéatopygie), elle fut ainsi chosifiée comme « monstre » de son vivant. À partir de septembre 1814, elle défraya la chronique parisienne avant de mourir dans les derniers jours de l?année suivante. Son corps, entièrement moulé puis disséqué au Jardin des plantes, allait un temps rejoindre les collections d?anatomie comparée du Muséum national d?Histoire naturelle. Prise pour type de race « sauvage », la Vénus hottentote n?en perdit pas tout prestige. Ses représentations s?avérant toujours contemporaines de ses usages scientifiques et sociaux, elle parut indistinctement un sujet d?enquête toujours révisable au crible des connaissances et la victime idéale, sollicitée, d?un exorcisme de masse. Au centenaire de sa mort, elle restait une célébrité. Dans le périmètre du Muséum, elle passa des galeries d?anatomie à celles d?anthropologie avant que son moulage, devenu sculpture ethnographique, en vint à exemplifier dans les vitrines du Musée de l?Homme la survivance des « Vénus » stéatopyges de la lointaine préhistoire. Les différents chapitres de ce livre offrent des clés de lecture des imaginaires collectifs, tant savants que populaires, sans nier les zones d?ombre qui entourent la biographie de Sarah Baartman. Ils mettent en évidence les « métamorphoses » complexes de la Vénus hottentote au fil de ses appropriations naturalistes, morales et juridiques, depuis les premiers témoignages des professeurs du Muséum qui l?examinèrent en mars 1815 (Georges Cuvier, Henri de Blainville) jusqu?aux débats du Sénat qui préludèrent à la restitution puis à la cérémonie nationale d?inhumation de ses restes, en août 2002, en présence du président d?Afrique du Sud ?lhabo Mbeki Ajouter à mes livres
6 Elephant man : La véritable histoire de Joseph Merrick, l'homme-éléphant
Michael Howell
3 critiques 12 citations

Pour Tom Norman, homme de cirque et de foire, Joseph Merrick n'est qu'une "attraction", un monstre dont l'atroce laideur et les difformités amusent le public. Pour le chirurgien londonien qui découvre cet "elephant-man" presque par hasard, c'est d'abord un cas médical peut-être unique, mais bientôt c'est un homme qu'il voudrait aider, guérir. Oui, sous cette carapace de peau épaisse et flottante, il y a un homme qui sait lire et écrire et qui retrouve la parole après vingt ans de silence, révélant des trésors de bonté et de sagesse. Mais quelle peut être la place du "monstre" dans une Angleterre victorienne, bardée de préjugés et d'interdits? Ajouter à mes livres
7 Cannibale
Didier Daeninckx
107 critiques 65 citations

1931, l'Exposition coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup. Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l'intérêt du public, veut bien prêter les siens, mais en échange d'autant de Canaques. Qu'à cela ne tienne ! Les "cannibales" seront expédiés. Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l'intrigue sur fond du Paris des années trente - ses mentalités, l'univers étrange de l'Exposition -tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie. Ajouter à mes livres
8 Freaks : la monstrueuse parade de Tod Browning : De l'exhibition à la monstration, Du cinéma comme théâtre du corps
Dick Tomasovic
1 critique 1 citation

Film maudit réalisé par un cinéaste mythique, Freaks, la Monstrueuse Parade de Tod Browning date de 1932. Le film dit autant qu'il prolonge la fin du théâtre d?exhibition des monstres en s?emparant de ses figures les plus emblématiques. Il met en scène le déplacement de l?image du monstre, des arts vivants vers le cinéma, et constitue une interrogation du corps, cruciale et radicale. En prenant pour sujet fondamental le spectacle des apparences, Freaks est aussi une question posée aux images et à leur capacité, toute aussi merveilleuse que réellement inquiétante, à bouleverser notre relation au corporel. Revenant sur la bibliographie intrigante du réalisateur et le contexte de production de La Monstrueuse Parade, cet ouvrage propose le découpage du film et lui consacre un essai analytique. Ajouter à mes livres
9 Mémoires de Barnum : Mes exhibitions
Phineas Taylor Barnum
" En désespoir de cause, mon père, voyant que je n'étais bon à rien d'autre, résolut de me mettre dans le commerce. " Né en 1810, Barnum put s'enorgueillir d'avoir été l'Américain le plus illustre de son temps. Parmi les exhibitions qui établirent sa notoriété vient en premier lieu le cas de Joice Heth, cette femme noire présentée comme étant âgée de 161 ans : la nourrice de Georges Washington. Apparaîtront ensuite les lilliputiens, les femmes à barbe, les frères siamois Chang et Eng. Ce sera également la tournée triomphale de Tom Pouce, reçu par la reine Victoria, etc. L'on ne saurait être exhaustif. Son invraisemblable capacité à mettre en scène des " prodiges " lui valut, on le sait, fortune et renommée ; rien n'échappait pour lui au spectacle, pas même l'odieux parfum du scandale. Une carrière monstre. Ajouter à mes livres
10 Zoos humains et exhibitions coloniales, 150 ans d'inventions de l'Autre
Nicolas Bancel
Les « zoos humains », symboles oubliés de l'histoire contemporaine, ont été totalement refoulés de notre mémoire collective. Ces exhibitions des « sauvages », aussi bien des « exotiques » que des « monstres », ont pourtant été, en Europe, aux États-Unis et au Japon, une étape majeure du passage progressif d'un racisme scientifique à un racisme populaire. Au carrefour du discours savant, des cultures de masse et de l'intérêt des puissances coloniales, ces exhibitions ont touché un peu moins d'un milliard et demi de visiteurs depuis l'exhibition en Europe de la Vénus hottentote, au début du XIXe siècle. Ces exhibitions, peuplées d'êtres difformes et de personnes en provenance des espaces coloniaux d'Afrique, d'Amérique, d'Océanie ou d'Asie, comme appartenant à un univers de l'anormalité, disparaîtront progressivement avec les années 1930, mais elles avaient fait alors leur oeuvre : bâtir deux humanités. Véritable synthèse et de ouvrage de référence sur la question, rassemblant les meilleurs spécialistes internationaux, cette nouvelle édition de Zoos humains. Au temps des exhibitions humaines (La Découverte, 2002) est entièrement refondue et largement complétée. Fruit de plus de dix ans de recherches, elle paraît à l'occasion de l'exposition « Exhibitions. L'invention du sauvage » organisée au musée du Quai Branly à Paris. Ajouter à mes livres
11 L'Ecran et le Zoo : Spectacle et domestication, des expositions coloniales à Loft Story
Olivier Razac
1 critique

À la fin du XIXe siècle, un nouveau genre d'animal trouve sa place dans les zoos occidentaux: l'homme « sauvage » d'Afrique, d'Océanie ou d'ailleurs. Dans un décor de cases et de palmiers, Pygmées et Canaques sont exhibés au public. Ce qu'on attend de ces corps domptés et enfermés derrière des grilles, c'est justement d'offrir le spectacle d'une nature intacte. Des zoos humains d'autrefois aux shows télévisés d'aujourd'hui, des expositions coloniales à Loft Story, Olivier Razac met au jour une étrange proximité. Ce n'est plus le sauvage domestiqué qu'on expose, c'est la vie quotidienne des « gens authentiques ». De même qu'il s'agissait de produire une image rassurante de l'homme exotique, il s'agit désormais de domestiquer nos vies. « Voir et être vu » : tel est ce mode d'exposition des corps où l'acteur et le spectateur tendent à se confondre. De ces nouveaux éclairages sur l'histoire du spectacle, Olivier Razac tire une stratégie de riposte à la standardisation et aux mimétismes contemporains. Ajouter à mes livres
12 L'invention de la race
Dominic Thomas
1 critique 3 citations

Comment est né le concept de « race » ? Pourquoi est-il devenu si rapidement hiérarchique, distinguant les « races inférieures » des « races supérieures » ? Et comment ce concept a-t-il pu revêtir une telle importance, aussi bien au sein de la communauté scientifique qu?auprès du grand public, au cours du XIXe siècle et du début du XXe, jusqu?à être utilisé pour expliquer l?histoire et le devenir de l?humanité ? L?Invention de la race analyse la genèse des conceptions scientifiques de la « race », et montre que les nouvelles techniques de mesure et de représentation des corps racialisés opèrent une révolution visuelle majeure, inscrivant la différence humaine dans la biologie. Cet ouvrage avance qu?à partir d?une origine européenne l?idée de race s?est étendue ? par les connexions transnationales de réseaux scientifiques et marchands ? à tout l?Occident, mais aussi au Japon, à la Corée et à une partie de la Chine. Partout, elle suscite représentations et politiques raciales discriminatoires. L?ouvrage montre aussi que les théories sur les hiérarchies raciales ont influencé les spectacles ethniques (dont les zoos humains), les expositions internationales et coloniales, la photographie ou les collections ethnographiques qui ont largement contribué à forger une vision du monde fondée sur l?inégalité des races. Ajouter à mes livres
13 La figure du monstre : Phéménologie de la monstruosité dans l'imaginiaire contemporain
Didier Manuel
1 critique

Cet ouvrage est une traversée, un voyage qui nous fait appréhender le monstre dans toute l'ambiguïté et la porosité du terme, de sa réalité prégnante, pathologique et physiologique, morphologique et esthétique, jusqu'à sa forme morale et son possible devenir. Par la multiplicité des points de vue, l'ouvrage cherche à parfaire la possible définition de ce corps/objet qui nous frappe de stupeur, d'effroi et qui se pose comme un scandale au regard de la norme. Ce support de rêveries, de cauchemars, d'histoires de grands-mères, de contes et de légendes. Ce Monstre, figure de la surpuissance du désordre, de l'indomptable, de ce qui nous dépasse, de ce que nous ne comprenons pas et qui risque par son imposante énormité de nous engloutir. Cette inquiétante étrangeté qui s'impose comme l'ombre vorace de nous-mêmes. Pour ce voyage, des intervenants venus d'horizons divers cherchent à toucher du doigt, dans un tir croisé de concepts, de représentations et de champs d'investigation, cette figure à jamais tapie dans l'abîme de l'être. Une façon supplémentaire d'apprivoiser ce compagnon forcé qui, depuis notre enfance, marche sur nos traces, nous terrorise et nous fascine, nous dégoûte ou nous amuse, mais n'a de cesse de nous questionner. Une question qui n'a jamais été autant d'actualité en ce début de 21e siècle, là où la science nous promet la possibilité d'une rencontre non fortuite avec le monstre. La possibilité de créer et de modeler les corps à notre bon vouloir, sans savoir si cette potentialité offerte par les manipulations génétiques et l'explosion technologique signera la fin des monstres ou leur définitif avènement, signe avant-coureur du ré-enchantement. Ajouter à mes livres
14 L'exposition coloniale de 1931
Catherine Hodeir
2 citations

De mai à octobre 1931, à l?est de Paris, s?installe dans le bois de Vincennes, la grande fête de l?imaginaire colonial. Un décor de pagodes, de temples indochinois, de cases africaines, de minarets arabes et de murailles sahéliennes. Un théâtre de figurants piroguant sur le lac Daumesnil, servant dans des cafés maures, dansant pour des publics émoustillés. Une féerie de l?eau et de la lumière, qui découpe, le soir venu, coupoles et tours, en silhouettes magiques. À l?invitation de la France et sous l?égide du Maréchal Liautey, les puissances coloniales (sauf la Grande-Bretagne) présentent, exposent et rivalisent d?exotisme ludique et de scénographie didactique. Des millions de visiteurs se pressent à la rencontre de cette planète rêvée où l?Occident se mire. Ultime représentation à l?heure des premiers craquements annonçant la fin des empires. Mais qui les écoute, une fois franchis les guichets de la Porte Dorée Ajouter à mes livres
15 Georges De Caunes, l'aventurier //
Vincent Rousset
1 critique

Le 27 juillet 1990 - Homo sapiens en cage. Georges de Caunes s'installe au zoo de Palmire. "Éternel partant", Georges de Caunes. La formule collait si bien à ce journaliste anticonformiste, pionnier de la télévision française, qu'elle en est devenue sa marque de fabrique. Partant dès 1948, avec Paul-Emile Victor, pour la première expédition polaire d'Après-Guerre. "Les expéditions, ma dimension humaine à moi", aimait-il à dire sur les plateaux télés. Partant encore quand il s'agit de participer à la fondation du journal télévisé avec Pierre Sabbagh et Pierre Tchernia. Partant toujours pour tester la signification du mot "solitude" en s'isolant trois mois sur une petite île des Marquises où il relate chaque jour ses impressions de Robinson à la radio. Eh oui, Kho Lanta, c'est un peu lui ! Comme l'île de la tentation du reste, lui qui s'est marié à trois reprises et qui a eu cinq enfants, dont le plus célèbre est Antoine. Éternellement partant donc, même à l'âge de 71 ans, quand il s'enferme dans une cage du zoo de la Palmyre, près de Royan, sous l'étiquette "Homo sapiens" pour y "observer les humains avec les yeux des animaux". Patrick Caillé, fils du fondateur du parc et actuel directeur du zoo privé le plus visité de France, avec 800000 entrées par an, se souvient avec délectation des quinze jours du journaliste sur la petite île des Chimpanzés. "C'est lui qui est venu nous proposer le projet. L'idée était née pendant une sorte de réception où il voyait défiler des politiques qui venaient serrer des mains". Du Georges de Caunes tout craché. C'est qu'il entretenait cet art délicat de l'irrespect et de l'irrévérence envers les puissants. Son enchaînement à un IT après un reportage sur de Gaulle est passé à la postérité. Il avait poursuivi par ce trait d'humour et d'impertinence : "Et maintenant passons du Général au particulier". Même Léon Zitrone n'échappa pas à son humour corrosif. Georges de Caunes l'appelait avec affection mon "gros Léon". L'expédition dans une cage du zoo en 1990, de Caunes l'avait voulue et, naturellement, imaginée très médiatique. Deux ans auparavant, il avait déjà tenté l'expérience, au même endroit, mais sans la moindre véritable retombée. La deuxième tentative sera la bonne, car pendant deux semaines, il assurera une petite chronique quotidienne sur le JT de la Une. La France entière le découvre donc chaque soir sur cette petite île. Il y raconte son quotidien. "Vivre l'événement du zoo depuis l'intérieur. Non pas à la place des gens mais des bêtes. C'est le regard des bêtes sur les gens que nous sommes et qui n'arrêtent pas de défiler qui m'intéresse. C'est un spectacle de télévision formidable pour les bêtes et moi je me mets à leur place pour observer les visiteurs avec l'oeil du Chimpanzé", confiait-il deux jours avant de s'enfermer. "Une vraie bouffonnerie qui fait partie aujourd'hui des belles histoires du zoo de la Palmyre" déclare Patrick Caillé, le directeur. Evidemment, certains touristes ont joué le jeu. Parfois lourdement en lui jetant des cacahuètes. De Caunes les mangeaient parfois, avec ce petit rictus pour dire : "qui est le singe de qui ?". Ses enfants ne manqueront pas non plus d'aller observer la énième facétie de leur père. Un drôle de zèbre Georges de Caunes qui jusqu'au soir de son existence, en juin 2004, aura été fidèle à sa devise : "Je cours après tout ce qui vit". (source : Alexandre Poplavsky - Est Républicain du 27 juillet 2010) Ajouter à mes livres
16 Les Spectacles Populaires et les Artistes des Rues
Victor Fournel
1 critique 3 citations

" J'ai publié en 1858 : Ce qu'on voit dans les rues de Paris ; le présent ouvrage pourrait porter le même titre, en remplaçant seulement ce qu'on voit par ce qu'on voyait. J'essaye aujourd'hui pour le Paris ancien la même chose que j'ai tenté jadis pour le Paris actuel, avec cette différence néanmoins que l'observation et la fantaisie doivent être cette fois remplacées par l'érudition, et qu'au lieu d'étudier en flânant les moeurs et usages populaires dans leurs manifestations publiques, il a fallu en rechercher laborieusement les traces dans les in-folio, les estampes et les manuscrits. Ce volume n'est qu'une pierre d'attente; s'il est accueilli avec quelque faveur, il aura une suite qui, sans épuiser un sujet presque inépuisable, donnera du moins à cette chronique des rues du vieux Paris la physionomie et les proportions d'un livre d'ensemble. " (Préface E.Dentu Editeur 1863) Ajouter à mes livres
17 Histoire de la laideur
Umberto Eco
4 critiques 10 citations

En apparence, beauté et laideur sont deux concepts qui s'impliquent mutuellement, et l'on comprend généralement la laideur comme l'inverse de la beauté, si bien qu'il suffirait de définir l'une pour savoir ce qu'est l'autre. Mais les différentes manifestations du laid au fil des siècles s'avèrent plus riches et plus imprévisibles qu'on ne croit. Or voici que les extraits d'anthologie ainsi que les extraordinaires illustrations de ce livre nous emmènent dans un voyage surprenant entre les cauchemars, les terreurs et les amours de près de trois mille ans d'histoire, où la répulsion va de pair avec de touchants mouvements de compassion, et où le refus de la difformité s'accompagne d'un enthousiasme décadent pour les violations les plus séduisantes des canons classiques. Entre démons, monstres, ennemis terribles et présences dérangeantes, entre abysses répugnants et difformités qui frôlent le sublime, freaks et morts-vivants, on découvre une veine iconographique immense et souvent insoupçonnée. Si bien que, en trouvant côte à côte dans ces pages laideur naturelle, laideur spirituelle, asymétrie, dissonance, défiguration, et mesquin, lâche, vil, banal, fortuit, arbitraire, vulgaire, répugnant, maladroit, hideux, fade, éc?urant, criminel, spectral, sorcier, satanique, repoussant, dégueulasse, dégradant, grotesque, abominable, odieux, indécent, immonde, sale, obscène, épouvantable, terrible, terrifiant, révoltant, repoussant, dégoûtant, nauséabond, fétide, ignoble, disgracieux et déplaisant, le premier éditeur étranger qui a vu cette ?uvre s'est exclamé : " Que la laideur est belle ! " Ajouter à mes livres
18 La foire aux atrocités
James Graham Ballard
1 critique 7 citations

Easily one of the 20th century's most visionary writers, J. G. Ballard still lives far ahead of his time. Called his "prophetic masterpiece" by many, The Atrocity Exhibition practically lies outside of any literary tradition. Part science fiction, part eerie historical fiction, part pornography, its characters adhere to no rules of linearity or stability. This reissued edition features an introduction by William S. Burroughs, extensive text commentary by Ballard, and four additional stories. Of specific interest are the illustrations by underground cartoonist and professional medical illustrator Phoebe Gloeckner. Her ultrarealistic images of eroticism and destruction add an important dimension to Ballard's text. --This text refers to an out of print or unavailable edition of this title. Ajouter à mes livres
19 Vénus hottentote
Barbara Chase-Riboud
2 critiques 2 citations

A partir de la vraie vie de Sarah Baartman, la ?Vénus Hottentote?, Barbara Chase-Riboud a écrit entre histoire et légende, un roman d?une force d?évocation et de persuasion rares. Issue d?un peuple nomade d?Afrique du Sud, orpheline, Sarah est vendue comme esclave à un missionnaire anglican du Cap. A la mort de ce dernier, la petite revient dans sa tribu pour y subir incision de la vulve et autres rites de préparation au mariage. En 1805, elle s?enfuit pour retourner au Cap où elle est placée comme bonne d?enfants chez des Boers. Son maître la vendra à un certain Dunlop, un aventurier qui veut exploiter Sarah comme attraction foraine en Europe. 1810 : arrivée à Londres. Abusée par Dunlop, exposée comme monstre forain sous le nom de ?Vénus Hottentote?, Sarah s?imagine pouvoir s?enrichir et devenir une femme libre. Revendue, elle part en tournée à travers l?Angleterre. Dunlop finira cependant par l?épouser pour la frime, alors qu?il est déjà marié. D?ailleurs, il la perd au jeu. Sir Reaux, un breton, emmène Sarah en France où elle devient une célébrité parisienne. 1815 : Sarah est ?examinée? par Cuvier au Museum d?Histoire naturelle. Le Napoléon des 100 jours lui rend visite. Elle continuera de se produire au cirque et se prostituera. Alcoolique et morphinomane, elle mourra de tuberculose à 27 ans, en 1816. Sir Reaux vendra son corps à Cuvier pour 5000 francs. Elle devient un objet de curiosité scientifique. Ses restes demeureront exposés au Museum. En 1994, son squelette est transporté au Musée de l?Homme du Trocadéro. En 2002, enfin, Sarah Baartman est officiellement rendue à l?Afrique du Sud pour y être incinérée. --Ce texte fait référence à l'édition Ajouter à mes livres
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