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EAN : 9782221187586
288 pages
Robert Laffont (06/10/2016)
  Existe en édition audio
3.5/5   230 notes
Résumé :
Notre cerveau est plus grand que toutes ses créations. Ce n’est pas à notre cerveau de s’adapter à nos créations, mais l’inverse. De la médecine à la politique, du marketing à l’éducation, appliquer ce principe, c’est se changer soi-même... et changer le monde. Notre société brasse aujourd’hui une quantité gigantesque de connaissances et, malgré tout, ne produit que très peu de sagesse. Or, une civilisation qui produit beaucoup de savoirs sans sagesse est vouée à l’... >Voir plus
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Aaaahhh le cerveau! Ce grand inconnu, cette machine complexe et riche qui reste mystérieux à nos yeux alors qu'il nous accompagne à chaque instant de notre existence!

Pour une fois, je ne viens pas vous donner mon avis sur un roman… Les lectures dites « sérieuses », initiatiques et/ou académiques ont nourri majoritairement mes années estudiantines et, depuis, je privilégie les lectures récréatives… mais de temps en temps, l'envie renaît, notamment lorsque je tombe sur des interviews d'auteurs comme ce fût le cas avec Idriss Aberkan.

Je ne vais pas vous recopier la bio de l'auteur! Gros bagage universitaire, prof dans de grandes écoles supérieures, chercheur dans d'autres, conseillers auprès de gouvernements et multinationales, conférencier… le gars est loin d'être désoeuvré et son expertise semble être très recherchée en plusieurs domaines dont celui qui nous occupe aujourd'hui: les neurosciences.

Je ne suis pas scientifique, je n'ai pas la fibre scientifique… ou alors elle est bien planquée dans les méandres de Môssieur mon cerveau. Mais je suis dotée d'une curiosité intellectuelle insatiable et quand j'ai la chance d'écouter une personne experte et passionnée, pédagogue au point de vulgariser intelligemment son discours, je suis capable de me lancer dans la découverte de la théorie des cordes… ou de me plonger dans un « traité de neurosagesse ».

Et j'emploie le terme vulgariser non pas d'une manière condescendante et méprisante mais au contraire,dans le sens de rendre un thème quel qu'il soit accessible et intelligible à un néophyte total.

S'y plonger, c'est une chose… Comprendre, assimiler et y prendre plaisir en est une autre!

Alors? Pari réussi où le brouillard est-il épais sous ce crâne?

Wouaou! Ce livre est fabuleux et terrible à la fois.
Fabuleux car il nous rappelle que notre cerveau est un élément riche, intelligent, autonome, complexe, aux capacités infinies et aux prouesses extraordinaires.
Terrible car il nous pose en face de tous les dysfonctionnements de notre société, à commencer par le système éducatif pour se prolonger avec le système politique.
Ainsi se pose la problématique suivante: comment voulez-vous être heureux quand, dès la naissance, l'appareil sociétal marque son emprise pour vous brider, vous formater et vous enfermer dans des petites prisons carrée et grises?

Ce livre est une réussite dans le sens où le cerveau est abordé sous tous ses aspects, de la physiologie en passant par la métaphysique, la psychologie, la sociologie et la philosophie. Dans le sens où l'auteur a le talent d'employer des métaphores rendant tous ses raisonnements et démonstrations limpides et compréhensibles.
Ah je ne dis pas que c'est une lecture totalement récréative car il m'a fallu à plusieurs reprises, et faire des pauses pour laisser la vapeur se dissiper autour de mon crâne, et relire certains passages plus compliqués et techniques que d'autres.

Des auteurs et théories de tous horizons et de toutes époques y sont cités et référencés mais je note toutefois un bémol… les illustrations, à l'exception de l'encart central, auraient mérité une bien meilleure qualité, pour la compréhension.

Mon livre est un hérisson… Depuis toute petite, j'ai coutume de mettre un marque-page à chaque fois que les mots prennent d'assaut mon esprit ou mon coeur… pour ne pas oublier, pour y revenir plus tard. Et celui-ci a doublé de volume avec ces petits bouts de papier partout… Trop long de tout relever mais pour une fois, je vous demande de scroller pour lire quelques citations… elles vous donneront un meilleur aperçu encore de ce manifeste même si, sorties de leur contexte, elles perdent en force d'impact!

Alors certains liront ce traité pour briller en société, d'autres pour le descendre en flèche car il est de coutume de dénigrer certaines vérités géniales et dérangeantes… et puis d'autres, par curiosité et envie d'en savoir un peu plus, de poser des mots sur des évidences de simple bon sens…

Ce n'est pas un recueil de moyens pour booster nos performances dans une logique de toujours plus vite, plus fort, plus loin, plus, plus, plus… c'est un plaidoyer pour davantage d'équilibre et de bonheur…

Je retiendrai la comparaison, qui circule déjà beaucoup sur le net, de notre école dont le rôle est similaire au gavage des oies… comme le résultat est un foie malade pour les animaux, celui de l'humain n'est-il pas un cerveau malade ou tout du moins, bridé et névrosé?
Je retiendrai que tous les désagréments, les inconforts, les malaises qui sont les nôtres tout au long de notre existence ne sont pas forcément le produit d'un cerveau malade, déviant ou déficient mais bien l'expression d'un cerveau rebelle au carcan étriqué et imposé de notre société.
Je retiendrai que sans un minimum de sagesse, d'éthique et de passion, un merveilleux outil comme le cerveau n'alimentera jamais le bonheur d'un être humain.

La liberté de notre cerveau est peut-être une douce utopie dans le quotidien de nos vies, tant nos sociétés sont manipulatrices et versent dans une ingérence insidieuse de plus en plus prégnante… mais savoir que cette liberté est une vérité authentique de notre être apporte un bien fou à notre psyché et une analyse nouvelle de notre monde…

Pour ma part, je ne regrette pas absolument cette immersion dans mon neurone (oui, oui, discutez pas, je n'en ai qu'un mais c'est Batman!), elle a soulagé ma culpabilité, m'a décomplexée et rassurée sur mes choix de vie. C'est un plaidoyer pour la liberté de l'homme et la prise de conscience. Ce sont des mots que chacun d'entre nous devraient lire… soyons libres dans notre globalité en libérant notre cerveau… il ne demande que ça!
Lien : http://livrenvieblackkatsblo..
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J'entendais des sons de cloche variés à propos du curieux personnage qu'est Idriss Aberkane, qui semble tant agacer, mais aussi fasciner. Invité partout, Aberkane se voit offrir des tribunes dans des grands médias (télé, le Point) mais est aussi largement critiqué sur la forme et le fond par un public plus scientifique, notamment pour ses multiples fraudes au CV.
Est-il donc (A) un de ces nouveaux Intellectuels affûtant une pensée globale sur le monde, ou (B) un charlatan beau-parleur faisant dans le bullshit ? A la lecture de cet essai “Libérez votre cerveau” : c'est très probablement la réponse (B).

Libérez votre cerveau” est un essai foutraque, mal écrit, qui tente de vulgariser les sciences cognitives mais dont on ne retient rien ou presque tant il manque de pédagogie.
Car Idriss Aberkane ne sait pas vulgariser. Il tire sur des pages et des pages des concepts très simples au point de les rendre trompeurs par la multiplication d'analogies, mais au contraire n'introduit pas, ni ne développe, les mots et concepts beaucoup plus difficiles qu'il évoque, dont on ne pourra donc rien retenir. On croirait lire le rapport TPE d'un lycéen qui, ne maîtrisant pas certains concepts, aurait considéré plus prudent de paraphraser voire copier la prose de ses sources. L'absence totale de sens dans la structure globale à l'essai rend encore plus difficile l'assimilation des concepts évoqués. Je ne suis pas “neuroergonome” comme M. Aberkane, mais je n'ai pas l'impression que passer du coq à l'âne en permanence aide à retenir les idées...

Mais encore eût-il fallu que la “neuroergonomie”, la “neurosagesse” ou autres concepts fumeux ait quelque sens que ce soit. Car jamais, malgré la répétition du terme “neuroergonomie” il n'en précise les contours. Quelles sont les bonnes pratiques ? Les leviers à actionner ? Il explique avec grand détail les enjeux à venir de l'ergonomie (éducation, mémoire) mais jamais en quoi ce qu'il appelle la « neuroergonomie » peut changer ces domaines ou comment. On a donc l'impression de n'avoir rien appris sur la façon de “libérer notre cerveau”, et l'on sort du livre avec le sentiment pénible qu'il n'est qu'une vitrine où l'auteur markète ses concepts fumeux pseudo-scientifiques.

Par ailleurs, il semble régner dans le livre une certaine confusion dans les termes utilisés, entre nerfs, neurones, cerveau, système nerveux qui n'aide pas à mettre les choses au clair, d'autant que les termes ne sont pas vraiment introduits.
Un vrai chercheur a d'ailleurs a pris le temps de faire le point sur les nombreuses erreurs du livre, de nature à tromper le public de ce livre, essentiellement non-savant :
http://hemisphere-gauche.blogs.liberation.fr/2016/10/31/une-critique-consanguine-du-livre-didriss-aberkane/ Cette nouvelle m'a fait passer de 4 à 3 la note de ce bouquin qui n'avait clairement pas besoin de ça.

Mais encore, on pourrait conserver un peu d'indulgence face à un mauvais ouvrage de vulgarisation... Sauf qu'Aberkane n'en reste pas là, et la deuxième partie de l'essai a pour ambition de développer un point de vue sur l'apprentissage et l'éducation notamment. La dernière partie alterne collection d'anecdotes, rapports d'expériences scientifiques, incantations mystiques à sacraliser le cerveau et lieux communs ; c'est d'ailleurs là où il est le plus pertinent).

Passée la phase de mauvaise vulgarisation, on aborde donc la partie “qui fâche”. Aberkane prend position, pose une suite d'affirmations péremptoires infondées car non prouvées. Évidemment dans le lot, il y a quelques idées intéressantes (mais encore heureux vu les dizaines de thèses jetées en vrac au fil du livre) mais aucune n'est vraiment prouvée, sourcée ou même approfondie. Prenons quelques exemples.

Typiquement, Aberkane sacralise le cerveau et ses fonctions, en donnant la gênante impression de brasser du vide. Cette sacralisation se manifeste par des jugements de valeur péremptoires du style “l'homme vaudra toujours plus que la somme de toutes les machines”, “nous devons le respect à notre cerveau”, jusqu'au délirant “aucune organisation n'a le droit de brûler vos nerfs” (?). Comprenne qui pourra !

Idriss Aberkane promeut sans nuance le biomimétisme, croyance consistant à considérer que la nature est la meilleure organisatrice qui soit, et donc que copier les mécanismes biologiques est la meilleure façon d'améliorer les systèmes. Ce qui est gênant avec cette idée, c'est qu'elle méconnaît les logiques de l'évolution : la nature n'optimise pas parfaitement les processus (sinon par ex, pourquoi les hommes auraient autant de problèmes de digestion ?). L'évolution ne se contente que de favoriser les individus possédant les gènes qui leur permettent de survivre et de se reproduire favorablement par rapport aux autres : c'est une sélection de ce qui suffit à faire mieux, et pas une création de ce qui est le mieux. Ce qui ne veut pas dire que la nature ne peut pas être une source d'inspiration ; mais la consacrer par défaut comme le “mieux”, c'est une posture dogmatique.

De façon plus grave, Idriss Aberkane appelle à ne pas écouter les spécialistes, ce qui est en plus d'être très bête (pourquoi le croire lui, si on ne doit pas croire les spécialistes ?) est assez dangereux, comme le prouve le triste état de désinformation subie par une partie de l'opinion quant à la covid, situation pour la quelle il a lui, dans les pays francophones, une part de responsabilité (voir sa défense sans nuance, en décembre 2020 encore, de Raoult contre le reste du monde).

Mais un ouvrage si rempli de jugements de valeur jamais étayés ni prouvés devrait suffire à conduire les moins sceptiques à, au moins, se méfier et ne pas croire sur parole un tel individu... En fin de compte, on a du mal à se décider : Aberkane est-il très sûr de lui ou au contraire souffre-t-il d'un gros complexe d'infériorité ? Car il se met beaucoup en avant, lui et son CV gonflé à l'hélium, mais en même temps étale son savoir à un point tel que cela en devient ridicule.

Pour finir sur la forme, l'auteur recourt ad nauseam à de figures de styles bateau (ex: « ce n'est pas à la nature de produire comme nos usines mais à nos usines comme la nature »). L'utilisation clairement abusive des chiasmes (au moins un vingtaine, et j'ai dû en oublier...) donne l'impression de lire une anthologie de slogans pseudo-scientifiques. Mais le comble est la pédantrie avec laquelle il essaie d'impression le monde en écrivant sous forme de formules pseudo-mathématiques un concept trivial comme le fait que l'acquisition de la connaissance dépend du temps et de l'attention...

Cela dit, malgré son plan décousu, il y a quelques constantes dans “Libérez votre cerveau” : des termes fumeux jamais définis (neurofascisme, neuronaissance..), des métaphores simplificatrices qui côtoient des termes savants jamais expliqués, des jugements de valeur à l'emporte-pièce justifiés par un proverbe soufi ou un chiasme manichéen, des phrases-slogan populistes qui remettent en cause sans nuance la méthode scientifique ou tout ce qui s'apparente à "l'ordre établi" - sans rien proposer de constructif en retour -, la rigueur et l'exigence imposées en science et l'éducation au profit d'une “créativité” fantasmée, car jamais vraiment analysée.
Aberkane a donc quand même le mérite d'avoir trouvé la recette de sa neurosoupe !
Lien : https://www.senscritique.com..
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Un manifeste enthousiaste, trop enthousiaste ?

Proposer une approche "sage" du cerveau et des possibilités encore mal comprises qu'il offre, c'est le thème aussi prometteur qu'ambitieux de ce livre. le cerveau y est présenté comme le grand oublié de nos sociétés, lui qui nous accompagne depuis toujours, mais dont les mécanismes complexes et invisibles ne comment d'être étudiés dans le détail que depuis quelques dizaines d'années. Il est donc grand temps d'embrasser le sujet !

Comprendre le cerveau et ses fonctionnements entraîne un questionnement plus général sur son environnement, à savoir notre société : pour l'auteur, penser une société en phase avec le fonctionnement naturel de notre cerveau, c'est la repenser de fond en comble, à commencer par le système éducatif.
Si la réflexion est louable et cohérente, c'est également l'écueil de cet ouvrage : à trop vouloir embrasser le débat dans sa globalité, le propos reste éparpillé, tantôt générique, tantôt répétitif.
L'auteur prend une pose volontairement provocatrice ou amusante, ce qui est rafraîchissant et bienvenu, mais il se laisse également emporter par son sujet et néglige l'étape suivante, la proposition concrète, l'application de ses (nombreuses) théories.
Les exemples et anecdotes scientifiques ne manquent pas, les concepts novateurs sont présentés de façon simple et ludique, mais on aurait préféré que le propos se concentre sur quelques idées fortes, plutôt que de multiplier les images à l'envi en posant des hypothèses parfois bancales voire douteuses (le chapitre "neuroergonomie et sexualité" en est un triste exemple).

Le livre reste très intéressant et fournit des pistes de réflexions originales sur la question de notre rapport au cerveau et à l'esprit, il ouvre un discours positif et fertile sur la place de l'homme dans la société, mais manque de ce que le titre semblait promettre : des propositions, applicables et concrètes, pour libérer un cerveau dont on ne présente ici qu'un état des lieux, intéressant, mais sans suite.
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Idriss Aberkane, essayiste, spécialiste des neurosciences, s'est fait connaître par les médias dans les années 2015 en partie par la mise en avant de son CV hors norme dans lequel il indique avoir obtenu trois doctorats au cours d'un parcours dans de très nombreuses universités, notamment l'École normale supérieure, l'université de Paris-Saclay, Polytechnique et Standford. Il est assez critique sur le système d'éducation en général, mais semble toutefois très fier de son parcours universitaire. Cette fierté ostentatoire a éveillé la critique de certains détracteurs (ou jaloux) qui ont trouvé ici ou là quelques exagérations et mensonges dans son CV. Il semble toutefois qu'Idriss Aberkane soit un authentique surdoué (ou HPI comme on dit aujourd'hui), qu'il ait deux doctorats ou trois doctorats ne changent pas grand-chose, il est effectivement bardé de diplômes et son activité en tant que conférencier, youtubeur et essayiste témoigne largement d'une indéniable capacité à assimiler des savoirs dans des domaines assez différents. Il est aussi doté d'un certain talent de vulgarisateur. Faut-il pour autant le saluer comme un génie qui va révolutionner le domaine de sa spécialité les neurosciences ? Attendons pour cela qu'il produise une nouvelle théorie solide.

Pour l'instant, ses conférences diffusées sur YouTube, ses ouvrages et ses interventions dans les médias présentent des aspects intéressants, mais ne semblent pas complètement convaincants et certains de ses propos semblent relever du complotisme. Il possède une indéniable capacité à présenter des sujets scientifiques sur un angle novateur, mais en y regardant de près il n'apporte pas vraiment du nouveau. C'est le cas pour son ouvrage « Libérez votre cerveau ! Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société » publiée en 2016. L'éditeur classe ce livre dans la thématique « santé bien-être » dans lequel peuvent sans doute se ranger tous les ouvrages de développement personnel. Il s'agit d'un traité de neuroergonomie que l'on peut définir de manière simple par l'art de bien utiliser le cerveau humain. La première partie du livre « Libérez votre cerveau » permet à l'auteur de présenter son sujet au travers de quelques exemples tendant à démontrer que le commun des mortels n'utilise pas son cerveau de manière optimale. Il cite les calculateurs prodiges en soulignant que leur cerveau n'est pas plus gros que la moyenne et donc que nous pourrions tous atteindre le même niveau de performance. Pour renforcer cette idée, il prend l'exemple des haltérophiles qui parviennent à soulever des poids énormes grâce à l'augmentation de leur masse musculaire qui découle d'un entraînement intensif. le cerveau lui n'est pas un muscle, il ne peut pas prendre plus de volume, il possède donc dès l'origine le même potentiel pour tous. L'auteur énumère ensuite quelques techniques de mémorisation peu convaincante qui au mieux permettent de retenir des listes d'objets, de dates ou de noms de manière provisoire. Jusque là rien de nouveau sous le soleil. Il cite également l'émission animée par Dechavanne « Les extraordinaires » qui présentait des personnes capables de performances cognitives exceptionnelles notamment dans le domaine de la mémoire. Là encore l'auteur tente de nous démontrer qu'il s'agit de technique et d'entraînement à la portée de tout le monde à condition d'y consacrer du temps et de l'attention. Ce qui permet à Idriss Aberkane de présenter son idée, dans la deuxième partie de son essai, sous la forme d'une équation utilisant des symboles mathématiques qu'il est inutile de reproduire ici : la connaissance = At x M ce qui veut dire que l'acquisition des connaissances exige du temps (t) et de l'attention (A) avec un facteur multiplicateur qui est constitué par la motivation « l'amour du sujet étudié ». L'auteur cite à propos Léonard de Vinci qui affirmait que l'amour est la source de toute connaissance. On ne peut qu'être d'accord avec cette idée et remercier l'auteur de nous proposer une formule simple et parlante pour exprimer ce qui finalement est presque un truisme, mais qui n'est pas forcément présent à l'esprit de tout le monde. Idriss Aberkane a au moins le mérite de nous rappeler un certain nombre de vérités de ce genre, comme par exemple la loi de Soudoplatoff exprimé en 1984 « Quand on partage un bien matériel, on le divise, quand on partage un bien immatériel on le multiplie » (Page 140). Il s'agit là d'une sagesse ancienne rappelle l'auteur « Le savoir est la seule richesse que l'on puisse entièrement dépenser sans en rien diminuer ».

Ces idées sont à la base de l'économie de la connaissance autre thème de prédilection d'Idriss Aberkane. Plus loin il critique le système éducatif « Les cerveaux sont gavés comme des oies, les plus gras d'entre tous vont finir par devenir nos leaders cela provoque des erreurs mondiales, car ceux qui prennent des décisions sont les gens qui ont le plus subi ce gavage intellectuel ». Il aurait pu enchaîner par la célèbre citation de Montaigne « Mieux vaut une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine. ». À ce moment du discours on aurait aimé avoir une description de la méthode personnelle de l'auteur pour acquérir les connaissances d'autant qu'il est bien placé (au niveau du nombre de diplôme) pour nous expliquer sa méthode de travail, son type d'organisation et de gestion du temps qui lui ont permis d'utiliser si efficacement ses dispositions. C'est paradoxalement ce qui manque à cet ouvrage ou l'auteur nous donne des perspectives très optimistes en prétendant qu'il y a en chacun de nous un Mozart ou un Nicolas Tesla » (Page 67), mais sans nous expliquer précisément par quel moyen on peut parvenir à ce résultat. Les techniques exposées sont assez basiques et n'ont rien de révolutionnaire. Par exemple il propose d'enseigner par le jeu, il a des formules intéressantes, mais qu'il ne développe pas vraiment « Chaque connaissance à acquérir peut-être évaluée dans la monnaie que constitue le temps et l'attention, et chacun dispose d'un immense capital en ce domaine à la naissance il faut en avoir conscience et l'utiliser à bon escient ».

Ainsi son abordé de très nombreux sujets de manière assez technique sur le fonctionnement du cerveau et les différentes expérimentations effectuées en ce domaine, mais qui ne font que disperser un peu l'attention du lecteur. Son texte est émaillé d'excellente synthèse sous la forme de citation « La science nous permet de résoudre des problèmes, la sagesse nous permet de les éviter » ou encore « la nature est une bibliothèque, lisez-la au lieu de la brûler », ou bien « Va chercher tes leçons dans la nature, c'est là qu'est notre futur » Léonard de Vinci (Page 276).

Enfin l'ouvrage comporte de nombreuses notes de bas de page très documentées et principalement constituées de références à des articles en langue anglaise publiés dans diverses revues scientifiques. Ces notes font très sérieux et on peut se demander si justement elles ne sont là que pour renforcer le caractère scientifique de l'ouvrage. Une petite bibliographie d'ouvrages en français sur les thèmes abordés aurait été sans doute plus utile et en tout cas plus accessible au lecteur qui souhaiterait approfondir certaines questions.

Finalement j'éprouve un sentiment mitigé sur ce livre. J'ai lu pourtant avec un certain plaisir et beaucoup d'intérêt certains passages, mais l'ensemble manque d'homogénéité et rate un peu l'objectif annoncé « Libérez votre cerveau ». Trop de digressions et de chapitres de nature un peu technique, il manque à cet ouvrage une approche concrète du sujet, j'espérais y trouver une méthode de travail plus précise, un témoignage personnel des difficultés rencontrées par l'auteur dans son cursus et la manière dont il y a fait face. À moins qu'il n'ait eu personnellement aucun besoin de consacrer du temps et de l'attention pour réussir ses études et qu'il a simplement la chance de posséder un cerveau très efficace depuis sa naissance. Si tel est son cas il n'est pas étonnant qu'il ne soit pas en mesure de donner de détails sur ses techniques d'apprentissage.

Ce livre traite néanmoins d'un sujet captivant et l'approche de l'auteur n'est pas inintéressante. Mais son discours n'est pas totalement convaincant et ne fait que donner quelques pistes assez vagues pour "changer l'école et la société" comme l'annonce la page de titre.

- « Libérez votre cerveau ! Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société", Idriss Aberkan, Robert Laffont Pocke( [2018] 358 pages.
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Mon ressenti sur ce livre est mitigé, et c'est certainement mieux ainsi. C'est pourquoi je le recommande.

Comme je m'y attendais, on y trouve du pur bon sens vital et élémentaire. Mais le style trop redondant, doctoral parfois, m'a très vite hérissé le poil car j'avais l'impression que l'auteur cherchait à me conditionner à sa propre vision (je n'aime pas qu'on cherche à m'imposer une forme de pensée, un unique chemin de pensées, je préfère garder mes libertés de mouvements intérieurs).
Plusieurs autres points m'ont gênée dans ce livre. En premier lieu, la juxtaposition de passages aux métaphores trop lourdes et redondantes avec des passages à la limite de l'accessibilité par les néophytes alors que ces derniers passages restaient malgré tout beaucoup trop superficiels (ils auraient mérité plus de détails et d'explications pour être compris de tous les lecteurs). En résumé, certaines métaphores sont belles et limpides alors que d'autres sont totalement obscures. Je reconnais que cet avis est tout personnel et découle en grande partie de mon manque évident de culture « humaine » et « sociétale » (j'étais beaucoup plus à l'aise avec les métaphores liées à la nature).

J'avais énormément d'attentes et de curiosités concernant certains passages, par exemple le chapitre II- Connaître votre cerveau (p. 79). Je suis, pourtant, souvent restée sur ma faim tout en ayant eu l'impression d'avoir été gavée (mais j'ai aussi eu droit de goûter à quelques savoureuses friandises intellectuelles). D'autres chapitres ont mis en branle mes méninges usées par les migraines à répétitions, et j'ai aimé ça ! L'art de frustrer (p. 174) est l'un d'eux. D'autres encore, m'ont énormément fait rire, comme le sous-chapitre Jouer (p. 157), où dès les premiers mots, l'auteur traite ses lecteurs qui n'auraient éventuellement pas encore adhéré à ce qu'il a cherché à leur inculquer jusque là, d' « esprits bas de plafond ».

J'ai aussi quelques doutes sur certains choix éditoriaux. La présentation, très découpée en chapitres, sous-chapitres, sous-sous-chapitres finit par perdre le lecteur. La relecture semble avoir été parfois un peu superficielle ; certaines phrases sont ainsi tellement mal construites ou fausses qu'elles en deviennent incompréhensibles. La mini BD du milieu de livre fait double emploi avec le chapitre qui la précède, en en reprenant mot pour mot de nombreux passages, laissant ainsi au fond de la gorge comme un arrière goût de manipulation et de conditionnement, voire de « foutage de gu... ». Les légendes des illustrations manquent de clarté. Dans le même sens, le fait d'avoir fait le choix de proposer des illustrations et des schémas en noir et blanc leur fait perdre énormément en clarté et en représentation.

Vous me direz certainement que cela fait beaucoup de points négatifs pour un livre que je recommande tout autant que j'avais hâte de le lire. Et je vous répondrai que, premièrement, le fond bien que trop dilué, reste du pur bon sens, et que, deuxièmement, ce que je lui reproche est justement sa principale force : chaque lecteur pourra y trouver ses propres points d'appui pour cheminer « constructivement » au coeur de ces pages. Vous y trouverez de nombreuses références à de grands penseurs, chercheurs, auteurs, scientifiques, poètes... Ce texte est autant riche de ces références à découvrir ou re-découvrir que son auteur l'est d'une culture phénoménale née d'une ouverture d'esprit et d'une curiosité sans limite. Et cela tombe bien, car cette ouverture d'esprit et cette curiosité sont justement ce qu'il cherche à partager dans ce livre, me semble-t-il. Pari réussi à mon avis.
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Citations et extraits (108) Voir plus Ajouter une citation
L'intérêt de l'économie de la connaissance, c'est que le savoir potentiel est infini. Tout ce qui est matériel est fini, mais le savoir potentiel est infini, étant immatériel. Quand on partage un bien matériel, on le divise, quand on partage un bien immatériel, on le multiplie.
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Dans la vraie vie, (...) « plus vous essayez de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte ». Réussir sa vie c'est en prendre le contrôle, c'est assumer son identité, mettre en valeur sa spécificité plutôt que de la brider, assumer sa rondeur quand les trous de la sélection humaine sont carrés, puisque c'est la sélection naturelle qui a validé notre différence. Toute sélection qui n'est pas naturelle est un eugénisme.
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p.37-8.
Dans la vie réelle, au contraire, l’autonomie est la seule voie vers la liberté. Il faut penser par soi-même et dénoncer les absurdités, quelle que soit l’autorité qui les profère ou les pratique.
Mais le pire de tous les mensonges véhiculés par la vie notée, c’est encore celui-ci : pour les choses importantes, le succès et l’échec sont individuels. Pour les choses sans importance, en revanche, ils peuvent être collectifs. C’est un mensonge absolu. De la chasse au mammouth au débarquement en Normandie, en passant par la construction des pyramides, toutes les choses qui changent le monde sont des succès ou des échecs collectifs. En revanche, celles qui ne le changent pas sont toujours des succès ou échecs individuels, c’est vrai.
Qui parmi les lecteurs de ce livre a conservé ses rédactions scolaires ? et les quelques romantiques qui l’auront fait admettront qu’elles n’ont guère changé le monde. Eh bien, une rédaction est notée individuellement, et à l’école, la note individuelle représente un gros coefficient. Le travail personnel encadré (TPE), en revanche, c’est le truc collectif qui n’a aucun coefficient décisif. Dans la vraie vie, travailler en groupe, ça s’appelle coopérer ; à l’école, ça s’appelle tricher. Dans la vraie vie, le travail collectif, c’est sérieux ; à l’école, le travail collectif, ce n’est pas sérieux. Comment s’étonner qu’une humanité nourrie à ces principes soit incapable de coopérer mondialement, aussi bien pour préserver la Terre que pour se préserver elle-même ? comment savoir si aujourd’hui l’école fait plus de bien que de mal ? Ce sont des gens fièrement scolarisés, persuadés de leur valeur individuelle, qui ont commis sans broncher les plus faramineuses atrocités sur terre, preuve que l’excellence scolaire échoue à sélectionner la bonté et l’humanité...
Dans la vraie vie, l’humanité crée une diversité de pensées, de pratiques, de méthodes, d’esprit. Dans la vie notée, l’école dit : « Hors de ma mesure, point de salut. » Pourtant, face à l’échec scolaire, cette même école admet que la priorité, c’est au moins la socialisation de l’élève. Comment alors l’encourager si on ne lui apprend à travailler qu’individuellement ? je suis convaincu que la socialisation, à l’école, se produit par accident, et dans la cour de récréation, pas en classe. Je me demande même quel serait le score de socialisation de l’école par rapport à une cour de récréation permanente. Jusqu’à présent, aucune étude n’a confirmé la supériorité de la classe en ce sens.
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L'adolescence d'ailleurs est appelée "âge bête" par incompréhension : c'est justement l'âge où l'on découvre notre pouvoir de désinstaller des applications parentales, de penser par nous-mêmes, d'être le maître de notre vie mentale. Cet âge de désinstallation, tout comme le premier âge, de la marche, est d'abord maladroit (d'où sa caricature : il paraît "bête"), mais il est primordial dans l'évolution de l'humanité. Car l'homme n'est jamais libre s'il ne sait pas administrer lui-même les logiciels de son mental.
P.272
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Dans la vraie vie, comme l'a dit une sagesse profonde, plus vous essayer de rentrer dans le moule, plus vous allez ressembler à une tarte.
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Thèmes : essai , essai de société , essai philosophique , essai documentCréer un quiz sur ce livre

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