AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782378340834
304 pages
Stéphane Marsan (24/03/2021)
3.86/5   18 notes
Résumé :
Dans le village d'Awafi, à Oman, vivent trois soeurs, toutes à marier. Maya, la couturière minutieuse, épouse Abdallah qui s'éprend d'elle au premier regard. La sage Asma se marie à Khaled par sens du devoir. Quant à Khawla, l'insoumise qui lit des romans d'amour, elle décline les demandes de tous ses soupirants, espérant le retour de l'homme auquel elle a été promise depuis son enfance. Mais Nasser est parti faire ses études à l'étranger, et on a de bonnes raisons ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,86

sur 18 notes
5
1 avis
4
6 avis
3
1 avis
2
1 avis
1
0 avis

Bookycooky
  25 mai 2019
Un livre d'une écrivaine omanaise qui vient de remporter le Man Booker Prize International 2019.
Une histoire sur les femmes, leurs vies, leurs aspirations dans une société gérée par les hommes, la religion et la tradition. Mais l'écrivaine donne aussi la parole aux hommes, qui quand ils n'ont pas de voix, apparaissent comme les méchants, surtout dans ces sociétés patriarcales; or ils n'y sont pas plus heureux que les femmes.
A travers trois générations, et la vie de trois soeurs, l'auteur raconte la vie d'une famille omanaise de notables et cheikhs (personne respectable chez les musulmans), sur fond de l'histoire du pays au siècle dernier et plus particulièrement des années 80 à nos jours. Des restes de l'esclavage ( trafic d'esclaves et d'armes en provenance du Zanzibar était dans le temps leur source de revenues traditionnelles ) à une société un peu plus civilisée, plus humaine.
La femme et la fille soumises, au père, au mari, à la mère,
Le fils soumis au père,
L'homosexualité masculine , partie intégrante de ces sociétés religieuses, où la femme étant taboue, l'homme est plus accessible à l'abus,
L'initiation sexuelle des garçons des familles riches, par le biais de leurs esclaves ou servantes ou selon leurs âges de leurs enfants ( vulgairement appelées “Bas ish-Shaab”, Bus public) , avec comme résultat des bâtards,
Le sentiment de culpabilité imposé à tout sentiment de plaisir.....
Autant de sujets déplaisants qui sillonnent ce récit. Mais le plus déplaisant étant la religion qui gère la vie quotidienne. Une religion dont l'interprétation est laissée aux bons soins d'une poignet de bonhommes plus ignares les uns que les autres, dénués de tout bon sens et conscience ( Les Omanais sont des musulmans Ibadi, une branche relativement tolérante de l'Islam).

Écrit en arabe, la traduction anglaise je suppose n'est pas des plus faciles . Donc difficile de juger la prose assez simple dans la traduction. Quand à la forme, un récit non linéaire, chaque chapitre, un personnage, ses ressentis et son histoire , où le mélange du passé et du présent d'une phrase à l'autre est déroutant. De même, différentes informations concernant le pays jetées pêle-mêle, pour qui ne connaîtrait pas ces contrées. L'arbre généalogique du début du livre aussi n'est pas des plus explicites.
Pourtant j'ai apprécié ce roman pour son côté introspectif qui se passe dans un pays peu ou pas connu dans la Littérature. J'avais acheté le livre bien avant son prix, parce qu'écrit par une omanaise qui vit dans son pays même. Un pays que je connais relativement bien, et qu'à mon avis le plus intéressant de la péninsule arabe, dû à son histoire particulière ancienne et riche, et surtout à son monarque Sultan Qaboos, un homme éclairé, cultivé, idéaliste au pouvoir depuis 1970, l'année où l'esclavage a été totalement aboli à Oman. Un homme qui a beaucoup oeuvré pour son pays et grâce à son intelligence l'a maintenu loin des grands conflits politiques et économiques qui secouent la péninsule arabe depuis quelques décennies, dont précisément le Yémen, son voisin, l'enjeu des grandes puissances.
Ce livre n'a pas été encore traduit en français, mais le sera sûrement prochainement vu le prestigieux prix littéraire qu'il vient de gagner. Je ne peux que conseiller vivement sa lecture aux curieuses et curieux d'autres cultures, d'autres pays.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          859
LiliGalipette
  05 décembre 2020
Dans le village d'Awafi, à Oman, une famille traverse amours et deuils au fil des générations. « Et ma tristesse à moi, qui s'en attristera ? » (p. 9) Maya, Abdallah, Salima, Zarifa, Asma, Khaled, Azzane, Najeya, Khawla, Hanane, Senjar, Chenna et tous les autres, voisins, serviteurs et amis se rencontrent, se mélangent, se trahissent. Les secrets de famille ne restent jamais enfouis pour toujours, même sous la poussière infinie du désert. Et entre ce que les parents veulent pour leurs enfants, sans demander l'avis de ces derniers, et ce que se permet la jeunesse, il y a un fossé. « Les jeunes de maintenant, plus rien ne leur plaît. » (p. 156) Tradition et modernité se côtoient sans se confronter vraiment, mais sans se comprendre.
Avec sa chronologie non linéaire qui ménage avec habileté les révélations et ses chapitres répartis entre plusieurs voix, le roman de Jokha Alharti est admirablement construit. Les prétéritions montrent combien le futur tout entier est contenu dans chaque instant, dans chaque commencement. Pour autant, les souvenirs hantent le présent. Cependant, je ne sais pas si cela tient à la traduction, mais j'ai trouvé le assez plat, voire pauvre par endroit. Cela me déçoit d'autant plus que ce roman est le premier lauréat du Man Booker International Prize traduit de l'arabe. Ce prix fait partie des plus prestigieux de la place littéraire mondiale et j'aurais aimé comprendre pourquoi il a couronné ce livre. Ce dernier est loin d'être mauvais, mais je n'y trouve pas la matière qui mériterait d'être récompensée. Cela dit, les goûts et les couleurs...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Yokay
  09 décembre 2021
Il était une fois une famille de classe relativement aisée, à Oman, sur trois générations.
Voilà l'histoire. Point d'intrigue, d'épopée, de héros. Mais bien plus que cela : la vie.
Dans ce roman qui met la lumière sur plusieurs personnages à différentes périodes, Jokha Alharti nous offre un condensé de la vie omanaise traditionnelle, elle nous présente les rites et croyances, les légendes, la poésie, la littérature, le commerce, le mariage, la naissance, la mort, elle nous raconte l'évolution des moeurs, l'abolition de l'esclavage, le passage au monde contemporain, l'émancipation des femmes.
Un livre choral étonnant, atypique, a priori déroutant par sa temporalité décousue qui part dans tous les sens, mais dont le tableau est subtilement construit. Un organigramme / arbre généalogique, indispensable, permet de ne pas perdre le fils parmi tous les personnages.
J'ai eu l'impression d'être dans une arabesque : quel que soit le point par lequel on l'aborde, on tourne, dans un sens ou un autre, on se promène, on divague, et on revient au point central ou juste à côté, et on repart aussitôt dans une autre direction, et ainsi de suite, avec rapidement une impression de familiarité, puisque certains éléments sont revus, rappelés. Et cette multitude de traits compose un motif riche et cohérent. Et c'était très agréable, en plus d'être instructif et dépaysant.
Il vaut quand même mieux lire ce roman relativement rapidement, sous peine de risquer de perdre le fil et la magie, ce qui serait dommage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
JeanPierreV
  18 mars 2021
"L'amant ne possède jamais sa bien-aimée, quand bien même il s'unit à elle et y trouve son contentement. La bien-aimée [..] est un être libre comme toi, que nul ne peut posséder." 
Merci à l'éditeur Stéphane Marsan qui me proposa cette lecture.
Une lecture pas toujours facile, mais culturellement enrichissante. N'est-ce pas ce qu'on attend d'une lecture.....ce dépaysement, cette découverte d'une culture méconnue, et aussi d'une forme d'écriture originale.
J'avoue que j'ai cherché avant tout à situer sur une carte où se trouve le territoire d'Oman et à donner une place à cet "à peu près c'est là".
J'ai eu quelques difficultés à repérer les liens qui unissent tous les personnages, un arbre généalogique m'aurait sans doute aidé, mais de crainte que me mémoire me trahisse, elle le fait parfois, j'ai pris beaucoup de notes.
C'était me semble-t-il important car la narration n'est pas linéaire, ni chronologique. L'écriture est faite de petits chapitres de une à 4-5 pages présentant un personnage, une action, qui seront  importants pour situer un autre chapitre, un autre personnage, une autre action plusieurs pages après...ou avant!
La couverture de cette édition d'épreuves non corrigées résume à elle seule l'organisation du livre...
Amateurs de puzzle, bonjour !
Oui mais un puzzle sans image permettant de situer la pièce du puzzle par rapport à l'image générale,  l'action ou le personnage...il vous appartiendra de relier les chapitres, les actions ou les noms entre eux....
Brouillon, non bien sûr ! mais exigeant cependant de la part du lecteur. Ce n'est pas un livre qu'on peut lire en ayant la tête ailleurs. C'est sans doute pour cela qu'il fut récompensé en 2019 par le Man Booker Prize International : pour la forme d'écriture et pour la découverte d'une culture méconnue, (en ce qui me concerne) celle de l'État d'Oman en bordure de l'Océan Indien, la vie d'une famille depuis les années 80 jusqu'à nos jours.
Une famille omanaise de notables, des hommes et femmes et de leurs esclaves affranchis.
Des esclaves - faisant pour certains référence à des proverbes originaux - en provenance d'Afrique qui firent la fortune de certains, esclaves qui permettaient aussi de découvrir les joies du sexe, quand on avait la chance d'être le fils du maître..donnant naissance à des bâtards. Depuis l'esclavage a été aboli, les esclaves sont devenus des serviteurs, qui se permettent parfois de répondre au maître de maison.
Familles soumises au père et au mari...et à la religion, s'appuyant sur la tradition, mais ouverte à la modernité. Certaines femmes décident du nom de leur bébé, un nom sans aucun lien avec la tradition, des filles vont étudier en Angleterre, afin de devenir médecins. Des femmes parviennent à imposer et à épouser celui qu'elles aiment et d'autres doivent faire avec celui que le père a choisi pour elles.
Et finalement, tradition et modernité, soumission et émancipation, luxe et pauvreté sont autant de contradictions et d'oppositions qui font cette société, cette lecture.
Oui c'est une découverte littéraire, pas facile, je le concède, la découverte d'une femme auteure, portant foulard traditionnel et quand même professeur d'université..
Lien : https://mesbelleslectures.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Fuyating
  30 juillet 2020
Ce livre nous fait découvrir la vie à Oman, pays invité du salon du livre 2019. Nous y découvrons sa culture, sa religion mais aussi son histoire à travers le destin d'une famille.
L'auteure nous fait suivre trois générations, principalement des femmes (trois soeurs), même si la parole est également donnée à quelques hommes. Je dois avouer avoir eu quelques difficultés à me repérer avec tous les personnages. Heureusement qu'il y a un arbre généalogique (que j'ai mis du temps à comprendre) au début ! L'auteure fait un récit non linéaire, et nous voyageons dans le temps d'un chapitre à l'autre. Cette narration est intéressante puisqu'elle nous permet de recoller peu à peu les morceaux, mais en fait une lecture quelque peu exigeante.
J'ai aimé découvrir le destin de cette famille, leurs joies et leurs difficultés, et j'ai aussi beaucoup apprécié être plongée dans cette société omanaise que je le connaissais absolument pas. Nous en apprenons un peu sur le pays et sur son évolution, notamment avec les trafics d'arme et l'esclavagisme puis l'abolition de ce dernier. Nous voyons également quelques changements dans les mentalités, des femmes qui s'affirment et ne sont plus forcément mariées à des hommes qu'elles n'ont pas choisies (attention, je ne dis pas qu'il n'y en a plus). Mais cela reste tout de même une société très patriarcale. J'ai l'impression que les personnages sont dans l'ensemble assez désabusés.
Je souhaite souligner un fait intéressant : l'auteure nous parle d'un personnage différent à chaque chapitre en notant le prénom en titre et, sauf erreur de ma part, la narration est toujours à la troisième personne, excepté quand elle donne la parole à Abdallah et le récit est alors à la première personne. Je suis très intriguée de ce choix. Est-ce pour elle un homme clé vers qui tous les récits convergent ? Malgré les personnages quasiment tous féminins dont il est question, la première personne est quand même utilisée par un homme. Signe du patriarcat ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90


critiques presse (1)
LeMonde   03 mai 2021
Narré en pur arabe classique avec des dialogues en vernaculaire omanais, ce premier roman a reçu le Man Booker International Prize 2019.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   24 mai 2019
I love the capital*! said Salim. True, it isn’t Dubai, but we can find everything we want here. I didn’t ask him what exactly it was that he wanted.
J’adore la capitale ! dit Salim. Bien sûr ce n’est pas Dubai, mais on peut trouver tout ce qu’on veut. Je ne lui ai pas demandé ce qu’était exactement son « tout ce qu’on veut » .
*La capitale est celle d’Oman, Muscat.
Commenter  J’apprécie          180
YokayYokay   09 décembre 2021
- Tu sais, Asma, répliqua-t-il en riant, cette conception s'appuie sur une légende ancienne selon laquelle les humains étaient tous d'un genre unique, masculin et féminin à la fois, et qu'ils sont les enfants de la lune. Chaque être avait quatre mains, quatre pieds et deux têtes. Mais les dieux ont eu peur que ces êtres n'exercent un pouvoir trop grand, alors ils les ont tranchés en deux, et le nombril qu'on a sur le ventre nous indique le point précis de cette séparation. C'est ainsi que l'humanité s'est trouvée subdivisée en deux genres, et désormais chaque humain est en quête de sa moitié, afin de restaurer son unité perdue.
- Et moi, je suis la moitié qui a été séparée de toi ? murmura-t-elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
JeanPierreVJeanPierreV   18 mars 2021
Tu me parles de ton pays et du pays de tes ancêtres ? Mais quels ancêtres, Zarifa? Tes ancêtres sont des nègres, comme toi, ils viennent d'Afrique, de ces pays où on vous a enlevés avant de vous vendre. » C'est en vain que tu as essayé, Zarifa, de lui expliquer que personne ne t'avait enlevée, que tu étais née esclave parce que ta mère elle-même était déjà esclave avant toi, et ainsi de suite depuis la nuit des temps. Ton esclavage, tu en as hérité en ligne directe de ta mère. Parfaitement, personne ne t'a capturée, et Awafi est ton pays, et les gens qui s'y trouvent sont ton peuple. (P. 141)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
YokayYokay   09 décembre 2021
Tu vois comment les gens se meuvent dans l'existence ? En fait, ce mouvement n'est que la partie émergée de l'iceberg. Sa partie immergée, qui est bien plus considérable, ce sont leurs pérégrinations intérieures, leurs mondes intimes et leur imagination. Lorsque je me suis libéré de l'imagination de mon père, je le suis créé, grâce à mon pinceau, un univers à moi.
Commenter  J’apprécie          20
JeanPierreVJeanPierreV   18 mars 2021
"Sa mère et lui avaient été débarqués sur la côte de Batna, achetés par les marchands d'esclaves qui les avaient revendus à leur tour à d'autres commerçants, jusqu'à ce qu'ils finissent entre les mains du marchand Suleyman. (P. 142)
Commenter  J’apprécie          30

autres livres classés : omanVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Petit quiz sur la littérature arabe

Quel est l'unique auteur arabe à avoir obtenu le Prix Nobel de littérature ?

Gibran Khalil Gibran
Al-Mutannabbi
Naghib Mahfouz
Adonis

7 questions
51 lecteurs ont répondu
Thèmes : arabe , littérature arabeCréer un quiz sur ce livre