AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Critiques sur Soudain, seuls (143)
Classer par :   Date   Les plus appréciées  



Ajouter une critique
Yassleo
15 octobre 2015
Elle ne m'arrange pas trop Isabelle Autissier parce que moi j'aime bien mettre les gens dans des cases comme maman m'a appris: un peintre ça peint, un musicien ça joue de la musique, un navigateur ça navigue. Chacun à sa place, ça me rassure, plus facile pour mon cerveau déjà bien encombré.
Ok mais une Isabelle Autissier ça se range où du coup? Parce que jusqu'à présent je la mettais dans la case Kersauson et Tabarly, suuuuuper loin de Hugo ou Sagan, voyez? Et voilà qu'elle s'est mise à écrire (et ça ne date pas d'hier, autant dire que j'ai raté de sacrés épisodes...) et avec talent en plus la bougresse. Ca m'aurait pas mal arrangé qu'elle écrive comme un pied pas marin. Mais non, faut que madame excelle et vienne chambouler mon rangement.

Pour l'histoire de Soudain, seuls, je vais faire ma paresseuse. En gros, vous imaginez: Koh Lanta moderne, un jeune couple en mode survivor sur une île proche de l'Antarctique, du manchot comme casse-croûte et pas de Denis Brogniart à l'horizon. Plusieurs mois à se dépatouiller, avec promesse d'un retour devant les projecteurs en cas de victoire sur dame Nature. Mais ici, ce n'est pas de la téléréalité, c'est la vraie vie, et ce n'est pas tf1, donc pas de pub.

Ce roman m'a enchantée déjà du fait qu'il présente deux histoires en une (difficile d'en dire davantage sans briser le charme), chacune aussi saisissante et captivante l'une que l'autre. Et on est face à une merveille d'écriture, sobre et soignée, dans un style ni trop peu ni trop. Aucun mot à rajouter, pas une ligne à retirer.
Isabelle Autissier sait transmettre les émotions et les états d'âme de ses personnages sans emphase ni voyeurisme malsain. Elle sait tenir son lecteur en haleine avec une aventure psychologique et humaine sans sombrer dans un excès de péripéties rocambolesques. Elle sait nous faire voyager dans des décors inédits sans crouler sous des effets cartes postales à deux euros. Elle sait enfin adroitement amener son lecteur à s'interroger sur le sens de la vie et sa propre existence sans le juger ni le condamner.
Bon, elle a tout pigé en fait: elle sait écrire. Respect donc, I am bluffèd.

Du coup pour en revenir à mon rangement cérébral, je vais me séparer de Marc Levy dans ma case écrivain pour faire de la place à cette grande dame. Voilà, tout est en ordre maintenant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10810
nameless
19 juillet 2015
On ne peut dire un mot sur ce roman, sans préalablement rappeler l'éblouissante trajectoire d'Isabelle Autissier : ingénieur agronome, spécialisée dans l'halieutique, première femme a avoir réalisé un tour du monde à la voile en 1991, présidente du WWF France, ambassadrice de la Fondation de France et de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme, chroniqueuse radiophonique sur France-Inter, et quand il lui reste un peu de temps : romancière.


Ludovic et Louise forment un couple dissonnant et pourtant amoureusement soudé depuis 5 ans. Lui, le navigateur, grand, costaud, beau gosse, “Un homme à succès. Les vêtements et la tignasse perpétuellement en bataille : un signe d'assurance sociale du type qui peut se permettre de briser les codes ?” (p. 170). Elle, la montagnarde, petit gabarit à l'apparence fragile, au physique banal qui la rend un peu transparente aux yeux des autres. “Elle a cheminé dans l'enfance et l'adolescence sans attirer l'attention, mais avec bonne volonté, comme pour se faire pardonner. On disait d'elle qu'elle était sans histoire” (p.31) Elle a été flattée que Ludovic s'intéresse à elle et l'aime. Ensemble, ils décident d'aller affronter les 40èmes rugissants et 50èmes hurlants à bord du Jason, promesse d'aventures quasi-mythologiques et de conquête de leur propre toison d'or.


Aventuriers curieux et insouciants, ils débarquent sur l'île interdite de Stromness pour une randonnée. Une tempête, le Jason englouti, les voilà soudain seuls dans une nature hostile. Il ne leur reste qu'à s'organiser pour vivre et rapidement survivre en attendant peut-être, un jour, l'arrivée miraculeuse de scientifiques qui viennent au printemps faire des études dans cette réserve naturelle. Comment le couple va-t-il résister à ces conditions météorologiques et psychologiques extrêmes dans lesquelles le courage physique ne s'apprend pas mais s'expérimente, dans lesquelles leur amour réciproque va être confronté à leur instinct de survie individuel ? C'est le thème central du roman. Bien que “Soudain, seuls” ne soit pas un thriller (encore que...), il renferme un puissant suspense qu'il convient, à mon sens, de préserver pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ses futurs lecteurs. C'est la raison pour laquelle, je ne dirai pas un seul mot à propos de la seconde partie.


Je préfère attirer l'attention sur le style d'Isabelle Autissier. J'ai eu l'impression au cours de cette lecture, qu'elle écrit, comme probablement elle prépare son bateau avant une course : en éliminant le moindre gramme inutile susceptible de l'alourdir et donc de le ralentir. La prose est brillante, rapide, les mots précis, choisis pour restituer avec justesse les émotions de ses personnages, sans digression, sans surcharge.


J'ai apprécié également le message écologique contenu, en filigrane, dans son récit. Stromness, cette île au milieu de nulle part entre la Patagonie et l'Afrique du Sud, 150 kms de long sur 30 de large, découverte au XVIIIème siècle, a rapidement attiré les phoquiers et autres massacreurs de baleines qui voyaient dans cette si abondante faune “des barils de graisse” et de douces fourrures. Plus tard, “on était passé au XIXème siècle à un stade industriel du massacre. On s'avisa alors qu'il était plus commode et surtout plus rentable d'établir sur l'île même les ateliers de traitement des carcasses et d'entretien des navires et des hommes. Par bateaux entiers, on avait apporté de quoi construire ces usines du bout du monde et loger les pauvres bougres qui n'avaient rien à envier aux gueules noires des Midlands” (p.48).


A ce rythme d'abattage frénétique, la faune se rarefia avant de disparaître. Il était bien temps d'abandonner cette terre auparavant inviolée, pour en faire une réserve naturelle interdite aux visiteurs. Les prédateurs humains n'ont laissé derrière eux que des ruines industrielles rouillées, des rats apportés dans les bateaux, grands dévoreurs d'oeufs des nombreuses espèces pondeuses endémiques. Les lecteurs intéressés peuvent facilement découvrir sur Internet de très belles photos de Stromness, saisissantes, qui montrent à la fois sa beauté sauvage et le désastre écologique perpétré, photos qui donnent plus de force, plus de réalisme au roman d'Isabelle Autissier.


Le thème de l'île déserte, de la robinsonnade est universel et résonne en chaque lecteur qui du coup, raisonne. L'histoire de Louise et Ludovic “tend un miroir à notre société sophistiquée, mais où le déclassement et le dénuement guette chacun. Elle rejoint certaines théories de retour à la nature, forcé ou consenti, qui refont aujourd'hui surface” (p.211). Même sur Babelio, il existe une rubrique des livres que chacun d'entre nous emporterait sur une île déserte. Alors une suggestion, pourquoi pas “Soudain, seuls” ?


Merci à Babelio et aux Editions Stock pour ce cadeau très apprécié.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          820
domisylzen
23 janvier 2017
Ils sont grands. Ils sont beaux. Ils sont forts. Ils sont intelligents. Ils sont jeunes.
Lui est passionné par la mer. Elle, par la montagne. Leurs vies se croisent et s'entrecroisent. Pour sceller leur union et ne pas tomber dans la routine, Ludovic persuade Louise d'aller faire une bonne virée en bateau pour découvrir quelques endroits reculés de notre jolie planète. Elle sera difficile à convaincre, mais finira par accepter pour ne rien regretter plus tard.
Leur aventure bégayera sur les cinquantièmes rugissants alors qu'ils sont en reconnaissance sur une île interdite aux touristes et que d'un coup de baguette magique le vent fasse disparaitre leur moyen de navigation.
Soudain, seuls et livré à eux-mêmes avec peu d'espoir d'être sauvé puisque cette île n'est ni sur le parcours de la marine marchande ni touristique.
Alors que faire ! Que faire pour survivre !
C'est cette question mille fois traités dans la littérature mondiale qu'Isabelle Autissier s'interroge et nous interroge avec ce livre.
Et dès le premier chapitre le ton est donné, je me suis littéralement laissé faire. J'ai fait confiance à l'auteure et grand bien m'en a pris car je me suis retrouvé pris dans tourbillon d'aventures que ne je ne me suis pas lassé d'arpenter. Isabelle Autissier est aussi forte pour nous peindre les décors de la vie sauvage que pour nous décrire la palette des émotions qui tiraille nos deux héros. Un langage vif et léger, doux et violent nous renvoie à nos propres craintes : et-moi comment m'en sortirai-je ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          693
Kittiwake
27 juillet 2015
Les aventures de Robinson Crusoe, c'est une petite promenade de santé à côté de ce que vont vivre Louise et Ludovic, partis naviguer sur les mers australes.

En effet, l'île qui les retient prisonniers à la suite d'une tempête qui a libéré leur navire de ses amarres n'est pas un paradis terrestre. C'est un caillou désertique, avec quelques ruines rouillées d'une station baleinière, pas de fruitiers, pas de végétations : le régime sera hyperprotéiné ou ne sera pas si l'on ne trouve pas rapidement le moyen de capturer la faune résidente : des manchots ou des oiseaux, otaries le dimanche. de quoi faire disparaître des excédents graisseux si l'on en a.
Ce ne sera pas non plus une expérience de solitude : et c'est pire. Dans l'adversité, la vie de couple est mise à mal, les griefs quotidiens font remonter à la surface d'autres malaises plus profonds, enfouis sous des concessions quotidiennes. Mais là, l'enjeu est de taille, c'est de survie qu'il s'agit. Les décisions pèseront lourd sur l'avenir.
Si Louise s'en sort c'est au prix d'un délabrement physique, récupérable celui-là, mais aussi d'une prise de conscience inévitable inhérente à cette épreuve initiatique. L'abondance, le confort, les multiples intermédiaires qui masquent l'origine de nos biens, nous font oublier à quel point nous sommes démunis dans une nature hostile, moins adaptés que le moindre animal, plus fragiles que nos ancêtres lointains.

C'est un beau roman d'aventures, doublé d'un thriller psychologique et d'une étude sociale : autant dire un plat complet pour dévoreur de livres.
L'écriture est en phase avec le sujet, la documentation est fouillée : c'est du zéro faute.
A lire sans modération

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          680
Nastie92
21 juillet 2015
Ce livre me donne envie de partir sur une île déserte, juste pour le plaisir de savourer de nouveau ces pages sublimes sans être dérangée ni interrompue pendant ma lecture.
Pourquoi ? Lisez-le et vous comprendrez. Je ne veux rien vous dévoiler, et vous laisser le plaisir de la découverte. Découverte que j'ai faite en attaquant ma lecture sans rien savoir : je n'ai lu ni la quatrième de couverture ni aucune critique, rien. Et je m'en félicite.
Je connaissais les exploits de navigatrice d'Isabelle Autissier, et je m'attendais à un récit passionnant de ses aventures maritimes. Je ne savais rien de ses talents d'écrivain. Quelle formidable surprise, et quel bonheur de lecture !
Dès le début, je comprends mon erreur : ce n'est pas un récit que j'ai sous les yeux, c'est un roman. Et quel roman !
Dès les premières lignes j'apprécie le style et le contenu m'enchante. Je suis conquise et n'ai qu'une envie : découvrir l'histoire, me laisser emporter par les mots de l'auteur.
Tous les ingrédients sont là pour faire de ces pages un roman extraordinaire. Le fond et la forme : tout y est.
Le fond : une histoire prenante, captivante, qui vous remue de la tête aux pieds et ne vous lâche plus.
La forme : un style magnifique. Du travail d'orfèvre. Chaque phrase est taillée avec soin. Chaque mot est à sa place. Rien ne manque, rien n'est en trop. Et les émotions vous sautent à la figure, vous prennent à la gorge.
Ce roman m'a secouée comme j'aime qu'un livre le fasse. J'ai envie d'en parler à tout le monde autour de moi, de crier par la fenêtre "lisez-le" tout en brandissant mon exemplaire. Voilà dans quel état je suis ! Un état second dans lequel seuls quelques livres très rares savent vous plonger. Que c'est bon !
Vous qui n'avez pas encore lu "Soudain, seuls", je vous envie. Vous allez pouvoir à votre tour vivre les heures passionnantes que j'ai vécues dans ces pages. Saisissez votre chance !
Vient maintenant le temps des remerciements.
Les premiers vont à Isabelle Autissier, naturellement. Merci, merci, pour ces heures enchantées, et pardonnez-moi de n'avoir pas votre talent pour mieux vous exprimer ma reconnaissance.
Un immense merci à Babelio qui par ses opérations masse critique nous offre régulièrement de formidables découvertes.
Et merci aux éditions Stock pour ce cadeau précieux. Cette année, le père Noël est passé chez moi en juillet !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          6713
palamede
22 décembre 2016
Les voilà soudain seuls sur l'île, Jason a disparu, l'ancre a probablement chassé avec le coup vent de la nuit, laissant filer leur bateau. Le merveilleux tour du monde tourne au cauchemar, car l'aventure est implacable pour les deux jeunes parisiens en mal de sensations.

Perdue au milieu de l'Atlantique sud, l'ancienne station baleinière où ils ont atterri est déserte, et ses ressources sont pauvres. Ils n'ont que quelques otaries, manchots et autres pétrels à se mettre sous la dent, et encore, ils vont devoir se battre pour les tuer et les conserver. Face aux écueils de ce milieu hostile, la tension va crescendo. Le couple s'empêtre dans ses dissensions ; l'amour devient haine, la folie le guette.

Isabelle Autissier nous livre un conte cruel sur les difficultés des citadins à survivre dans une nature sauvage. Elle met à mal les rêves d'aventure de ceux qui veulent tout quitter pour une vie à laquelle ils ne sont pas préparés. Bien que le sujet ait été de multiples fois traité, la navigatrice romancière parvient à nous happer avec force, tout en délivrant un message écologique nécessaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          542
Annette55
16 décembre 2016
Voici un ouvrage fort, prenant, bouleversant, étonnant, glaçant !

Un roman dense, un roman " voyage" fascinant, tout en tension, frissonnant, captivant, remarquablement écrit, lu d'une traite .....une force psychologique qui nous tient en haleine, d'une manière angoissante au sein d'un cruel et décisif huit- clos au départ d'un voyage riche et prometteur de belles émotions positives !

Comment résister, survivre au froid, à l'épuisement, à la faim, à la solitude ?
Comment sauver sa peau loin de tout ? Que ferions - nous dans une telle situation?
Comment s'organiser, lutter contre le désespoir? Apprendre les gestes de survie dans une nature aimée devenue aride et hostile ? En compagnie des otaries et des manchots ? Comment rester "normal "face à soi et à l'autre "dans des conditions extrêmes ? Comment ne pas régresser ? Se laisser aller ?
Comment recommencer à vivre si l'on s'en sort ?
Comment grandir dans les épreuves ?

L'écriture est sobre et élégante, simple et aérée , travaillée au millimètre à l'aide de magnifiques descriptions, au plus près des sentiments intimes qui traduisent l'effroi, la douleur, la peur ,le piège funeste de ce couple d'amoureux parti pour rêver dont l'odyssée vire au cauchemar ......
L'auteur s'investit avec une belle sensibilité , une analyse remarquable, beaucoup de doigté ......
Je n'ai pas l'habitude de lire des romans d'aventures mais celui-ci nous oblige à une réflexion incroyablement enrichissante sur les réflexes de survie dans un milieu hostile, sur le sens de la vie, sur le face à face avec l'autre, surtout , surtout avec nous- même......

Un livre coup de poing réussi que l'on va garder en soi ....pourtant j'ai hésité à le lire car il était encensé par la presse , ce dont j'ai tendance à me méfier.....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          517
TheWind
31 octobre 2015
« Il y a un an exactement, Jason, embouquait le canal de Beagle, emmenant deux gosses enivrés de bonheur vers une île prometteuse. »

Cette phrase résonne comme un incipit enchanteur, comme une invitation au voyage, comme une bouffée de liberté et de joie.
Mais ce serait trop facile. D'ailleurs, ce n'est pas l'incipit de ce roman mais son excipit.

Jason, c'est le nom d'un bateau, un voilier plus exactement. Un voilier « lourdaud et ventru » mais « leur bateau, leur maison, le véhicule de leur liberté. »
Le bateau de Ludovic et Louise, couple de trentenaires, partis à l'aventure, heureux, libres, amoureux.
Lorsqu'ils accostent sur cette île déserte, qui n'est autre que l'île de Stromness, située entre la Patagonie et le Cap Horn, ancienne station baleinière laissée à l'abandon, les deux aventuriers sont ravis.

«  C'est si simple, si beau, quasi indicible. La baie encerclée de tombants noirâtres, l'eau qui scintille comme de l'argent brassé sous la légère brise qui se lève, la tache orangée de la vieille station et le bateau, leur brave bateau, qui semble dormir, les ailes repliées, pareil aux albatros du matin. »

Cet endroit du bout du monde est idyllique. Et pourtant, le rêve ne sera bientôt plus qu'un cauchemar.


Un an plus tard, l'aventure de Louise et Ludovic fait la une des journaux.

Les gros titres sont parlants :

« Échappée de l'enfer », «  La rescapée du froid » , « Louise Flambart : la mort en face », «  Elle survit au bout du monde ».

Autant d'articles qui évoquent le froid, la faim, la solitude...


Que s'est-il passé ?
C'est cette histoire-là que nous raconte Isabelle Autissier. La navigatrice en solitaire s'adonne également aux plaisirs de l'écriture. Pour le plus grand plaisir du lecteur.
Elle n'a pas son pareil pour décrire les sensations et sentiments éprouvés lorsqu'on se retrouve soudain, seuls, au bout du monde, coupés de tout, tels Robinson sur son île déserte, avec pour seule compagnie : des manchots, des otaries, et des rats. Compagnie qui ne tardera pas à devenir le seul moyen pour ne pas mourir de faim.
Elle n'a pas son pareil également pour décrire cette lente mais inexorable progression vers le retour à l'état sauvage. Quand plus rien ne compte que sa propre survie...


C'est une fiction bouleversante et qui sonne terriblement vrai !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          500
Lolokili
28 mars 2017
Entre potes ou en famille, une semaine à la voile c'est souvent l'extase intégrale (si tant est que les moussaillons aient passé l'âge de rendre leur quatre-heures sur le pont arrière dès le premier roulis).

Chez Autissier la notion de plaisance est un peu plus musclée. Son jeune couple de citadins en mal de ressourcement a pris le large pour un périple ambitieux. Appareillage en Normandie, traversée de l'Atlantique et cabotage le long des côtes sud-américaines jusqu'à la Terre de Feu, puis cap vers l'Océan Indien. Et c'est là comme qui dirait le début des contrariétés…

Ce n'était que l'introduction, et désormais il sera bien moins question de navigation que de tentative de survie sur une île coupée du monde.

Soleil de plomb, cueillettes miraculeuses et jupette en fibre de bananier (faut vraiment que t'arrêtes de regarder Koh-Lanta toi)... tu te vois déjà robinsonner quelques semaines en amoureux en attendant la cavalerie ?
Nenni.
Ici chérie c'est l'Atlantique Sud et ses Cinquantièmes hurlants, quelques 800 milles à l'est des Malouines (et non pas «entre la Patagonie et le cap Horn» selon la quatrième de couverture qui nous prend vraiment pour des truffes en géo). Panoramas prodigieux, glaciers terrifiants, pétrels géants et colonies d'otaries, manchot à volonté au petit-déjeuner, et au déjeuner, et aussi au dîner pendant qu'on y est, tout est compris dans le forfait. Quelque part entre 28 et 32 sur l'échelle de la paumitude en milieu hostile, c'est pour dire.

Impossible toutefois de lâcher ce récit pourtant féroce. L'aventure idyllique sombre dans une atmosphère inévitablement glaçante, toujours plus oppressante, mais d'une plume aussi harmonieuse qu'efficace Cap'tain Autissier, qui cumule décidément bien des talents (c'est un peu énervant), raconte à merveille les conditions extrêmes et la détresse humaine, inspirant qui plus outre d'intéressantes pistes de réflexion sur l'instinct de survie et la perte des repères sociaux. Captivant de bout en bout.

Unique restriction personnelle, rapport aux vacances à la voile et aux mouillages sauvages je ne suis plus très sûre de mon enthousiasme... (merci bien Isabelle).



Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          478
madameduberry
29 septembre 2015
Profondeur du titre. Excellente construction du roman, dont il est très difficile de parler sans en trahir le ressort. Habituellement, c'est sur la mer qu'on est en danger. Ici, c'est la terre ferme qui est menaçante, parce qu'inhospitalière et qu'elle transforme un lieu de liberté, la mer, à son tour en prison.Lui le navigateur et elle l'alpiniste ont l'habitude des situations où le corps plein de santé est sollicité à l'extrême dans le sport. Très vite, les corps sont éprouvés dans leur capacité à vivre et bientôt à survivre.Et chacun expérimente combien le psychisme (le "mental" des sportifs) est fondamental pour soutenir le corps défaillant.
Louise et Ludovic passent d'un moment à l'autre dans l'envers du décor. La nature n'est plus la toile de fond de leur quête d'authenticité et de liberté, mais le cadre indifférent de leur propre struggle for life. Redevenus prédateurs parmi les prédateurs, ils perdent le lien social réduit à sa plus simple expression: celle du duo, ou du couple. Chacun, seul.
Le style de ce livre est d'une fluidité et d'une force évocatrices extraordinaires.
Il y avait longtemps qu'un livre d'aventure ne m'avait autant passionnée, et je l'ajoute à ma liste: le livre que rien ne m'a fait lâcher avant le mot "fin"
Il y avait longtemps qu'un livre ne m'avait autant réfléchir sur les rapports de l'homme et de la nature, et les rapports des hommes entre eux..
Sans hésitation, cinq étoiles, et la certitude que je relirai ce voyage au bout de la condition humaine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          452


Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
322 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre
. .