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Gilles Deleuze (Autre)
EAN : 9782070369591
288 pages
Gallimard (29/06/1972)
3.93/5   1505 notes
Résumé :
Tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception, me croient mort. Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité. Quoi que je fasse, je n'empêcherai pas que, dans l'esprit de la totalité des hommes, il y a l'image du cadavre de Robinson. Cela suffit - non certes à me tuer - mais à me repousser aux confins de la vie, dans un lieu suspendu entre ciel et enfers, dans les limbes en somme... Plus près de la mort qu'aucun autre homme, je suis du même coup plus... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
3,93

sur 1505 notes

michfred
  19 juillet 2015
Robinson Crusoé, je l'ai rencontré trois fois.
Ma première rencontre était toute filiale: mon père (ce héros au sourire si doux) lisait à ses filles, le soir au coin du feu, le livre de Daniel Defoê, un de ces "livres de garçon" qu'il avait aimés, enfant - peut-être pour oublier qu'il n'y avait que des pisseuses pour l'écouter. Nous écoutions d'ailleurs religieusement, passionnées surtout par l'installation de Robinson- ah ces pisseuses, si platement domestiques parfois!- , et par ses rapports avec le pauvre Vendredi,que nous trouvions gentil mais un peu neu-neu..
La deuxième a été touristique et parisienne: venue à Paris avec mes parents pour la première fois, nous écoutions tous les trois avec le plus grand respect -c'était avant 68...- un gardien de la paix , comme on disait encore, nous expliquer comment nous diriger, quand nous avons vu passer, derrière nous, place Vendôme, sortant du Ritz et se rendant sans doute chez van Cleef et Arpels, une vieille momie embijoutée, couverte d'un long manteau de fourrure et portant un improbable couvre-chef, large comme un sombrero, tout en fourrure lui aussi. le policier s'est alors tourné vers nous avec un sourire malicieux: "Vous avez vu? C'est Robinson Crusoé!". j'en ai conclu -un peu hâtivement- que les flics parisiens étaient cultivés et pleins d'humour...
Ma troisième rencontre a été littéraire et décapante: c'était - nous y voilà!-en lisant le livre de Michel Tournier!
Le vieux mythe du rescapé débrouillard et du bon sauvage domestiqué en a pris un coup! L'épisode pour moi le plus troublant a été ce retour à la soue, cette régression nécessaire de Robinson à l'utérus de notre mère la Terre, avec l'incroyable épisode des mandragores incestueuses, nées de sa copulation frénétique avec la Grande Mère...On était bien loin du Robinson britannique, keep a stiff upper lip, tâtillon et super-organisé...Back to the trees, le Robinson de Tournier! Vendredi à côté avait tout d'un coup l'air bien raisonnable, même s'il était évident qu'il avait lui aussi des choses à reprendre en main, et bien des doléances à présenter à l'Occident civilisateur...la colonisation étant passée par là.. Et il a commencé à piquer à ce psychopathe de Robinson le titre du livre. Plus de "Robinson", place à "Vendredi"!!
Aussi ai-je été furieuse de voir ce magnifique et tonique récit perdre toute saveur et toute couleur quand Tournier s'est avisé de châtrer son texte -exit les mandragores et la fornication dans les terriers- pour le mettre à la portée des mioches, comme s'ils ne pouvaient lire le vrai, en attendant peut-être encore un peu...
Quand je relis Vendredi -le hard, pas le light- je pense toujours à cette chanson de Higelin:
"A faire l'amour avec la terre,
j'ai enfanté des p'tits vers blancs,
qui me nettoient, qui me digèrent,
qui font leur nid au creux d'mes dents!"
Oui," Vendredi" de Tournier, rencontre du troisième type: un grand moment de méditation philosophique et d'émotion littéraire!
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Allantvers
  15 juillet 2021
Troublant et magnifique voyage dans la transmutation d'un homme depuis sa vile condition matérielle jusqu'à la plénitude solaire de sa véritable nature.
Pour me soustraire aux bruits du monde, j'ai découvert avec ce riche roman un nouveau lieu de réclusion littéraire après La montagne magique de Thomas Mann : c'est l'île de Robinson, personnage central du livre, fouettée de vents purificateurs, gorgée de vie primale, de ressources inviolées, de terre féconde et de secrets ancestraux au fonds de ses grottes.
Le chemin est long et douloureux, sexe et mort s'imposent et se confondent pour Robinson qui viole la terre de l''île qui en retour le psychanalyse de force. On est loin de Vendredi ou la vie sauvage, la version pour enfants qui fit pourtant déjà tant rêver alors...
Terre d'exil et de découverte de soi, cette île magique agit comme une porte d'accès à la catharsis, pour peu qu'à l'instar de Robinson on se dépouille, aidé de Vendredi, de ses oripeaux sociaux et matériels, et que l'on abandonne sa volonté de contrôle pour parvenir à un état de quasi divinité solaire. Et à la paix absolue des dernières pages du roman.
Incontournable!
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MarieC
  28 janvier 2013
Dans ce roman - dont j'avais lu une première approche avec Vendredi ou la vie sauvage, adaptation pour enfants de ce texte - Michel Tournier revisite le Robinson Crusoe de Defoe. Mais si l'intrigue est la même - Robinson se retrouve seul survivant d'un naufrage sur une île déserte où il doit survivre avec ses seules ressources, avant de trouver un compagnon, Vendredi, et d'être sauvé par un navire de passage - le point de vue est totalement différent. Michel Tournier explore les implications intimes et psychologiques de la solitude, chez un homme entiérement livré à lui même. Après l'espoir d'être sauvé, le renoncement et la tentation de l'animalité, Robinson reconstruit, jusqu'à l'absurde, une société ordonnée et policée, dans un espace sans société. Un enfermement qui vole en éclat sous l'impulsion de Vendredi, d'abord vu comme un sauvage à civiliser, avant de devenir celui par qui Robinson acceptera sa propre personne. D'une très grande richesse d'analyse et d'écriture, ce livre est à lire et à relire, pour la beauté des images, la richesse des symboles (ah, la harpe éolienne) et la profondeur de la réflexion sur le psychisme humain. Un classique du 20e siècle.
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gouelan
  22 février 2016
Robinson, naufragé sur cette île de la désolation, contraint de vivre sur un ilot de temps perdu dans l'espace, se retrouve entre ciel et enfers, dans les limbes du Pacifique. Il n'a pas de barreaux devant les yeux, mais cette immense « plaine métallique clouée par les flèches du soleil », qui l'hypnotise et le désole. Il n'existe plus pour l'humanité, tous le croient mort.
Il s'arrache enfin à la vue de l'Océan, l'espoir renaît. Cependant, la construction de l'Évasion lui fait entrevoir sa grande solitude. Il est livré à son seul point de vue et, sans la présence d'autrui, il se perd dans son obsession, aucune distraction ne vient le déranger, il en oublie un élément essentiel ; le problème de la mise à flot de son embarcation.
L'homme sans autrui sur une île va devoir revoir son échelle des valeurs. Le vice, devient la souille, dans laquelle Speranza, l'île qui représente désormais son seul avenir, le chasse quand elle devient mauvaise. La souille représente la défaite de l'homme ; l'abandon, la résignation, le renoncement. La vertu est le courage, la force, l'affirmation de soi, la maîtrise de l'île.
Accepter son île et se faire accepter d'elle devient alors son objectif. Il domestique l'île et il domestique le temps. La clepsydre lui donne une impression de pouvoir, de maîtrise. Restaurer le temps équivaut pour lui à reprendre possession de lui-même. La culture, l'élevage, l'écriture, les rituels et la clepsydre l'empêchent de devenir un homme sauvage.
Mais l'arrivée de Vendredi va faire voler en éclats cette belle organisation. Deux points de vue s'opposent : celui de l'Anglais méthodique, avare et mélancolique, et celui du natif primesautier, prodigue et rieur. Ainsi débute une nouvelle vie sur l'île pour Robinson.
Sa métamorphose continue. Cette île cachée qu'il avait aperçue derrière Speranza va se montrer dans toute sa splendeur. Robinson sera désormais transporté dans cette nouvelle île, dans « ce moment d'innocence », loin de sa tentative de domesticité de l'île. Hors du temps, hors de la civilisation. Robinson a trouvé son équilibre. La solitude ne lui pèse plus, il est en accord avec les éléments de l'île. Sans la présence d'autrui, il n'y a plus d'individu, il n'y a plus de « je ». Robinson se confond avec les éléments.
Le bouc tué par Vendredi, transformé en cerf-volant musical, qui s'élève dans les airs, est à l'image du nouveau Robinson. Il s'est élevé lui aussi, il devient un « être solaire », un sage, vivant hors du temps, dans un éternel instant, hors de l'humain.
Enfin, il se rend compte, lorsque le Whitebird accoste l'île, qu'il ne peut plus retourner dans le monde des hommes, dans ce monde de ruines, de violence, de cupidité et de vulgarité. Il a trouvé une autre façon d'exister. L'absence d'autrui l'a libéré, lui a fait entrevoir un monde différent, aérien, éternel, dans lequel il fusionne. Mais, sans la présence d'autrui, Robinson existe-t-il encore ?
Roman d'aventures qui aborde la question d'autrui, de la société, de la religion, de la connaissance et de la perception. Un roman riche, philosophique intrigant et fascinant.
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filippo
  14 mai 2017
Michel Tournier revisite l'aventure de Robinson Crusoé avec une profondeur philosophique et une élégance de style encore jamais atteinte dans la série.
Robinson a toujours été perçu comme le héros de la reconquête de l'homme sur la nature, de la reconstruction du monde ancien sur une terre nouvelle. Robinson, comme Prométhée, s'oppose à la nature et décide d'organiser le monde à sa façon. Absurdement il agit dans sa vie solitaire comme si autrui était encore là. Il nie la solitude et ses effets. Pourtant, chez le Robinson de Defoe, elle ne peut qu'exister. Voilà ce que Michel Tournier a été le premier à montrer quand dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique il a posé comme problématique non la reconquête du monde perdue mais la vie sans autrui et les changements d'objectif qu'elle implique.
Contrairement au roman de Defoe qui s'attarde sur la jeunesse de Crusoé, tout débute ici par la scène du naufrage précédée d'une inquiétante séance de cartomancie dans lequel le capitaine van Deyssel révèle sous forme codée sa vie future à Robinson. Puis survient le naufrage et les différentes tentatives de Robinson pour apprendre à vivre sans autrui et notamment pour transformer sa sexualité : après la soue qui l'avilit en le ravalant au niveau des bêtes, Robinson se jette dans une tentative de récréer le monde dont il vient tout en amorçant sa lente transformation en un être solaire, élémentaire qui s'épanouit dans l'île en dehors de toute contrainte et de tous tourments.
Le processus est déjà bien amorcé quand surgit Vendredi qui précipite les choses en détruisant involontairement tous les édifices construit par Robinson pour singer la société anglaise puis en lui proposant une autre vie, plus épanouie et tournée vers le ciel. Quand le premier bateau arrive dans l'île, Robinson n'est déjà plus apte à vivre parmi les hommes et choisit, au contraire du Robinson de Defoe, de demeurer dans l'île de Speranza. Tournier a ainsi montré un lent et fascinant processus de métamorphose étroitement lié au questionnement sourd de Robinson sur le but de sa vie.
En plus de sa profondeur philosophique, le roman est merveilleusement bien écrit avec quelques paragraphes d'une poésie touchante idéale pour un premier contact avec ce roman difficile.
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Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
filippofilippo   29 février 2016
Un fleuve de douceur coulait en lui. C'est alors qu'il eut la certitude d'un changement, dans le poids de l'atmosphère peut-être, ou dans la respiration des choses. Il était dans l'autre île, celle qu'il avait entrevue une fois et qui ne s'était plus montrée depuis. Il sentait, comme jamais encore, qu'il était couché sur l'île, comme sur quelqu'un, qu'il avait le corps de l'île sous lui. C'était un sentiment qu'il n'avait jamais éprouvé avec cette intensité, même en marchant pieds nus sur la grève, si vivante pourtant. La présence presque charnelle de l'île contre lui le réchauffait, l'émouvait. Elle était nue, cette terre qui l'enveloppait. Il se mit nu lui-même. Les bras en croix, le ventre en émoi, il embrassait de toutes ses forces ce grand corps tellurique, brûlé toute la journée par le soleil et qui libérait une sueur musquée dans l'air plus frais du soir. Son visage fermé fouillait l'herbe jusqu'aux racines, et il souffla de la bouche une haleine chaude en plein humus. Et la terre répondit, elle lui envoya au visage une bouffée surchargée d'odeurs qui mariait l'âme des plantes trépassées et le remugle poisseux des semences, des bourgeons en gestation. Comme la vie et la mort étaient étroitement mêlées, sagement confondues à ce niveau élementaire ! Son sexe creusa le sol comme un soc et s'y épancha dans une immense pitié pour toutes choses créées. Etranges semailles, à l'image du grand solitaire du Pacifique ! Ci-gît maintenant, assommé, celui qui épousa la terre, et il lui semble, minuscule grenouille collée peureusement à la peau du globe terrestre, tourner vertigineusement avec lui dans les espaces infinis...
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LutopieLutopie   25 novembre 2021
Il ne restait plus rien des longs poils blancs et bruns, de la barbe et de la chair. Même l’intérieur de la tête avait été parfaitement nettoyé. Quand Vendredi revint vers Robinson ce jour-là, il brandissait à bout de bras un superbe crâne blanc et sec avec deux magnifiques cornes noires, annelées et en forme de lyre. Ayant retrouvé par hasard la cordelette de couleur qu’il avait nouée au cou d’Andoar, il l’attacha à la base des cornes, comme on met un noeud dans les cheveux des petites filles. — Andoar va chanter ! promit-il mystérieusement à Robinson qui le regardait faire. Il tailla d’abord deux petites traverses de longueur inégale dans du bois de sycomore. Avec la plus longue, grâce à deux trous percés latéralement à ses extrémités, il réunit les pointes des deux cornes. La plus courte fut fixée parallèlement à la première, à mi-hauteur du chanfrein. Un peu plus haut, entre les orbites, il plaça une planchette de sapin dont l’arête supérieure portait douze étroits sillons. Enfin il décrocha les boyaux d’Andoar qui se balançaient toujours dans les branches d’un arbre, mince et sèche lanière tannée par le soleil, et il la coupa en morceaux égaux d’un mètre chacun environ. Lorsqu’il le vit tendre entre les deux traverses, à l’aide de chevilles, les douze boyaux qui pouvaient garnir le front d’Andoar, Robinson comprit qu’il voulait fabriquer une harpe éolienne. La harpe éolienne est un instrument qu’on met en plein air ou dans un courant d’air, et c’est le vent qui joue de la musique en faisant vibrer les cordes. Toutes les cordes doivent donc pouvoir retentir en même temps, sans discordance, et il faut qu’elles soient accordées à l’unisson ou à l’octave. Vendredi fixa de chaque côté du crâne une aile de vautour pour rabattre sur les cordes le plus faible souffle de vent. Puis la harpe éolienne trouva place dans les branches d’un cyprès mort qui dressait sa maigre silhouette au milieu des rochers, en un endroit exposé à toute la rose des vents. À peine installée d’ailleurs, elle émit déjà un son flûté, grêle et plaintif, bien que le temps fût tout à fait calme. Vendredi écouta longtemps cette musique si triste et si douce qu’elle donnait envie de pleurer. Enfin, il fit une grimace de mépris, et leva deux doigts en direction de Robinson. Il voulait dire par là que le vent trop faible ne faisait vibrer que deux cordes sur douze. Il fallut attendre la prochaine tempête qui ne se produisit qu’un mois plus tard pour qu’Andoar consente à chanter à pleine voix. Robinson avait finalement élu domicile dans les branches de l’araucaria où il s’était fait un abri avec des plaques d’écorce. Une nuit, Vendredi vint le tirer par les pieds. Une tourmente s’était levée, et on voyait dans le ciel livide la lune glisser rapidement comme un disque entre les nuages déchirés. Vendredi entraîna Robinson vers le cyprès. Bien avant d’arriver en vue de l’arbre, Robinson crut entendre un concert céleste où se mêlaient des flûtes et des violons. Le vent redoublait de violence quand les deux compagnons parvinrent au pied de l’arbre-chantant. Attaché court à sa plus haute branche, le cerf-volant vibrait comme une peau de tambour, tantôt immobile et frémissant, tantôt emporté dans de furieuses embardées. Sous la lumière changeante de la lune, les deux ailes de vautour s’ouvraient et se fermaient au gré des bourrasques. Ainsi Andoar-volant et Andoar-chantant semblaient réunis dans la même sombre fête.
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ChatDuCheshireChatDuCheshire   12 février 2016
C'est alors qu'une statue de limon s'anima à son tour et glissa au milieu des joncs. Robinson ne savait plus depuis combien de temps il avait abandonné son dernier haillon aux épines d'un buisson. D'ailleurs il ne craignait plus l'ardeur du soleil, car une croûte d'excréments séchés couvrait son dos, ses flancs et ses cuisses. Sa barbe et ses cheveux se mêlaient, et son visage disparaissait dans cette masse hirsute. Ses mains devenues des moignons crochus ne lui servaient plus qu'à marcher, car il était pris de vertige dès qu'il tentait de se mettre debout. Sa faiblesse, la douceur des sables et des vases de l'île, mais surtout la rupture de quelque petit ressort de son âme faisaient qu'il ne se déplaçait plus qu'en se traînant sur le ventre. Il savait maintenant que l'homme est semblable à ces blessés au cours d'un tumulte ou d'une émeute qui demeurent debout aussi longtemps que la foule les soutient en les pressant, mais qui glissent à terre dès qu'elle se disperse. La foule de ses frères, qui l'avait entretenu dans l'humain sans qu'il s'en rendit compte, s'était brusquement écartée de lui, et il éprouvait qu'il n'avait pas la force de tenir seul sur ses jambes.
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filippofilippo   14 mai 2017
Je sais maintenant que chaque homme porte en lui -- et comme au-dessus de lui -- un fragile et complexe échafaudage d'habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s'est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables. Privée de sève, cette délicate efflorescence s'étiole et se désagrège. Autrui, pièce maîtresse de mon univers... Je mesure chaque jour ce que je lui devais en enregistrant de nouvelles fissures dans mon édifice personnel.
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ChatDuCheshireChatDuCheshire   14 février 2016
Pourtant il y avait une voie de salut, car si Vendredi répugnait absolument à la terre, il n'en était pas moins aussi élémentaire de naissance que je l'étais moi-même devenu par hasard. Sous son influence, sous les coups successifs qu'il m'a assénés, j'ai avancé sur le chemin d'une longue et douloureuse métamorphose. L'homme de la terre arraché à son trou par le génie éolien n'est pas devenu lui-même génie éolien. Il y avait trop de densité en lui, trop de pesanteurs et de lentes maturations. Mais le soleil a touché de sa baguette de lumière cette grosse larve blanche et molle cachée dans les ténèbres souterraines, et elle devenue phalène au corselet métallique, aux ailes miroitantes de poussière d'or, un être de soleil, dur et inaltérable, mais d'une effrayante faiblesse quand les rayons de l'astre-dieu ne le nourrissent plus.
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Vidéo de Michel Tournier
Enseignante à l'Institut Universitaire Tous Âge d'Amiens, Micheline Foré avait invité Michel Tournier à présenter une conférence dans ce lieu. En raison de problèmes de santé, celui-ci lui proposa plutôt une rencontre chez lui au Presbytère de Choisel. S'en suivirent des échanges amicaux entre l'écrivain et l'enseignante. Leur rencontre eut lieu en mai 2008 en compagnie de sa fille Blandine et de deux amis, Françoise et Jean-Claude Leleux qui filma l?entretien. La librairie du Labyrinthe les remercie tous de lui avoir confié ces images afin de les monter et de les diffuser pour le plaisir de tous.
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