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EAN : 9782366294491
450 pages
Éditeur : Editions ActuSF (15/02/2018)
3.87/5   27 notes
Résumé :
C'est à Landor qu'on trouve la plus importante école de serviteurs de Civilisation. Ceux qui en sortent, les factotums, savent repasser le linge de leur maître, réciter sa généalogie et éviscérer ceux qui le regardent de travers. Leur fidélité, garantie par des années de lavage de cerveau à la lessive patriotique, n'est plus à démontrer. C'est pourquoi, lorsque Sylve trahit son seigneur et lui dérobe une précieuse relique, c'est l'incompréhension... puis la chasse à... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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boudicca
  29 mars 2018
Après un premier tome de bonne facture paru en 2016 (« Anasterry »), Isabelle Bauthian revient en ce début d'année 2018 avec la deuxième version de sa série « Les Rhéteurs ». Un second tome qui peut se lire de manière totalement indépendante et qui ne posera donc aucun problème de compréhension majeur à ceux qui n'auraient pas le temps (ou l'envie) de lire le précédent opus. le lecteur découvrant l'univers risque toutefois de passer à côté d'un certain nombre de références à des événements politiques ou des personnages déjà mis en scène qui ajoutent évidemment à la complexé, et donc à la qualité, de l'ensemble. le roman met cette fois en scène un nouveau personnage, un certain Sylve, cherchant à échapper à ses anciens collègues factotums et à regagner son honneur perdu depuis qu'une de ses connaissances a volé un objet de grande valeur appartenant à son employeur. Factotums ? Des combattants redoutables et de grands érudits qui assument le rôle de domestiques auprès des plus grands seigneurs de Civilisation. Experts aussi bien dans l'art de la guerre que dans celui du pliage du linge, capables de mémoriser des siècles d'histoire et d'apprendre des dizaines de langues, les factotums constituent la crème de la crème des serviteurs. « Des guerriers d'intérieur ! », se moquent leurs détracteurs. « Les serviteurs idéaux ! », rétorque l'école de Landor qui s'occupe depuis des décennies de la formation des candidats aspirant au prestigieux statut. Seulement les honneurs et le respect, c'est bel et bien terminé pour Sylve à qui ses anciens professeurs entendent bien faire payer sa négligence ayant entaché la réputation de l'ordre. La seule chance de salut de notre héros consiste à remettre la main sur l'objet volé ainsi que sur son voleur, envers lequel il éprouve malheureusement des sentiments ambigus qui n'ont pas tous à voir avec la haine... Déjà compliquée, la situation du pauvre homme va de plus considérablement se corser lorsqu'il va se retrouver embarqué bien malgré lui dans les combines politiques du retors chef de la Guilde des Épices.
Après Anasterry, place donc à Grish-Mère, une autre baronnie qui constitue le principal décor de ce second tome. le récit alterne entre chapitres au présent relatant la quête de Sylve pour se dépatouiller de tous ses ennemis, et passages au passé dans lesquels on découvre son enfance et le contenu de sa formation de factotum à Landor. L'alternance est bien dosée et permet au roman d'évoluer selon un rythme enlevé. L'auteur ne se prive d'ailleurs pas de jouer avec le parallèle entre événements passés et présents afin de rehausser le potentiel dramatique de telle scène ou surprendre plus sûrement encore le lecteur lors d'une révélation. L'intrigue est maîtrisée de bout en bout et promet de jolies surprises, qui sont cela dit loin de constituer le seul et unique atout de ce roman qui se révèle à mon sens bien meilleur que le premier (qui était pourtant déjà fort sympathique). Parmi les points positifs de cette série, on peut sans aucun doute mentionner la qualité de son univers qui, sans être d'une complexité folle, n'en demeure pas moins suffisamment riche pour entretenir la curiosité du lecteur. L'action des deux premiers tomes (et vraisemblablement des suivants) se déroule dans un royaume baptisé de manière fort objective « Civilisation », lui même composé de quatre baronnies et d'un gouvernement central qui ne gère de toute évidence plus grand chose. Chacune de ces baronnies possède un système politique sensiblement différent que l'auteur se propose de nous faire découvrir, Grish-Mère succédant ici à l'utopique Anasterry. On ne sait rien, ou presque, de ce qui se passe en dehors des frontières de Civilisation, si ce n'est que les personnages font souvent référence à une guerre de grande ampleur les ayant opposé à leurs voisins et dont la paix qui a suivi a permis l'essor des guildes. Parmi celles ayant le vent en poupe, on trouve notamment la Guilde des Épices à la tête de laquelle on retrouve le jeune Thélban Acremont, le charismatique compagnon d'arme du prince de Montès déjà mis en scène dans Anasterry. On comprend vite que le personnage occupe une place centrale dans les événements politiques qui menacent de bouleverser l'équilibre du royaume (notamment en matière d'armement), mais l'auteur ne nous donne pas encore toutes les clés pour cerner les véritables enjeux.
La majorité de l'action se déroule ici dans la baronnie qui donne son nom au roman, Grish-Mère, une région qui se distingue des autres par bien des aspects, à commencer par son décor. Il s'agit en effet de la seule baronnie insulaire de Civilisation, isolée du reste du continent par la mer qui ne se retire que quelques fois par mois pour permettre aux caravanes et voyageurs d'emprunter la route menant à l'île principale. Autre élément intéressant (qui peut paraître anecdotique mais qui aura son importance) : l'existence de failles à la taille et au potentiel destructeur varié, capables d'engloutir les passants distraits ayant eu le malheur de poser le pied sur l'une d'elles. La plus grande originalité de Grish-Mère vient cela dit moins de son décor que de son organisation politique puisque on a affaire à une baronnie gérée par des femmes, pour les femmes. Comment cela se traduit-il concrètement ? D'abord, ce sont des femmes qui occupent tous les postes clés de la cité, non seulement à la tête de la baronnie mais également dans les différents corps de métier. le culte de la Déesse-Mère, également vénérée dans les autres baronnies, est également célébré par un clergé exclusivement féminin et les rituels pratiqués le sont en fonction du cycle féminin (menstruations, grossesse...). Bref, les femmes ont la conquête totale de l'espace public où elles ne subissent aucune violence d'aucune sorte par les hommes : pas de paroles dégradantes, pas de gestes déplacés, et encore moins de viols. Ce pouvoir donné aux femmes passe aussi par l'appropriation du langage par les habitantes de Grish-Mère qui optent pour une féminisation des mots (on ne dit pas « gens » mais « gentes » ; le féminin l'importe sur le masculin d'un point de vue grammatical...). le procédé aurait pu se révéler très indigeste, mais l'auteur s'y prend avec suffisamment d'habilité pour que cela ne devienne pas redondant et que cela ne gène pas la fluidité de la lecture (à titre de comparaison, j'ai trouvé ma lecture de certains passages du dernier roman de Jeanne A. Debats en écriture inclusive beaucoup plus désagréable à lire). Les réflexions de l'auteur autour de la place de la femme dans la société et l'importance de remettre en cause les clichés et comportements sexistes font évidemment fortement échos à notre actualité, et c'est à mon sens l'une des plus grandes réussites de ce roman. le sujet n'était pourtant pas évident à traiter, et si l'auteur parvient à échapper aux écueils typiques de ce genre de d'exercices, c'est avant tout parce qu'on découvre cette baronnie par les yeux du narrateur qui (et c'est le moins qu'on puisse dire !) ne voit pas du tout d'un bon oeil ce renversement de la « hiérarchie des sexes ». Loin d'être bluffé ou admiratif par les particularités de Grish-Mère, le personnage fait preuve d'un esprit critique qui frôle bien souvent la mauvaise foi mais qui permet au lecteur de repérer les travers de cette société certes féminine mais pas féministe.
Le regard très critique posé par Sylve est cela dit contrebalancé par la personnalité franchement déplaisante du personnage. Résolument machiste (il s'insurge de voir des femmes se promener dans la rue avec des cheveux courts ou des tenues moulantes), notre narrateur est de plus raciste et homophobe. Sylve ne cache en effet pas son aversion pour les dilués (comprenez les anciens adversaires de Civilisation ayant été altérés par la magie) et n'a pas de mots assez forts pour manifester son dégoût des hommes qu'il estime manquer de virilité (« tantouze », « tapette », les expressions de ce type sont légion). On pourrait se dire que tant d'intolérance rendrait le personnage franchement détestable et que le lecteur éprouverait pour lui une telle antipathie qu'il serait incapable de s'intéresser à son histoire, seulement là encore, l'auteur fait preuve de beaucoup de finesse, décortiquant les raisons qui poussent le personnage à adopter un tel comportement (peur et frustration, le duo gagnant). En dépit de tous ses défauts (pourtant franchement rédhibitoires !), Sylve se révèle malgré tout attachant, et ce par bien des aspects. Cela tient d'abord à sa façon de s'exprimer qui varie en fonction de si le personnage s'adresse à autrui ou se parle à lui-même. Dans le premier cas, Sylve fait preuve d'une politesse impeccable et use d'un langage très soutenu à la limite de l'obséquiosité. Dans le second, il ne se prive pas de dévoiler ses véritables sentiments avec un langage cru et une gouaille qui donne lieu à des passages savoureux qui ne manqueront pas de faire sourire le lecteur. C'est du contraste entre les deux niveaux de langage que naît l'humour qui permet de voir le personnage sous un jour plus sympathique. Mais l'attachement du lecteur provient aussi et surtout de la sacrée évolution de Sylve tout au long du roman, le personnage des dernières pages n'ayant plus grand chose à voir avec l'abruti arrogant, moralisateur et pétri de stéréotypes des premières pages. Ce long cheminement intérieur, Sylve le doit aussi bien aux événements auxquels il se trouve mêlé qu'aux personnages auxquels il se trouve confronté. Parmi les influences décisives sur le jeune homme, on peut notamment citer deux personnages déjà connus des lecteurs d'Anasterry et qu'on retrouve ici avec un grand plaisir : le chef de guide Thélban et la guerrière Constance.
Isabelle Bauthian signe avec ce second tome des « Rhéteurs » un très bon roman à la lecture duquel je ressors totalement conquise. Bien plus maîtrisé qu'« Anasterry », « Grish-Mère » met en scène un personnage complexe qu'on aimerait détesté sans pouvoir s'y résoudre, le tout dans un décor qui permet à l'auteur d'explorer plus précisément la politique de son univers tout en traitant de questions d'actualité qu'on a plaisir à voir ainsi décortiquées dans un roman de fantasy. Inutile de vous dire que j'ai hâte de lire la suite qui se focalisera cette fois sur une autre baronnie dont il a déjà été question dans Anastery, celle de Montès. Une belle découverte, que je vous recommande chaudement.
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Dionysos89
  04 novembre 2018
Contrairement à ma chère et tendre, j'ai tenté de lire Grish-Mère, d'Isabelle Bauthian chez les éditions ActuSF, sans avoir lu Anasterry (même autrice, même éditeur). Bien m'en a pris, puisque la lecture en est indépendante !
Un monde vaste porteur d'enjeux très proches des nôtres
Grish-Mère est le nom d'une des principautés composant une vaste presqu'île et qui se caractérise par un régime politique porté sur le matriarcat. Cette première mention n'est pas anodine, car cette baronnie coexiste avec des voisinages le plus souvent hostiles à cette vision de voir la société. Cette première prise de position touche à la fois l'intrigue et le décor. En effet, le lecteur va découvrir un monde volontairement construit pour se poser des questions sur son propre environnement social et politique au sens large ; mais cela est tout à fait oubliable si vous vous concentrez sur le fait que l'existence de ce matriarcat (ou tout autre élément de l'intrigue d'ailleurs…) n'est qu'un élément de fantasy parmi d'autres, au même titre qu'une certaine magie ou que des créatures fantastiques. C'est là tout l'avantage de la fantasy : elle fait semblant d'avancer masquée avec ses mondes imaginaires, mais elle comporte en fait diablement plus de thématiques à explorer qu'une littérature se voulant un simple reflet du réel.
Sylve, antihéros malgré lui
Dans ce roman, nous suivons le dénommé Sylve, factotum de son état. Factotum ? Non, ça ne vous dit rien ? C'est normal. Imaginez que pour contenter les grands nobles du continent, une école ait été montée pour former des serviteurs d'élite, des hommes ou des femmes qui excellent tant dans tous les domaines qu'ils sont à la fois des guerriers hors pair et des majordomes plus que zélés. Sylve est donc de ceux-là après achevé sa longue formation. Sauf qu'on ne le retrouve pas au service du noble chez qui il a été placé, mais en bien mauvaise posture, car il doit récupérer une relique dérobée sous son nez s'il veut un jour retrouver son honneur et donc sa place. Sylve nous fait alterner entre son enfance de héros, dans son « école de servitude », et son présent durant sa quête. Il cherche, il cherche encore l'objet de celle-ci, mais il finit constamment par se faire violemment avoir : pour un factotum renommé, il faut avouer que c'est incongru ! Il aimerait bien, et il se le dit très souvent, être plus proactif, mais malheureusement il passe son temps à réagir, tant il est obligé par ses antagonistes à s'adapter sans cesse. Galère après galère, il finit par être pris au piège par une guilde influente qui le mène au doigt et à l'oeil dans les ruelles de Grish-Mère où il compte bien trouver ce qu'il cherche.
Un roman étonnant qu'il faut prendre le temps d'aborder
Grish-Mère est marquée par une assez longue entrée en matière : nous arrivons véritablement dans ce lieu qu'à partir de la centième page ; avant cela, nous découvrons le personnage central (« sa vie, son oeuvre » globalement, à moins que ce ne soit « ses amis, ses amours, ses emmerdes »…), et ce d'une façon il nous apparaît vraiment omniprésent, puisque nous suivons tous ses faits et gestes, mais également ses moindres réflexions mentales. Il y a un but de la part de l'autrice à ainsi mettre lourdement en scène les pensées de Sylve. Il est en passe de voir son petit monde de factotum s'effondrer et suivre tout ce qui lui passe par la tête sera utile pour comprendre et appréhender ses éventuelles réflexions, irritantes ou non. Mais en tout cas, de fait, ce choix de début, alors même que les premières scènes sont plutôt enlevées et bien rythmées, peut surprendre le lecteur qui ne s'y attend pas. Par contre, une fois apprivoisé ce drôle de factotum, la liste se lit avec plaisir et nous mettons nos pas dans les siens en sachant qu'à chaque coin de rue de Grish-Mère un mauvais tour nous pend au nez.
Grish-Mère est donc une belle découverte, tant du point de vue du propos que du style de l'autrice, qui peut par contre surprendre négativement au départ si on ne comprend pas le but recherché.
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tchouk-tchouk-nougat
  02 mai 2018
Factotum n.m. (lat facere, faire, et totum, tout). Personne qui s'occupe un peu de tout, notamment des travaux mineurs.
Petit Larousse Illustré.
Définition qui correspond exactement à Sylve, factotum de son état. Une Personne qui s'occupe de tout, certes, mais à un niveau d'expertise inégalé que ce soit pour organiser le diner ou pour combattre des ennemis. C'est dire si la déchéance est grande si l'on met en doute son honneur!
Je remercie l'éditeur ActuSF et Babelio pour l'envoi de ce livre m'ayant permis une très agréable découverte. Il est vrai que lorsque que je l'ai sélectionné dans la liste Masse Critique, je n'avais absolument pas vu que c'était un tome 2. D'ailleurs ce n'est pas du tout mis sur la couverture. Une raison à cela je pense, c'est que ça se lit de façon totalement indépendante. Enfin il me semble vu que je n'ai pas lu le tome un. Peut être que les lecteurs du tome 1 comprendront plus vite certains points de l'univers. C'est vrai que j'ai mis plusieurs chapitres avant de comprendre le fonctionnement de Civilisation et de ses différentes baronnies, que j'ai mis du temps à comprendre qu'est ce que c'était un "mi-homme" et qu'elle forme prenait la magie. Mais rien d'insurmontable.
J'ai bien aimé cet univers, un peu original, de Civilisation. le pays se compose de 5 baronnies. Anasterry faisait l'objet du premier tome, on s'intéresse ici à Grish-mère. Une baronnie féministe et matriarcale, un peu à l'image des amazones. Un prétexte pour nous faire réfléchir sur l'égalité homme-femme. Et l'on parle pas mal de Landor, qui abrite l'école des factotums dont est issu Sylve. Au delà de Civilisation, se trouve Outre-Civilisation dont on parle très peu mais qu'on fini par comprendre être le pays des mi-hommes (races mi humaines mi autre chose) plus ou moins en guerre. Un autre prétexte pour parler de la peur de l'étranger et du racisme.
J'ai bien aimé les personnages également, souvent ambigus ou ayant une capacité de développement impressionnante. Ainsi notre héros va nous apparaitre tout de suite sympathique. Au début de l'histoire il est en fuite autant qu'en quête. C'est qu'on l'accuse complice d'un vol et son honneur ainsi que son emploi de factotum sont mis en péril. Il va donc, avec ses capacités hors norme pour le combat et l'observation (et tout un tas d'autres choses), décider de rechercher l'homme qui a volé son employeur ainsi que l'objet du délit. Puis on s'aperçoit que c'est un homme rigide, raciste, homophobe, orgueilleux, hautain et prétentieux. Avec en plus l'esprit étriqué par une éducation trop rigoriste. Bref... franchement des fois il ne parait pas sous son meilleur jour. Mais il va progressivement se libérer de ce carcan, des idées qu'on lui a fourré dans le crane, pour devenir à la fin de l'histoire quelqu'un d'autre. Un bon point même si certaines ficelles sont un peu grosses comme l'homophobie cachant une attirance sexuelle inavouée... mais là encore c'est prétexte pour parler de l'homophobie.
Ce qui m'a moins plut, c'est le style d'écriture. A coté du récit narratif, s'entrecoupe des pensées des personnages. Je pensais au départ que ça rendrait la lecture étrange, et bien pas du tout, c'est très bien passé. Cela donne même un petit coté humoristique décalé plutôt plaisant et rafraichissant. Non ce que j'ai eu du mal c'est l'utilisation à tir larigot de mots vulgaires, que ce soit dans les pensées des personnages (ce que l'on peut comprendre) où dans la narration pourtant pas à la première personne (beaucoup plus perturbant). Ainsi s'enchaine les "tronches de tantouzes", "se peler les miches", "couter une blinde", "autre chose à branler", "bouffer de la merde", " foutre la gerbe", "chatte poilue" et autres "glandeuse de gonzesse" . Même si j'ai fini par m'y habituer ça m'a sérieusement gêné dans ma lecture. Surtout qu'il y a quelques phrases à rallonge pas très claires qui nécessitaient parfois une relecture plus lente pour bien en saisir le sens. Et une relecture plus attentive de la part de l'auteur aurait permis de corriger les quelques fautes d'orthographes et nombreuses coquilles glissées dans le texte... Ca aussi c'est un peu désagréable...
J'ai terminé sur les points négatifs mais globalement ce fut une lecture sympathique qui a permis d'aborder des thèmes d'actualités comme l'homophobie, le racisme ou l'égalité homme-femme. le récit comporte en plus beaucoup de retournements de situation, un joli développement et une fin adaptée qui nous laisse l'envie d'en apprendre plus sur l'univers.
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oursinculte
  22 février 2018
Isabelle Bauthian avait sorti son Anasterry sous le label indépendant Bad Wolf avant son ActuSF-isation, et c'est aujourd'hui l'éditeur qui propulse le second tome des Rhéteurs : Grish-Mère. Vous pouvez retrouver mon avis sur Anasterry sur le cri du troll, mais sachez que les deux romans sont indépendants donc vous pouvez tout à fait lire Grish-Mère sans avoir lu le précédent.
En effet, ce nouveau bouquin reste dans l'univers de Civilisation mais on part avec un nouveau héros, dans une nouvelle aventure. Sylve est un factotum, un serviteur de luxe de Landor qui sait tout faire, cuisine, couture, rhétorique, défonçage de crâne, un Alfred de la castagne à louer. Il officiait au château de Réor quand on a dérobé une relique sacrée à son seigneur. le coupable, Loquet, Baron des malandrins, s'est servi de Sylve pour arriver à ses fins et c'est un peu la honte pour un factotum. Notre héros va s'enfuir avec sa hache et son parler bourrin pour retrouver le voleur et son butin. Objectif : Grish-Mère, baronnie matriarcale où se planque le chenapan. Mais sylve va se retrouver empêtré dans une sale affaire avec la guilde des épiciers avant d'arriver à son but, et ce n'est que le début des ennuis.
Ce qui partait comme une simple quête de rédemption se mêle à une trame politique mêlant le factotum, la société de Grish-Mère, la guilde des épiciers et quelques surprises en chemin. Sylve va être recruté par Thélban (qu'on avait déjà croisé) et sa guilde pour découvrir se qui se trame dans son dos, et il va ainsi rencontrer quelques alliés, ennemis, mais pour beaucoup ils sont quelque part entre les deux. La galerie de personnages est très intéressantes, on s'amuse à situer les relations qui les unissent en même temps que Sylve mais c'est un poil compliqué ! J'ai mis un peu de temps à rentrer dans le truc, entre Thélban, Lévain, Constance, Céleste et les autres, qui ont tous des relations un peu « libres », va comprendre ce qui se passe là-dedans… Et l'histoire joue avec cette confusion pour faire son petit twist rigolo qui va bien, au moment où tout est enfin en place et qu'on s'est attaché à ces gens.
Isabelle Bauthian reprend un peu le principe qu'on avait sur Anasterry, c'est-à-dire une fantasy raffinée qui brasse beaucoup d'idées et de problématiques sociales. Beaucoup de situations vont confronter des idéologies et des cultures opposées pour faire frémir un gros bouillon d'idées, un petit feu d'artifice de préjugés, de stéréotypes et de mépris qui se télescopent et laissent le lecteur se démêler dans tout ça. La bonne nouvelle, c'est que j'ai trouvé le procédé plus intéressant ici, moins binaire que sur Anasterry (ou alors c'est moi qui y ait trouvé plus de choses à digérer, c'est vous qui voyez). La culture de Grish-Mère est un modèle matriarcal pur jus, l'autrice y est allée à fond, culte de la Terre Mère, position sociale inférieure pour les hommes, avantage du genre féminin dans la grammaire, et même un rôle sacré des menstruations assez rigolo. J'avoue, au début et sur certains passages, j'ai trouvé ça un peu gros, on nous présente des positions idéologiques caricaturales qui zappent toute nuance.
Mais, finalement, sur ce coup-ci, j'ai plus adhéré. le thème assez évident du féminisme est abordé certes avec de bien gros sabots par moments, mais le fait de lui opposer un contre-poids tout aussi subtil en la personne de notre cher Sylve permet de faire un joli cocktail. Parce que le héros de cette aventure est un bon vieux bourrin des campagnes, toute l'histoire nous est racontée de son point de vue. Quand il parle il prend ses manières de factotum civilisé prout-prout, mais à l'intérieur c'est une autre histoire, le monsieur a un langage assez… fleuri… Au début on se dit que c'est un gentil boeuf pas bien subtil au grand coeur, mais petit à petit on découvre son intolérance, ses petites touches de racisme, agrémentées d'un soupçon de misogynie. Il y va de ses remarques sur les « gonzesses », les « tarlouzes », les « dilués », et on commence à se dire que c'est un « pas si chic type » en fait.
Pourtant, contrairement à ce qu'on pourrait croire en lisant jusqu'ici ma prose merveilleuse, Grish-Mère ne se contente pas de poser un gros macho arriéré au pays des féministes hardcores pour les regarder se foutre sur la gueule (on a Twitter pour ça). On va aller un peu plus loin, parce que le propos interroge assez intelligemment l'origine de ces comportements, l'importance de l'éducation et du formatage des individus dans leurs interactions sociales. A travers son aventure, Sylve nous balance à la figure ses gros préjugés mais il fait un cheminement sous sa carapace, se détache de ses « paramètres d'usine » pour trouver sa vraie personnalité, aller chercher des valeurs quelque part et finalement se découvrir lui-même. On se rend compte qu'on a un roman initiatique appliqué à un protagoniste déjà adulte et extrêmement érudit, qui dépasse son éducation « parfaite » pour découvrir son vrai « moi » avec tous les bouleversements que ça implique. Et vu le bonhomme, ça fait quelques étincelles.
Bon après je parle idéologie et politique mais on a quand même un bouquin divertissant, avec de l'action, des personnages chouettes et une trame un peu complexe, ce qui fait que de toutes façons on passe un bon moment. Il faut juste aller au-delà de certaines apparences pour éviter de détester Sylve, parce que parfois c'est une sacrée tête de con quand même. le bouquin se lit vite, y'a un bon tempo et une écriture fluide avec le ton bien particulier de ce héros, on s'ennuie vraiment pas. Petit détail, je sais pas ce qu'Isabelle Bauthian a avec le mot « mirette », on dirait qu'elle a fait un pari pour ne jamais utiliser « oeil », « regard » ou aucun de leurs synonymes, du coup on a du « mirette » toutes les deux pages, c'est un peu redondant.
Au premier coup d'oeil (ou de mirette), Grish-Mère est donc une aventure de fantasy enlevée avec des personnages hauts en couleurs, de la politique et des trahisons. Mais on découvre plus loin sous la couverture une histoire sur l'éducation et la recherche d'identité, quête complexe s'il en est. Isabelle Bauthian reste plantée bien droite sur son créneau à elle : une fantasy d'idées, sociale, divertissante et porteuse de sens, que j'ai trouvé plus équilibrée cette fois-ci.
Bouquin reçu en Service Presse de la part d'ActuSF, merci à eux.
Lien : http://ours-inculte.fr/grish..
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Goupilpm
  28 mai 2018
Sylve, un serviteur de luxe, entraîné dés son plus jeune âge à répondre aux moindres exigences du seigneur qu'il sert va se lancer sur les traces d'un ménestrel avec lequel il avait sympathisé, ce dernier ayant volé un artefact à son seigneur. Mais il va devoir évoluer dans un monde qu'il ne connaît pas et va se retrouver mêlé à un complot politique qui va dépasser ce à quoi il avait été préparé. Il ne lui reste que quelques semaines pour réparer la traîtrise dont il a été victime mais il est traqué par l'École qui l'a formé.
Le postulat de départ est assez classique. En effet le personnage central se lance sur les traces d'une statuette volée à son employeur : le côté enquête aurait pu être intéressant et donner lieu a de multiples actions comme le laisse sous-entendre la quatrième de couverture, mais...
Ici comme dans le premier tome l'intrigue s'avère peu développée, noyée dans le flot des informations sur la nouvelle baronnie que l'on découvre, sur le ressenti du personnage principal, ses autocritiques et sa découverte d'un monde dans lequel il n'était pas au vu de sa formation prêt à appréhender.
L'auteure comme à son habitude alterne le présent et le passé du protagoniste principal. Elle nous fait donc découvrir deux baronnies assez différentes l'une deux l'autre : l'on a d'une part une baronnie îlienne et matriarcale et de l'autre une société médiéviste très à cheval sur les principes.
L'univers et les thématiques abordées sont une fois de plus les points forts du récit. On peut toutefois regretter, au contraire du tome un, qu'il n'y ait pas de développer d'interactions entre les deux pays et qu'on ait peu d'informations concernant les dirigeants.
Les moments d'actions sont certes intéressants à suivre mais ils s'avèrent peu nombreux. Lorsqu'il y a enfin un combat il s'avère malheureusement insuffisamment développé et peu visuel. Il est indéniable qu'à l'instar du tome un on est noyé dans des passages très longs et que l'on s'ennuie très souvent.
Les personnages dans leur ensemble sont bien dépeints mais l'on a du mal à s'attacher à eux. Sylve le personnage central, du fait de sa confrontation de ses acquis avec la société dans laquelle il se retrouve projeté malgré lui, apporte des réflexions intéressantes et d'actualités. En effet certains points abordés peuvent être amenés à nous interroger sur notre monde.
La plume de l'auteure se révèle très visuelle. le récit fourmille de détails, mais cette qualité est aussi le principal défaut de l'histoire car elle se fait au détriment de l'action. L'auteure n'a malheureusement, une fois de plus, su doser les deux parties.
Au final une fantasy intéressante mais des intrigues trop simples, un gros déséquilibre entre les passages descriptifs et les phases d'action ! C'est dommage car l'univers était intéressant mais dans la découverte de la baronnie présentée dans cet opus l'auteure en fait un peu trop sur le côté matriarcal et l'on sombre par moments dans la caricature.


Lien : http://imaginaire-chronique...
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critiques presse (1)
Elbakin.net   10 avril 2018
Avec Grish-Mère, dont le contenu est à l’avenant du beau contenant, Isabelle Bauthian utilise les mêmes recettes que dans Anasterry et donne plus de profondeur à son univers comme à ses personnages en utilisant un style intelligent et subtil qui pousse le lecteur à la réflexion.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   02 mai 2018
Il m'est revenu en mémoire votre discours sur le camouflage, notamment ce point rappelant que l'aplomb pèse autant, au moins, que le déguisement, dans la crédulité de notre public.
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Dionysos89Dionysos89   19 août 2018
Les femmes nées ici sont puissantes. Probablement parce que personne ne leur a jamais expliqué qu’elles étaient faibles.

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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   30 avril 2018
Il avait bien fallu admettre que le marchand gagnait à être connu. Il était franc et honnête. Ce qui n'était pas, à bien y réfléchir, les qualités premières d'un marchand.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   01 mai 2018
Les meilleurs menteurs étaient bien ceux qui donnaient à leurs victimes ce qu'elles avaient envie de croire.
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JoyeuxDrilleJoyeuxDrille   24 février 2018
Les factotums ne comprenaient rien au monde extérieur, mais le monde extérieur ne comprenait rien aux factotums.
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Vidéo de Isabelle Bauthian
San Francisco, fin des années 1970. Quand Mary Ann Singleton, fraîchement débarquée de sa province, s'installe au 28 Barbary Lane, elle ignore que la logeuse et ses locataires formeront bientôt sa famille de coeur. Sous le patronage de Madame Madrigal, réputée pour son inépuisable bonté et sa culture personnelle de marijuana, la jeune femme de caractère mais naïve apprend à se découvrir elle-même, et à affronter la vie et ses dangers. le début d'une saga pleine d'humour, au coeur de la « parenthèse enchantée », entre summer of love et apparition du SIDA, dans la ville de la liberté sexuelle.
Scénarisé par Isabelle Bauthian, l'album est à la fois fidèle et libre, plein de clins d'oeil et de trouvailles narratives. Tandis que le trait de Sandrine Revel offre une interprétation vive et douce de cette tribu enchantée et d'une époque.
EAN : 9782368463598
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