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EAN : 9782366298802
304 pages
Editions ActuSF (05/04/2018)
3.79/5   45 notes
Résumé :
Arsouille est un vieux troll désabusé et perclus d'arthrite. Plus grand-chose ne l'inquiète, à part bien sûr les ogres, la guerre et son petit-fils qui doit entrer au collège...Mais un soir, Arsouille reçoit une lettre pleine de regrets de son jumeau qu'il n'a pas vu depuis cinquante ans. La surprise est totale : son frère est un ogre et les ogres n'écrivent pas aux trolls. D'ailleurs, les ogres ne font pas dans le sentiment, pas même avant de vous arracher la tête.... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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boudicca
  13 mai 2018
S'il y a bien une créature qui n'a pas bonne réputation dans le milieu de la fantasy, se sont bien les trolls. Laids, brutaux, stupides, maladroits... : la manière de les présenter varie peu et les cantonne au sempiternel rôle de méchants, certes un peu pénibles à abattre, mais dont on ne s'embarrasse pas bien longtemps (or on sait tous qu'il en existe pourtant de très sympathiques !). Ce n'est toutefois pas le parti pris de Marie Catherine Daniel qui met le troll à l'honneur dans ce petit roman fort plaisant paru en avril chez ActuSF. On y fait la connaissance d'Arsouille, un vieux troll qui n'attend plus grand chose de la vie, jusqu'à ce qu'il reçoive un jour une lettre de son frère jumeau qu'il n'a pas revu depuis plus de cinquante ans. Nulle brouille à l'origine de cette séparation, mais un caprice de la génétique puisque, à l'adolescence, le frère adoré s'est transformé... en ogre. Et oui, naître troll ne garantit pas de le rester ! La chose ne serait pas si tragique si l'un et l'autre n'étaient justement pas si différents. Bagarreurs, incultes et dotés d'une compréhension limitée, les trolls font office de main d'oeuvre bon marché et vivent sous le joug impitoyable des ogres qui, dotés d'une intelligence (et d'une dentition !) très supérieure, se sont naturellement placés en haut de la hiérarchie. La surprise est d'autant plus grande pour Arsouille que les ogres sont censés ne rien pouvoir éprouver, pas le moindre sentiment. Comment, alors, se fait-il que son jumeau lui écrive pour lui faire part de sa douleur d'avoir été séparé de lui toutes ces années ? Ni une, ni deux, voilà notre vieux troll en route pour résoudre ce mystère et, peut-être, renouer avec ce frère qu'il n'a cessé d'aimer en dépit de sa nature.
Le roman est court et bien rythmé, les péripéties s'enchaînant rapidement et permettant de révéler à chaque fois un aspect différent de l'univers de l'auteur. Un passage dans l'équivalent de l'éducation nationale, un voyage en train très mouvementé, un aperçu de la guerre particulièrement meurtrière menée contre le voisin... : les rebondissements ne manquent pas ! Si les aventures d'Arsouille sont intéressantes, c'est malgré tout le fonctionnement de la société telle que dépeinte ici par l'auteur qui intrigue avant tout le lecteur. On l'a dit, les trolls et les ogres appartiennent à deux races bien distinctes (quoique pas si éloignées puisqu'un représentant de l'une peut soudainement passer à l'autre), ce qui justifie la suprématie de l'une sur l'autre. Si le ton se veut volontiers léger au début du récit, cette légèreté ne suffit toutefois pas à cacher la violence omniprésente qui règne dans cette société. Ce qui choque dans un premier temps, c'est évidemment la brutalité des trolls entre eux (et en cela ils s'avèrent fidèles à leur triste réputation) puisqu'Arsouille s'attarde à plusieurs reprises sur les guerres de gangs que se livrent ses concitoyens chez qui la loi du plus fort règne en maître (notre héros trouve ainsi tout à fait normal de se faire attaquer par une bande de jeunes trolls en maraude : il n'avait cas pas avoir l'air aussi vulnérable !). Et puis, petit à petit, on se rend compte que ce comportement bestial adopté par les trolls (et qui sert à justifier leur exploitation) est avant tout la conséquence de la violence à laquelle ils sont quotidiennement confrontés de la part des ogres. Une violence qui s'exerce d'ailleurs dès le plus jeune âge, les écoles chargées d'accueillir les trolls n'étant rien d'autre que de géantes garderies où l'on essaie même pas d'éduquer les « trollinous » (j'adore ce terme) mais où on leur faire bien comprendre qu'ils ont tout intérêt à craindre les ogres.
L'auteur livre ici une très intéressante réflexion sur le déterminisme, l'éducation et l'impact de la violence. Ce qui commence comme une sympathique et légère petite aventure prend ainsi plus d'ampleur au fil du récit qui se fait de plus en plus sombre et de plus en plus profond. Cette évolution, on la constate également chez le protagoniste qui subit une grosse transformation au fur et à mesure que sa quête avance et qu'il réalise que quelque chose cloche dans le fonctionnement de la société dans laquelle il vit. Ce n'était pourtant pas gagné, Arsouille étant au début du roman un personnage assez antipathique car ayant intégré tous les codes et comportements négatifs typiquement associés aux trolls (avec notamment une manière de s'adresser et de considérer la gente féminine qui m'a, à plusieurs reprises, donné envie de l'étrangler). Et puis, peu à peu, l'auteur dégrossit son personnage qui se fait plus complexe et en vient à développer de l'empathie pour ceux qui l'entourent. Arsouille va évidemment croiser sur son chemin un certain nombre de personnages (des trolls, pour la majorité) qui se révèlent pour la plupart trop peu développés pour susciter l'affection du lecteur mais qui jouent malgré tout efficacement leur rôle d'acolytes ou de soutiens du héros. Autre aspect intéressant : s'il est évidemment facile de faire le rapprochement entre les thématiques traitées par l'auteur et notre propre société, le lien entre notre civilisation et celle-ci est bien plus étroit qu'il n'y paraît puisque le monde d'Arsouille est, d'une manière ou d'une autre, l'héritier du notre. Les humains sont en effet mentionnés à plusieurs reprises comme des êtres un peu légendaires qui auraient vécu il y a longtemps avant de disparaître (quoique...) tout en laissant quelques traces de leur passage que certains n'ont pas renoncé à tenter d'exploiter avec plus ou moins de succès (ordinateurs, véhicules, récits...).
Marie Catherine Daniel signe avec « Entre troll et ogre » un petit roman qui ne paye peut-être pas de mine au départ, mais qui se densifie au fil de la lecture pour nous offrir une véritable réflexion sur la nature humaine (ou trollesque). Porté par un personnage touchant qui entame (malgré son grand âge !) une véritable quête initiatique, le récit séduit autant par son sérieux sous-jacent que par la qualité de son univers et l'originalité de son sujet. Une sympathique découverte, à lire si vous voulez étoffer un peu votre connaissance en matière de trolls !
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Choupaille
  13 avril 2022
Bien que je passe de moins en moins de temps à les décortiquer, la quatrième de couverture promet un roman proche du post-apo. On n'y est pas vraiment tout à fait, mais à défaut d'un autre terme, post-apo est ce qui colle le plus. Et puisque les néologismes approximatifs ne me font pas peur, j'aimerais moi dire que ce livre, c'est du post-humanité : il se place dans une société hautement inégalitaire (on y revient dans un instant) avec d'un côté les trolls et de l'autre les ogres. Les humains en sont les grands absents depuis que les ogres les ont jartés, entraînant pas mal de dysfonctionnements matériels et sociaux qu'on retrouve habituellement dans du post-apo : l'impossibilité de produire du neuf, la nécessité de bricoler à l'arrache pour survivre, le contexte social difficile et, plus spécifiquement à ce roman, le délabrement des clapiers trollesques qui se dispute à la modernité pénitentiaire des institutions administratives ogresques. Entre troll et ogre, c'est du post-apo sans apocalypse et sans humains : c'est donc du post-humanité et, dans ses grandes lignes, de la dystopie.
Arsouille est le héros. Il est un vieux troll arthritique de septante balais qu'on rencontre alors qu'il revient de la crémation de son meilleur pote Vantard. Dès le début du roman (littéralement à la première page), le ton est donné. Je vous cale ici le premier des deux extraits que je ne peux pas m'empêcher de vous partager :
"Mauvais de rentrer à cette heure. Top tôt ou trop tard. Pas assez jour, pas assez nuit. C'est l'heure entre chien et loup. Entre troll et ogre. En plus, il pleut (...). Mais quelle idée a eue Vantard de se faire incinérer à l'autre bout de la ville ! Soit disant qu'il venait du Sud. Et qu'elle idée il a eue, lui, de se rappeler cette dernière volonté et d'en faire part au croque-mort municipal ? Qu'est-ce qu'il en aurait su, Vantard, si on l'avait cramé au Nord ?"
En une page on a déjà cerné l'essence du personnage et du roman : il y aura de la sensibilité, beaucoup de dérision mais surtout énormément de drama.
Parce que oui, si je devais définir ce roman en trois grands axes, je commencerais par dire qu'il est d'une brutalité dramatique (1). La société dans laquelle évolue Arsouille est hautement dysfonctionnelle. D'un côté il y a les trolls : inventifs, hauts en couleurs mais carrément individualistes et intellectuellement limités - les opprimés quoi, quoi qu'en entre eux ce ne soient franchement pas des enfants de choeur non plus. de l'autre les ogres : froids, cartésiens, organisés, violents et tenant d'une main de fer l'Administration et le Pouvoir - les oppresseurs. Les exécutions et autres diverses formes de violence insoutenables dont témoigne Arsouille ont de quoi nouer les tripes, mais pour autant rien n'est jamais gratuit et chaque scène a son utilité.
Heureusement cette brutalité est contrebalancée par une narration désabusée (2) : on peut remercier chaleureusement notre ami Arsouille de faire preuve d'autant d'autodérision ! le tour de force du roman, c'est de parvenir à rendre la narration extrêmement personnelle (on se croirait dans la tête du bougre !) alors qu'elle emploie la troisième personne. le récit est ainsi dédramatisé : il en devient même tendrement drôle par moments - voire même drôle ou tendre tout court. Enfin (et c'est en lien avec la narration impeccable d'Arsouille), Entre troll et ogre est d'une sincérité désarmante (3). Arsouille ne cherche pas à se faire passer pour un bon, il cherche son frère un point c'est tout et cette quête organisée en plusieurs paliers hyper lisibles ne regarde que lui : nous on est juste les témoins de son extraordinaire périple. Dans le palier "Arsouille à l'école", je vous ai d'ailleurs pioché cet extrait qui a fait cogner mon petit coeur de pierre :
"Le vieux le sait depuis quelques jours, les yeux s'ouvrent d'autant plus grands quand on connaît plein de contes humains, quand, à force de décortiquer les lettres et les mots, les plans et les cartes, on en vient à tout analyser pour comprendre comment ça fonctionne. On cherche les rouages, ceux des autres mais aussi les siens. Et ce n'est guère reluisant comment on marche, comment on zappe ce qui dérange, comment on ne voit pas plus loin que le bout de son groin, comment on se croit incapable de frapper le faible, de dégouliner de cirage devant le fort. Et pourtant. Pourtant, ce matin, il y a eu quarante-cinq jeunots à écouter leur prof d'une oreille unanime (...). Pourtant il y a ce vieillard qui a perdu un croc il y a un mois pour crime de mocheté croulante et faiblarde, mais qui a osé devenir prof, s'est dressé devant quarante-cinq trollards avec l'envie de les réconforter. Ça veut dire que si la rébellion en nombre ne sera jamais à l'ordre du jour, en revanche, on peut détendre un peu ses propres chaînes et respirer mieux. On peut affronter sa peur et en sortir vainqueur."
Dans un monde où les trollinous peuvent devenir orgres, où les ogrelets peuvent devenir trolls mais où on n'a plus observé aucune transformation vers l'Homme depuis des générations, on creuse également la notion d'humanité avec énormément de finesse, pour venir la situer entre deux extrêmes troll et ogre. La génétique est-elle responsable de la trollardisation des individus, ou bien au contraire le vécu et le ressenti impactent-ils la génétique ? Vaste question qui sera mine de rien débattue ici, sans lourdeur ni leçon. Il y a une foule d'idées à développer et une bonne tranche de philo à aller chercher dans ce texte, à tel point que j'estime qu'il doive rejoindre d'urgence la liste des ouvrages SFFF à lire en cours (public 17-18 ans, quand même). Je situe facilement Entre troll et ogre à mi-chemin de la ferme des animaux de George Orwell et Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes (ouais, il se hisse haut la main à leur niveau, vraiment) - ce qui m'a d'ailleurs donné l'idée d'un petit billet sur ces livres de l'Imaginaire qui mériteraient de venir donner un coup de neuf aux lectures scolaires (j'y travaille).
Chacun lira finalement ce livre comme il le veut. C'est une fable après tout : on peut en rester à Arsouille qui cherche son frère, tout comme on peut lire entre les lignes des questions plus profondes. Si on en reste à une lecture en surface, le récit souffrira de quelques longueurs, mais rien de bien méchant. Je ne les ai pratiquement pas vues passer. On ne va pas se mentir, ce livre a été une grosse claque.
Lien : https://la-choupaille-lit.bl..
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celindanae
  22 août 2018
Avec un titre comme Entre Troll et Ogre, ce roman ne pouvait qu'attirer mon attention. Un roman parlant de troll et le mettant à l'honneur étant un fait suffisant rare pour être souligné : hormis les romans de Jean-Claude Dunyach, les trolls sont peu présents dans la littérature et apparaissent le plus souvent sous un très mauvais jour, alors qu'en réalité, ils sont très gentils! de plus, intriguée par sa très belle couverture, je me suis laissée tenter aux Imaginales, puis j'ai profité des vacances pour le lire.
Le personnage principal du roman est un troll nommé Arsouille. Il est âgé, habite avec sa belle fille et son petit fils et n'a plus beaucoup de centres d'intérêts, hormis son petit-fils qui grandit trop vite et ne sera bientôt plus un trollinou (d'ailleurs je me demande sérieusement si Au pays des trollinous ne sonnerait pas bien comme nom pur notre blog?). Mais un jour sa vie bascule quand il reçoit une étrange missive provenant de son frère jumeau qu'il n'a pas revu depuis de nombreuses années. La raison pour laquelle il n'a plus revu son frère est somme toute assez simple: celui-ci s'est avéré être un ogre. Mais Arsouille se met à douter, cette lettre vient elle réellement de son frère? Si oui, pourquoi lui écrit-il alors que les ogres n'ont pas de sentiment? Et pourquoi son frère est il triste de ne plus le voir depuis aussi longtemps? Autant de questions sans réponses pour Arsouille et d'énigmes difficiles à résoudre quand on ne sait ni lire ni écrire. Ainsi Arsouille se voit entrainer dans une enquête pas si simple pour connaitre la vérité.
Dans l'univers du roman, les humains semblent avoir complétement disparu, mais avoir laissé quelques traces dans les livres notamment. 2 peuples principaux peuplent le monde : les ogres et les trolls. Les ogres occupent la position de dirigeants tandis que les trolls sont soumis et pauvres. le monde est en guerre et les trolls en sont les principales victimes. La violence est très présente, dès l'enfance, dès l'école où la vie est très dure pour les trolls qui sont victimes des ogres mais aussi de la violence entre eux. Et tout cela semble normal pour tout le monde. Il faut dire qu'ils ne semblent avoir rien connu d'autres et le fait de ne pas savoir lire n'aide pas à connaitre autre chose. C'est un monde sombre, âpre et difficile. Malgré tout, Marie-Catherine Daniel y place un peu d'humour dans les réflexions d'Arsouille.
Arsouille pour essayer de mener à bien sa quête de son frère Arpète et son enquête va être amené à vivre diverses aventures. Celles-ci se déroulent de manière un peu linéaire et ont pour but de nous faire découvrir plus en détail l'univers dans lequel il vit, que ce soit à l'école ou à l'armée. La guerre est toujours présente en arrière fond d'où la présence sur la couverture du livre de balles et d'une grenade. Les thèmes du roman sont ainsi plus sombres qu'il n'y parait au début, on y parle de différences, de guerre, de violence, de soumission.
Pour illustrer cette thématique assez sombre, l'auteure a choisi de faire évoluer son personnage principal de manière importante. le souci est que tout tourne autour d'Arsouille qui est quasiment le seul personnage du récit. Les protagonistes secondaires sont là pour l'aider ou lui montrer le chemin mais ont relativement peu d'importance et c'est un peu dommage. de plus, Arsouille présente un caractère plus que déplaisant au début du roman, il est misogyne, violent et franchement pas futé. On se demanderait presque comment il peut autant évoluer. Sa quête lui permet de comprendre la société et de voir que rien n'est figé, que les choses ne sont pas si simples. Il a enfin un but dans la vie et se rend compte de ce qui compte, et surtout essaie de changer les choses. Pour illustrer son propos, Marie-Catherine Daniel a choisi de relater le destin d'un personnage hors norme, et que rien ne prédestinait à cela. C'est bien fait même si cela reste un peu naïf par moments.
Entre Troll et Ogre est un roman surprenant par ses thématiques sombres et un discours sur la tolérance, la différence et l'acceptation des autres, la notion d'humanité. Les trolls y sont montrés à la fois sous un jour connu mais aussi différent de ce que l'on a l'habitude de voir. Malgré quelques petits points, ce fut une lecture agréable et étonnante et surtout un roman sur une créature qu'il faut voir sur un nouveau jour!
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Le_Comptoir_de_l_Ecureuil
  19 mai 2018
Entre Troll et Ogre, un roman initiatique pas comme les autres

Dans la vie, il faut faire des choix. On le sait tous.
Dans le monde de Marie-Catherine Daniel, l'humanité a disparue et les enfants qui naissent sont très vite confrontés à la dure réalité : être soumis ou ne pas l'être. Être un ogre ou un troll. L'élite ou la chair à canon.
Pourtant ce choix se fait "naturellement", au grand désarroi de certains.
Il faut dire qu'être un troll signifie une vie de pauvreté et souvent de souffrance et de brimades, par les siens et surtout par les terribles ogres qui dominent la société. (A noter que les punitions au collège sont plutôt expéditives et d'une rare violence physique et morale.)
Intellectuellement plus faibles, les trolls sont cantonnés à des tâches subalternes, servent de garde-manger et surtout de chair à canon dans un conflit aussi mystérieux qu'enlisé.
Tout le drame de ce roman s'articule autour de deux frères. Deux frères jumeaux : Arsouille et Arpète.
70 ans auparavant, tandis que le jeune Arsouille devient un troll tout ce qu'il y a de plus troll, Arpète lui devient (par malchance ?) un ogre et disparaît de la vie de son jumeau.
Tout les sépare et le temps n'arrange pas les choses. Au crépuscule de sa vie, quelle n'est pas la surprise d'Arsouille de recevoir une missive ogresque.
Est-ce bien son frère qui lui écrit ? Ou seulement un mirage ?
Cette lettre, comme un défi, tire Arsouille d'une vie où il mourrait à petit feu pour le jeter sur les routes à la rencontre de ce frère prodigue. Pourtant, comme l'on peut s'en douter, cette quête est loin d'être de tout repos et réserve bien des surprises à notre vieux troll.
Aidé par une troupe de soldats unis et débrouillards, réussira-t-il à atteindre ce frère si longtemps perdu ?
Cette aventure loin d'épuiser notre troll, lui donne enfin une raison de vivre et de faire (et dire !) tout ce qu'il n'avait jamais osé. Ce n'est pas parce que l'on est vieux, qu'on ne peut pas rêver et aimer !
Entre Troll et Ogre est un très joli roman qui prône la tolérance, l'amitié, l'écoute des autres, l'acceptation des différences et le pardon. Entre Troll et Ogre est une lecture pleine de douceur tout en plongeant le lecteur dans des aventures trépidantes et pleines de rebondissements.
La plume de Marie-Catherine Daniel est enlevée et l'intrigue menée tambour battant. Pourtant, une fois les dernières pages avalées, c'est une impression de sérénité et de nostalgie qui étreint le lecteur.
Entre Troll et Ogre est une lecture où l'on se prend à espérer que le monde n'est pas aussi noir que l'on pourrait le penser.
Lien : https://lecomptoirdelecureui..
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LeslivresdeRose
  28 juin 2020
Je tiens tout d'abord à remercier chaleureusement Jérôme et les éditions Actu sf pour l'envoi de ce titre en version numérique et pour leur confiance !
« Entre troll et ogre » est un roman qui mêle habilement différents genres de SFFF. Il y est, en effet, question de trolls et d'ogres (ben oui le titre n'a pas été choisi au hasard !), ce qui le raccrocherait, à priori, plus à la Fantasy. Sauf que ces gentilles créatures vivent dans un univers proche du nôtre, un futur hypothétique dans lequel les humains ont disparu, laissant la place aux deux espèces susmentionnées ! Nous avons donc affaire à une sorte de récit de science-fiction teinté de fantasy…( ?). J'avoue ne pas du tout être spécialiste dans ce domaine mais c'est comme ça que je l'ai perçu ! 😊
Dans ce monde particulier, nous suivons Arsouille ! Un héros atypique puisque c'est un troll (en général, ce sont rarement les héros des histoires de Fantasy, il faut bien l'admettre) doublé d'un vieillard somme toute très ordinaire (avouez également que les protagonistes principaux des romans sont généralement de fringants jeunes gens ou, limite, de vieux magiciens bien conservés et aux pouvoirs aussi grands que leur âge avancé !). Bref, assez vite, ce petit bonhomme, qui ne paie pas de mine, m'a plu ! Il tente tant bien que mal de survivre dans son monde, entre les ogres qui s'en prennent aux trolls pour un oui ou pour un non, juste pour passer le temps, et les trollards (des jeunes trolls) qui n'hésitent pas à tabasser les plus vieux de leur espèce pour prouver leur bravoure (toute relative, on est d'accord) aux autres membres de leur clan! Un soir en rentrant chez lui après avoir, justement, essuyé une bonne dérouillée, Arsouille tombe sur une lettre écrite par son frère jumeau dont il n'a plus de nouvelles depuis de nombreuses années. Intrigué par cette missive et son contenu, persuadé que c'est un canular mais tout de même désireux de le vérifier, il décide de tout faire pour retrouver l'expéditeur de cet étrange message !
J'ai rapidement accroché à la plume tranchante, familière et un brin cynique de l'autrice. Dès les premières lignes, le ton est donné. C'est drôle, caustique, parfois vulgaire (mais jamais « gratuitement », dans le sens où cette vulgarité colle au texte et aux personnages). Ce texte, sous son apparence amusante, soulève de nombreuses questions sur la notion d'humanité, la tolérance, l'entraide,…
L'autrice décrit divinement bien cette société dichotomique, divisée en « troll » et en « ogre ». Les trolls sont des êtres émotifs et bagarreurs. L'action chez eux prime clairement sur la réflexion, avec les dérives que cela peut entraîner. Ils vont à l'école un minimum de temps pour apprendre un minimum de choses. Si les trollinous sont très affectueux, tout se complique avec la Grande Poussée Dentaire (qui survient à l'adolescence) et l'amour filiale n'y résiste généralement pas. En devenant des trollards, il intègre souvent un clan (c'est mieux s'ils veulent survivre) dans lequel la violence est de rigueur. Les tâches plus « manuelles » leur sont, la plupart du temps, réservées, quand ils ne servent pas simplement de chair à canon. Les ogres, eux, préfèrent les métiers plus intellectuels. Ils sont l'exact opposés des trolls : cartésiens, réfléchis, froids et dépourvus d'émotions. Ils dirigent le pays de main de maître. Dis comme ça, cela peut paraître très « stéréotypé » mais…lisez l'histoire et vous verrez ! 😊
Si certains éléments de l'intrigue ne m'ont pas forcément surprise (pas dès le départ mais plus j'avançais dans le récit et plus certaines choses m'ont paru évidentes), le chemin pour y arriver est plein de surprises et de rebondissements ! J'ai adoré suivre le quotidien d'Arsouille, de sa belle-fille et de son petit-fils ! Tout comme observer comment la fameuse lettre va transformer le quotidien ordinaire de notre héros en une folle aventure aux multiples péripéties a été un réel plaisir ! Petit à petit, Arsouille va s'ouvrir au monde et en découvrir des aspects dont il n'avait jusque-là pas conscience bien qu'ils se trouvassent juste sous son nez ! Une sorte de parcours initiatique entamé sur le tard.
En bref, un récit à la frontière de différents genres qui m'a fait passer un excellent moment de lecture ! Son ton humoristique, sa société tout en contraste et son héros atypique ont, sans aucun doute, contribué à cette impression globale ! Si le résumé vous titille, vraiment, n'hésitez pas ! D'autant que sous ses dehors « bon enfant », ce texte propose de profondes réflexions sur la nature humaine.

Lien : https://leslivresderose.word..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
SizelSizel   11 juin 2018
Une lecture atypique ! Je n'ai pas partagé une grande empathie avec Arsouille, mais découvrir un héro de soixante-dix ans offre un angle intéressant et original.

L'univers et l'opposition Ogre, Troll m'ont plutôt plu, même s'il m'a manqué de quelques nuances pour ne pas que ça me paraisse trop manichéen.

En bref, un mélange sf-fantasy plutôt sympa.
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ScaldieScaldie   01 octobre 2018
C'était moins douloureux que de se résigner à une vie de troll. Devenir responsable de sa propre vie et annihiler ses émotions. Ne plus souffrir de voir Arsouille se transformer en trollard débile et ignare. En carpette frimeuse bientôt aussi larmoyante que les parents et les frères et sœurs ainés, tous ceux qu'on a admirés en tant que trollinou et que l'on découvre si cons et imparfaits quand la Poussée Dentaire vous ouvre les yeux sur eux.
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