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Rachel Corenblit (Autre)
EAN : 9791093433417
134 pages
Les Editions du Mercredi (15/01/2021)
3.89/5   60 notes
Résumé :
"Je me disais, c'est comme de la magie. Un mur qui rend les gens vrais"
Ils attendent. Léopold et sa colère, Marie-Antoinette la magicienne, André aux doigts d'or et Michel qui ne comprend rien. Tous les matins de cet été 1945, ils se retrouvent à l'hôtel Lutétia, là où arrivent les rescapés des camps de concentration nazis. Peut-être que leurs parents sont parmi eux ? Entre larmes, silences et fous-rires, ils vont partager leurs histoires, leurs espoirs et l... >Voir plus
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Quand je lis des livres qui se passent pendant la seconde guerre mondiale, je finis par penser que la mémoire traumatique traverse les générations. Il parait que ça porte un nom, c'est un champ d'étude au croisement de la psychanalyse et de "l'épigénétique". Je ne sais pas grand chose sur ce qu'ont vécu mes grands-parents et arrière-grands-parents. Mais je sais qu'un de mes arrière-grand-père était prisonnier, il a écrit à sa femme et sa fille, j'ai vu les cartes, il s'est évadé grâce à une carte de l'Allemagne glissé dans un courrier et qui a miraculeusement échappé aux regards des censeurs. Il est rentré et il s'est caché. Je sais aussi que ma grand-mère a perdu un ami très cher le jour de la Libération. A 16 ans, il s'est noyé dans un canal parisien.
Mais tout cela n'a pas de lien direct avec le livre que je viens de finir "Les enfants du Lutetia"... Alors je m'interroge: comment est-ce possible que je sois toujours autant à fleur de peau et oppressée dès que j'aborde un récit de déportation, de Résistance, d'engagement, de terreur, de traque, alors que j'ai tellement lu de livres qui parlent de toute cette période tragique? Comment se fait-il que je sois toujours aussi touchée, bouleversée, mais attirée? Quel étrange mécanisme de mon cerveau me porte à souffrir en empathie totale, à m'interroger toujours sur mon éventuel comportement si j'avais été un des héros ou une des héroïnes de ces romans? Comment est-ce possible qu'après avoir lu Lutetia de Pierre Assouline (un pavé quasi exhaustif autour du destin de ce palace parisien!), ma main ait choisi de m'y replonger en cliquant sur ce petit roman jeunesse lors d'une masse critique?... Qu'est-ce que je pensais trouver comme histoire inédite?
Il faut que je m'y fasse: je n'en aurai jamais fini avec ce sujet. D'autant que Rachel Corenblit a un joli don d'écriture et qu'elle a su décrire les émotions successives de ces enfants qui attendent tous les jours un signe de leur famille. L'envie de retrouver sa famille, mais la hantise de les voir aussi abimés, décharnés et éteints que tous ceux qui arrivent. Les souvenirs qu'il faut raviver sous peine de les perdre et de se sentir deux fois orphelins. La culpabilité d'être là, à la place de quelqu'un peut-être, la culpabilité des vivants, mais la joie de vivre qui permet de se reconstruire, grâce à une personne qui ne vous lâche pas, grâce aux souvenirs par procuration de ceux qui ont croisé les chemins des êtres aimés, grâce à l'amitié, grâce à la musique...
Fort, triste, tragique, accablant, horrible, mais l'espoir, on n'y peut rien l'espoir est là, dans le coeur de ces adolescent·es qui portent un manque trop lourd sur leurs épaules.
Littérature jeunesse? Mais vous voyez bien que ces récits sont universels, ça n'a rien à voir avec l'âge des personnages! En tout cas un grand merci (encore une fois!) à Babelio, à l'auteure et aux éditions du Mercredi. Un coup de coeur!
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Ça fait presque trois ans que les parents de Léopold, tous les deux juifs, ont confié le garçon à leur amie institutrice à Nice, Juliette. La libération a eu lieu et les survivants des camps transitent par l'hôtel Lutétia à Paris. La jeune femme et Léopold s'installent quelques semaines dans la capitale avec l'espoir que le couple revienne. Léopold devient l'ami de plusieurs ados, qui eux aussi attendent le retour d'un proche.
Un roman historique délicatement émouvant et réaliste qui nous met à la hauteur de ces enfants juifs, incapables de croire non pas à la mort de leurs parents mais aux circonstances (les fours par exemple) et s'habituent peu à peu au ballet des squelettes revenus des morts.
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Encore un excellent récit en lice pour le concours des Incorruptibles qui, cette fois, nous fait entrer au coeur d'une violente douleur, celle liée à l'attente du retour des déportés et de l'avenir incertain des orphelins de guerre. Ce récit court mais dense retrace une période de la vie de Léopold qui part attendre l'éventuel retour de ses parents à l'hôtel Lutecia, accompagné de Juliette, jeune femme Russe exilée à qui il a été confié. Durant plus ou moins un mois, les deux protagonistes vont faire le voyage de Nice à Paris pour puiser des renseignements afin de retrouver les parents de Léopold qui s'étaient engagés dans la Résistance en 1942 sans plus jamais donner de nouvelles. Léopold, relativement mis à l'abri des horreurs de la guerre, va découvrir une réalité sans nom à l'écoute des récits d'autres jeunes qui, comme lui, attendent un possible retour de leurs proches, tous raflés et conduits dans les camps de la mort. le jeune garçon assistera à l'arrivée de groupes d'hommes et de femmes aux yeux éteints, hagards, malades, fantomatiques. Ce récit évoque aussi le départ des Juifs vers la Palestine, la résistance, la politique sous l'occupation.
Ce roman met en scène tous ces éléments sans misérabilisme et sans éviter l'horreur de la réalité. L'écriture sobre et rythmée permet aux différents personnages de relater leur histoire personnelle, nourrissant ainsi la conscience et la réflexion de Léopold. La grande qualité de ce récit vient aussi de la présence de l'humour et de sentiments forts qui traversent la narration à travers les discours de l'ensemble des personnages. Parfois critiques vis-à-vis des adultes ou d'eux-mêmes, ces jeunes adolescents montrent une grande sagesse en se positionnant dans l'acceptation de la disparition de leurs proches pour emprunter un nouveau chemin et en cela, ils se font porte-parole de l'espoir de la possibilité d'une vie nouvelle.
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On sait le rôle qu'a joué l'hôtel Lutetia à la Libération, centre d'accueil des déportés survivants de retour des camps de concentration. On sait que les familles y venaient tous les jours, pendant des semaines ou des mois, dans l'attente du retour de leurs proches disparus, dans l'espoir d'avoir enfin des informations.
C'est différent de le voir et de le vivre à travers les yeux d'un groupe d'enfants qui se rencontrent dans les couloirs du Lutetia, devant les centaines de photographies accrochées aux murs, devant tous ces avis de recherche, ces prières, ces espoirs.
Rachel Corenblit nous fait vivre de l'intérieur l'attente, vibrante d'espoir ou résignée d'avance, de ces quatre enfants qui ne se connaissaient pas quelques jours auparavant et qui attendent, qui cherchent, qui se racontent mutuellement leur histoire, leur famille, la manière dont ils ont échappé aux rafles et aux camps.
Le roman nous mène jusqu'à la dissolution de ce groupe d'enfants, certains heureux, certains décidés à découvrir une nouvelle vie, d'autres résignés...
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Dans ce bref roman, Rachel Corenblit nous montre le quotidien des personnes qui espéraient, attendaient le retour des leurs à la fin de la guerre, dans l'hôtel Lutetia à Paris. Ici, ce sont des enfants qui attendent leurs parents. le fait de choisir des enfants comme personnages centraux renforce le contraste entre l'espoir en l'avenir, incarné par les jeunes, et la mort, l'obscurité, le désespoir, évoqué par l'absence des êtres chers. Et de fait, l'émotion est grande à la lecture de ce texte; ces enfants sont vraiment courageux et plein de résilience. Ils essaient de se construire avec ce dont ils disposent et c'est peu, car ils ne savent même pas exactement ce qui s'est passé pendant ces dernières années.
Ils sont solidaires entre eux, à leur façon, ils essaient de s'accrocher à tout ce qu'ils peuvent pour continuer d'avancer.
Ces un roman poignant, plutôt facile à lire pour les jeunes lecteurs et qui participe à l'indispensable devoir de mémoire.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
- Parce que tu te souviens encore, toi? Tu te souviens de la tête de tes parents, de leur odeur? Comment ta mère te serrait dans ses bras et tu disais "Mamélé" et elle t'embrassait? Et ton père, tu t'en souviens, dis? Moi, je n'ai plus rien. Plus aucune image dans la tête, c'est vide. Attendre, ça sert à quoi? Rien, mon vieux, on guette des âmes mortes depuis des lustres. Reste rien. Que nous.
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Une cinquantaine de revenants. Décharnés, comme d'habitude. Ils se ressemblent tous. Vidés de leur chair. Leurs os cliquetant. Leurs corps s'alignent à la verticale; des fils suspendus; étirés entre le sol et pas grand-chose. A se demander comment ils bougent et ce qui les anime.
J'ai mis longtemps à les accepter. Leurs yeux qui mangent leurs visages, immenses et ronds. Leurs mains qui dépassent des manches comme des pattes d'araignée, écorchées et tendues. Leurs épaules pointues qui trouent les vestes. Leurs crânes, les trous, les plaques, les touffes, la misère des cheveux. Leurs joues creusées et les mâchoires qui apparaissent sous la peau. Ils sont tous pareils et glissent dans le grand hall de l'hôtel Lutetia, entre les dorures et le marbre.
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Tous les jours, je me demande pourquoi. Je me dis qu'avoir de l'or dans les doigts, ça sert à pas mourir.
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A l'occasion de la parution de 'Comme une famille' (Nathan), l'autrice Rachel Corenblit nous présente en quelques mots son livre, à travers la critique d'une lectrice Babelio.
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