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Rachel Corenblit (Autre)
EAN : 9791093433417
134 pages
Les Editions du Mercredi (15/01/2021)
4.21/5   17 notes
Résumé :
"Je me disais, c'est comme de la magie. Un mur qui rend les gens vrais"
Ils attendent. Léopold et sa colère, Marie-Antoinette la magicienne, André aux doigts d'or et Michel qui ne comprend rien. Tous les matins de cet été 1945, ils se retrouvent à l'hôtel Lutétia, là où arrivent les rescapés des camps de concentration nazis. Peut-être que leurs parents sont parmi eux ? Entre larmes, silences et fous-rires, ils vont partager leurs histoires, leurs espoirs et l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
PegLutine
  21 juin 2021
Quand je lis des livres qui se passent pendant la seconde guerre mondiale, je finis par penser que la mémoire traumatique traverse les générations. Il parait que ça porte un nom, c'est un champ d'étude au croisement de la psychanalyse et de "l'épigénétique". Je ne sais pas grand chose sur ce qu'ont vécu mes grands-parents et arrière-grands-parents. Mais je sais qu'un de mes arrière-grand-père était prisonnier, il a écrit à sa femme et sa fille, j'ai vu les cartes, il s'est évadé grâce à une carte de l'Allemagne glissé dans un courrier et qui a miraculeusement échappé aux regards des censeurs. Il est rentré et il s'est caché. Je sais aussi que ma grand-mère a perdu un ami très cher le jour de la Libération. A 16 ans, il s'est noyé dans un canal parisien.
Mais tout cela n'a pas de lien direct avec le livre que je viens de finir "Les enfants du Lutetia"... Alors je m'interroge: comment est-ce possible que je sois toujours autant à fleur de peau et oppressée dès que j'aborde un récit de déportation, de Résistance, d'engagement, de terreur, de traque, alors que j'ai tellement lu de livres qui parlent de toute cette période tragique? Comment se fait-il que je sois toujours aussi touchée, bouleversée, mais attirée? Quel étrange mécanisme de mon cerveau me porte à souffrir en empathie totale, à m'interroger toujours sur mon éventuel comportement si j'avais été un des héros ou une des héroïnes de ces romans? Comment est-ce possible qu'après avoir lu Lutetia de Pierre Assouline (un pavé quasi exhaustif autour du destin de ce palace parisien!), ma main ait choisi de m'y replonger en cliquant sur ce petit roman jeunesse lors d'une masse critique?... Qu'est-ce que je pensais trouver comme histoire inédite?
Il faut que je m'y fasse: je n'en aurai jamais fini avec ce sujet. D'autant que Rachel Corenblit a un joli don d'écriture et qu'elle a su décrire les émotions successives de ces enfants qui attendent tous les jours un signe de leur famille. L'envie de retrouver sa famille, mais la hantise de les voir aussi abimés, décharnés et éteints que tous ceux qui arrivent. Les souvenirs qu'il faut raviver sous peine de les perdre et de se sentir deux fois orphelins. La culpabilité d'être là, à la place de quelqu'un peut-être, la culpabilité des vivants, mais la joie de vivre qui permet de se reconstruire, grâce à une personne qui ne vous lâche pas, grâce aux souvenirs par procuration de ceux qui ont croisé les chemins des êtres aimés, grâce à l'amitié, grâce à la musique...
Fort, triste, tragique, accablant, horrible, mais l'espoir, on n'y peut rien l'espoir est là, dans le coeur de ces adolescent·es qui portent un manque trop lourd sur leurs épaules.
Littérature jeunesse? Mais vous voyez bien que ces récits sont universels, ça n'a rien à voir avec l'âge des personnages! En tout cas un grand merci (encore une fois!) à Babelio, à l'auteure et aux éditions du Mercredi. Un coup de coeur!
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antinea77
  29 mai 2021
On sait le rôle qu'a joué l'hôtel Lutetia à la Libération, centre d'accueil des déportés survivants de retour des camps de concentration. On sait que les familles y venaient tous les jours, pendant des semaines ou des mois, dans l'attente du retour de leurs proches disparus, dans l'espoir d'avoir enfin des informations.
C'est différent de le voir et de le vivre à travers les yeux d'un groupe d'enfants qui se rencontrent dans les couloirs du Lutetia, devant les centaines de photographies accrochées aux murs, devant tous ces avis de recherche, ces prières, ces espoirs.
Rachel Corenblit nous fait vivre de l'intérieur l'attente, vibrante d'espoir ou résignée d'avance, de ces quatre enfants qui ne se connaissaient pas quelques jours auparavant et qui attendent, qui cherchent, qui se racontent mutuellement leur histoire, leur famille, la manière dont ils ont échappé aux rafles et aux camps.
Le roman nous mène jusqu'à la dissolution de ce groupe d'enfants, certains heureux, certains décidés à découvrir une nouvelle vie, d'autres résignés...
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hmurgia
  15 juin 2022
Ça fait presque trois ans que les parents de Léopold, tous les deux juifs, ont confié le garçon à leur amie institutrice à Nice, Juliette. La libération a eu lieu et les survivants des camps transitent par l'hôtel Lutétia à Paris. La jeune femme et Léopold s'installent quelques semaines dans la capitale avec l'espoir que le couple revienne. Léopold devient l'ami de plusieurs ados, qui eux aussi attendent le retour d'un proche.
Un roman historique délicatement émouvant et réaliste qui nous met à la hauteur de ces enfants juifs, incapables de croire non pas à la mort de leurs parents mais aux circonstances (les fours par exemple) et s'habituent peu à peu au ballet des squelettes revenus des morts.
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calypso13
  11 novembre 2021
Thèmes : Seconde guerre mondiale, famille, disparition, espoir, déportation, camps de concentration, souffrance
Au travers de ce récit court, mais fort en émotions, l'auteure aborde un point précis de la seconde guerre mondiale : le retour des déportés ou plutôt l'espoir de leur retour.
Dans ce roman, nous suivons 4 enfants aux parcours différents et qui se retrouvent dans un lieu commun : le grand hôtel du Lutetia à Paris, qui a été désigné comme point central pour obtenir des informations sur les proches disparus.
On découvre la détresse de la perte d'un ou plusieurs membres de leur famille et l'espoir que procure la fin de la guerre.
Toutefois, les enfants se retrouvent confrontés à la dure réalité des choses. Non, en prison, les gens ne sont pas épargnés. Ceux qui reviennent portent sur eux les atrocités qu'ils ont vécues, ne sont pour certains plus que l'ombre d'eux même et beaucoup ne rentreront pas.
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sweetcactus
  01 juin 2021
Un livre très bien écrit qui mérite autant d'être classé littérature adulte que littérature enfant.
L'histoire de 4 enfants avec des parcours très différents qui viennent attendre leurs parents disparus durant la guerre, au Lutetia , point d'arrivée des déportés à partir de l'été 1945.
Une belle écriture, de beaux sentiments, une belle histoire un peu triste bien sûr puisque tous les parents ne reviendront pas . Les jours heureux disparus, les parents qui se sont sacrifiés pour leurs enfants, des adieux qui ne sont pas faits. Et puis , tous ces prisonniers qui reviennent décharnés et vides ....C'est aussi le point de départ d'une nouvelle vie pour oublier et soigner ses blessures.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PegLutinePegLutine   21 juin 2021
- Parce que tu te souviens encore, toi? Tu te souviens de la tête de tes parents, de leur odeur? Comment ta mère te serrait dans ses bras et tu disais "Mamélé" et elle t'embrassait? Et ton père, tu t'en souviens, dis? Moi, je n'ai plus rien. Plus aucune image dans la tête, c'est vide. Attendre, ça sert à quoi? Rien, mon vieux, on guette des âmes mortes depuis des lustres. Reste rien. Que nous.
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PegLutinePegLutine   21 juin 2021
Tous les jours, je me demande pourquoi. Je me dis qu'avoir de l'or dans les doigts, ça sert à pas mourir.
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Videos de Rachel Corenblit (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rachel Corenblit
------------------------------------------ "Pas la fin du monde" est un roman sensible et percutant de Rachel Corenblit qui raconte la reconstruction d'une famille après la catastrophe de l'usine AZF à Toulouse en septembre 2001.
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