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EAN : 9781092016131
Éditeur : Jigal (15/02/2014)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Quand Stéphane Néguirec, jeune Breton un brin rêveur, poète à ses heures, amoureux du large et des horizons lointains, débarque à Cotonou, au Bénin, il ne sait pas encore que question dépaysement, il va être servi ! Aux paysages enchanteurs qui l’électrisent, s’ajoutent les charmes des filles aux courbes délicieuses et notamment, ceux de la mystérieuse Déborah Palmer qui lui propose très vite un mariage blanc contre une fortune en billets verts. À l’autre bout de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
yv1
  22 mars 2014
Depuis un moment, j'ai envie de lire un roman de Florent Couao-Zotti, en fait depuis que j'ai lu un de ses titres : Si la cour du mouton est sale, ce n'est pas au porc de le dire. Je n'avais pas encore pris le temps d'en lire jusqu'à ce dernier, La traque de la musaraigne. Et je ne suis pas déçu par cet excellent roman noir. Pas un polar : il n'y a pas d'enquête, pas de mort ou de flic ou de privé, un roman noir, d'un homme qui tombe de Charybde en Scylla depuis sa rencontre avec Déborah ; à tel point qu'on se demande jusqu'où ses poursuivants vont l'emmener. Lorsqu'on le croit au plus bas, une péripétie, un autre protagoniste arrivent et font de lui une marchandise. Pour Déborah, c'est guère mieux, elle ne veut plus vivre dans la pauvreté, elle veut échapper à son ancien ami Jesus Light qui la battait, mais Jesus Light la traque depuis le Ghana jusqu'à Porto-Novo.
Les personnages principaux de F. Couao-Zotti sont des paumés, des personnes en quête de rédemption qui n'attendent que le déclic, l'étincelle pour se relancer, pour repartir. Leur malheur est qu'ils sont poursuivis par de vrais méchants prêts à tout pour leur mettre la main dessus. Stéphane et Déborah sont deux beaux personnages ni mauvais ni bons, plutôt victimes ; l'auteur démarre sans rien nous dire d'eux, puis au détour d'un chapitre raconte leurs parcours, de Guingamp à Porto-Novo pour l'un en passant par Saint-Malo -ce n'est sans doute pas la route la plus directe, mais Stéphane est un poète, il ne cherche pas la ligne droite- et du Ghana au Bénin pour l'autre avec de multiples arrêts.
La traque est longue, la fuite l'est tout autant, mais même si l'intrigue peut souffrir d'un très léger "ventre mou" (avant une fin excellente et après un début tonitruant), il est absolument impossible de quitter ce livre, car F. Couao-Zotti écrit dans une langue admirable, j'y reviendrai après m'être intéressé au contexte de ce roman. L'Afrique contemporaine. Et plus particulièrement le Bénin. Entre corruption à tous niveaux, sexe, prostitution, argent facile, débrouille, trafics en tous genres. Dans les rues de Cotonou et de Porto-Novo dans lesquelles tout peut arriver et dans lesquelles l'extrême pauvreté côtoie une plus grande réussite (souvent illégale) : coins abandonnés, pas entretenus, routes dans des états déplorables
Malgré ces conditions de vie difficiles, les habitants sont solidaires, soudés, prêts à rendre service parfois contre rémunération mais pas toujours, on sent toute l'admiration et la tendresse que l'auteur a pour ses compatriotes.
Je suis tombé sous le charme de l'écriture de l'auteur, parfois très imagée avec des télescopages de mots ou des usages de vocables assez personnels ou encore des expressions particulières, parfois, Florent Couao-Zotti sait aussi user d'une langue plus classique, c'est le télescopage de ses mots, l'assemblage de ces deux types d'écriture qui rendent la sienne unique et admirable. J'ai lu sur Wikipédia : "L'oeuvre de FCZ est foisonnante, riche et inventive, à mi-chemin entre le baroque, la poésie et l'intrigue policière." C'est, par rapport à roman, tout à fait exact, F. Couao-Zotti a une écriture baroco-poético-policière absolument incontournable et que je compte bien continuer à explorer.

Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Bookinista
  08 novembre 2014
Je n'ai pas retrouvé dans ce roman profondément sombre de l'auteur béninois Florent Couao-Zotti la poésie et la magie de son roman "Les fantômes du Brésil" (2006).
La quatrième de couverture évoque pourtant "néologismes, audaces grammaticales, jeux de mots." le livre est certes bien écrit mais je suis restée sur ma faim quant aux audaces du style.
Enfin, s'agissant de l'histoire... le personnage principal est un jeune Breton fuyant ses responsabilités , débarqué au Bénin pour ne sembler se préoccuper que de la "bagatelle". Il se dit poète et se veut les "semelles au vent", mais il n'est guère attachant, au contraire je l'ai trouvé désagréable et irritant..
En revanche, le personnage de Déborah a beaucoup plus d'épaisseur. Jeune ghanéenne en cavale après avoir fauché l'argent d'un casse, elle est dotée d'un aplomb et d'une vivacité incroyables. C'est à elle que le lecteur s'intéresse finalement.
Le livre fut avalé en un rien de temps, l'intrigue se durcissant soudain autour de la menace de "ravisseurs islamistes venus du Nigéria voisin à la recherche d'otages européens." C'est là que l'on bascule dans l'actualité la plus contemporaine. Et le résumé de l'éditeur frappe très juste en évoquant "un âpre condensé de l'actualité politique en Afrique de l'Ouest." le Bénin, que je pensais encore calme (aussi parce que l'on en parle peu dans l'actu occidentale), secoué des mêmes soubresauts que le reste de la région.
Une fin de roman inattendue, pour bien marquer qu'il s'agit là d'un sombre roman. Pauvre Déborah. Culot et vivacité font peu le poids face à l'hydre géopolitique.
Lien : http://coquelicoquillages.bl..
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Charybde2
  17 avril 2014
Un poète breton pris dans un délirant imbroglio post-braquage dans la douce Porto-Novo.
Désormais sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2014/04/17/note-de-lecture-la-traque-de-la-musaraigne-florent-couao-zotti/
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Polars_urbains
  16 juillet 2017
C'est un livre dans lequel tout le monde court après quelqu'un ou quelque chose. Un peu thriller, pas mal road-movie, plutôt déjanté, « La traque de la musaraigne » est un bon polar africain, brillant et souvent drôle. Comme quoi le polar africain n'est pas l'apanage des anglophones !
Lien : http://www.polarsurbains.com..
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critiques presse (1)
LePoint   04 avril 2014
Une course-poursuite en bus, en 504, en pirogue, à toute berzingue à travers un Bénin truffé d'islamistes...
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
yv1yv1   22 mars 2014
Tu sais, l'ami, expliqua Ignace avec une pointe de fierté, ceci est mon Titanic [une pirogue]. Attention, il n'aura pas le même destin que l'autre, mais il m'aidera à transporter les cargaisons les plus envieuses d'essence kpayo [= contrefait] [...] Oui, je convoie de l'essence de contrebande depuis le Nigéria jusqu'au débarcadère de Djassin, après l'archevêché de Porto-Novo. (p.192)
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yv1yv1   22 mars 2014
Il paraît, disent les sociologues, qu'on est le produit de son milieu et qu'on en duplique tôt ou tard les mêmes travers. Déborah, pour contrer les habitudes violentes de son père, avait empoigné un soir une trique et lui avait fracassé la tête avec. Un délire et une jubilation propres à une âme soulagée, lui avaient soulevé la poitrine. (p.158)
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yv1yv1   22 mars 2014
Elle s'attendait à tout, miss Déborah. D'ailleurs, si l'on égrènait son existence, les rêves qu'elle avait nourris, les cauchemars qui l'avaient bouillie, on s'apercevrait qu'elle avait vécu mille vies ; que, depuis ses premiers laits, il s'était accumulé dans son corps, dans les interstices de sa peau, des quintaux d'histoires incroyables. (p.157/158)
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yv1yv1   22 mars 2014
La moto gigotait sur la piste jaune de la Route des Pêches. Sur les quatre kilomètres qui séparaient le Calvaire du village des pêcheurs, le chemin était loin d'être un long fleuve tranquille. Nids de poule, tranchées de voyous, baignoires de crocodile, tous les trous se succédaient avec autant de variété que de régularité. (p.89)
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Polars_urbainsPolars_urbains   05 août 2018
Soudain, apparut sur la gauche un bus, un diplodocus des autoroutes, carrosserie décharnée, freins improbables avec des passagers accrochés, entassés là-dedans comme des chauves-souris. Il freina et alla s’arrêter dix mètres plus loin. Un jeune déguenillé en descendit, sans doute l'apprenti-chauffeur, qui jouait aussi le rôle de réparateur-bricoleur, de tickettier, de contrôleur, de coursier, de petit-boy, bref l'esclave-bus, dévoué corps et esprit au conducteur, un cinquantenaire, tête nue et ronde comme une calebasse.
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Video de Florent Couao-Zotti (1) Voir plusAjouter une vidéo

Florent Couao-Zotti : Les Fantômes du Brésil
Dans le décor du Rostand, Olivier BARROT présente l'ouvrage de Florent COUAO-ZOTTI "Les Fantômes du Brésil" paru chez Ubu.
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