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EAN : 9782415000721
336 pages
Odile Jacob (27/10/2021)
3.9/5   15 notes
Résumé :
L'univers a un sens et ce sens n'est pas d'aller vers toujours plus de désordre,comme on l'entend parfois dire. Comme l'eau s'écoule toujours de haut en bas le long d'une pente, en suivant un cours qui relève du hasard, l'univers suit une logique révélée par nos puissants télescopes.

Les défis planétaires posés à l'humanité prennent un autre sens quand ils sont mis en perspective dans le cours de l'histoire de l'univers, qui parle aussi de ceux qui l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
C'est certainement un livre intéressant pour une personne qui veut s'initier à l'astrophysique, en particulier à l'approche entropique. Mais pour une personne qui s'y connaît un peu, son style est un calvaire : car on s'attend à un ton plus scientifique que d'un conteur. Il y a aussi des approximations, voire des erreurs, et des digressions hors sujets à n'en plus finir. Plus d'une fois j'étais prêt à abandonner : j'ai seulement choisi d'être moins attentifs et de l'être plus aux passages intéressants ou nouveaux.

Sur le fond, j'ai aussi un arrière goût désagréable : une vague sensation d'un message « finaliste » sur le fonctionnement de l'univers. le finalisme est une notion philosophique qui induit que les les choses fonctionnent de telle manière pour une fin déterminé. Ma conclusion est peut-être hâtive, mais elle est appuyé par de nombreuses références religieuses ou d'existence de démiurge. Mais il faut que je m'explique plus avant.

La théorie qui est exposée est intéressante. Elle se base sur le second principe de la thermodynamique qui dit que toutes transformations, même si elle crée localement de « l'ordre », doit s'accompagner de l'augmentation du « désordre » dans l'univers. Et la thèse du livre est que ce désordre est apporté par la création de lumière. L'exposé scientifique de l'argument est impeccable et convaincant. Son interprétation « épistémologique » par l'auteur souffre d'un problème philosophique.

C'est le même problème qu'a rencontré Darwin avec la théorie de l'évolution. D'ailleurs il disait lui même que ce n'est pas une théorie mais plutôt d'une sorte d'interprétation qui éclaire le chemin, qui dit vers où regarder. Une interprétation aussi créative et révélatrice que la pensée que l'homme n'est pas le centre de l'univers. La théorie de l'évolution à tout de suite connu une mésinterprétation finaliste qui ont structurés d'une part des idéologies souvent cruel (du fort écrasant le faible), raciste et eugéniste, et d'autre part l'idée de progrès dans l'évolution, l'humain étant le dernier sommet connu.

L'auteur expose sa théorie avec une interprétation similaire : par exemple, de son point de vue, la « vie » ne serait pas la conséquence de cette interprétation, elle devient « nécessaire » pour en augmenter l'efficacité. Ce n'est pas très scientifique.
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L'auteur casse le paradigme éculé de "évolution de l'univers vers une mort thermique due à l'accroissement inéluctable de l'entropie". Cette présentation de la fin de l'univers à partir de l'entropie est un dogme depuis le 19ème siècle et suivant, avec le deuxième principe de la thermodynamique, On se souvient des larmoyantes descriptions de ce siècle du romantisme neurasthénique façon Camille Flammarion dans son "Astronomie Populaire" avec la lugubre illustration de la mort thermique de la Terre (avant celle de l'univers connu bien évidemment) , illustrée par un couple de squelettes étreignant celui de leur enfant, celui du chien fidèle gisant à leur pieds..
Donc c'est une lecture nouvelle de l'évolution cosmologique habituelle, mais vue depuis la notion d'énergie et non plus depuis la matière, depuis les particules de photons (des différentes énergies, pas seulement du segment de la lumière visible) et non plus depuis les noyaux atomiques. C'est très intéressant car cela met nettement mieux en valeur la succession d'hasards miraculeux qui a permis la création de l'univers que nous connaissons.
Il est certain que cela met en valeur la notion de "nécessité" (au sens que lui donne Monod dans son "Hasard et nécessité") et met en péril (voire met à mal) l'argument "nous avons eu un sacré coup de chance d'avoir les bonnes constantes cosmologiques qui nous ont permis d'exister, mais c'est uniquement le fruit de la chance". (Chance de 1/10 exp 33 en gros mais bon, il y a bien des gens qui gagnent le loto nous dit la presse).
L'auteur prend toutes les précautions nécessaires pour expliquer que si l'univers a un sens (une nécessité des paramètres de départ permettant l'éclosion de la vie biologique), cela n'implique pas pour lui l'existence d'un principe Créateur (Dieu, en fait). Cela agacera néanmoins certains psychorigides qui tiennent absolument à leur statut de verrues inutiles, fruits d'un hasard imbécile et dont la dispartion prochaine soulagera tout le monde.
Mais il reste que cette approche de l'évolution de l'univers connu par l'énergie, tout autant scientifique que celle procédant à partir de la matière uniquement se révèle très féconde car bien plus cohérente et permettant de projeter des pistes de développement théoriques.
En résumé, une très bonne lecture, d'un auteur courageux ("le premier qui dit la vérité, il doit être...), à recommander aux esprits libres et aux étudiants pour
qu'ils entrainent leurs facultés créatives et la mise en cause des vieilles lunes qui enchaînent la pensée.
A noter : beaucoup d'anecdotes du monde technique et scientifique, souvent non connues, illustrant la pesanteur des idées reçues qui souvent empêchent le développement du progrès scientifique. Cela allège un peu la longueur de la deuxième partie car la démonstration est faite dès la première partie.
Le chapitre de conclusion, lui, m'apparaît toutefois sacrifier un peu à la bien pensance actuelle, une petite concession en fait (un paradis humain sur Terre envisageable si l'évolution de l'homme le voulait bien) alors que depuis longtemps on sait que si le Paradis peut débuter sur Terre, sa réalisation réelle ne peut se faire qu'au delà de nos constantes cosmologiques (l'éternité aboli le temps entre autres), la Jérusalem Céleste n'est pas de ce monde. (lol)
Bonne lecture.
;)
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Une histoire de l'univers qui revient sur ce qu'on croit savoir depuis un certain « BigBang » et qui donne des explications sur le rôle prédominant de la lumière comme actrice moteur de la prolifération de la matière qui nous entoure. Chacun de nous, être vivant, humain ou animal possède un rendement bien supérieur à notre étoile, le soleil pour produire des photons ( 1kg d'homme produit 200 000 plus de photons qu'un kg de soleil!). La vie aurait-elle émergé comme un processus apte à produire plus d'entropie ? C'est dans ce sens que s'explique le titre du livre de David Elbaz, derrière l'apparence anodine d'un être vivant, qui peut à première vue interroger sur le 2 ème principe de la thermodynamique se cache une machinerie diablement efficace à produire des photons qui le confirme ! L'entropie de l'univers augmente toujours. L'interview de David Elbaz dans « la méthode scientifique » de France culture, m'a donné envie d'en savoir plus et je recommande la lecture de son livre qui fourmille d'informations qui satisferont les curieux de ce domaine scientifique.
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très didactique et récapitulatif sur l'état de la science.... une petite base scientifique reste bienvenue pour une compréhension plus complète

aprés c'est c'est à vous de vous faire votre philosophie qui découle de l'état connu de l'univers ou des univers.
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J'avais entendu l'auteur en podcast et trouvé très clair et pertinent.
Un peu déçu par le bouquin... Il faut attendre la page 80 pour qu'il parle enfin de la lumière et de son rapport à l'entropie. Et vers la fin, il déigresse encore vers des sujets cosmologiques sans rapport à mon sens. Mais c'est intéressant malgré tout.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
* "La lumière est l'argent avec lequel la matière paie son organisation en structures complexes. Autrement dit, la beauté de l'univers est fille de la lumière."
* "La véritable sculptrice des formes riches et singulières de l'univers n'est pas la gravité, mais la lumière."
* "Le principe selon lequel l'entropie ne peut qu'augmenter, plus connu sous le nom de second principe de la thermodynamique, est la cause profonde de notre vieillissement et du temps qui passe."
Mais,
* "L'idée selon laquelle le monde tend vers toujours plus de désordre est erronée car elle ne nous fournit pas la grille de lecture la plus féconde de l'histoire de l'univers."
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La force de Lemaître, pourtant lui-même théoricien, fut d’accorder plus de crédit aux observations et même à la théorie de la relativité que son propre inventeur. Il existait chez Newton, comme chez Einstein, une source d’énergie capable de s’opposer à l’effondrement de l’univers : l’énergie de mouvement,
l’énergie cinétique. Si l’univers ne s’effondrait pas sur lui-même, c’était parce qu’il était porté par une dynamique d’expansion.
Lemaître publia en 1931 la conséquence la plus troublante de sa découverte : tout l’univers que nous pouvons voir à perte de vue fut un jour concentré en un seul « atome primitif ». Lemaître a rapporté la réaction d’Einstein lorsqu’il lui en parla : « Lorsque je lui parlais de l’atome primitif, [Einstein] m’arrêtait, “Non pas cela, cela suggère trop la création{21}”. »
Nous y voilà ! Le lion dans toute sa splendeur. Einstein tenta de se protéger du lion de Slipher à l’aide d’une arme mathématique, sa constante cosmologique ! La constante cosmologique d’Einstein cachait un lion aux mâchoires acérées. Qu’y avait-il d’abominable à imaginer que l’univers ait une histoire ? On ne peut pas le dire avec certitude, mais il semble bien qu’une implication n’ait pu échapper à Einstein : si l’univers a une histoire qui commence avec le Big Bang et qui aboutit à l’organisation de la matière que nous connaissons, cela suggère l’existence d’un principe organisateur. D’ici à imaginer qu’il existe une force invisible organisatrice de l’univers, il n’y avait qu’un pas. On ne peut
pas savoir si Einstein s’est posé cette question, mais un autre que lui l’a fait en la personne de Fred Hoyle. Cette inquiétude continue de régner dans le monde scientifique à l’heure où j’écris ces lignes. Pourtant la physique offre une réponse à cette question, comme nous le verrons plus loin.
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Anderson venait de découvrir la preuve que le physicien anglais Paul Dirac avait eu raison lorsqu’il annonça la possible existence d’une forme d’antimatière, dotée des propriétés de la matière mais avec une charge électrique opposée, en 1928. Dirac avait bien besoin de cette confirmation par l’expérience car le prix Nobel de physique Werner Heisenberg en personne avait déclaré : " Le chapitre le plus triste de la physique moderne est et demeure la théorie de Dirac... Je la considère comme un déchet savant que personne ne peut prendre au sérieux"
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Vidéo de David Elbaz
Pour la quatrième édition de ce cycle, les « Débats au coeur de la science » se penchent sur le thème « Explorer ». Pour cette quatrième séance, des astrophysiciens nous parlent de la découverte des exoplanètes, des méthodes utilisées pour les détecter, depuis le sol et depuis l'espace, et nous expliquent pourquoi ces mondes lointains, susceptibles d'abriter la vie extraterrestre, nous fascinent tant.
Rencontre animée par Caroline Lachowsky, journaliste scientifique à RFI, avec Faustine Cantalloube, astrophysicienne, chercheuse au Laboratoire d'astrophysique De Marseille (LAM) et spécialisée dans la détection d'exoplanètes, David Elbaz astrophysicien, directeur scientifique du département d'Astrophysique au Commissariat à l'énergie atomique (CEA Saclay), et Elsa Huby astronome-adjointe au Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (LESIA) de l'Observatoire de Paris.
Plus d'informations sur cette conférence : https://www.bnf.fr/fr/agenda/les-exoplanetes-vers-linfini-et-au-dela
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