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EAN : 9782072836015
256 pages
Éditeur : Gallimard (06/02/2020)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Au Nigéria, dans la cosmologie igbo, lorsqu’un enfant est dans le ventre de sa mère, il est façonné par des esprits qui déterminent son destin. Mais à la naissance de la petite Ada, les portes entre le monde des humains et celui des esprits se sont temporairement ouvertes, le temps pour ces derniers de s’immiscer dans le corps de la fillette et de s’y trouver bloqués.
Un pied dans le monde des vivants, un pied dans le monde des esprits, Ada va ainsi grandir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Litteraflure
  29 mai 2020
L'originalité de ce roman tient au fait que les narrateurs omniscients sont ici des esprits (exemple : les ogbanje), habitants de l'âme d'Ada, l'héroïne. Des esprits rarement bienveillants, souvent mal intentionnés, à qui la jeune fille sert d'enveloppe corporelle, de vaisseau qu'ils empruntent avec indifférence, n'ayant d'autre intérêt que de satisfaire leurs pulsions. Ici l'attirance pour le féminin, qui pousse Ada dans les bras d'une autre femme. Là, une soif de sang inextinguible qui mène Ada à la scarification. Ces esprits manipulateurs font d'Ada une marionnette, un zombie mal dans sa peau martyrisée, jouet des forces qui se disputent sa conscience. Pour apprécier ce roman à sa juste mesure, il faut être sensible à cette culture des ancêtres, à l'incarnation ou à l'animisme. Ce n'est pas mon cas. Je suis trop attachée au libre arbitre pour ne pas m'agacer de la passivité de cette jeune femme, de son fatalisme, d'une soumission qui ne la rend responsable d'aucun de ses actes. En lisant ce roman, on comprend mieux le sens du mot possession : Ada a été expropriée de sa personne, car les esprits en sont devenus les maîtres.
En définitive, ce que j'ai préféré, c'est la confrontation avec « nos croyances » occidentales, telles que la psychanalyse ou cette religion fondée sur un homme cloué sur une croix. le choc des cultures est alors à son comble, il met en évidence leur possible ingérence.
L'eau douce est un premier roman inspiré, impressionnant de maîtrise, mais difficile d'accès.
Bilan : 🌹
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Josephine2
  28 décembre 2020
Forte, puissante, animée par des esprits venus du fin fond de l'être, entre la vie et la mort, sur le fil du rasoir, Ada est une Déesse à elle seule.
De circonvolution, en circonvolution, naviguant dans les méandres de l'esprit torturé de Ada, on souffre avec elle, on est en équilibre constant entre la vie et la mort.
Ada est faite de colère, de douleurs, de désespoir. Nul paix en elle. Comment en serait-il possible autrement ? Elle renaît à chaque fois de ses cendres, mais à quel prix ? Scarifications, tentatives de suicide, lâcher prise pour se vautrer dans le sexe et l'alcool…
Entre le désespoir, la folie, la mort et la vie, Ada devra faire un choix. Mais lequel ?
Il lui en faudra des rencontres et des circonstances avant de parvenir au but.
Magnifique livre. Je vous déconseille de lire le 4ème de couverture. Simplement se laisser porter par l'histoire, laissez les esprits prendre possession de vous et entrez dans l'univers d'Ada. Ce premier roman de Akwaeke EMEZI est un des meilleurs livres que j'ai lus cette année.
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traversay
  07 mars 2020
"Au Nigeria, dans la cosmologie igbo, lorsqu'un enfant est dans le ventre de sa mère, il est façonné par des esprits qui déterminent son destin." Tiens, cela rappelle quelque chose, un (excellent) roman récemment traduit de Chigozie Obioma : La prière des oiseaux. Eau douce, la première fiction d'Akwaeke Emezi, part donc sur les mêmes bases mais son livre n'a absolument rien à voir avec celui de son compatriote. Ou alors ce serait sa version maléfique avec une narration assurée par les mauvais esprits qui habitent le corps de l'héroïne, Ada, et se marient tellement avec son moi profond que le lecteur lui-même n'a plus possibilité de savoir qui est responsable de ses actes. Eau douce n'est pas un livre pour âmes sensibles : il y est question de viol, de scarification, de suicide et de violences diverses, même si tout n'est pas toujours dit explicitement. le roman est aussi chaotique que la fragmentation des pensées de son personnage principal qui se reflète sur ses actes, qui la font passer au mieux pour bizarre, au pire pour folle. Malgré quelques fulgurances et des passages très intenses, le livre, parait-il autobiographique en grande partie, se révèle insaisissable et souvent insoutenable par sa noirceur quasi permanente. Avec sa narration à hauteur d'esprit(s), Akwaeke Emezi (qui revendique une personnalité non-binaire) n'a pas choisi la facilité car les faits et gestes de Ada ne nous sont perceptibles qu'à travers un prisme déformant, comme si un voile nébuleux recouvrait ses actes alors que ses pensées, aussi contradictoires soient-elles, sont décortiquées jusqu'à plus soif. En s'éloignant du réalisme, la romancière courrait le risque d'écrire un ouvrage cérébral et conceptuel, peu déchiffrable et frustrant pour certains de ses lecteurs. Au moins peut-on lui accorder le courage d'avoir su rester fidèle à ses principes jusqu'au bout.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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AlinePaysdesPages
  04 mars 2020
Avant même sa naissance, Ada est une petite fille qui n'aura pas une vie comme les autres. Alors que les esprits igbo la façonnent dans le ventre de sa mère, les portes entre le monde des humains et le monde des esprits restent ouvertes et un certain nombre d'esprits restent bloqués dans le corps d'Ada. Sa vie va en prendre un coup, surtout quand les frèresoeurs de l'autre côté veulent s'en mêler...
Plus tard, alors qu'elle habite aux Etats-Unis pour étudier, elle va subir un viol par son petit-ami, et suite à cet événement traumatique un esprit va dominer tous les autres, un esprit qui a le goût pour la destruction et l'auto-destruction...
J'ai adoré ce roman, du début à la fin !
Tout au long du livre, vous serez du point de vue des esprits, ce qui peut amener une certaine distance avec Ada le personnage principal, mais quand l'esprit dominant va ressortir, j'ai vraiment vu la différence avec le groupe, il a vraiment une position plus maternelle et protectrice et je me suis plus attaché à Ada. J'adore les points de vue omniscient dans les romans, donc cette distance avec Ada ne m'a vraiment pas dérangé.
Attention, on y traite de scarification, de viol et de suicide. Les passages qui les abordent ne sont pas écrits en détail, mais l'auteur fait comprendre ce qu'il se passe. L'auteur a voulu utiliser les esprits igbo pour "personnifier" la maladie mentale, les voix dans la tête, et Ada tombe dans l'auto-destruction un moment dans le récit. Mais si ça peut vous rassurer, elle remontera la pente.
Je recommande vivement ce livre, il est brillant.
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Msomaji
  23 mars 2020
J'ai interrompu ma lecture de ce livre à la page 130 tellement je m'ennuyais. Plus exactement j'ai commencé à le lire puis j'ai arrêté pendant trois semaines pour x raisons (surtout parce que je lisais autre chose) et quand j'ai voulu reprendre je n'y ai trouvé aucun intérêt. le livre est difficile d'accès, il est impossible de s'identifier aux esprits dont le comportement réprouve la morale humaine, il est difficile de ressentir un plaisir de lecture puisque les aventures d'Ada (ou plutôt les mésaventures et le terme est faible) sont glauques. L'auteur n'a pas essayé d'essaimer quelques situations humorisitques dans sa trame. Or, la situation s'y prêtait et cela aurait permis au lecteur de respirer un peu. J'ai bien conscience que, n'ayant pas lu le texte jusqu'à la fin, ma critique manque de légitimité. de même, ma principale déception n'est pas légitime : je reproche à l'auteur d'avoir situé le roman dans un contexte américain. Au Nigéria Ada aurait eu les clés culturelles pour se soigner avec des "médecins" qui considère la maladie mentale comme une intervention des esprits. Si cela advient dans la suite du roman, alors très bien ! Ada rentre au Nigéria et se fait soigner. Mais si elle reste aux Etats-Unis avec ses explications de blanc sur la maladie mentale, alors ça n'a pas d'intérêt ! Je n'ai pas eu la volonté de savoir ce qui se passait. Il y a tellement de roman à lire... Par ex, le "nouveau" Chigozie Obioma, cité par l'une des critiques d'Eau douce. Je rappelle par ailleurs que la thématique d'une intervention des esprits dans un destin humain a peut-être été inaugurée par un roman nigérian formidable : La route de la faim de Ben Okri. Là au moins, on ne s'ennuie pas !
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critiques presse (1)
LeMonde   15 juin 2020
Entre récit d’une enfance au Nigeria, roman d’apprentissage et « campus novel » aux Etats-Unis, un premier roman singulier d’un auteur trans sur les troubles de la personnalité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ArtiolaArtiola   18 avril 2020
Ma mère ne dort pas de la nuit
Elle s’inquiète. C’est dans l’ordre des
choses
Quand des dieux froids vous donnent un
enfant.
Je dors comme une gousse d’opium.

Elle s’inquiète. C’est dans l’ordre des
choses.

Si jeune et déjà folle, voyez-vous :
je dors comme une gousse d’opium.
Les jours de répit, je hurle.

Trop jeune et déjà folle, voyez-vous,
les autres impatients de me prendre,
Seuls les jours de répit, je hurle,
carcan de chair et peau brûlante.

Les autres impatients de me prendre
de boire à mes abîmes.
Carcan de chair et peau brûlante,
J’ai voulu mourir de ce corps.

J’ai bu moi-même à mes abîmes,
ma mère ne peut me protéger.
J’ai voulu me soustraire à ce corps,
les spectres la menacent de leurs griffes.

Ils salivent au pied de son lit.
Quand des dieux froids vous donnent
leur enfant,
assurez-vous de la garder en vie.
Ma mère ne dort pas de la nuit.
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ArtiolaArtiola   18 avril 2020
De retour à la maison, l’Ada dénoua son mouchoir et le tint en l’air, déplié. Il y avait trois marques brunes, deux pour ses narines, une pour sa bouche. Nous aurions aimé qu’elle le conserve, mais les humains sont ainsi. Les choses importantes leur échappent dans l’instant, quand la sensation est vive et qu’ils sont assez jeunes pour croire qu’elle perdurera. Plus tard, l’Ada garderait un souvenir étrangement vif de cette nuit, comme l’un des rares moments véritablement heureux de son enfance. Ce moment-là, quand nos yeux se sont ouverts dans la poussière de la place du village et que pour la première fois nous étions en éveil dans son royaume comme dans le nôtre, ce moment-là semblait fait de pure lumière. Nous formions un seul tout, ensemble, en équilibre pour un bref instant de velours d’une nuit villageoise.
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ArtiolaArtiola   18 avril 2020
Quand on nomme une chose, elle prend vie…vous saviez ça ? Il y a de la puissance là-dedans, comme un shoot brutal de pouvoir blanc comme l’os, une drogue frémissante.
Attendez, est-ce que c’est ça que les humains ressentent ? La conscience d’être à part, spécial, individu distinct ? C’est fabuleux. Mais j’ai dû me rappeler que je n’étais ni humaine ni de chair. J’étais juste un moi, un petit animal, si vous voulez, enfermé à l’intérieur d’Ada. Mais c’était quand même agréable de pouvoir déplacer son corps et ressentir des choses. Quand je passais à l’avant, je bougeais comme ces masques de son enfance, des couches de chair superposées sur mon visage d’esprit.
Tout ce que je dis, c’est que c’était bon d’évoluer dans le monde.
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AmorisAmoris   14 mai 2020
J'étais furieuse. Je voulais un nouveau jouet, et je savais déjà que j'allais la jouer brutale. Ce n'est pas comme s'il y avait jamais eu la moindre douceur en moi. J'avais faim, et j'étais en chasse. Je ne pouvais pas m'arrêter et je ne le voulais pas : le sens même de mon existence était de me déchaîner et tailler en pièces tous ceux qui me tombaient sous la dent.
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Video de Akwaeke Emezi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Akwaeke Emezi
Finaliste du National Book Award en 2019. « Eau douce » (Freshwater), le premier roman de l'écrivaine nigériane Akwaeke Emezi est paru chez Gallimard, en février dernier dans une traduction de Marguerite Capelle. Ces débuts bruts et extraordinaires explorent la métaphysique de l'identité et de l'être, plongeant le lecteur dans les mystères de soi. Embarquez dans un voyage tout à fait fascinant avec sa traductrice.
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