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ISBN : 2070142353
Éditeur : Gallimard (31/12/2014)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 967 notes)
Résumé :
« En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. »

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (253) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
  06 février 2015
♫ «Vois-tu mon chéri, pour te plaire j'ai fait quelque chose de bien gentil,
j'ai fait ce que font toutes les femmes en c'moment pour être tout à fait dans l'mouv'ment».
Elle enleva gentiment son chapeau et stupéfait, je m'aperçus tout aussitôt
qu'elle s'était fait couper les ch'veux ♪
Comme l'évoque cette vieille chanson de 1924, la coupe de cheveux, façon américaine tout de même, s'avère être le fil rouge de ce roman nigérian titré « Americanah ».
Précisant tout de suite que je suis un homme et que moins je passe de temps chez le coiffeur mieux je me porte, comment se fait-il que je veuille découvrir à ce point une histoire qui se déroule pendant des heures dans un salon de coiffure ?
Bien sûr, c'est ma soif de curiosité sur le Nigéria qui m'a guidé sur ce livre…
Par exemple, je sais comme bon nombre d'entre vous que les joueurs de football du Nigéria portent des tuniques vertes et qu'ils sont surnommés « les Super Eagles » ou bien encore que la secte Boko Haram sème la terreur dans le nord du pays.
Mais saviez-vous que la capitale de ce géant d'Afrique de plus de 177 millions d'habitants et première puissance économique du continent s'appelle "Abuja" ?
Connaissiez-vous le président nigérian qui doit surement avoir beaucoup plus de chance avec la météo que le notre ainsi nommé Goodluck Jonathan ?
Vous n'étiez pas au courant. Moi non plus je l'avoue. Et je n'avais jamais entendu parler de ce livre et de cette auteure nigériane il y a encore un mois.
Pour tout dire, je n'aurais jamais croisé la route d'Ifemelu, l'héroine d'Americanah si je n'avais pas été invité à participer à une rencontre avec « Chimamanda Ngozi Adichie », cette magnifique écrivaine nigériane (dans tous les sens du terme) qui partage actuellement sa vie entre Lagos et New York.
Qui plus est, ce roman n'est à proprement parlé un livre sur le Nigéria mais sur les « Americanah ». C'est ainsi que l'on surnomme les nigérians qui ont tenté l'aventure dans le pays de l'oncle Sam avant de revenir au Nigéria pour faire fortune ou réaliser leurs rêves les plus fous.
Comme quoi, moi qui adore les romans américains, je n'ai rien perdu au change…
C'est ainsi que, Ifemelu une jeune femme nigériane, décide de quitter le Nigéria pour effectuer ses études aux Etats-Unis, pensant retrouver dans quelques mois son petit copain, Obinze, impatient de la rejoindre avant de régler quelques problèmes administratifs habituels.
Mais rien ne va se passer comme prévu et Ifemelu va traverser les pires difficultés pour d'abord survivre dans ce nouvel environnement et par la suite, réussir à s'adapter au style de vie américain.
Plus dur encore, Ifemelu va découvrir pour la première de sa vie qu'elle est noire. Noire au milieu d'une société faite pour les blancs…
Dénonçant à la fois le racisme et la difficulté de s'intégrer aux Etats-Unis pour un noir, Chimamanda Ngozi Adichie pioche à travers ses expériences personnelles, celles de sa famille ou de ses amis le substrat indispensable pour brosser le portrait de l'Amérique vis-à-vis des immigrés africains et plus généralement de la population noire.
A la fois engagé et plein d'humour, ce roman fait la part belle à une histoire d'amour impossible dont on ne connaîtra l'issue qu'à la toute fin du livre.
A ce sujet, la principale critique que j'objecterais, concernant ce livre par ailleurs remarquablement bien écrit et particulièrement intéressant, est justement cette trop longue attente.
Comme l'héroïne du livre, j'ai eu l'impression d'attendre des plombes dans ce salon de coiffure et de me priver ainsi d'une fin plus aboutie et beaucoup moins concise que celle proposée. Je voyais les pages défiler et décomptais les pages restantes un peu affolé. Plus que 200 pages… Plus que 100 pages… Plus que 50 pages… Ouf enfin !
Quoi qu'il en soit, que vous ayez les cheveux en bataille, en brosse, au bol, au carré, en triangle, en losange, tressés, ondulés, frisés ou lissés que sais je, n'hésitez pas une seule seconde à découvrir cet excellent ouvrage de Chimamanda Ngozi Adichie dont la signature manuscrite restera gravée à tout jamais dans mon exemplaire offert par Gallimard.
Merci encore à Babélio et bon vol pour votre prochain voyage inoubliable au Nigéria et aux Etats-Unis !

Ps : Petite remarque au passage, j'ai l'impression d'appartenir à une espèce en voie de disparition, voire d'extinction lorsque que l'on comptabilise le nombre d'hommes qui étaient présents dans la salle par rapport au nombre de femmes ! Il ne manquerait plus que je finisse dans un zoo pour lecteurs...
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Epictete
  28 janvier 2015
Ce livre est le second roman publié par Chimamanda Ngozi Adichie, auteur qui vit au Nigéria après un séjour aux Etats-Unis pour ses études.
Autant dire tout de suite qu’avant cette opération entre Babelio et les éditions Gallimard, je n’avais jamais entendu parler d’elle.
Découverte donc !
D’autant que cette lecture était accompagnée d’une rencontre avec l’auteur qui a permis d’éclairer bien des points de ce récit.
Découverte d’un auteur bien sur, mais également découverte d’une œuvre, d’un travail, d’un style particulier, d’audaces que nous ne nous permettons plus.
Ce livre décrit le parcours de deux jeunes Nigérians d’un niveau social plutôt privilégié (Enseignants, universitaires…) conduits à l’immigration par la situation de leur pays, et particulièrement d’Ifemelu, une jeune femme . qui part faire des études aux Etats-Unis. Son ami d’enfance (Voire un peu plus….), Oblinze part lui de son côté en Angleterre. Il reviendra comme nombre de ses congènères faire fortune au Nigéria. On peut rappeler à cette occasion que ce pays est politiquement peu stable (C’est un doux euphémisme) et que la moyenne démographique actuelle est de six enfants par femme.
Acceder à une position sociale plus importante est donc à la portée de ceux qui ont eu d’autres modèles et reviennent avec des Savoir-Faire.
Après une intégration à la société Américaine notamment par les livres et la tenue d’un blog destiné aux Africains en Amérique, Ifemelu va traverser une sorte de crise existentielle (comme cela arrive à bien d’autres) et remettre en cause sa situation.
En effet, après une phase d’Américanisation à marche forcée (mode de vie, accent américain….) elle va décider de reprendre son identité Africaine et de rentrer au pays, retrouver ce et ceux qu’elle y avait laissé.
Elle retrouve alors son identité réelle.
C’est en fait l’histoire simple de deux jeunes gens amoureux, séparés et qui auront vécu des aventures banales… et pourtant pas aussi simples.
Mais c’est surtout l’occasion de parler franchement du ressentit des déracinés, en fait du racisme.
Ce n’est pas l’acte raciste odieux dont il est sujet ici, mais bien du racisme au quotidien, celui qui s’installe insidieusement dans nos cultures, dans nos pensées et qui, sans éclat influence notre façon de voir la société. (Il n’y a par exemple plus de noirs en France : Il y a des blacks !)
J’ai beaucoup aimé ce passage dans lequel Ifemelu explique s’être rendu compte qu’elle était noire à l’aéroport aux Etats-Unis. En effet à son départ, tout le monde était noir et il n’y avait pas de différence en termes de couleur de peau.
Les choses n’existent que parce qu’elles ont un contraire.
Un thème est récurent dans ce livre : les cheveux comme élément de différenciation entre les personnes, entre les blancs et les noirs. Cheveux crépus, lisses, droits, tombants, bruns blonds ou roux….
Ce n’est pas un hasard si le livre commence dans un salon de coiffure où Ifemelu va passe six heures à se faire tresser les cheveux, et aura ainsi le temps de passer ses expériences de vie en revue.
Ce qui m’a le plus surpris dans ce livre, c’est la franchise avec laquelle sont abordées les notions de race, de différence culturelle, sociétales, etc.
On a tout à coup l’impression qu’en France aborder ainsi ces sujets aurait conduit à des polémiques tenaces.
C’est à travers une peinture de l’Afrique et de sa culture, de l’Amérique et de ses travers que sont abordés la plupart de nos problèmes de société.
L’histoire d’Ifemelu et d’Oblinze, bien qu’en grande partie basée sur l’expérience personnelle de l’auteur, n’est en fait qu’un prétexte à un regard sociologique de notre monde.
Chimamanda Ngozi Adichie aborde librement la notion de race et refuse de se cacher derrière une pseudo uniformisation de tous les êtres. Elle accepte les différences et les respecte.
Elle nous livre en tout cas un livre drôle, rythmé, dense et qui conduit le lecteur à la réflexion
Très jolie découverte, donc !
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tynn
  15 février 2015
Ce n'est pas seulement la fuite devant la guerre ou la pauvreté qui contraint à l'exil.
Le Nigeria des années 90 perd les forces vives intellectuelles de sa population, étudiants diplômés mais sans avenir dans leur patrie, désirant "échapper à la léthargie pesante du manque de choix". Instabilité politique, corruption et chômage représentent un mur infranchissable. Ces jeunes adultes aisés, convaincus que leur réussite est ailleurs, tentent études supérieures ou travail aux Etats Unis ou en Grande-Bretagne, pour construire un avenir professionnel avec une énergie et un courage remarquables. Ils y sont confrontés à la clandestinité, à la pauvreté, aux trafics de papiers, à l'illégalité de mariages blancs, à la prison: un autre monde pour ces classes moyennes africaines.
L'exil, c'est l'adaptation, difficile, en dépit de l'entraide et de la diaspora nigériane. C'est aussi la séparation: Ifemelu, envolée vers Philadelphie perd Obinze, son amour de jeunesse parti vers Londres. Alors qu'il subit l'humiliation de l'expulsion, elle devient une star de la blogosphère, observatrice sans relâche des différences culturelles entre les africains et les afro américains.
L'immersion américaine, c'est la conscience de la négritude, du racisme et de ses subtilités, dont elle peut parler avec un point de vue extérieur, avec humour et ironie.
Quinze ans plus tard, le retour à Lagos, entre le désir de faire fortune ou l'espoir idéaliste de changer le pays, s'annonce plus difficile que prévu, pour elle comme pour ces adultes construits entre deux cultures et passant souvent pour arrogants et supérieurs. A travers ses personnages, attachants et généreux, l'auteure décortique une société nigériane faites de contradictions, en y faisant la part belle aux femmes.
Et la coiffure dans tout cela? La symbolique des problèmes capillaires, pouvant être agaçante mais aussi instructive et amusante, pose la question de l'identité noire dans une société où la beauté est perçue comme blanche et lisse. Une identité liée au pouvoir économique et politique, une pression sociale pour trouver emploi et reconnaissance, un racisme de plus, insidieux et auto imposé.
Alors naturel ou lissé le brushing?
Magistrale histoire d'amour, aventures mouvementées des parcours d'émigration, satire sociale, Americanah est un gros livre dense, fouillé, drôle, grave, captivant, addictif, ...épatant comme disait Bernard Pivot!
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Bookycooky
  13 janvier 2015
Chimamanda Ngozi Adiche dispose d'un talent de narration extraordinaire.C'est son deuxième roman que je viens de lire après "L'autre moitié du soleil",et j'en sors toujours aussi épatée.
L'histoire débute avec Ifemelu,une jeune Nigériane ,dans la trentaine,vivant depuis treize ans aux États-Unis,qui décide de rentrer dans son pays laissant tomber son blog à succès et son petit ami.De là ,flashback sur sa vie antérieure ,sa jeunesse au Nigéria ,son grand amour avec Obinze et ses treize années américaines.Parallélement ,on va faire la connaissance d'Obinze et de son propre parcours.Les difficultés de l'émigration,de l'immigration,le racisme actuel aux Etats-Unis,les relations interraciales sont au coeur de ce récit passionnant.Adichie,magicienne de la langue en quelques lignes nous croque des portraits de personnages appartenant à divers communautés:les WASP,les Noirs américains,les noirs non-américains aux E.U.,et au Nigéria,les americanahs ou autres Nigérians ayant vécus à l'étranger,les nouveaux riches...avec leurs faiblesses,leurs complexes,leurs aspirations,leur recherche d'identité...truculent!C'est aussi une magnifique histoire d'amour,la construction est excellente,le style fluide la prose(v.o.)trés belle,et j'ai adoré la Fin!
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Kittiwake
  01 février 2015
C'est le top des romans ...capillaires! Loin devant Des milliards de tapis de cheveux! Nattes, tresses, collées ou pas, extensions, boucles, défrisants, rien ne manque, et surtout pas l'ambiance du salon de coiffure où les échanges informels, bien au- delà des considérations météorologiques, en disent long sur le monde où nous vivons. La coiffure, souci quotidien de l'auteur, témoin de l'appartenance à un groupe, est ici un baromètre qui mesure le degré de conscience de la différence qui isole, et rend difficile l'acceptation de ce que l'on est.
Mais ce débat n'a lieu qu'au delà de l'Atlantique, lorsque le voyage qui a bercé les rêves de la jeunesse nigériane , vous fait juste prendre conscience que vous avez la peau foncée, afro-américaine ou Américain-Africain, et là deux solutions : tenter de s'assimiler au risque de se perdre, ou de lancer le débat, quoi de mieux qu'un blog pour le faire, ce sont les premiers pas qui coûtent.
Quinze ans aux Etats unis : le temps de vivre quelques histoires d'amour, jusqu'à ce que le cocktail de la nostalgie épicée d'un trait d'illusions perdues, et c'est le retour, dans un pays qui a continué à évoluer sans vous : les amis ont vieilli, la mondialisation est passée par là, et l'amour de sa vie a construit un nid avec quelqu'un d'autre. C'est comme cela que le questionnement existentiel choisit d'autres cibles.
Loin de couper les cheveux en quatre (c'est facile, mais je n'ai pas pu m'en empêcher) ce roman est un magnifique état des lieux des relatons humaines, avec au coeur du problème l'évolution de ce que l'on a appelle plus le racisme, mais qui cache sous des vocables politiquement corrects une réelle ségrégation. le lexique ne suffit pas à effacer des siècles de confrontations plus ou moins violentes.
Le sujet n'est pas uniquement américain : en France, on n'est pas toujours net avec la cohabitaient. Dans une émission littéraire télévisée, l'auteur faisait remarquer qu'ici, on ne dit plus noir, mais black, comme on dit afro-américain plus à l'Ouest.
A travers le partage du parcours de la jeune nigériane, l'auteur crée de façon très adroite une belle connivence entre le lecteur et Ifemulu, et l'empathie grandit avec les pages qui se tournent.
La dernière partie traine un peu, et le dénouement se fait désirer, c'est le seul bémol pour cette lecture passionnante.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (10)
LaPresse   17 avril 2015
Le ton ironique du récit, bien qu'empreint d'une grande sensibilité, permet d'éviter le romantisme mièvre.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte   15 avril 2015
Il y a des superbes éclats, de vraies pépites qui émaillent l'histoire.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaPresse   07 avril 2015
Le ton ironique du récit, bien qu'empreint d'une grande sensibilité, permet d'éviter le romantisme mièvre dans un roman dont le coeur de l'intrigue est la séparation de deux amoureux de jeunesse qui rêvent de se retrouver.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeSoir   05 mars 2015
La Nigériane est une voix montante de la littérature anglophone.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Lexpress   06 février 2015
On l'ouvre et on ne le lâche plus. C'est un roman d'une puissance fascinante. A quoi cela tient-il ? A l'histoire, bien sûr. Et au ton, évidemment. Une plume enlevée, féroce, drôle, tendre, qui dessine les caractères de personnages plus complexes que les apparences le laissent croire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   21 janvier 2015
Ce prénom flamboyant contient à lui seul tous les sujets du roman. Le respect de l'autre, ou comment l'amour tourne parfois à un envoi de bonnes ondes in absentia. La force qu'une femme peut déployer pour affronter son destin. Et la condition noire, du Nigeria aux Etats-Unis, entre lesquels Ifemelu fait le grand écart.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeSoir   20 janvier 2015
Ifemelu n’a pas sa langue en poche, ce qui lui vaut quelques déboires. Et qui nous vaut de magnifiques emportements par lesquels elle bouscule le confort où se sont installés celles et ceux qui refusent de regarder en face les questions qui fâchent, évitant surtout du même coup d’avoir à y répondre.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Liberation   19 janvier 2015
Americanah n’a peut-être pas la brutalité plus discrète et resserrée des nouvelles d’Autour du cou mais ça n’en est pas moins une sorte de grand roman américain international réussi, émouvant et stimulant, dont on tourne les pages à toute vitesse.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   13 janvier 2015
Chimamanda Ngozi Adichie retrace le parcours d’une jeune femme qui a quitté le Nigeria pour mieux y revenir. Où les questions de race et d’identité sont explorées avec ardeur et férocité. Magistral.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   14 octobre 2013
À travers les interrogations d'Ifemelu, Adichie dissèque la société noire de l'Amérique d'aujourd'hui et les quiproquos qui découlent d'un passé que les jeunes immigrés africains ne partagent pas avec les Noirs américains.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (257) Voir plus Ajouter une citation
taganga2000taganga2000   23 mars 2019
Obama est-il tout sauf noir ?
Quantité de gens - généralement non noirs - disent qu'Obama n'est pas noir, qu'il est biracial, multiracial, noir et blanc, tout sauf simplement noir. Parce que sa mère était blanche. Mais la race n'est pas de la biologie ; la race est de la sociologie. La race n'est pas un génotype ; la race est un phénotype. La race compte à cause du racisme. Et le racisme est absurde parce qu'il concerne uniquement l'apparence. Pas le sang qui coule dans vos veines. C'est une question de couleur de peau, de forme du nez, de cheveux crépus. Booker T Washington et Frederick Douglass avaient des pères blancs. Imaginez-les disant qu'ils n'étaient pas noirs.
Imaginez qu'Obama, avec sa couleur de peau couleur amande grillée et ses cheveux crépus, dise à une employée du recensement : " Je suis plus ou moins blanc. " " Bien-sûr ", dira-t-elle. De nombreux Noirs américains ont un Blanc parmi leurs ancêtres, parce que les Blancs propriétaires d'esclaves aimaient faire un petit tour la nuit dans le quartier des esclaves. Mais si vous naissez avec la peau sombre, c'est cuit. (Alors si vous êtes une blonde aux yeux bleus qui dit " Mon grand-père était amérindien et moi aussi je suis victime de discrimination " quand les Noirs parlent de leurs emmerdes, par pitié, taisez-vous.) En Amérique, vous n'avez pas la possibilité de décider à quelle race vous appartenez. On le décide pour vous. Barack Obama, tel qu'il est, aurait été obligé de s'asseoir à l'arrière des bus il y a cinquante ans. Si un crime est commis aujourd'hui par un Noir quelconque, on pourrait interpeller Barack Obama et l'interroger parce qu'il correspond au profil. Et quel serait ce profil ? " Homme de race noire. "
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taganga2000taganga2000   23 mars 2019
Quand j'ai débuté dans l'immobilier, je voulais réhabiliter de vieilles maisons au lieu de les démolir, mais cela n'avait pas de sens. Les Nigérians n'achètent pas une maison parce qu'elle est vieille. Une grange rénovée de deux cents ans, par exemple, le genre de choses qui plaît aux Européens, cela ne marche pas du tout ici. Mais il y a une raison : nous appartenons au tiers-monde et sommes par conséquent, tournés vers l'avenir, nous aimons ce qui est nouveau, parce que le meilleur est encore devant nous, tandis que pour les Occidentaux le meilleur appartient au passé et c'est pourquoi ils ont le culte du passé.
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AnnabelleSAnnabelleS   17 mars 2019
Alexa et les autres invités, peut-être même Georgina, comprenaient tous la fuite devant la guerre, devant la pauvreté qui broyait l'âme humaine, mais ils étaient incapables de comprendre le besoin d'échapper à la léthargie pesante du manque de choix. Ils ne comprenaient pas que des gens comme lui, qui avaient été bien nourris, n'avaient pas manqué d'eau, mais étaient englués dans l'insatisfaction, conditionnés depuis leur naissance à regarder ailleurs, éternellement convaincus que la vie véritable se déroulait dans cet ailleurs, étaient aujourd'hui prêts à commettre des actes dangereux, des actes illégaux, pour pouvoir partir, bien qu'aucun d'entre eux ne meure de faim, n'ait été violé, ou ne fuie des villages incendiés, simplement avide d'avoir le choix, avide de certitude.
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taganga2000taganga2000   13 mars 2019
Appel à Michelle Obama - Les cheveux comme métaphore de la race

Mon amie blanche et moi sommes deux groupies de Michelle Obama. Aussi l'autre jour lui ai-je dit : Je me demande si Michelle Obama a des extensions, ses cheveux paraissent plus fournis à présent, et les passer au fer tous les jours doit sacrément les abimer. Et elle me répond : Tu veux dire que ses cheveux ne poussent pas naturellement de cette façon ? Donc est-ce une erreur de ma part ou n'avons-nous pas ici la parfaite métaphore de la race en Amérique ? Les cheveux. Avez-vous remarqué qu'à la télévision, dans les émissions sur les soins de beauté, les Noires ont des cheveux naturels (rêches, enroulés, crépus ou frisés) sur la vilaine photo " avant ", et sur la flatteuse photo " après " quelqu'un a pris un instrument en métal brûlant et lissé leurs cheveux ? Certaines femmes noires (américaines et non américaines) préféreraient se promener nues dans la rue que d'être vues en public avec leurs cheveux naturels. Parce que, voyez-vous, ce n'est pas professionnel, sophistiqué, ce que vous voudrez, ce n'est simplement pas normal. (s'il vous plaît, les commentateurs, ne me dites pas que c'est la même chose pour les femmes blanches qui ne se teignent pas les cheveux.) Quand vous avez vraiment des cheveux naturels de femme noire, les gens pensent que vous y avez " fait " quelque chose. En réalité celles qui ont des cheveux afro ou des dreadlocks sont celles qui n'ont rien " fait " à leurs cheveux. Vous devriez demander à Beyoncé ce qu'elle a fait. (Nous aimons tous Bey mais pourrait-elle nous montrer, juste une fois, à quoi ressemblent ses cheveux lorsqu'ils poussent sur son crâne ?) J'ai naturellement les cheveux crépus. Que je les coiffe en tresses collées, en afro ou en nattes. Non, ce n'est pas pour des raisons politiques. Non, je ne suis pas artiste, poète ou chanteuse. Pas plus qu'une mère nature. Simplement je ne veux pas mettre de défrisant - je suis déjà exposée dans ma vie à suffisamment de risques de cancer. (en passant, pourrait-on interdire les perruques afro à Halloween ? L'afro n'est pas un déguisement, pour l'amour du ciel.) Imaginez que Michelle Obama en ait assez de ses fers à défriser, décide de revenir à ses cheveux naturels et apparaisse à la télévision avec une masse de cheveux laineux, ou des boucles serrées. (On ne peut pas prévoir quelle en sera la texture. Il est courant qu'une femme noire ait trois différents types de texture sur la tête.) Elle serait hallucinante, mais le pauvre Obama perdrait sûrement le vote des indépendants, et même celui des démocrates indécis.
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taganga2000taganga2000   13 mars 2019
" Si vous dites que la race n'a jamais été un problème, c'est uniquement parce que vous souhaitez qu'il n'y ait pas de problème. Moi-même je ne me sentais pas noire, je ne suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique.
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Videos de Chimamanda Ngozi Adichie (80) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chimamanda Ngozi Adichie
A l'occasion d'une interview exclusive, Chinelo Okparanta, auteure du roman de la rentrée littéraire Belfond "Sous les branches de l'udala", nous dévoile les ?uvres littéraires qui l'ont marquée. En savoir plus sur le roman "Sous les branches de l'udala" : https://bit.ly/2Lbglm8
Dans la lignée d?Imbolo Mbue et de Chimamanda Ngozi Adichie, la découverte coup de c?ur d?une voix puissante et singulière. Nommé pour de nombreux prix littéraires, porté par une atmosphère foisonnante où se bousculent les sensations, un roman bouleversant de courage sur la quête de soi, le poids dévastateur de la religion et des traditions, et la force éperdue de l?amour.
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