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EAN : 9781092100953
216 pages
L'atelier Mosésu (10/05/2017)
3.81/5   8 notes
Résumé :
"Le TGV 666 s'est arrêté. Ses automatiques, dociles, se sont ouvertes mais à la vérité, ce qu'ils allaient trouver ici voguait loin, très loin de leurs espoirs ou d'un quelconque salut... Ici, la véritable horreur commençait."

Grève surprise à la SNCF. Une poignée de voyageurs déroutés. Embarqués vers l'inconnu. Ont-ils été choisis au hasard ? Et surtout, qu'est-ce qui les attend au terminus ?
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Terreur Terminus, voilà un bouquin qu'il sent bon. D'accord, il parle de trains, sujet qui me rend méfiant, très méfiant. Mais bon, c'est un Slash et j'adore cette collection (cf. Bloody Glove). Chris Anthem et son style fleuri itou (Cavaliers de l'Orage). Couverture de Bertrand Binois par-dessus le marché ! Enfin, pour compléter le grand chelem, le nom de Marc Falvo apparaît au générique avec la casquette de traducteur.

Direction la voie numéro 13 pour embarquer à bord du TGV 666. Des chiffres éloquents qui ressemblent à une mauvaise blague. le genre de clins d'oeils récurrents dans le roman. Qu'on ne s'y trompe pas, Terreur Terminus est un roman d'horreur sérieuse, pas une comédie horrifique. Mais le récit ne se prend pas pour autant au sérieux. Parodie ? Non plus. Plutôt un retour aux sources du roman de gare. Appellation très appropriée pour le coup.
Entre La quatrième dimension et Les contes de la crypte, le prologue ne laisse aucun doute. de l'horreur, du gore, mais aussi du divertissement. Terreur Terminus ne prétend pas te délivrer de grands messages sur la Vie et l'Humanité. Il te propose un moment d'angoisse pour de faux où on joue à se faire peur.
Ce bouquin réussit son double pari, tant dans son propos que ses intentions. Une ambiance lourde avec de l'horreur qui tache d'un côté et de l'autre une certaine légèreté, un recul (comment veux-tu) sur le genre. le mariage fonctionne sans jamais donner l'impression d'un roman bancal qui hésite sur le ton à adopter.

Les chiffres, tiens, ils sentent le cliché à plein pif. Là-dessus, le récit joue sur l'hénaurme. Et pourquoi pas ? le lecteur sait ce qu'il est venu chercher : la Bête, de l'hémoglobine, des tentacules, du gluant, des psychopathes masqués avec des grands couteaux, des sbires en robe de bure qui psalmodient des machins incompréhensibles, liste non exhaustive (Austin), bref de l'horreur. Autant lui en donner pour son argent.
Mais le procédé ne résume pas à un lâcher de clichés en mode grosse feignasse. le roman jongle avec les codes du genre, tant en littérature qu'au cinéma. Quelque chose que j'avais beaucoup apprécié dans un film comme La cabane au fond des bois. Ici, dans le même esprit mais avec un traitement différent, l'auteur s'amuse, entre clichés, classiques et codes, avec du recul toujours et de l'humour à l'occasion. Il flirte avec la parodie sans jamais donner dans le pur comique. Exercice délicat dont il se sort très bien. Terreur Terminus a quelque chose de très stephenkingien dans cette façon de glisser des bouffées cocasses entre deux scènes d'épouvante.
On retrouve les références classiques par rapport à la drogue, au sexe, aux armes, à la séparation du groupe… Sans te sortir pour autant la mise en abyme galvaudée des personnages qui disent que dans un film/roman d'horreur, on ne doit pas faire ceci ou cela.
Derrière, une intelligence oeuvre. Ces codes ne sont pas là jusque parce qu'il faut les mettre. Ils sont souvent détournés et, chose rare, toujours justifiés. Qu'il se conforme aux canons de l'horreur ou qu'il ne les respecte pas, tu sens que l'auteur sait ce qu'il fait, qu'il ne se contente pas de suivre un cahier des charges formaté. Chaque élément est là pour une bonne raison.
Là-dessus, sans rentrer dans les détails et les spoils (au nez), le meilleur exemple en est la notion de groupe (et par contrecoup de personnages isolés). Pour une fois, quand quelqu'un quitte la bande, ce n'est pas forcément pour une raison débiloïde. le groupe forme un vrai groupe, avec une dynamique, pas juste un réservoir de victimes crétines qui se disent l'une après l'autre “tiens si je m'aventurais tout seul et sans armes dans ce coin sombre où il y a peut-être un monstre sanguinaire”.

Le groupe, tiens, quelle équipe. Pas de pom-pom girls, membres de la fraternité sigma-delta-zézette et autres quarterbacks ramollis du bulbe, la brochette de jeunes glandus en vacances pointe aux abonnés absents. Pas d'étudiants, normal, ils sont tous morts dans des films d'horreur. On croit toujours que les soldats, les policiers, les pompiers exercent les professions les plus risquées du monde. C'est faux. le plus fort taux de mortalité se trouve chez les étudiants, à hauteur de 900‰ (étude statistique réalisée sur un échantillon représentatif de 1001 films d'horreur).
Ici, une poignée de gens “choisis au hasard” ou peut-être pas. En tout cas, pas grand-chose en commun, des gens variés comme on en croise dans le récit catastrophe qu'il soit horrifique (Brume de Stephen King) ou non (la série Lost, qui tient surtout du catastrophique). On ne s'étonnera donc pas de la présence d'un père et de son fils, un classique du genre.
J'ai cité King à deux reprises (trois maintenant), pas par hasard, tu t'en doutes. L'auteur de Terreur Terminus n'a rien à envier à mister Langoliers. Les deux aiment bien placer des personnages d'écrivain dans leurs histoires. Il y en a un ici, écho à ses confrères de le Cri et D'occase (ce qui confirme mes soupçons comme quoi Falvo ne se contente pas de traduire, je suis sûr que ce garnement modifie le texte pour caser des trucs à lui).
Je citerai enfin un vieux, comme dans les histoires de Perceval. Il y a toujours au début des films d'horreur un vieux qui donne l'impression de savoir des choses – et qui se tient voûté, sans doute à cause de l'italique qui transpire du personnage et de ses propos. Un ancêtre ou alors un pompiste crasseux, l'idiot du village, le paria difforme du coin, bref le gars qui sait. Mais que personne n'écoute quand il dit que s'aventurer sur l'Île de la Mort, la Montagne Maudite ou les Terres Interdites de la Désolation qui Tue est une idée à la con. Donc ici, un vieux, un peu différent de l'archétype, sinon ce serait trop facile.
Les autres, je vous laisse les découvrir dans le bouquin. A l'arrivée, ce groupe de bric et de broc fonctionne en mêlant les stéréotypes à l'inattendu. Chris Anthem s'écarte du déjà-vu en étoffant ses personnages et en les faisant évoluer. C'est assez marrant d'ailleurs (enfin “marrant”, bien fichu surtout), l'idée qu'on se fait d'eux à leur entrée en scène tient vraiment de la “première impression”, du jugement rapide sur les apparences et deux-trois lignes de dialogue. Puis on se rend compte de la profondeur de chacun, d'une personnalité pas si conforme à l'image renvoyée en société. La confrontation à l'horreur sert de révélateur du coeur des hommes (et des femmes). Elle façonne des héros… Enfin des héros humains qui n'ont pas comme leurs homologues antiques l'appui de Zeus ni comme leurs super-confrères modernes des tonnes de gadgets et de super-pouvoirs.

L'évolution des personnages est symptomatique du dynamisme du roman et de sa faculté à jouer sur deux tableaux.
Codes connus et inventivité, comme j'ai dit. Pas de grand message mais une galerie de réactions face à l'adversité qui en fait office. Une histoire en huis-clos (un train en marche, t'es un peu – beaucoup même – coincé dedans) qui ne s'enlise pas dans les blablas statiques. Même dans cet espace restreint, il y a une progression, le lecteur suit le mouvement avec la bande de nickelés.
Aucun risque de s'ennuyer, d'autant que le roman entre très vite dans le vif du sujet. Non, je ne te dirai pas quelle page ni quel chapitre, sache juste que la situation part très vite en vrille et que tu ne t'endormiras parce que l'exposition s'étiiiiiiiiiiiiiiiire ou parce que les personnages mettent vingt-cinq chapitres à comprendre ce qui saute aux yeux. Rapide mais pas trop non plus, l'auteur ne confond pas rythme et vitesse. Il trouve tout le long le juste milieu.
On en dira autant de ce qui se cache derrière ce fameux TGV 666. Assez de révélations pour contenter le lecteur, sans chercher non plus à tout dire. Ce serait contre-productif, moitié parce qu'à vouloir tout expliquer on tue l'inconnu donc une partie de la peur, et moitié parce qu'à vouloir rationaliser l'irrationnel on tombe dans le capillotracté et le branlant. A côté de ce qu'on apprend, il reste des zones d'ombre, une part de mystère livrée à l'imagination du lecteur. La part des ténèbres… Ah ben non, c'est déjà pris. King, encore toi ! Bon bref, on n'en sort ni frustré ni assommé de copieuses révélations cosmiques foireuses. Pile la bonne dose.

Terreur Terminus, roman équilibriste à l'image de ces improbables tortillards qui serpentent à flanc de montagne. Toujours il louvoie (1641-1691) et balade son lecteur – tout le scotchant à son fauteuil, bonjour l'exploit !
Très bon récit horrifique et pas prétentieux avec ça, une bonne lecture à prévoir pour ceux qui partiront début juillet et seront coincés en gare pour cause de grève “surprise” (vu qu'il éclate une grève à chaque début de vacances, quelle surprise, mes amis !).
Lien : https://unkapart.fr/terreur-..
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Coucou les Lieblings 🖤

👓 66/2022
📖 Terreur Terminus
🖋 Chris Anthem ( Marc Falvo )

👄 Je suis toujours aussi fan du style de l'auteur qui vous cueille au détour d'une phrase, transformant une situation banale en désastre.
Cette fois, il plonge de pauvres voyageurs dans l'horreur. Ce n'est déjà pas évident de prendre le train, un jour de départ en vacances, mais s'il y a une grève, cela vire au cauchemar. Ajoutez à cela une solution qui vous dirige vers une "destination finale" et tout est réuni pour passer un excellent moment de lecture.
La psychologie des personnages m'a beaucoup plu, une immersion dans le vécu de chacun et l'incidence que celui-ci a sur leur réaction face au danger.
Au fur et à mesure des pages, le mystère perdure puis viennent les révélations qui débouchent à vive allure sur une fin comme je les aime et une conclusion intéressante.
N'hésitez pas à réserver votre place, vous allez apprécier votre voyage.

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️/5
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Grève surprise.
Rien que ce nom le faisait rire.
(...) La grève n'était surprise que pour le pauvre cochon de contribuable, heureux de partir en congé loin de sa grise routine et cloué par un imprévisible marteau sur les sièges plastique du hall surchargé.
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Video de Marc Falvo (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc Falvo

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Interview de Marc Falvo, à propos de "L'Origine du blues", polar paru aux éditions du Riffle (collection Riffle noir). Emission La Vie des Livres du 26 novembre 2014. le blog de la collection...
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