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#lesmémés tome 2 sur 4
EAN : 9791038203532
56 pages
Audie-Fluide glacial (02/02/2022)
3.55/5   38 notes
Résumé :
Les Mémés reviennent, toujours plus en forme !
Avec sa bande de sacrées mémés, Sylvain Frécon s'attaque à de nombreux sujets d'actualité et de société, mais toujours sous le prisme de l'absurde, de l'acerbe et du franchement drôle. Les mémés ont un avis sur tout et la langue bien pendue. Les nouvelles technologies, la sexualité, les lanceurs d'alerte ou la crise écologique, rien n'échappe à nos octogénaires préférées.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Même la mort, j'y crois pas. Tout ça, c'est complot et compagnie.
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Ce tome fait suite à #lesmémés, tome 1 : Chroniques des âges farouches (2021) qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu avant, mais ce serait idiot de s'en priver. Il constitue une anthologie de cinquante gags ayant pour personnages principaux trois mémés : Huguette, Lucette, Paulette, seules ou ensemble. Il est paru pour la première fois en 2022. Chaque gag a été réalisé par Sylvain Frécon, pour l'histoire, les dessins et la mise en couleurs. Cet artiste a illustré la bande dessinée adaptée du dessin animé Oggy et les Cafards, ainsi que la série Les Barbares chez Hugo.

Parce que je le vaux bien : Lucette et Paulette sont accoudées au comptoir en train de savourer un petit ballon, quand Huguette arrive et leur enjoint d'admirer le travail : détartrage, polissage, lustrage avec vernis anti-rayure Ultimate Brillance, alors c'est qui la plus belle ? Soirée télé 1 : Huguette est confortablement calée dans son canapé en train de regarder la télévision, son caddie rouge installé sur la place à côté d'elle. Elle lui demande s'il dort devant la télé, alors qu'il sait bien qu'elle déteste ça parce qu'elle a l'impression de se retrouver toute seule. Horreur : une personne toque à la porte de l'appartement d'Huguette. Elle ouvre la porte et découvre une silhouette sinistre encapuchonnée avec une faux à la main, et des claquettes aux pieds. Marteau piqueur : Huguette s'est arrêtée devant un ouvrier en train de défoncer le trottoir avec un marteau-piqueur. Elle commence à lui parler de l'effet que ça doit produire sur ses testicules. Enterrement : les trois copines se tiennent devant la fosse creusée dans le cimetière, où vient d'être descendu le cercueil et elles évoquent les dispositions qu'elles ont prises pour le chat, les poissons rouges et les géraniums de la défunte.

Brasserie Saint Fargeau 1 : les trois copines sont en train de manger un morceau dans leur brasserie favorite et Huguette leur demande si elles ont déjà imaginé mourir bourrées, avec une bonne grosse biture des familles, une authentique. Flatulence 1 : Hughette est au lit la nuit, et elle appelle son époux Marcel, puis elle étend son bras vers la place de son mari et tâte pour voir s'il est présent. Dicton à la con : les trois copines sont assises sur un banc et Lucette énonce à haute voix la maxime qui veut que la vieillesse est un naufrage. Huguette s'insurge, disant qu'elle en a marre d'entendre ça, qu'elles ne sont pas des radeaux. Flashy : sur le trottoir, Huguette avec son caddie croise une autre dame âgée habillée de manière très voyante et très jeune, lui déclarant que la vie est une comédie. Shopping : Huguette est entrée dans un établissement de pompes funèbres et elle passe en revue les différents modèles de cercueil en posant des questions, ce qui énerve de plus en plus le vendeur. Flatulence 2 : les trois copines sont assises sur un banc dans un parc, et Huguette demande si elles se souviennent de la première fois où leur mari a lâché une caisse au lit.

Quel plaisir de retrouver ces trois vieux débris, pardon, ces trois vieilles dames toujours dignes malgré leur âge avancé, très consciente de l'inéluctabilité de la mort de plus en plus proche, leur silhouette marquée par les outrages des années, leur santé défaillante, leurs commentaires étant aussi pertinents et francs qu'ils peuvent se révéler acerbes. le dessinateur n'a rien changé dans sa manière de les représenter : des corps affaissés, des seins tombants, un énorme postérieur, des gros nez démesurés avec Paulette qui décroche le pompon pour son nez crochu, sans oublier leur chevelure improbable, des grandes bouches en forme de fer à cheval quand elles sont ouvertes. Il y a très peu de personnages secondaires ou de figurants, ils sont eux aussi affublés d'un gros nez. Elles partagent leur temps entre des déplacements urbains à pied avec des trottoirs très anonymes, des séjours au comptoir ou à une table de restaurant, quelques stations assises sur un banc, et bien sûr chez elle. Huguette passe pas mal de temps accompagnée par son fidèle caddie pour ses commission et comme point d'appui supplémentaire. Lucette se déplace avec une canne, et Paulette avec son caddie à quatre roues pour plus de stabilité. le lecteur se rend compte que l'auteur a un petit faible pour Huguette qui est de tous les gags.

Comme le premier, ce tome se présente comme une collection de gags, la majeure partie en une seule page, il n'y en a que trois qui courent sur deux pages. le lecteur relève qu'il y a douze gags qui se présentent sous la forme d'une illustration en pleine page, avec des dialogues. L'artiste a pris le parti de réaliser des cases qui sont de forme ovale, dépourvues de bordure encrée. Il adapte le nombre de cases à la nature du gag, de sa densité d'information à présenter, du rythme qu'il souhaite donner à la lecture, du mécanisme qui peut être un gag visuel, ou qui peut reposer sur un plan fixe au cours duquel les copines papotent. du coup, une page peut ne contenir que deux cases, ou bien jusqu'à huit disposées en quatre bandes de deux. Il peut s'agit de cases qui sont disposées deux à deux sur une même bande, ou bien de cases de la largeur de la page. Mine de rien, ces dames se déplacent et l'artiste représente de manière simplifiée de nombreux lieux tous aisément reconnaissables : le zinc d'un bar, le salon d'Huguette avec son canapé deux places, son poste de télévision (écran plat) et sa table basse, un cimetière avec une tombe fraîchement creusée, la table habituelle de ces dames au restaurant avec l'ardoise en arrière-plan, la chambre d'Huguette (rien d'affriolant), le magasin de cercueils, un banc dans une allée du parc, le cabinet d'un psychothérapeute, un banc de pierre face à la mer en Bretagne avec les mouettes dans le ciel, les toilettes d'Huguette, sa salle de bain, le magasin de fruits et légumes, le supermarché, un abribus, et de nombreux arrêts à différents endroits sur le trottoir.

L'artiste ne se montre pas non plus minimaliste dans les activités représentées : descente de godets, regarder la télé (et même s'endormir devant), défoncer un revêtement de trottoir au marteau-piqueur, participer à un enterrement, regarder les gens passer, déboucher de bonnes bouteilles, hurler par la fenêtre, assister à une projection assez particulière, avancer à un rythme de tortue cacochyme sur le trottoir, boulotter, et bien sûr papoter. L'humour joue sur l'âge de ces mémés, leurs problèmes de santé pas toujours très ragoûtant (Huguette paradant avec sa dent unique), pas toujours très fins (des flatulences), souvent banals comme le besoin de s'assoir ou celui de faire une petite sieste. Comme dans le tome un, Frécon ne les épargne pas : Lucette se retrouvant à grincer quand elle marche du fait de l'usure de son squelette. En auteur complet, il peut également passer dans un registre purement visuel : la mort avec des claquettes aux pieds, l'étonnante mémé du quatrième âge avec ses cheveux roses, ses lunettes avec strass, son tutu à froufrou et son décolleté plus tombant que pigeonnant, le graph réalisé par Huguette qui nécessite de prendre du recul pour apprécier le positionnement de l'étoile de la bergère, ou une mise en scène comique. Il sait également combiner visuel et texte pour caser un calembour, peut-être pas extraordinaire, mais irrésistible grâce à un rapprochement visuel incongru comme ce tableau de Titien (1488-1576, Tiziano Vecellio) et de la mémère qui le tient. Il sait également manier l'absurde, comme cette séance surréaliste de thérapie que Huguette passe avec sa tête dans son caddie.

Le lecteur apprécie cette fois aussi l'incongruité d'avoir choisi comme personnages principaux des femmes (très) âgées : des êtres humains généralement peu représentés dans les bandes dessinées, au potentiel de séduction très faible, et en mettant en avant leurs défauts, sans même leur donner la qualité d'être grand-mère et de s'occuper de leurs petits-enfants. La transgression se produit naturellement avec de tels personnages, ne serait-ce que parce qu'elles ont conscience de leur mort (très) prochaine, sujet généralement tabou en bonne société. L'auteur pousse le bouchon beaucoup plus loin lorsqu'il met en scène le décalage qui se produit entre les signes de séduction extérieure (très) matraqués par la société, à commencer par une bonne santé, et la réalité physique de Huguette, Lucette et Paulette. Ça commence par la première qui s'adresse à son caddie comme si elle parlait à feu son époux. Ça continue avec cette vieille femme qui porte un tutu fluo et des cheveux roses, ou encore Huguette en train de lire aux toilettes tout en faisant ses besoins. L'humoriste pousse le bouchon encore plus loin en faisant des blagues sur le physique. Cela commence avec le fessier très large de ces dames, état de fait dont elles ont conscience, qu'elles assument et qu'elles attribuent à une vie passée à se voiler la face, à fuir ses problèmes sans jamais prendre le temps de les regarder en face, préférant les planquer et s'assoir dessus. Ça continue avec une provocation visuelle énorme impliquant la nudité d'Huguette et son sexe : degré de séduction zéro, hypocrisie sur la décrépitude physique zéro, transgression maximale avec une sensibilité respectueuse. Avec le dernier gag, il prouve qu'il peut faire tout aussi transgressif et émouvant en évoquant simplement l'émoussement des émotions, et la capacité de les ressentir, en particulier la tristesse.

Une bande dessinée humoristique mettant en scène de vielles femmes au physique ravagé par l'âge : Sylvain Frécond sait générer de la tendresse chez le lecteur, pour Huguette, Lucette et Paulette qui ont conservé un solide sens de la dérision, un sens du discernement remarquable, et qui font de sagesse dans l'acceptation de leur état, dans leur calme alors que la mort s'impose à elles dans leur papotage quotidien, et il n'est même pas certain qu'il y aura une sorte de pot avec des cacahuètes, pis du vin à bulles pour les accueillir dans l'au-delà. Vivement le tome 3.
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On retrouve dans ce tome 2 les mémés hautes en couleur du tome 1, mais dans celui-ci peu d'histoires m'ont arraché un sourire. Je le trouve beaucoup moins inventif que le précédent. L'humour, aussi, est plus grossier. C'est dommage car j'avais bien apprécié le premier volume.
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Mes mémés préférées ont fait la culbute 🙃 : elles sont passées en grand format, reliure rigide, et le prix de l'album s'en ressent, il a presque doublé ! M3rde alors, je croyais qu'on était en pleine pénurie de papier/carton, d'autant qu'il y a peu de texte, donc ça reste parfaitement lisible en taille mini... et perso, je manque de place dans mes étagères, surtout qu'Apik lit (et achète) des gros bouquins...
.
Heureusement, elles sont toujours amusantes, avec leur silhouette affaissée & les fringues à la Carmen Cru - ou les Vamps, ou feue l'adorable mamie d'Apik, comme vous voulez, selon vos (p)références.
Elles se retrouvent souvent autour d'un verre, ou plusieurs, parlent de Q (génital ou scato).
En vertu de mon principe de vie en cours (ne pas être plus royaliste que le roi), je cop-colle ce que je disais dans mon billet sur le précédent tome : « Des mamies aux idées et mots revolvers qui dézinguent en vrac : l'actu, le gouvernement, les médias, le quotidien, la mort, la vie, leurs défunts maris et tous les bonhommes... ». (c)
Phrase re-lue et auto-approuvée.
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Merci à L. de me les avoir fait connaître et aimer 😘 avec le premier... opus. 😉
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L'auteur nous fait partager le quotidien de petites vieilles. Elles suscitent, tour à tour, ou simultanément : pitié, admiration, agacement, et rire. le propos est amusant mais seules quelques planches m'ont parues réellement très drôles.

Les première et quatrième de couverture donnent un bon aperçu du graphisme, qui n'est pas l'essentiel dans une telle bande-dessinée.

Un second tome à l'image du premier.
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Merci à Babelio qui m'a envoyé cette bande dessinée, dans le cadre de masse critique.

Et quelle belle découverte ! J'ai adoré cette bande de mémés drôles, cyniques et avec un humour noir qui n'a pas été pour me déplaire.

J'ai bien aimé qu'il y ait pleins de sketches et de scènes différentes. Ça permet de diversifier les scènes et les blagues (même s'il y en a des plus ou moins drôles selon chacun, forcément).

N'ayant pas découvert le tome 1,je vais vite me le procurer, en espérant me régaler autant qu'avec celui-ci !
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critiques presse (3)
LigneClaire
14 septembre 2022
Humour glacé, glacial, détourné, ajouré, décapant, c’est un tout incontournable le trio de Sylvain Frécon et, on l’a déjà dit, il fait du bien au moral.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
BDGest
23 février 2022
Le dessin est sympathique, rendant les personnages principaux déformés par l'âge. [...] #lesmémés est une série amusante qui permet à son auteur de critiquer la société par le prisme de petites vieilles aussi détestables qu'attachantes.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario
18 février 2022
L’humour de ce Tome 2 de #Lesmémés reste désopilant, le Berruyer Sylvain Frécon est toujours aussi inspiré pour écrire des dialogues, et les gags restent efficaces du début à la fin de ce deuxième volume.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
#Sexualité2
- Et sinon vous... je veux dire sexuellement... Vous êtes plutôt hétéro, lesbo, bi, pansexuelle ?
- Alors là, vous me poser une sacrée colle ! Il aurait fallu demander ça à mon mari... C'est lui qui s'occupait de tous ces trucs-là !
(p. 27)
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De toute façon, on a passé notre vie à se voiler la face. On a fui nos problèmes sans jamais prendre le temps de les regarder en face. On a préféré planquer tout ça. On a tout mis dans une boîte et on s’est assise dessus, pensant qu’avec le temps ça finirait par disparaître. Sauf que non ! C’est toujours là ! Ça bouge toujours là-dessous, et pas sûr que le couvercle tienne. C’est peut-être pour ça qu’on a des gros culs.
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#MarteauPiqueur
TAKATAKATAKATA
-Dites voir... Ça doit sacrément vous secouer les couilles vot'marteau-piqueur, là !
TAKATAKATAKATA
- Vous imaginez ? Toute la journée secouées comme dans un milk-shake... Pauv'cocottes !
TAKATAKATAKATA
- Un coup à éjaculer de la mousse, ça !
TAKATAKATAKATA
- Elles doivent être épuisées le soir... Vous leur passez une petite crème avant de les mettre au lit ?
TAKATAKATAKATA
- Ou mieux ! Une bonne friction avec un truc fort... Genre du calva ou du...
TAKATAKATAKATA
[ l'ouvrier arrête le moteur et enlève son casque ]
- Excusez-moi... Vous me parliez ?
- Ah non, non ! Je regarde, c'est tout !
(p. 6)
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Ça fait du bien de pleurer. Pleure, tu pisseras moins, comme on dit. Moi par exemple, j’aimerais bien pouvoir pleurer de temps en temps, mais je n’y arrive pas. Parfois, je sens bien que ça monte, que ça gargouille quék’part en moi… Comme une boule au fond de la gorge, prête à jaillir. Alors rien… Ça redescend. Comme si y avait un truc qui bloquait. C’est pour ça que j’aime la pluie. J’ai l’impression qu’elle pleure sur moi.
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Vous vous souvenez de la première fois où votre mari a lâché une caisse au lit ? Moi, c’était le 24 septembre 1946, un lundi soir. Je m’en souviens comme si c’était hier. Ce bruit sourd sous les draps… son sourire goguenard et satisfait… quelle ne fut pas ma surprise, lui qui d’habitude était si discret. Il ne m’avait jamais fait ce coup-là. Jamais avant qu’on se marie, je veux dire. Ma foi, ça sert peut-être à ça le mariage, ne plus avoir à se retenir de péter au lit.
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Les mémés 4
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Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

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