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Fabrice Melquiot (Traducteur)
ISBN : 2851815814
Éditeur : L'Arche (30/11/2004)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 55 notes)
Résumé :

C'est vrai. Tout est très noir. Comme j'ai les cheveux blancs, tu crois que je ne peux pas avoir d'enfant, mais si des enfants, des enfants et des enfants. Ce petit aura les cheveux blancs et aura un autre enfant, et cet autre un autre, tous avec des cheveux de neige et nous serons comme les vagues : une et une autre et encore une autre. Alors, nous nous assiérons tous et tous nous aurons les cheveux blancs et tous nous serons de l'écume. Pourquoi n'y a-... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
sabine59
31 mai 2016
Froideur, noirceur, aucun espoir dans cette pièce !
Le mari de Bernarda est mort, la laissant seule avec ses cinq filles et une servante, La Poncia." Pendant les huit ans que durera le deuil, l'air de la rue ne doit pas pénétrer dans cette maison", décrète -t-elle, haineuse.Car c'est la haine qui règne chez elle, tout comme dans son entourage.Les mots de sa servante en son absence sont pleins de fiel et de rancoeur, pour parler d'elle, de sa dureté, de son avarice.
Ses filles semblent résignées, sauf une, Magdalena, qui regrette tant son père et ne veut pas subir le joug maternel." Tout plutôt que mourir jour après jour dans ce caveau.", affirme-t-elle.Cela la conduira à une solution extrême.
Dans cette société espagnole campagnarde close sur elle-même, en ce début de vingtième siècle, Lorca nous expose une famille, ployant sous l'autorité matriarcale,la religion vécue comme une obligation, une famille condamnée à souffrir en silence ou à se révolter par un silence définitif.
C'est effrayant de vérité,cruel dans les mots, mais aussi nimbé de poésie.Une pièce qui marque l'esprit et fait frissonner.
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nilebeh
17 mars 2015
Cette pièce en trois actes a été écrite par Lorca avant 1936, date à laquelle il a été fusillé par les nationalistes au début de la guerre civile espagnole. Ecrivain , homosexuel, républicain, son sort a été vite réglé par les guardias civiles, fidèles à Franco.
Dans ce texte, court mais très dense, il met en scène la famille exclusivement féminine de Bernarda, veuve sexagénaire qui a pour charge de veiller sur l'honneur de sa maison et de ses cinq filles, âgées de 20 à 40 ans, toutes vierges, toutes en mal de mari.
Nous sommes dans une société méditerranéenne traditionnelle, au coeur de l'Andalousie semi-désertique :
p23 : C'est ainsi que l'on doit parler dans ce maudit village sans rivière, village de puits où l'on tremble toujours de boire une eau empoisonnée.
La société y est très machiste mais le pouvoir matriarcal s'y exerce fortement , ici en la personne toute-puissante croit-elle, de Bernarda. Ses filles la vouvoient et porteront le deuil du père pendant huit ans, avec interdiction d'ouvrir les fenêtres malgré la chaleur andalouse :
P25 : Ici, on fait ce que j'ordonne. Maintenant, tu ne peux plus aller rapporter à ton père. le fil et l'aiguille pour la femme. le fouet et la mule pour l'homme. C'est la règle dans les bonnes familles.
On y est soucieux de l'honneur sans tache de la famille, préservé à tous prix. Et quand une fille s'écarte du droit chemin, malheur à elle ! La meute des villageoises crie vengeance quand une fille-mère est découverte et on la menace des pires châtiments. Les filles de Bernarda, pourtant enfermées et sous contrôle permanent, se joignent à la meute...
Quand enfin se profile un épouseur possible, l'atmosphère se charge de tous les sentiments refoulés : désir d'amour, rancune, jalousie, mépris. C'est que le prétendant, Pepe le Romano, devra, selon la tradition, épouser l'aînée des soeurs qui a 15 ans de plus que lui. C'est elle l'héritière. Souci du qu'en dira-t-on, mariage d'argent, coutume ancestrale, le monde de l'Espagne des années 30 semble figé depuis des siècles. Et la petite Adela, amoureuse du bel Andalou, va se heurter à un mur. Tout comme Martirio, sa soeur.
« Une fille qui désobéit n'est plus une fille. C'est une ennemie. »
Comme dans la tragédie classique, le rôle des servantes et domestiques est important. La Poncia, au service de la famille depuis trente ans, essaie de prévenir Bernarda du drame qui couve. En vain. Sa maîtresse reste convaincue que sa famille est à l'abri de l'opprobre, elle y veille !
Des personnages de femmes sont ici dessinés, en quelques traits précis et frappants, qui vont prendre vie sur scène. Et c'est toute une histoire de l'Espagne qui se vit devant le spectateur :
Lorca oppose une Espagne quasi médiévale dans ses valeurs et ses traditions, où l'apparence est essentielle à celle qu'incarne la jeune Adela, désireuse de liberté, d'ouverture vers un avenir heureux, d'émancipation des vieux schémas, de rébellion contre une structure sociale et familiale calcifiée. Il faudra attendre l'arrivée de Juan Carlos, puis la mort de Franco et la movida pour que la jeunesse espagnole commence à respirer.
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Marti94
10 juillet 2015
Federico García Lorca écrit « La Maison de Bernarda Alba » en 1936, deux mois avant son exécution par les franquistes. Il a alors 38 ans. C'est le dernier volet de sa trilogie rurale après Noces de sang (1933) puis Yerma (1935).
La dernière oeuvre théâtrale du poète espagnol a la particularité d'être un huis clos entièrement féminin : A la mort du père, une mère impose huit ans de deuil a ses cinq filles célibataires, âgées de 20 à 39 ans, comme l'exige la tradition andalouse dans les années 30.
Seule pourvue d'une importante dot, Angustias, fille aînée issue du premier mariage de Bernarda Alba, est fiancée à Pepe le Romano. Mais Adela, sa cadette, s'est rapprochée de lui depuis longtemps. Autour de ce jeune homme, obscur objet du désir, La Maison de Bernarda Alba donne à voir la violence d'une société verrouillée de l'intérieur que la passion fait voler en éclats.
Cette pièce dramatique est poignante même si elle est un peu datée car Lorca l'a construite avec une intensité des échanges qui va crescendo.
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julienleclerc45
03 mai 2016
Le titre de cette pièce de théâtre de Garcia Lorca établit tout de suite le principe de la dramaturgie. Les trois actes se passent dans cette maison, dans la pièce principale depuis laquelle nous voyons les portes des chambres.
C'est une conversation entre les deux domestiques, l'une de 50 ans et l'autre, Poncia, âgée de 60 ans. Ce sont ces deux serviteurs, selon la tradition du théâtre classique, qui nous ouvrent les portes de l'univers de cette maison tenue d'une main de fer par Bernarda Alba. Elles mettent tout en ordre pour accueillir le cortège funéraire accompagnant leur protectrice. Elle a perdu son mari et se retrouve seule entourée de ses 5 filles. Leur mère a décidé, comme elle a régi son domaine, de les garder chez elle et de les maintenir jusqu'au mariage.
L'aînée, Augustias, est destinée à un jeune homme, José le Romano. Les autres soeurs semblent rire, se moquer de cet amour qui entoure la maison et vient conter fleurette. Mais au fur et à mesure des dialogues, l'absence d'Adela, la plus jeune des filles, surprend. Il y a également l'heure de départ de ce jeune amoureux qui fait débat. Augustias dit l'avoir quitté vers une heure du matin mais les soeurs ont entendu du bruit pendant encore trois heures. C'est la mèche qui allume les nombreux feux dont parlent tous les personnages de Garcia Lorca. Adela brûle de passion pour José. Martirio, autre soeur, le regarde avec envie.
Entre les murs de cette maison, ne se trouve que des femmes pleines de désir. Il y a l'amour raisonné, celui d'Augustias. Mais il y a toute cette passion, chez Adela, chez Martirio et chez leur grand-mère, Maria Josefa, âgée de 80 ans. Elle a un point commun avec ses petites filles. Bernarda, sa propre fille, l'a également enfermé.
Cette pièce est absolument prenante et bouleversante quand derrière les rires légers de jeunes femmes, la passion se révèle et ça malgré la bonne tenue, les murs de cette maison et l'autoritarisme de Bernarda. L'enfermement, accentué des chants du choeur au loin et de ces hommes souvent cités, toujours désirés, est palpable à chaque page. A chaque dialogue, la passion dévorante s'exprime et éclate.

Lien : https://tourneurdepages.word..
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docline
30 novembre 2014
5 années de deuil: c'est ce que Bernarda Alba veut imposer à ses cinq filles après la mort de son mari. Et quelle jeune fille en âge d'aimer peut résister aux dictats de la société où elle vit, l'Andalousie traditionnelle et rétrograde ?
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
Alex09Alex0904 octobre 2013
Adela (acercándose) : Me quiere a mí, me quiere a mí.
Martirio : Clávame un cuchillo si es tu gusto, pero no me lo digas más.
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