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ISBN : 2841612791
Éditeur : Albouraq (21/04/2006)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
De façon peut-être plus adéquate que toute autre, la lettre qâf symbolise la guidance donnée par René Guénon à l'Occident car celle-ci, selon l'enseignement de Michel Vâlsan, aboutit au cœur du tasawwuj; c'est-à-dire à la doctrine muhammadienne transmise par le plus grand des maîtres, vivificateur de la Religion d'Allâh et de l'Islâm essentiel. C'est bien là la "Boussole infaillible" qui guide vers la lumière du Sceau de la Sainteté muhammadienne, et la "Cuirasse im... >Voir plus
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   17 octobre 2014
La signification eschatologique du nada-bindu dans la tradition hindoue rejoint, de manière singulièrement précise, l’enseignement du tassawuf. Il s’agit de la doctrine secrète, peu connue en Occident, d’Hayagriva, le « Dieu au cou de cheval ».

Cette qualification peut paraître étrange ; néanmoins, elle permet de montrer par un exemple comment l’ésotérisme des traditions antérieures annonce les vérités universelles de l’islâm et s’intègre au sein du tassawuf dont il met en lumière toute la richesse et l’ampleur. La doctrine du « Dieu au cou de cheval » se rattache à celle de la « petite fille de neuf ans » telle qu’elle est enseignée dans certaines lignées tantriques.

Dans l’étude que nous avons publiée sur ce sujet, nous avons indiqué que cette « petite fille » est « l’identité secrète de la Grande Déesse » et qu’elle « manifeste l’autorité suprême absolument inconditionnée de l’Essence divine ». Nous avons montré à cette occasion sous quelles modalités cette théophanie se manifeste, non seulement dans l’œuvre de Dante où elle est représentée par Béatrice, mais aussi dans la tradition islamique où on la retrouve de manière caractéristique (dans un contexte très différent du point de vue des fonctions traditionnelles) chez Aïchâ fille d’Abû Bakr, l’épouse bien-aimée du Prophète.

Neuf est un nombre dont l’expression géométrique est la circonférence, tandis que l’unité est symbolisée par le point central ; la dizaine comporte, quant à elle, l’idée d’un « retour au centre ». Ce symbolisme comporte un enseignement eschatologique, fondé sur la doctrine des avatâra, les envoyés divins qui se sont succédés en ce monde tout au long du cycle. Le dixième avatâra sera manifesté à la fin des temps. Son identité demeure mystérieuse et donne lieu, parmi les savants, à des controverses : tantôt, on l’identifie au Bouddha, tantôt au Christ de la seconde Venue. Le Kalki-Purana décrit son histoire et son combat final contre les forces du mal. Il est identifié à Hayagriva dans les lignées tantriques mentionnées plus haut.
(…)
Du côté hindou, Hayagriva est inséparable des aspects du mantra-vidyâ (l’invocation au moyen des formules sacrées) relatifs à « la petite fille qui joue » (appelée en sanscrit : Lalitâ.) Selon un hadîth : « les muezzins sont les hommes dont les cous seront les plus longs le Jour de la Résurrection », expression qui indique leur position éminente en ce jour du fait qu’ils auront appelé les hommes à se rendre à la prière rituelle accomplie en commun, à l’image de sayyidnâ Ibrâhîm, le « muezzin » par excellence, qui les appelle à accomplir le pèlerinage.

Hayagriva est le « messager de Lalitâ », c’est-à-dire de l’Essence divine suprême (désignée aussi comme la Grande Déesse.) A ce titre, il apparaît, non seulement comme « la source d’où procèdent les avatâras » (comme l’indique très justement le texte anonyme paru dans Le Voile d’Isis), mais surtout comme la manifestation d’un principe transcendant qui clôture le présent cycle.

Sur ce point, les enseignements secrets du tantrisme annoncent clairement ceux du tasawwuf dont nous avons fait état jusqu’ici. En effet, la venue du dixième avatâra est habituellement reliée à la fin du Kali-Yuga, qui est le dernier des quatre âges qui se sont succédés au cours de l’actuel « manvantara », c’est-à-dire du cycle régi par le Manu ou Législateur primordial de l’ère présente.

Toutefois, la doctrine hindoue des cycles cosmiques mentionne aussi une durée totale et totalisatrice qui est celle du « Kalpa » que René Guénon définit comme « représentant le développement total d’un monde, c’est-à-dire d’un état ou degré de l’Existence universelle ». C’est précisément le Kalpa du « monde de l’homme » qui est régi par Hayagriva. Il s’agit donc d’un « envoyé » dont la fonction dépasse immensément le cycle actuel, de sorte que son intervention à la fin du cycle revêt une portée et une signification similaires à celle de l’Envoyé d’Allâh lorsqu’il sera investi du Califat suprême. Ce point essentiel montre comment, en dépit de leur diversité apparente, les doctrines traditionnelles s’intègrent toutes dans l’Unité transcendante et universelle proclamée par l’islâm. (pp. 174-178)
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enkidu_enkidu_   17 octobre 2014
Dans son article sur Mâyâ, René Guénon, s’appuyant sur un texte de Commaraswamy, donne des compléments utiles à notre propos : inhérente au principe suprême, Mâyâ est le « pouvoir » maternel (Shakti) par lequel agit l’Entendement divin, l’ « art » qui réside dans le principe ; en outre, en tant qu’elle s’identifie à la sagesse divine, Mâyâ apparaît comme « la mère de l’Avatâra ».

Dans le tantrisme, cet art suprême est l’œuvre de la « petite fille qui joue », tandis que l’Avatâra, au singulier, peut-être aisément identifié comme son messager, Hayagriva. Cette doctrine permet d’envisager la manifestation, non comme une illusion, mais comme la somme des degrés de l’existence contingente dont la réalité « relative » et conditionnée est inséparable de la Réalité divine, une et absolument inconditionnée.

Il est significatif que tous ces éléments se retrouvent dans un chapitre du Kitâb Fusûs al-Hikam qui contient l’essence de la doctrine tantrique, tout comme le chapitre sur Yûnus contient l’essence de la Franc-Maçonnerie : il s’agit du Verbe de Yûsuf qui est celui de la « Sagesse lumineuse ».

Dès les premiers mots, Ibn Arabî précise que « cette Sagesse répand sa lumière dans la Dignité de l’Imaginaire (hadrat al-khayâl) ».
(…)
Nous terminerons par un ultime rapprochement. Selon la tradition islamique, sayyidnâ Yûsuf a reçu en partage « la moitié de la beauté du monde » ; or, il est enseigné dans le tantrisme que la shakti qui œuvrera à la fin du cycle pour assister le dernier vatâra portera le nom de Tripura-Sundari. Ce nom, qui se rattache à la racine sur, évoque les idées de « splendeur lumineuse » et de « beauté indicible ». La beauté du monde est le reflet de sa Réalité divine (wujûd) dont l’ampleur toute miséricordieuse sera manifestée le Jour de la Résurrection par celui qu’ibn Arabî appelle : le « Yûsuf muhammadien ». (pp. 180-181)
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