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ISBN : 2818021189
Éditeur : P.O.L. (02/08/2014)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 861 notes)
Résumé :
A un moment de ma vie, j'ai été chrétien. Cela a duré trois ans, c'est passé.

Affaire classée alors? Il faut qu'elle ne le soit pas tout à fait pour que, vingt ans plus tard, j'aie éprouvé le besoin d'y revenir.

Ces chemins du Nouveau Testament que j'ai autrefois parcourus en croyant, je les parcours aujourd'hui - en romancier? en historien?

Disons en enquêteur.
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Critiques, Analyses et Avis (182) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  07 septembre 2014
Un livre qui suscite beaucoup de commentaires élogieux mais j'en suis sortie très déçue. le sujet était pourtant riche, c'est en quelque sorte une enquête historique sur la naissance du christianisme. L'action se passe entre les années 30 à 80 après JC.
Les héros sont essentiellement Paul et saint Luc.
Luc qui était Macédonien, qui n'a pas connu le Christ et qui était, selon les termes employés par l'auteur lui-même, le seul goy de la bande des quatre évangélistes.
On voit donc Paul frappé par une vision du Christ sur le chemin de Damas; ensuite on le voit aller à Jérusalem en compagnie de Luc, Luc qui "brode" ensuite beaucoup à partir des récits qu'il a reccueillis.
Un contexte philosophique intéressant aussi puisque Emmanuel Carrère nous montre qu'à cette époque, deux visions de la vie s'opposaient: la vision "d'Ulysse" (que Luc Ferry a si bien décrite) selon laquelle notre vie sur Terre est le bien le plus précieux et la vision chrétienne selon laquelle ce qui compte c'est le monde qui se situe au-delà de la mort.
Les données historiques sur Rome, les politiques des différents empereurs romains Tibère, Néron, Vespasien, Domitien, Titus.. sont très intéressantes mais auraient pu être approfondies davantage.
Bref je suis restée sur ma faim..
Je me suis perdue dans le labyrinthe des digressions avec la désagréable impression que le sujet traité servait surtout à mettre en valeur la vie de l'auteur et ses différentes productions.
De plus les parallèles que Carrère effectue entre la politique de l'époque et notre contexte international actuel m'ont semblé souvent mal venus: le sac de Jérusalem est comparé à l'écrasement de la Tchétchénie... sans compter les digressions sur des sujets qui n'ont a priori rien à voir.. cinq pages sur la pornographie sur Internet, quand même...
Bref, frustration et déception...
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Dixie39
  16 octobre 2014
Dernière page de ce livre refermée, le premier pour moi d'Emmanuel Carrère. Au moment de livrer ma critique, je mesure le fait que je vais sûrement réitérer un avis partagé par bon nombre de lecteurs avant moi : L'érudition, le sérieux du travail de recherche qui sous-tendent tout l'ouvrage, ce côté autobiographique entre confession et provocation, l'honnêteté intellectuelle de l'auteur..., sa mise en avant de son vécu de chrétien qu'il assume comme une étape de sa vie qui l'a construit et mené à ce qu'il est aujourd'hui, à ce « Royaume » également que je tenais encore à l'instant dans mes mains.
Si je ne devais pas redire toutes ces choses, je ne dirais que cela : Je ne me suis pas ennuyée une seconde à la lecture de cet ouvrage. J'ai appris beaucoup de choses sans sentir le poids de l'érudition d'un auteur qui se mettrait dans la peau du professeur sensé nous faire la leçon. J'ai aimé avoir cette impression qu'Emmanuel Carrère me livre ses recherches, ses tâtonnements, ses doutes comme si j'assistais au développement de ce récit, à sa genèse. Il m'informe, comme en aparté, de ce qui est convenu et admis dans les milieux autorisés à le faire et de ce qui ne l'est pas car tout droit sorti de son imagination. L'imagination pour habiller l'ignorance des évènements, des sentiments, car la fiction est plus belle et souvent pas moins vraie que la réalité, parce qu'il aime à penser que les choses se soient déroulées ainsi.
Certes le royaume est un phénomène littéraire (ce n'est pas moi qui le dit et personnellement c'est une étiquette qui me fait plus fuir que rappliquer) mais je l'ai lu avant tout comme une oeuvre singulière, celle d'une conscience athée emprunte d'une si belle spiritualité.
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Bazart
  25 septembre 2014
Résumons : c'est l'histoire d'un guérisseur rural qui pratique des exorcismes et qu'on prend pour un sorcier. Il parle avec le diable, dans le désert. Sa famille voudrait le faire enfermer. Il s'entoure d'une bande de bras cassés qu'il terrifie par des prédictions aussi sinistres qu'énigmatiques et qui prennent tous la fuite quand il est arrêté. Son aventure qui a durée moins de trois ans, se termine par un procès à la sauvette et une exécution sordide, dans le découragement, l'abandon et l'effroi. » Deux mille ans plus tard on en parle encore.
Emmanuel Carrère utilise une nouvelle fois son héros de roman préféré, lui-même, pour nous raconter les débuts du christianisme. C'est en conteur, en historien, mais surtout en enquêteur méticuleux et scrupuleux qu'il marche sur les traces de Paul (celui du chemin de Damas…) et sur ceux de Luc qu'il considère comme le premier romancier. Carrère parle de lui, de sa crise de foi, il y a vingt ans il s'est cru chrétien et durant trois années, il fut un vrai bigot. Sa foi s'est envolée comme elle était venue, seule est resté la question : pourquoi deux mille ans plus tard on en parle encore ?
Sous la plume de Carrère les lettres de Paul et l'évangile de Luc deviennent de précieux documents historiques sur la vie des premières communautés chrétiennes et sur la vie quotidienne autour de la Méditerranée que Paul et Luc en bons prosélytes ont parcourue sans cesse dans le milieu du premier siècle. La vie de Paul est un péplum fait d'amitié, de trahison, de foule en délire et de Romains médusés de voir une bande de monothéiste s'entre déchirer.
Utilisant des anachronismes plutôt bienvenus, il compare le début du Christianisme à l'Union Soviétique après Lénine, le lecteur avance dans le premier siècle de notre ère en terrain presque connu.
Luc sera l'écrivain, le rapporteur peut être le plus fidèle car le moins exalté. Carrère s'écrit en train d'écrire, c'est sa marque de fabrique.
Deux mille ans plus tard, il relit les évangiles, les digère et les réécrit pour nous, et ce serait bien le diable que son récit devienne étouffe chrétien".
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Gwen21
  18 janvier 2017
Emmanuel Carrère aura consacré sept ans de sa vie à l'écriture du "Royaume", un essai bien documenté qui entraîne le lecteur dans les eaux troublées et profondes du christianisme à sa source.
Sa fascination pour l'évangéliste Luc - le seul des quatre qui fut cultivé et lettré - l'incite à chausser les sandales de ce médecin hellénisé et à retracer sa possible biographie, de son cheminement avec Paul à la rédaction de son témoignage, le plus "scénarisé" et dramatique des quatre Évangiles canoniques. Aussi Emmanuel Carrère aborde-t-il Luc comme un écrivain plutôt que comme un messager, et c'est ce qui fait la diversité et la richesse du "Royaume".
En tant que catholique pratiquante, cet ouvrage avait de grandes chances de m'intéresser et tel fut le cas. Même si je regrette que l'auteur - indéniablement un grand érudit, de la "graine d'académicien" - ait parfois un peu facilement actionné les leviers de la provocation et de la complaisance, dans l'ensemble j'ai trouvé son oeuvre remarquable, et son style très avenant.
Son approche du thème est originale et reste accessible à tout lecteur. Après un démarrage assez nombriliste qui effraie quelque peu, le lecteur découvre petit à petit l'ampleur des recherches, et la structure du récit qu'Emmanuel Carrère a érigée à la manière d'un château de cartes qu'un souffle de vent peut renverser en un instant. Au-delà de la curiosité sincère qu'il confesse pour son sujet, il a entrepris avec courage d'expliquer l'inexplicable, de saisir l'impalpable et de mettre en pleine lumière le message de Jésus et sa transmission. Ce faisant, il renvoie chaque lecteur à l'examen introspectif de la part la plus secrète de son être : la spiritualité, au sens large.
"J'étais en train d'achever ce livre et j'en étais, ma foi, plutôt content. Je me disais : j'ai appris beaucoup de choses en l'écrivant, celui qui le lira en apprendra beaucoup aussi, et ces choses lui donneront à réfléchir : j'ai bien fait mon travail. En même temps, une arrière-pensée me tourmentait : celle d'être passé à côté de l'essentiel. Avec toute mon érudition, tout mon sérieux, tous mes scrupules, d'être complètement à côté de la plaque. Évidemment, le problème, quand on touche à ces questions-là, c'est que la seule façon de ne pas être à côté de la plaque serait de basculer du côté de la foi – or je ne le voulais pas, je ne le veux toujours pas."
Après plus de 600 pages d'un méticuleux travail d'exégète et d'historien, c'est par ces mots qu'Emmanuel Carrère - qui fut croyant et qui prétend ne plus l'être aujourd'hui - amorce sa conclusion, me confortant dans l'idée que tout au long de son essai il a eu le cul entre deux chaises, faisant tour à tour preuve d'audace et de pusillanimité pour reculer finalement devant le verdict final, se donnant pour cela pas mal d'excuses.
Ce qui gêne intimement l'auteur n'est rien de moins que ce qui gêne la plupart des personnes qui se pensent athées : le refus de la parole de Jésus qui indique la voie étroite, celle qu'aucun d'entre nous n'a envie ni de regarder ni d'emprunter : "aimez-vous les uns les autres", "aime ton prochain comme toi-même". Beaucoup de personnes (chrétiennes ou non) pensent déjà obéir à cette ligne de conduite mais il n'en est rien car la majorité aime ce qu'il est aisé d'aimer : parents, frères, amis. Quel mérite y a-t-il à aimer ceux qui t'aiment ? Quel mérite à aimer une femme jeune, jolie et en bonne santé ? Le véritable amour - le vrai trésor - est vérité et humilité : aime ton ennemi, aime le pauvre, le malade, l'étranger, l'handicapé, le réprouvé. "Là où est ton trésor, là est ton cœur".
Très loin d'être moi-même à la hauteur de cette consigne, j'ose toutefois souhaiter à mes amis comme à mes ennemis d'avoir la foi, la vraie, la forte, l'aimante, celle qui porte et déplace les montagnes, celle qui éclaire la vie, celle surtout qu'il est urgent d'arrêter de confondre par bêtise ou par ignorance avec la religion.

Challenge MULTI-DÉFIS 2017
Challenge PAVES 2016 - 2017
Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge ATOUT PRIX 2016 - 2017
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Marple
  18 décembre 2016
Encore une fois, Carrère fait du Carrère... si on aime ça, on aime le Royaume et si on déteste ça, on déteste le royaume ! Moi j'aime ça, profondément, ça me parle, ça m'amuse, ça m'émeut, ça m'intéresse.
Cette fois, c'est à la foi chrétienne qu'il s'attaque, à la fois la sienne propre pendant les quelques années où il l'a vécue, et celle des premiers chrétiens, notamment l'intransigeant Paul de Tarse et l'évangéliste conciliant Luc. Comme toujours, son récit est incroyablement documenté et très instructif, distinguant clairement ce qui relève de la vérité historique et ce qui relève de l'interprétation ou de l'invention.
Mais on ne serait pas chez Carrère si ça s'arrêtait là ! Il est bien le seul à pouvoir intercaler une description de vidéo porno dans une partie sur les évangiles sans paraitre irrévérencieux ou absurde. Pourquoi ? Parce qu'il fait sans arrêt preuve d'introspection, de lucidité et d'autodérision ; impossible pour moi dans ce contexte de lui tenir rigueur de son égocentrisme ou de sa mégalomanie.
Si le livre est brillant et passionnant, il peut aussi sembler difficile à aborder, car particulièrement touffu et dense. Je l'ai donc lu à petits coups, en revenant parfois en arrière, en m'arrêtant quand j'approchais l'overdose de miracles ou de sermons, en piochant parfois un chapitre, parfois 100 pages. Et je le relirai bientôt, c'est sûr.
Challenge PAL
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critiques presse (9)
LaLibreBelgique   26 septembre 2016
On a beau avoir entendu déjà les lettres de saint Paul, le livre très fouillé de Carrère leur donne un éclairage fascinant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
NonFiction   06 mars 2015
Dans cette enquête sur le premier christianisme, l'auteur de "L'Adversaire" s'interroge sur les ressorts de la foi et plus encore sur les rouages d'une œuvre littéraire.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LaPresse   16 septembre 2014
C'est l'enquête d'un écrivain sur les Écritures, et le récit, souvent drôle, du désir de croire d'un «agnostique amical» envers le christianisme. Carrère, comme d'habitude, surprend.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   15 septembre 2014
Au sommet de son art, Carrère signe un ouvrage passionnant, sept ans de lectures et de réflexions que vingt ans de vie englobent.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Culturebox   12 septembre 2014
C'est en tout cas un livre savant, touffu, dont on imagine quelle somme colossale de travail il a dû demander à son auteur, il nous avait prévenu : "Quand j'aborde un sujet, j'aime bien le prendre en tenailles". "Le Royaume" est un livre extraordinairement documenté, un peu escarpé du coup, pour celui qui ne connait pas très bien le sujet.
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Lexpress   01 septembre 2014
C'est l'un des chocs de cette rentrée. Entre fresque historique et réflexion théologique, Emmanuel Carrère remonte aux sources du christianisme. Un chemin vertigineux où les apôtres croisent l'écrivain d'aujourd'hui mais aussi l'ex-catho pétri de doutes. Son Royaume est bien de ce monde.
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LaPresse   29 août 2014
Croyants ou non croyants, précipitez-vous sur Le royaume d'Emmanuel Carrère, palpitante fresque-enquête sur les débuts de la chrétienté, qui mêle d'une plume extraordinairement vivante, histoire, méditation, humour, érudition et souvenirs intimes: le choc de la rentrée littéraire française.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LesEchos   29 août 2014
C'est passionnant. Il est un guide merveilleux dans cette virée chez les premiers chrétiens, drôle et érudite à la fois, jamais pédante, écrite dans un style où les anachronismes de langage éclairent le propos.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Telerama   29 août 2014
Entre péplum et exégèse, cette histoire des premiers temps du christianisme ébranle autant qu'elle passionne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (280) Voir plus Ajouter une citation
anne_le_bruit_des_vaguesanne_le_bruit_des_vagues   09 décembre 2014
Un passage un peu long, peut-être... Mais je vous encourage à le lire : il reflète parfaitement le style de son auteur, en amenant le sujet du "Royaume" avec un magnifique talent :

"Disons qu'(il) fait partie de cette famille de gens pour qui être ne va pas de soi. Depuis l'enfance, il se demande : qu'est-ce que je fais là ? Et c'est quoi, "je" ? Et c'est quoi, "là" ? Beaucoup de gens peuvent vivre toute leur vie sans être effleurés par ces questions - ou s'ils le sont, c'est très fugitivement, et ils n'ont pas de mal à passer outre. Ils fabriquent et conduisent des voitures, font l'amour, discutent près de la machine à café, s'énervent parce qu'il y a trop d'étrangers en France, ou trop de gens qui pensent qu'il y a trop d'étrangers en France, préparent leurs vacances, se font du soucis pour leurs enfants, veulent changer le monde, avoir du succès, quand ils en ont redoutent de le perdre, font la guerre, savent qu'ils vont mourir mais y pensent le moins possible, et tout cela, ma foi, est bien assez pour remplir une vie. Mais il existe une autre espèce de gens pour qui ce n'est pas assez. Ou trop. En tout cas, ça ne leur va pas comme ça. Sont-ils plus sages ou moins que les premiers, on peut en débattre sans fin, le fait est qu'ils ne se sont jamais remis d'une espèce de stupeur qui leur interdit de vivre sans se demander pourquoi ils vivent, quel est le sens de tout cela s'il y en a un. L'existence pour eux est un point d'interrogation et même s'ils n'excluent pas qu'à cette interrogation il n'y ait pas de réponse ils la cherchent, c'est plus fort qu'eux.
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Gwen21Gwen21   21 novembre 2016
Mortifié, Paul n’a pas fait de vieux os à Athènes. Il est parti pour Corinthe, qui est à tous points de vue l’exact contraire d’Athènes : une énorme ville portuaire, populeuse, crapuleuse, sans passé glorieux ni prestigieux monuments mais avec des ruelles grouillantes, des échoppes où on achète et trafique de tout, dans toutes les langues. Un demi-million d’habitants, dont les deux tiers sont des esclaves. Des temples de Jupiter pour la forme, mais à tous les coins de rue des sanctuaires d’Isis, de Cybèle, de Sérapis et surtout d’Aphrodite, dont le culte est desservi par des prêtresses-prostituées joliment nommées hiérodules et connues pour transmettre une vérole que dans tout le bassin méditerranéen on appelle en gloussant « maladie corinthienne ».
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Gwen21Gwen21   16 janvier 2017
{à l'issue du sac de Jérusalem par les Romains, commandés par Titus, en 70}

Quand il n’est plus resté personne à tuer, l’aimable Titus a fait démolir la ville, abattre ses murailles, raser le Temple. En termes d’ingénierie, ce n’a pas été une mince affaire. Ces blocs cyclopéens qu’on faisait tomber, il fallait bien les mettre quelque part et, une fois comblé à ras bord le ravin qui à l’époque séparait le Temple de la ville haute, on s’est résigné à laisser le reste en tas. Les divers conquérants, Romains, Arabes, croisés et Ottomans, qui ont au cours des siècles suivants pris et repris la ville, se sont servis dans ce tas pour la reconstruire à leur guise et prétendre chacun qu’elle était leur œuvre. Dans ce gigantesque Lego, seul n’a jamais croulé le mur de soutènement occidental du Temple, celui que les Juifs appellent le mur des Lamentations et auquel aujourd’hui encore ils confient leurs prières. Josèphe conclut de tout cela que "la rébellion a détruit la ville, et Rome détruit la rébellion". Entendez que les Juifs ont commencé et que les Romains pour rétablir la paix n’ont pas eu le choix. On peut dire les choses autrement, comme le chef breton Galgacus dont Tacite nous a conservé ces fortes paroles : "Quand ils ont tout détruit, les Romains appellent ça la paix."
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Gwen21Gwen21   25 octobre 2016
Déguisé en fidèle, c’est-à-dire aussi vilainement habillé que possible, le journaliste était allé piéger les prêtres de diverses paroisses parisiennes en confessant des péchés de plus en plus fantaisistes. Il le racontait sur un ton amusé, impliquant comme une évidence qu’il était mille fois plus libre et intelligent que les malheureux prêtres et leurs fidèles. Même à l’époque, j’avais trouvé ça débile, choquant – d’autant plus débile et choquant que le type qui se serait permis une chose pareille dans une synagogue ou une mosquée aurait immédiatement soulevé, provenant de tous les bords idéologiques, un concert de protestations indignées : les chrétiens sont les seuls dont il semble qu’on ait le droit de se moquer impunément, en mettant les rieurs de son côté.
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Lilou08Lilou08   21 septembre 2014
Maintenant, ce qui fait la réussite d’un film, ce n’est pas la vraisemblance du scénario mais la force des scènes et, sur ce terrain-là, Luc est sans rival : l’auberge bondée, la crèche, le nouveau-né qu’on emmaillote et couche dans une mangeoire, les bergers des collines avoisinantes qui, prévenus par un ange, viennent en procession s’attendrir sur l’enfant… Les rois mages viennent de Matthieu, le bœuf et l’âne sont des ajouts beaucoup plus tardifs, mais tout le reste, Luc l’a inventé et, au nom de la corporation des romanciers, je dis : respect.
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Vidéo de Emmanuel Carrère
Revue de littérature générale 95/1 La Mécanique lyrique éditions P.O.L . revue dirigée par Pierre Alferi et Olivier Cadiot. 420 pages illustrées avec au sommaire notamment: Valère Novarina, Gilles Grand, Georges Aperghis, Jean Echenoz, Harry Mathews, Pascal Dusapin, Emmanuel Carrère, Jean-Luc Nancy, Emmanuel Hocquard, Dominique Fourcade, Rodolphe Burger, Gilles Clément, Anne Portugal, Giorgio Agambem, Michael Heizer, Pascalle Monnier, Jacques Roubaud, Rémy Zaug, Manuel Joseph, philippe le Goff, Michelle Grangaud, Bernard Stiegler, Sylvie Nayral, Gilles A. Tiberghien etc
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