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ISBN : 2841612422
Éditeur : Albouraq (30/09/2004)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
L’envahissement du modernisme, les moyens puissants dont il dispose, rendent vaine toute tentative de restaurer extérieurement la grandeur de l’islâm. Parmi les noms d’Allâh, al-Haqq présente la particularité de désigner Dieu Lui-même ; or, ce nom signifie à la fois « la vérité » et « le droit ». La force de l’islâm n’est pas dans sa puissance extérieure, qui appartient au domaine des réalités contingentes, elle est dans sa vérité et dans son droit qui sont universe... >Voir plus
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enkidu_enkidu_   02 septembre 2014
Face au monde moderne, l’intégrisme adopte une position apparemment opposée. Partant de l’idée que la communauté islamique ne peut être régie que par des musulmans, il cherche à conquérir le pouvoir par des moyens politiques.

Les partisans de cette idéologie espèrent ainsi promouvoir l’islâm : d’une part, en assurant la pratique de la religion dans les pays qu’ils contrôlent ; de l’autre, en établissant dans le monde une sorte de « tête de pont » en vue de défendre les intérêts des musulmans où qu’ils se trouvent et de préparer l’expansion progressive de l’islâm. Face aux équivoques et aux dérives des politiques d’intégration, l’idée intégriste a de quoi séduire de bons musulmans par l’indépendance qu’elle leur assure, puisqu’ils sont gouvernés par eux-mêmes, et non plus par d’autres. Un examen plus attentif montre le caractère illusoire de cet avantage apparent. Pour que l’intégrisme corresponde à son but proclamé, il faudrait que ses défenseurs ne soient pas eux-mêmes corrompus, plus ou moins consciemment, par les conceptions anti-traditionnelles du monde moderne.

Pour commencer, la conquête du pouvoir implique de nos jours que l’on s’organise en parti et que l’on adopte les méthodes profanes de la vie partisane, qui sont aux antipodes de l’universalité islamique. En cas de victoire, c’est pire encore. Comment préserver l’intégrité de l’islâm dans la gestion d’un État moderne, qu’il se proclame lui-même « islamique » ou non ? En tous domaines, c’est l’impasse et les contradictions. Tout d’abord, il n’y a pas d’État sans territoire. Un des dogmes du modernisme politique est le maintien de l’ « intégrité territoriale » génératrice d’innombrables conflits, aussi puérils que dangereux. Ce ne sont plus les « droits du Ciel » qu’il faut préserver, ni même ceux de la Terre, mais ceux qui découlent des divisions territoriales absurdes et arbitraires, ce qui est particulièrement flagrant quand celles-ci ont été établies par la colonisation.

Un État islamique est, par essence un État universel, c’est-à-dire un État sans frontières. A l’inverse, un État dont le territoire est défini par des frontières ne peut prétendre être un État islamique. Que dire, en outre de l’idée de nation qui, par les séparations et les passions qu’elle engendre, demeure un des pires instruments de la subversion contemporaine. Citons ici simplement la parole d’un sage de notre temps qui disait : « A l’instant même où le Mahdi sera confirmé dans sa mission devant la Kaaba de la Mekke, les États et les régimes du monde islamique s’écrouleront comme des châteaux de cartes ».

Dans le domaine économique, on retrouve la question incontournable du prêt à intérêt. S’agit-il de l’épargne privée ? Récoltée sans intérêt par les banques, elle ne serait rien d’autre que de l’argent bon marché qui, par le jeu des compensations financières, pourrait être mis à la disposition des pires ennemis de l’islâm ; ce serait un comble ! S’agit-il, au contraire, de la puissance publique ? Quel est l’État moderne qui, hormis dans des circonstances exceptionnelles et aléatoires, peut se passer de l’emprunt ?

Dans le domaine militaire, la seule loi est celle du plus fort, et la force matérielle n’est sûrement pas du côté islamique, comme les musulmans en font partout l’amère expérience.

Dans le domaine dit « culturel », les hésitations des dirigeants intégristes sont parfois bien amusantes. Tantôt, ils décident d’interdire la musique que l’on appelle classique, et qui est en réalité éminemment moderne ; en quoi ils ont raison, car cet art tant vanté fait partie des pseudo-religions occidentales : les chrétiens d’aujourd’hui se réunissent plus volontiers dans les églises pour écouter des concerts que pour suivre les offices ; tantôt, ils l’autorisent en se plaçant, à leur tour, au point de vue réducteur de la morale, ce qui donne le charmant spectacle de jeunes femmes en tchador jouant du violoncelle !

Ces quelques exemples montrent l’impossibilité de gouverner un État moderne de manière traditionnelle. Les intégristes qui acceptent des compromis dans tous ses domaines ne sont pas qualifiés pour représenter l’intégrité islamique.

En définitive, les positions apparemment incompatibles de l’intégration et de l’intégrisme sont plus proches qu’il n’y paraît : la première accepte la domination du monde moderne de manière directe, la seconde de manière indirecte, c’est-à-dire par l’intermédiaire de musulmans dont la mentalité est affectée par le modernisme et qui, contrairement à ce qu’ils prétendent, ne peuvent parler au nom de l’islâm. L’instauration d’un ordre traditionnel inspiré par l’intégrité islamique le rétablissement du califat extérieur ; et c’est d’ailleurs pourquoi le Mahdi est appelé « le dernier des califes ». Son investiture ne sera pas le résultat d’une politique humaine, mais bien d’une intervention et d’une élection divines. (chapitre II)
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