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Critiques sur L'homme qui aimait trop les livres (30)
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fanfanouche24
  22 novembre 2018
Un très bon moment de lecture qui offre une einième hommage aux Livres , et plus insolite un Hommage ambigu envers les collectionneurs-voleurs !!!

Une sarabande rocambolesque entre un libraire d'ancien, transformé en
enquêteur pour poursuivre un "Arsène Lupin" des Livres, et entre les
deux, une amoureuse des livres, l'auteure, journaliste qui se plonge dans la planète des bibliophiles et aussi des bibliomanes , pour nous offrir ce récit, prodigue en anecdotes et rebondissements !!


"Les livres ne sont pas des objets inertes mais portent en eux autant de vie que l'âme qui les a fait naître, en effet ils conservent, comme dans une fiole, la puissance et l'essence de l'intellect qui leur a donné le jour." Presque trois cents ans après lui , en 1900, Walt Whitman faisait écho à ce sentiment : " Camarade ! Ceci n'est pas un livre , / Qui touche ceci touche un homme." (p. 156)

Toujours joyeuse de dénicher des ouvrages dont on parle moins, qui me plongent de plus dans des domaines me tenant à coeur : le Livre ancien et le monde des collectionneurs, où j'ai exercé quelques années comme catalographe !

Notre narratrice, journaliste [ l'auteure] s'est immergée dans cet univers si spécifique de l'Antiquariat, des collections de livres et des collectionneurs,; elle s'est documentée, a beaucoup lu, questionné libraires, experts, et fascinée par ce sujet, étend sa "fascination" aux "voleurs de livres"... Et dans cet objectif, elle rencontre un célèbre voleur de livres précieux, essaye de comprendre cette "addiction "ainsi que ses motivations !!

Des anecdotes multiples sur les manies des bibliomanes et des bibliophiles... de nombreux renseignements sur l'histoire du Livre, la justification de la rareté de certains tirages...les différents profils de collectionneurs, comme d'experts , les mises en garde aussi sur les tromperies des experts et sur e.bay, vaste fourre-tout d'ouvrages
à la provenance pas toujours fiable, etc.!!

J'ai abondamment souligné ce livre... et vais tenter de me limiter dans mon choix d'extraits les plus significatifs

"Plus je piochais dans mes piles de livres consacrés à des collectionneurs, plus je pensais au rôle que ces hommes (et quelques rares femmes) avaient joué pour préserver notre héritage culturel. Pour reprendre les mots de Wilmarth Sheldon Lewis, un collectionneur décédé en 1979. "Sains d'esprit ou fantasques. Ils sauvegardent la civilisation ". Ils me fascinaient tous." (p. 231)

"Plus j'en apprenais sur les collectionneurs, plus je me considérais comme l'un d'entre eux : pas une collectionneuse de livres, mais des histoires que je récoltais au cours de mon enquête. A l'image de ceux qui sont gagnés par la frénésie à mesure que leur collection prend forme, plus j'obtenais des informations plus j'en demandais. Je découvris ce qu'était le vélin, le bougran, les errata et les tranches à témoins. Mes carnets de notes se multipliaient pour former une pile haute comme dix - Kraütterbuchs- En accumulant des anecdotes sur des voleurs, des libraires, et le monde du livre ancien, j'en vins à comprendre que cette histoire n'était pas une simple compilation de délits mais bout à bout, mais qu'elle parlait aussi de la relation intime, complexe et parfois dangereuse que les gens ont avec les livres. "(Prologue, p. 17)

Ce récit se termine par une sélection bibliographique en anglais, intéressante, sur les livres rares et précieux, ainsi que sur certains célèbres collectionneurs...

En lisant cet ouvrage, l'agréable sensation physique de l'odeur des vieux livres...de l'atmosphère si unique des librairies anciennes, chacune avec leur cachet, la personnalité unique de chaque libraire, son accueil, ses bavardages , silences ou secrets !!! ...

J'ai pris le temps de lire doucement cet ouvrage qui regorge d'histoires d' hommes (peu de femmes bibliophiles !!) qui aiment trop les livres dont ce comte Guglielmo Libri, dont j'ai entendu parler lors d'une de mes missions de catalogage dans le fonds ancien de la Bibliothèque Mazarine, où il a dû aussi sévir... Une histoire incroyable !!

Cette auteure m'a rappelé le destin peu banal de ce collectionneur -savant... et un peu voleur sur les bords !!

"Une histoire qui me tenait en haleine tard le soir était celle de Guglielmo Libri (1803-1860), l'un des plus éminents gardiens de notre héritage culturel, qui a probablement autant pillé que préservé. Libri était un comte italien (...)
Il était mathématicien, journaliste, enseignant, conseiller du gouvernement français. C'était une référence en histoire des sciences et il naviguait dans les milieux académiques aussi bien français qu'italiens et anglais. En 1841, on lui confia la responsabilité d'inventorier tous les manuscrits anciens des bibliothèques publiques de France. Cette mission l'autorisait à entrer dans toutes les réserves à n'importe quelle heure. (...) En tant que catalogueur des bibliothèques de France, il savait exactement quels manuscrits n'avaient pas été encore inventoriés, et il ne put résister à la tentation. "(p. 132)

Une lecture doublement appréciée, par ses thèmes... et second plaisir : la découverte de cette petite maison d'édition indépendante... [**** voir ma liste avec les premiers titres de leur catalogue, intitulée avec ce titre trop réjouissant...; "L'Homme qui aimait trop les livres"....]

Récréation des plus plaisantes et instructives... pour tous les passionnés de livres, ayant, ceci dit, un minimum d'intérêt pour les livres anciens , la bibliophilie, les ventes aux enchères et ces drôles de spécimens: "Les Collectionneurs ", dont on a un très pittoresque et joyeux catalogue !!
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Elodieuniverse
  21 janvier 2020
On entre dans le monde des collectionneurs qui brassent des millions de dollars. C'est vraiment intéressant, on apprend plein de choses. En approchant le voleur de livres John Gilkey l'auteur essaye de comprendre comment il s'y prend, pourquoi a-t-il ce besoin de voler les livres? Qui est-il? Un homme énigmatique... Oscar Wild ne disait-il pas "I can't resist everything except temptation"? L'un (Gilkey) vole au risque de perdre sa liberté, l'autre (Sanders le libraire) fera tout pour la lui prendre. Pourquoi? Y arrivera-t-il? le livre objet est précieux pour certains, engendre des souvenirs pour d'autres mais aussi la convoitise. En tant que passionnée, je me suis reconnue à bien des égards dans certaines situations. (...)

Ma page Facebook au chapitre d'Elodie
Lien : http://auchapitre.canalblog...
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JeanPierreV
  17 janvier 2019
Comment, quand on est passionné par la lecture, ne pas être intrigué et forcément intéressé, fortement titillé par cette couverture insolite, et par ce titre ?
Surtout quand on découvre sur la 4 ème de couverture qu'il ne s'agit pas d'un roman, mais d'une enquête d'une journaliste américaine.
Double voyage donc dans le monde du livre et dans le monde de cette Amérique, dans ce monde un peu (beaucoup) fou des Américains...Pas les américains lecteurs, comme vous et moi, non les américains collectionneurs, investisseurs, fascinés par une vieille couverture, par une édition limitée, par un autographe, fascinés par la possession, la collection, les dollars.
Qu'importe le texte du livre !
La journaliste Allison Hoover Bartlett rencontre en prison John Gilkey, emprisonné pour la nième fois pour vol de livres.
Avec lui, on apprend qu'il ne faut pas confondre livre et lecture, ce sont deux mondes différents. La lecture, chacun de nous sait ce que c'est. le livre est essentiellement pour nous, le support de nos lectures, de nos évasions de nos découvertes.
Mais pour John Gilkey, c'est un objet qui a une autre valeur, un objet qu'on peut acheter quelques cents à un libraire proposant des ouvrages anciens, et revendre quelques semaines après dans une salle des ventes plusieurs milliers de $....parce que le libraire ne savait pas ce qu'il avait dans ses rayons...Le livre devient fascinant, devient un objet pour lequel on traversera le pays, quand il est rare, quand il est dédicacé, quand vous avez entre les mains la première édition y compris d'ouvrages qui ont fait notre jeunesse, comme les premiers Harry Potter...ou nos premiers livres illustrés que nous déchirions parfois quand nous avions 3-4 ans...pourvu que leur jaquette papier soit en bon état, et bien sûr d'origine, pas falsifiée. Nous avons eu de l'or en main.
Ce sont ces livres que Gilkey et d'autres comme lui, débusquent sur Internet, dérobent dans les rayons, amassent dans leurs appartements, ces livres pour lesquels ils sont prêts à tout, pour lesquels ils montent des arnaques, quitte à passer des mois de prison. Alors ils écument les librairies anciennes, les salons professionnels, les salles des ventes, et utilisent tous les stratagèmes possibles pour arriver à leur fin.
Face à eux, des libraires, également passionnés, presque aussi fous qu'eux. Certains connaissent la valeur des ouvrages dans leurs rayons. D'autres beaucoup moins. Certains sont méfiants, d'autres moins. Les plus méfiants s'organisent. L'auteure rencontrera Ken Sanders, Libraire à Salt Lake City et Délégué général de ALAA : Association des libraires de livres anciens d'Amérique...Il organise en utilisant Internet, la chasse des voleurs, la chasse des collectionneurs indélicats, leur identification, permet les échanges d'informations entre eux.
Certains de ces collectionneurs fous accumulent les livres sans les lire...Allison l'auteure, nous raconte que l'un des ces collectionneurs fous, fut découvert, mort, dans son appartement au milieu de 90 tonnes de livres mettant en jeu la structure du bâtiment. Celui-ci pouvait s'écrouler sous ce poids.
D'autres utilisent pour leur trafic ebay "le plus grand receleur de l'univers." ,"... devenu la plus grande entité de revente d'objets volés du monde"... selon l'auteure et Ken Sanders . J'y regarderai à deux fois avant d'y acheter, si je le fais un jour.
Amis lecteurs et voyageurs qui vous rendez aux Etats-Unis, vous aurez forcément des sueurs froides si vous avez acheté une babiole souvenir avec votre carte de crédit...Je ne vous en dis pas plus. Vous apprendrez comment, facilement, on peut utiliser les données de cette carte, à votre insu, anonymement. Ne vous étonnez pas si votre compte est débité frauduleusement plusieurs mois, après votre retour de plusieurs milliers de $, sans possibilité d'identifier votre voleur. En long et en large l'auteure nous l'explique.
Une enquête passionnante et fascinante, dès les premières pages, dans lesquelles nous faisons connaissance avec le "Kräutterbuch" (Herbier) de Hieronymus Bock estimé entre 3 à 5000 $, pesant 6kg, dont la couverture est en chêne recouvert de cuir de porc.
On pense "Oui, mais c'est les Etats-Unis, c'est loin, c'est un autre monde...." et l'auteure nous apprend qu'un français bien sous tous rapports, avec un CV long comme le bras se vit confier en 1841 la mission d'inventaire des manuscrits anciens possédés par les bibliothèques publiques françaises. Jour et nuit il pouvait entrer librement dans ces bibliothèque...il les pilla ! Plus récemment, en 2011 un voleur de livres anciens fut arrêté au Havre en possession de plus de 2000 ouvrages anciens dérobé dans des bibliothèques...Il avait mis 20 ans pour acquérir ces livres..
"L'homme qui aimait...." Non! Ce sont "Les hommes qui aiment.." Ils sont des centaines, tous aussi fous de livres, aussi collectionneurs, autant passionnés par la possession, ou par le fric.
"Partir à l'affût, me documenter, écrire donne un sens à ma vie de la même manière que la traque, la compilation, le référencement donne un sens à celle du collectionneur de livres." écrira l'auteure.
Cette enquête journalistique fouillée et érudite nous ouvre les yeux et nous offre une lecture instructive.
Oui ! le livre ancien est un investissement dont la valeur croît plus rapidement que bien d'autres placements! Alors gardez-les
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Caro17
  09 février 2020
Merci à Babelio et aux éditions Pocket pour ce livre obtenu dans le cadre d'une opération masse critique.
Bienvenue dans le monde des collectionneurs de livres (anciens, rares, premières éditions, .. etc) ! Ce roman (ou plutôt documentaire) basé sur des faits réels raconte, par l'intermédiaire de la journaliste Allison Hoover Bartlett, la vie de John Gilkey : comment il s'y prenait pour dérober des livres, ses motivations et comment un "libraire-détective" a fini par le faire arrêter. Elle nous dévoile également les dessous de l'univers de ces collectionneurs.
Un récit très intéressant qui m'a fait passer un bon moment de lecture.
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CharlesEdouard
  16 juillet 2018
Peut-être inspiré d'une histoire vrai,
Je ne sais plus si c'est dans, "Des bibliothèques pleines de fantômes" ou "N'espérez pas vous débarrasser des livres" où j'ai lu cette anecdote d'un homme (bien avant le XVIIIe siècle) a volé des milliers d'ouvrages.
Mais "recemment" aussi :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-havre-l-incroyable-butin-du-voleur-de-livres-anciens-06-12-2011-1755277.php
J'ai apprécié la lecture pour les anecdotes, sur les livres anciens, mais pas que, exemple : les 1er éditions d'Harry Potter dont les prix se comptent en millier d'euros!!!!
Sinon l'histoire en elle même est tiré d'une histoire vrai si j'ai bien compris.
30 pages lues le jour de sa sortie sur internet (gratuit) puis un après midi de novembre dans une librairie : 270 pages lues.
Polar basé sur des faits réel, à lire si vous êtes bibliophile, si vous êtes bibliomane, etc...

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carnetdelecture
  23 octobre 2018
Ce livre permet de découvrir le monde fermé des collectionneurs de livres anciens et de premières éditions. Au-delà des histoires qu'ils racontent, c'est surtout le livre en tant qu'objet qui semble fasciner les collectionneurs (la beauté d'une couverture ou des dorures, la sensualité des pages, etc.) sans oublier sa valeur marchande.

L'homme qui aimait trop les livres est une sorte de compte-rendu de la vie de John Gilkey,  de ses entourloupes pour voler les livres qu'il convoite mais qu'il n'a pas les moyens d'acheter. Emaillé de faits et de chiffres réels, puisque John Gilkey a vraiment existé et est toujours en vie, j'ai trouvé que le récit était un peu trop factuel et froid. Alors que la narratrice exprime sa fascination pour ces histoires de vols de livres anciens, on ne ressent pas sa passion pour le sujet. L'écriture est très descriptive et lisse, sans aucun effet romanesque, ce qui rend la lecture un peu lente.
Lien : https://carnetdelecture1.wor..
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som
  22 juillet 2019
Quelque part entre l'essai et l'enquête policière, Allison Hoover Barlett part sur la trace de John Gilkey, l'un des voleurs de livres anciens les plus capés. Avec l'aide et la ténacité de Ken Sanders, un libraire libertaire et justicier, au grand coeur mais au caractère bien trempé, la journaliste nous entraîne dans le petit monde pas si moral que cela du livre ancien. Entre les arnaques à la petite semaine et les grandes passions qui tournent à l'obsession, l'amour du livre fait tourner bien des têtes. La case prison n'est qu'à un jet de pierre des grands salons spécialisés. Menée à tambour battant entre les Etats-Unis et l'Europe, cette aventure nous donne autant à voir la psychologie particulière des bibliophiles, les enjeux financiers qui se dissimulent derrière les ventes d'impressions rares et précieuses, que les difficultés à démonter les filières spécialisées dans la contrefaçon et le vol organisé. Un véritable plaisir de lecture qui allie le polar à la sociologie. A souligner encore et toujours la qualité étourdissante des éditions Marchialy : la mise en page, le choix des polices de caractère, la couverture. Tout est impeccable.
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Judith63
  17 septembre 2019
Que dire d'un livre que l'on a pas beaucoup apprécié ...
J'ai pourtant été jusqu'au bout mais sans grande conviction.
Peut-être parce que je m'attendais à autre chose, avec plus de rythme, plus d'intrigue et plus de traque ...
Mais non, on est pas du tout dans ce style.

Après qu'un ami lui ai déposé un livre vieux de presque 400 ans, que quelqu'un avait oublié de redéposer à la bibliothèque, la journaliste Allison Hoover Bartlett s'interroge sur les livres anciens. Aidés par des amis et professionnels elle tente d'en savoir plus à leur sujet.
Au fil de ses recherches elle découvre le monde des collectionneurs de livres rares mais surtout les vols qui ont été commis remontant même jusqu'à l'antiquité.
Très vite, certains attirent son attention et pour en découvrir plus, elle se rapproche de Ken Sanders, un libraire passionné et surnommé le Biblioflic. Celui lui raconte les délits commis par le célèbre John Gilkey, voleur prolifique de livres et manuscrits rares et anciens. Il en aurait volé pour plus de 200 000 dollars à travers toute l'Amérique mais principalement en Californie du Nord.
Intriguée par John Gilkey, la journaliste va alors le rencontrer pour comprendre ce qui pousse un homme à voler des livres et surtout y risquer sa vie et son avenir.
Ginkley va tenter de lui expliquer, au fil de leurs rencontres, la différence entre aimer lire et posséder des livres.
Le personnage de Ginkley apparaît comme quelqu'un d'égoïste, malhonnête où tout lui est dû et qui ne comprend pas pourquoi il devrait acheter un livre pour le posséder. On va découvrir, grâce à cette sorte d'interview, ses combines mais aussi sa passion dévorante.
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keisha
  12 février 2019
Aussitôt vu sur le présentoir de la bibli, aussi emprunté. Comment résister? Une fois commencé, ce livre s'est révélé ne pas être un roman mais une sorte d'enquête menée par une journaliste sur le sujet des collectionneurs de livres anciens, actuellement ou dans le passé, des libraires en vendant, en boutique ou salons, et des indélicats volant ces livres et/ou ne les rendant pas.

Elle s'attache particulièrement à John Gilsey, qu'elle a rencontré à de multiples reprises, y compris dans un parloir de prison, ses méthodes pour se constituer une collection de livres anciens n'étant pas du goût des libraires spoliés. En particulier Ken Sanders, qui se "surnomme 'Book Cop' -le flic du livre-, mais ses amis l'appellent 'biblioflic'." Ceci dans le cadre de son travail à l'ALAA, association des libraires de livres anciens d'Amérique. J'ai noté, entre autres détails dont fourmille ce livre, que Sanders et Abbey étaient amis et ont participé à une action -pacifique- sur un barrage.

Les vols de livres ne sont pas tellement réprimés par la loi, ce qui fait enrager Sanders, "qu'ils se contentent de piquer des enjoliveurs et laissent les livres tranquilles!" Contrairement à ce que je pensais au départ, Gilsey ne volait pas les livres en les glissant sous son blouson, mais par une arnaque qui tombait plus facilement sous le coup de la loi.

Les rapports entre ces personnages sont assez particuliers, la journaliste frôlant parfois la ligne entre l'enquête et la complicité -sans la franchir. Personnellement je suis quand même restée dans une sorte de flou, c'est plaisant à lire mais parfois éparpillé.

Quelques anecdotes:
"Thomas Jefferson Fitzpatrick, un professeur de botanique qui avait amassé tellement de livres dans les années 1930 que leur poids excédait celui indiqué dans les normes de sécurité du bâtiment. Il décéda à l'âge avancé de 83 ans en 1952, et fut retrouvé chez lui allongé sur un lit de camp dans sa cuisine, cerné par 90 tonnes des livres."

Thomas Jefferson, président des Etats Unis, était bibliophile, chez lui rangeait les livres par taille, et avait proposé pour la bibliothèque du Congrès "un système de classement dans lequel les livres seraient classés en trois grandes catégories : mémoire, raison et imagination. Une division poétique que je serais curieuse de voir appliquée dans les librairies aujourd'hui. Cela prendrait peut-être plus de temps de trouver ce que l'on cherche, mais qui sait sur quoi l'on risquerait de tomber."

Pour terminer, l'éditeur donne ce conseil "retenez-vous autant que possible de voler ce livre." et "Ceci est un premier tirage".
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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BenedicteBiblio
  06 avril 2019
Allison Hoover Barlett, journaliste américaine, signe ici un récit étonnant. En quelques pages, l'auteure retrace le parcours de John Gilkey, un jeune homme passionné par les livres anciens à tel point qu'il ne peut s'empêcher de duper de nombreux libraires chevronnés. Vols de livres anciens. Allers-retours entre prison et salons du livre ancien. S'ensuit un véritable plan d'attaque pour empêcher notre voleur de livres de récidiver. Mais comment attraper un escroc qui ne subtilise des livres que pour compléter sa propre bibliothèque ?

J'ai apprécié me plonger dans cette lecture pour le moins originale. Si j'ignorais totalement l'existence de John Gilkey, il ne me serait jamais venu à l'idée que des libraires, passionnés de livres anciens, soient victimes de vols. Une question se pose alors : de quoi serions-nous capables nous aussi par amour des livres ?

La journaliste nous décrit un voleur de livres pour le moins touchant. Nous assistons à quelques rencontres entre l'auteure et John Gilkey, notamment lorsque celle-ci se rend au parloir de la prison pour faire sa rencontre, et peut-être chercher à comprendre comment le jeune homme a pu en arriver là. L'écriture fluide humanise d'autant plus cette rencontre : j'avais presque l'impression d'être auprès d'eux. Pourquoi même une fois sorti de prison, le jeune homme ne peut s'empêcher de reproduire ses méfaits ? C'est la grande question que je me suis posée, et j'en étais littéralement captivée.

Dans l'ombre de la traque de ce voleur pour le moins inhabituel, nous rencontrons Ken Sanders, un libraire passionné qui s'improvise bibliofic. le lecteur se trouve alors embarqué entre visites de salons du livre ancien, et rencontres avec d'autres libraires pour le moins révoltés qu'on puisse ainsi les tromper.

L'homme qui aimait trop les livres propose quelques passages passionnants, envoûtants, qui décrivent bien l'amour des livres, ce désir pour tout lecteur de se constituer une bibliothèque à son image, ou encore ce que la lecture peut réellement apporter dans une vie. J'ai évidemment adoré ces quelques lignes. Pourquoi alors suis-je passée à côté d'un coup de coeur ? Je m'attendais à découvrir un roman, ce qui n'est ici pas du tout le cas. Mais je me suis également lassée de quelques répétitions dans le récit (les allers-retours entre la prison et les vols de John Gilkey par exemple). Quelques chapitres auraient ainsi pu être retirés du livre, que je n'y aurais pas vu la différence. Mais en refermant L'homme qui aimait trop les livres, une chose est sûre : tout lecteur aura envie de flâner dans les rayons de livres anciens voire de se procurer la copie (puisque les premières éditions restent tout de même hors de prix) d'une première édition !
Lien : https://labibliothequedebene..
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