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ISBN : 9791095582403
Éditeur : Marchialy (04/10/2018)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Jusqu’où iriez-vous pour mettre la main sur le livre de vos rêves ? Mieux encore, jusqu’où iriez-vous pour avoir une bibliothèque remplie de vos livres préférés ?

John Gilkey est l’un des voleurs de livres les plus prolifiques de sa génération. Jusqu’en 2003, il a dérobé près de 200 000 dollars de livres anciens. Son but, réunir une collection à son image. Dès lors, comment attraper un voleur qui ne subtilise des livres que pour compléter sa propre bi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  22 novembre 2018
Un très bon moment de lecture qui offre une einième hommage aux Livres , et plus insolite un Hommage ambigu envers les collectionneurs-voleurs !!!
Une sarabande rocambolesque entre un libraire d'ancien, transformé en
enquêteur pour poursuivre un "Arsène Lupin" des Livres, et entre les
deux, une amoureuse des livres, l'auteure, journaliste qui se plonge dans la planète des bibliophiles et aussi des bibliomanes , pour nous offrir ce récit, prodigue en anecdotes et rebondissements !!

"Les livres ne sont pas des objets inertes mais portent en eux autant de vie que l'âme qui les a fait naître, en effet ils conservent, comme dans une fiole, la puissance et l'essence de l'intellect qui leur a donné le jour." Presque trois cents ans après lui , en 1900, Walt Whitman faisait écho à ce sentiment : " Camarade ! Ceci n'est pas un livre , / Qui touche ceci touche un homme." (p. 156)
Toujours joyeuse de dénicher des ouvrages dont on parle moins, qui me plongent de plus dans des domaines me tenant à coeur : le Livre ancien et le monde des collectionneurs, où j'ai exercé quelques années comme catalographe !
Notre narratrice, journaliste [ l'auteure] s'est immergée dans cet univers si spécifique de l'Antiquariat, des collections de livres et des collectionneurs,; elle s'est documentée, a beaucoup lu, questionné libraires, experts, et fascinée par ce sujet, étend sa "fascination" aux "voleurs de livres"... Et dans cet objectif, elle rencontre un célèbre voleur de livres précieux, essaye de comprendre cette "addiction "ainsi que ses motivations !!
Des anecdotes multiples sur les manies des bibliomanes et des bibliophiles... de nombreux renseignements sur l'histoire du Livre, la justification de la rareté de certains tirages...les différents profils de collectionneurs, comme d'experts , les mises en garde aussi sur les tromperies des experts et sur e.bay, vaste fourre-tout d'ouvrages
à la provenance pas toujours fiable, etc.!!
J'ai abondamment souligné ce livre... et vais tenter de me limiter dans mon choix d'extraits les plus significatifs
"Plus je piochais dans mes piles de livres consacrés à des collectionneurs, plus je pensais au rôle que ces hommes (et quelques rares femmes) avaient joué pour préserver notre héritage culturel. Pour reprendre les mots de Wilmarth Sheldon Lewis, un collectionneur décédé en 1979. "Sains d'esprit ou fantasques. Ils sauvegardent la civilisation ". Ils me fascinaient tous." (p. 231)
"Plus j'en apprenais sur les collectionneurs, plus je me considérais comme l'un d'entre eux : pas une collectionneuse de livres, mais des histoires que je récoltais au cours de mon enquête. A l'image de ceux qui sont gagnés par la frénésie à mesure que leur collection prend forme, plus j'obtenais des informations plus j'en demandais. Je découvris ce qu'était le vélin, le bougran, les errata et les tranches à témoins. Mes carnets de notes se multipliaient pour former une pile haute comme dix - Kraütterbuchs- En accumulant des anecdotes sur des voleurs, des libraires, et le monde du livre ancien, j'en vins à comprendre que cette histoire n'était pas une simple compilation de délits mais bout à bout, mais qu'elle parlait aussi de la relation intime, complexe et parfois dangereuse que les gens ont avec les livres. "(Prologue, p. 17)
Ce récit se termine par une sélection bibliographique en anglais, intéressante, sur les livres rares et précieux, ainsi que sur certains célèbres collectionneurs...
En lisant cet ouvrage, l'agréable sensation physique de l'odeur des vieux livres...de l'atmosphère si unique des librairies anciennes, chacune avec leur cachet, la personnalité unique de chaque libraire, son accueil, ses bavardages , silences ou secrets !!! ...
J'ai pris le temps de lire doucement cet ouvrage qui regorge d'histoires d' hommes (peu de femmes bibliophiles !!) qui aiment trop les livres dont ce comte Guglielmo Libri, dont j'ai entendu parler lors d'une de mes missions de catalogage dans le fonds ancien de la Bibliothèque Mazarine, où il a dû aussi sévir... Une histoire incroyable !!
Cette auteure m'a rappelé le destin peu banal de ce collectionneur -savant... et un peu voleur sur les bords !!
"Une histoire qui me tenait en haleine tard le soir était celle de Guglielmo Libri (1803-1860), l'un des plus éminents gardiens de notre héritage culturel, qui a probablement autant pillé que préservé. Libri était un comte italien (...)
Il était mathématicien, journaliste, enseignant, conseiller du gouvernement français. C'était une référence en histoire des sciences et il naviguait dans les milieux académiques aussi bien français qu'italiens et anglais. En 1841, on lui confia la responsabilité d'inventorier tous les manuscrits anciens des bibliothèques publiques de France. Cette mission l'autorisait à entrer dans toutes les réserves à n'importe quelle heure. (...) En tant que catalogueur des bibliothèques de France, il savait exactement quels manuscrits n'avaient pas été encore inventoriés, et il ne put résister à la tentation. "(p. 132)
Une lecture doublement appréciée, par ses thèmes... et second plaisir : la découverte de cette petite maison d'édition indépendante... [**** voir ma liste avec les premiers titres de leur catalogue, intitulée avec ce titre trop réjouissant...; "L'Homme qui aimait trop les livres"....]
Récréation des plus plaisantes et instructives... pour tous les passionnés de livres, ayant, ceci dit, un minimum d'intérêt pour les livres anciens , la bibliophilie, les ventes aux enchères et ces drôles de spécimens: "Les Collectionneurs ", dont on a un très pittoresque et joyeux catalogue !!
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JeanPierreV
  17 janvier 2019
Comment, quand on est passionné par la lecture, ne pas être intrigué et forcément intéressé, fortement titillé par cette couverture insolite, et par ce titre ?
Surtout quand on découvre sur la 4 ème de couverture qu'il ne s'agit pas d'un roman, mais d'une enquête d'une journaliste américaine.
Double voyage donc dans le monde du livre et dans le monde de cette Amérique, dans ce monde un peu (beaucoup) fou des Américains...Pas les américains lecteurs, comme vous et moi, non les américains collectionneurs, investisseurs, fascinés par une vieille couverture, par une édition limitée, par un autographe, fascinés par la possession, la collection, les dollars.
Qu'importe le texte du livre !
La journaliste Allison Hoover Bartlett rencontre en prison John Gilkey, emprisonné pour la nième fois pour vol de livres.
Avec lui, on apprend qu'il ne faut pas confondre livre et lecture, ce sont deux mondes différents. La lecture, chacun de nous sait ce que c'est. le livre est essentiellement pour nous, le support de nos lectures, de nos évasions de nos découvertes.
Mais pour John Gilkey, c'est un objet qui a une autre valeur, un objet qu'on peut acheter quelques cents à un libraire proposant des ouvrages anciens, et revendre quelques semaines après dans une salle des ventes plusieurs milliers de $....parce que le libraire ne savait pas ce qu'il avait dans ses rayons...Le livre devient fascinant, devient un objet pour lequel on traversera le pays, quand il est rare, quand il est dédicacé, quand vous avez entre les mains la première édition y compris d'ouvrages qui ont fait notre jeunesse, comme les premiers Harry Potter...ou nos premiers livres illustrés que nous déchirions parfois quand nous avions 3-4 ans...pourvu que leur jaquette papier soit en bon état, et bien sûr d'origine, pas falsifiée. Nous avons eu de l'or en main.
Ce sont ces livres que Gilkey et d'autres comme lui, débusquent sur Internet, dérobent dans les rayons, amassent dans leurs appartements, ces livres pour lesquels ils sont prêts à tout, pour lesquels ils montent des arnaques, quitte à passer des mois de prison. Alors ils écument les librairies anciennes, les salons professionnels, les salles des ventes, et utilisent tous les stratagèmes possibles pour arriver à leur fin.
Face à eux, des libraires, également passionnés, presque aussi fous qu'eux. Certains connaissent la valeur des ouvrages dans leurs rayons. D'autres beaucoup moins. Certains sont méfiants, d'autres moins. Les plus méfiants s'organisent. L'auteure rencontrera Ken Sanders, Libraire à Salt Lake City et Délégué général de ALAA : Association des libraires de livres anciens d'Amérique...Il organise en utilisant Internet, la chasse des voleurs, la chasse des collectionneurs indélicats, leur identification, permet les échanges d'informations entre eux.
Certains de ces collectionneurs fous accumulent les livres sans les lire...Allison l'auteure, nous raconte que l'un des ces collectionneurs fous, fut découvert, mort, dans son appartement au milieu de 90 tonnes de livres mettant en jeu la structure du bâtiment. Celui-ci pouvait s'écrouler sous ce poids.
D'autres utilisent pour leur trafic ebay "le plus grand receleur de l'univers." ,"... devenu la plus grande entité de revente d'objets volés du monde"... selon l'auteure et Ken Sanders . J'y regarderai à deux fois avant d'y acheter, si je le fais un jour.
Amis lecteurs et voyageurs qui vous rendez aux Etats-Unis, vous aurez forcément des sueurs froides si vous avez acheté une babiole souvenir avec votre carte de crédit...Je ne vous en dis pas plus. Vous apprendrez comment, facilement, on peut utiliser les données de cette carte, à votre insu, anonymement. Ne vous étonnez pas si votre compte est débité frauduleusement plusieurs mois, après votre retour de plusieurs milliers de $, sans possibilité d'identifier votre voleur. En long et en large l'auteure nous l'explique.
Une enquête passionnante et fascinante, dès les premières pages, dans lesquelles nous faisons connaissance avec le "Kräutterbuch" (Herbier) de Hieronymus Bock estimé entre 3 à 5000 $, pesant 6kg, dont la couverture est en chêne recouvert de cuir de porc.
On pense "Oui, mais c'est les Etats-Unis, c'est loin, c'est un autre monde...." et l'auteure nous apprend qu'un français bien sous tous rapports, avec un CV long comme le bras se vit confier en 1841 la mission d'inventaire des manuscrits anciens possédés par les bibliothèques publiques françaises. Jour et nuit il pouvait entrer librement dans ces bibliothèque...il les pilla ! Plus récemment, en 2011 un voleur de livres anciens fut arrêté au Havre en possession de plus de 2000 ouvrages anciens dérobé dans des bibliothèques...Il avait mis 20 ans pour acquérir ces livres..
"L'homme qui aimait...." Non! Ce sont "Les hommes qui aiment.." Ils sont des centaines, tous aussi fous de livres, aussi collectionneurs, autant passionnés par la possession, ou par le fric.
"Partir à l'affût, me documenter, écrire donne un sens à ma vie de la même manière que la traque, la compilation, le référencement donne un sens à celle du collectionneur de livres." écrira l'auteure.
Cette enquête journalistique fouillée et érudite nous ouvre les yeux et nous offre une lecture instructive.
Oui ! le livre ancien est un investissement dont la valeur croît plus rapidement que bien d'autres placements! Alors gardez-les
Lien : https://mesbelleslectures.co..
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CharlesEdouard
  16 juillet 2018
Peut-être inspiré d'une histoire vrai,
Je ne sais plus si c'est dans, "Des bibliothèques pleines de fantômes" ou "N'espérez pas vous débarrasser des livres" où j'ai lu cette anecdote d'un homme (bien avant le XVIIIe siècle) a volé des milliers d'ouvrages.
Mais "recemment" aussi :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-havre-l-incroyable-butin-du-voleur-de-livres-anciens-06-12-2011-1755277.php
J'ai apprécié la lecture pour les anecdotes, sur les livres anciens, mais pas que, exemple : les 1er éditions d'Harry Potter dont les prix se comptent en millier d'euros!!!!
Sinon l'histoire en elle même est tiré d'une histoire vrai si j'ai bien compris.
30 pages lues le jour de sa sortie sur internet (gratuit) puis un après midi de novembre dans une librairie : 270 pages lues.
Polar basé sur des faits réel, à lire si vous êtes bibliophile, si vous êtes bibliomane, etc...
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keisha
  12 février 2019
Aussitôt vu sur le présentoir de la bibli, aussi emprunté. Comment résister? Une fois commencé, ce livre s'est révélé ne pas être un roman mais une sorte d'enquête menée par une journaliste sur le sujet des collectionneurs de livres anciens, actuellement ou dans le passé, des libraires en vendant, en boutique ou salons, et des indélicats volant ces livres et/ou ne les rendant pas.
Elle s'attache particulièrement à John Gilsey, qu'elle a rencontré à de multiples reprises, y compris dans un parloir de prison, ses méthodes pour se constituer une collection de livres anciens n'étant pas du goût des libraires spoliés. En particulier Ken Sanders, qui se "surnomme 'Book Cop' -le flic du livre-, mais ses amis l'appellent 'biblioflic'." Ceci dans le cadre de son travail à l'ALAA, association des libraires de livres anciens d'Amérique. J'ai noté, entre autres détails dont fourmille ce livre, que Sanders et Abbey étaient amis et ont participé à une action -pacifique- sur un barrage.
Les vols de livres ne sont pas tellement réprimés par la loi, ce qui fait enrager Sanders, "qu'ils se contentent de piquer des enjoliveurs et laissent les livres tranquilles!" Contrairement à ce que je pensais au départ, Gilsey ne volait pas les livres en les glissant sous son blouson, mais par une arnaque qui tombait plus facilement sous le coup de la loi.
Les rapports entre ces personnages sont assez particuliers, la journaliste frôlant parfois la ligne entre l'enquête et la complicité -sans la franchir. Personnellement je suis quand même restée dans une sorte de flou, c'est plaisant à lire mais parfois éparpillé.
Quelques anecdotes:
"Thomas Jefferson Fitzpatrick, un professeur de botanique qui avait amassé tellement de livres dans les années 1930 que leur poids excédait celui indiqué dans les normes de sécurité du bâtiment. Il décéda à l'âge avancé de 83 ans en 1952, et fut retrouvé chez lui allongé sur un lit de camp dans sa cuisine, cerné par 90 tonnes des livres."
Thomas Jefferson, président des Etats Unis, était bibliophile, chez lui rangeait les livres par taille, et avait proposé pour la bibliothèque du Congrès "un système de classement dans lequel les livres seraient classés en trois grandes catégories : mémoire, raison et imagination. Une division poétique que je serais curieuse de voir appliquée dans les librairies aujourd'hui. Cela prendrait peut-être plus de temps de trouver ce que l'on cherche, mais qui sait sur quoi l'on risquerait de tomber."
Pour terminer, l'éditeur donne ce conseil "retenez-vous autant que possible de voler ce livre." et "Ceci est un premier tirage".
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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carnetdelecture
  23 octobre 2018
Ce livre permet de découvrir le monde fermé des collectionneurs de livres anciens et de premières éditions. Au-delà des histoires qu'ils racontent, c'est surtout le livre en tant qu'objet qui semble fasciner les collectionneurs (la beauté d'une couverture ou des dorures, la sensualité des pages, etc.) sans oublier sa valeur marchande.
L'homme qui aimait trop les livres est une sorte de compte-rendu de la vie de John Gilkey,  de ses entourloupes pour voler les livres qu'il convoite mais qu'il n'a pas les moyens d'acheter. Emaillé de faits et de chiffres réels, puisque John Gilkey a vraiment existé et est toujours en vie, j'ai trouvé que le récit était un peu trop factuel et froid. Alors que la narratrice exprime sa fascination pour ces histoires de vols de livres anciens, on ne ressent pas sa passion pour le sujet. L'écriture est très descriptive et lisse, sans aucun effet romanesque, ce qui rend la lecture un peu lente.
Lien : https://carnetdelecture1.wor..
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critiques presse (2)
Actualitte   06 décembre 2018
Absolument formidable.
Public : les bibliophiles, les amateurs de polar, et tous ceux qui aiment les histoires épatamment rocambolesques.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   18 octobre 2018
Telle une chasse au trésor, la journaliste Allison Hoover Bartlett a menée son enquête sur John Gilkey, un Américain voleur d’ouvrages rares dans les années 2000.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   20 novembre 2018
Lors de mon dernier entretien avec Gilkey, j'eus une révélation. Je compris que celui dont je croyais qu'il volait des livres pour passer pour un gentleman, qui se construisait une image toute faite, une identité de façade, était en fait -véritablement- en train de devenir un gentleman. Il étudiait la philosophie, faisait des recherches sur de grands auteurs, lisait de la littérature, il écrivait même des essais et des pièces de théâtre. A travers tous ces efforts, il cherchait à se construire une personne idéalisée. Et l'autre manière de faire naître cette personnalité était de me raconter son histoire. (p. 291-292)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   09 novembre 2018
Plus j'en apprenais sur les collectionneurs, plus je me considérais comme l'un d'entre eux : pas une collectionneuse de livres, mais des histoires que je récoltais au cours de mon enquête. A l'image de ceux qui sont gagnés par la frénésie à mesure que leur collection prend forme, plus j'obtenais des informations plus j'en demandais. Je découvris ce qu'était le vélin, le bougran, les errata et les tranches à témoins. Mes carnets de notes se multipliaient pour former une pile haute comme dix - Kraütterbuchs- En accumulant des anecdotes sur des voleurs, des libraires, et le monde du livre ancien, j'en vins à comprendre que cette histoire n'était pas une simple compilation de délits mais bout à bout, mais qu'elle parlait aussi de la relation intime, complexe et parfois dangereuse que les gens ont avec les livres. (Prologue, p. 17)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   17 novembre 2018
Je commençais à comprendre que la différence entre celui qui aime les livres et celui qui va jusqu'à les collectionner n'est pas qu'une simple question de degré. Pour le premier, le livre est une sorte de souvenir : il y a ses livres d'enfance, ses livres de fac, ses romans préférés, ses choix incongrus. De nombreux réseaux sociaux nous proposent de lister nos lectures pour cette raison précise : les livres en disent long sur votre personnalité. Ce qui est particulièrement pour les collectionneurs, dont les étagères ne reflètent pas seulement les lectures, mais leur intériorité: "La possession est la relation la plus profonde que l'on puisse entretenir avec les choses : non qu'alors elles soient vivantes en lui [Le collectionneur ], c'est lui-même au contraire qui habite en elles" , écrit Walter Benjamin. (p. 86-87)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   19 novembre 2018
"Les livres ne sont pas des objets inertes mais portent en eux autant de vie que l'âme qui les a fait naître, en effet ils conservent, comme dans une fiole, la puissance et l'essence de l'intellect qui leur a donné le jour." Presque trois cents ans après lui , en 1900, Walt Whitman faisait écho à ce sentiment : " Camarade ! Ceci n'est pas un livre , / Qui touche ceci touche un homme." (p. 156)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 novembre 2018
L'admiration que sa collection provoquait semblait bien être au centre des motivations de Gilkey. Ce n'était pas tant l'amour des livres qui l'animait que ce que sa collection disait de lui. C'était une ambition tout à fait commune-donner une image de nous-mêmes grâce à nos chaussures, notre voiture ou la musique que l'on écoute- mais poussée à l'extrême. Après avoir passé quelques jours parmi les collectionneurs du salon de New-York, je compris que nombre d'entre eux cherchaient à se construire une identité, achetant des livres comme s'il s'agissait de trophées en l'honneur de leur bon goût, de leur savoir, et de leur influence. (p. 66)
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