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Marina Boraso (Traducteur)
ISBN : 2226190872
Éditeur : Albin Michel (04/03/2009)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
1844. Elisha Stone, seize ans, a fui sa famille et le Massachusetts pour Detroit, alors aux avant-postes du monde civilisé. Rêvant de devenir naturaliste, il a rejoint une expédition en partance pour les terres sauvages et inexplorées du nord du Michigan. A la mort de sa femme, son père, le révérend William Stone, désemparé, décide de partir à la recherche de ce fils qu'il n'a jamais su vraiment aimer ni connaître... Ce qui suit est tout autant un formidable roman s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
le_Bison
  14 novembre 2014
« Je présume que tu ne comptes pas t'embarquer dans un roman d'aventures. Au risque de te décevoir, je précise que cette expédition est tout à fait autre chose. »
1844, le jeune Elisha Stone, 16 ans, vagabonde seul après s'être enfui de son Massachusetts natal avec une idée bien précise. Rejoindre la ville de Detroit, la frontière entre le monde civilisé et l'ouest sauvage.
Le pasteur Stone quitte sa paroisse à la mort de sa femme avec la nécessité de retrouver son fils. Question de conscience. Lui annoncer cette triste nouvelle et peut-être renouer des liens. Découvrir la civilisation des grandes villes, un monde de péchés et d'incompréhension.
Tu aimes les romans initiatiques, ces grands classiques de la littérature américaine qui t'apportent l'aventure, l'amour, le frisson et le drame. Mais là, pour le même prix, soldes comprises et offre alléchante, je te réunis deux romans initiatiques dans une même histoire. Celle d'un gamin qui découvre la dure réalité de la vie, qui entraperçoit l'amour et qui approche le monde adulte. L'histoire d'un pasteur qui n'a pratiquement jamais quitté sa paroisse et qui découvre lui aussi la dure réalité de la vie, qui entraperçoit la haine, la violence et la noirceur de l'âme humaine.
Ah, l'amour et son vaste programme pour des âmes perdues dans ce vaste monde vil, cupide et cynique.
Un beau roman, proche de la nature, avec des rêves de gosses, des rêves d'humanité, beaucoup plus riche et complexe qu'il n'y parait si on tente de l'analyser en profondeur – ce que je m'abstiendrai volontiers de faire à moins que la tavernière me serve un de ces whisky frelaté à en perdre la vue. L'amour, la richesse, la puissance, la science, les indiens, les religions, la sexualité, les rapports homme-femme, les rapports père-fils, les rapports colons-indigènes… 444 pages qui parlent de tous ces problèmes sociétaux en même temps que de conter l'aventure vers l'ouest sauvage, de décrire la nature et ses merveilles, d'imaginer la survie de deux hommes en terres hostiles, celles des indigènes, celles des pêcheurs. Amen et Hallelujah. Pas de rédemption possible. Ni même de temps mort. Je pense à tous ces gamins qui rêvent de devenir scientifiques, je pense à tous ces pasteurs qui découvrent la vie de débauche de ces concitoyens – moi, la débauche et la science en blouse blanche, ça me plait bien.
« Elle était la plus belle femme que Dieu eût jamais façonnée, avec une peau couleur chocolat et des lèvres suaves comme un sirop d'érable. »
Tabarnak, j'ai dû m'égarer dans la forêt. Je savais qu'il fallait tourner à gauche au lieu de prendre à droite à la sortie de Détroit. Mais obnubilé par ce corps, mes yeux ne voyaient plus, me laissant guider par mon coeur plutôt que par ma boussole. J'aurais dû regarder les étoiles et suivre leur cheminement entre les dédales des séquoias géants. Et surtout, j'aurais dû me méfier lorsque je suis rentré dans ce bar et que la serveuse m'a apporté une Eau Bénite au lieu d'une Duff. Amen et Tabarnak. J'ai plus de sirop d'érable. Avec quoi, je vais badigeonner son corps quand je l'aurais retrouvé, cette déesse indienne.
Bon, le temps de récupérer ma route en regardant la mousse sur les arbres et retrouver le bon chemin pour cette aventure, ces expéditions signées Karl Iagnemma – doctorat en génie mécanique, auteur de plusieurs publications scientifiques dans le domaine de la robotique et de récits sur les relations homme-robot -, avec ses histoires d'amour et de vengeance, ses histoires de pêches et de péchés, ses rendez-vous avec le mal, l'ambition et la femme. Une aventure scientifique où le danger vient de chaque coin sombre de la rue, de la forêt et de la vie. Et si tu tiens à ton scalp, n'hésites pas à embarquer sur ton canoë, une carabine chargée.
Tu te promèneras nu dans la forêt, tu prieras pour ton prochain ou tu cracheras sur sa tombe, tu te sentiras abandonné, par Dieu, par ton père, par ta foi, par cette femme aux gros seins, mais tu as un rêve. Trouver l'espèce rare – et je ne parle pas d'une femme aux charmes indéniables -, cet oiseau que personne ne connait, cette plante que personne n'a croqué. Et peu importe le risque encouru, les épreuves avalées. Car la gloire est dans la renommée de la découverte, être le premier et même si pour cela tu dois perdre ton pucelage. Car l'amour ne prévient pas non plus. Et l'oeil est toujours attiré par ces beautés inconnues, femmes ou sporophores, sur des terres encore vierges et sauvages.
« Les Expéditions », naturalisme de l'âme.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   08 novembre 2014
La nuit venue, ses pas le menaient de nouveau sur Franklin Street. Ce n’était qu’une étroite allée au sol d’argile, éclairée de flaques de lumières, résonnant du vacarme des violons désaccordés et peuplés d’Irlandais, de nègres, d’ouvriers et d’avoués. Les hommes étaient ivres, la figure barbouillée de saleté, la chemise tachée de boue et le chapeau mis de guingois. Appuyé contre le pilier d’un auvent, le révérend Stone observait avec un agacement feint leurs allées et venues entre le saloon, la salle de bowling et le bordel. Jamais, il n’avait été témoin d’une telle concentration de sentiments : âpres querelles et éclats de rire, regards empreints de regrets et déclarations d’amour mensongères. Il ne manquait plus qu’un temple et un cimetière, se disait le pasteur, pour que Franklin Street embrasse toute la gamme des émotions humaines.
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le_Bisonle_Bison   08 septembre 2014
Tu sais, toutes les villes américaines sont identiques. Des foules de gens pressés, des odeurs incroyablement tenaces. L’été les rues sont poussiéreuses, l’hiver elles se transforment en ruisseaux de fange. Les voitures sont bruyantes et les pensions crasseuses, et à tous les coins de rues, on voit des dames en robe de soir côtoyer les plus misérables des chiffonniers. Il y a des Irlandais et des Chinois, des Italiens et des nègres, personne ne se connait et tout le monde s’en fiche. On y trouve toutes les choses imaginables, à l’exception de l’air pur.
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le_Bisonle_Bison   30 novembre 2014
Où que se portât mon regard, je ne distinguais que périls et obstacles. Je me voyais au milieu d’une immensité sauvage, nu et solitaire, cerné par les bêtes féroces et des hommes encore plus redoutables. A ce moment-là, en dépit de ces pénibles considérations, mon œil fut irrésistiblement captivé par l’extraordinaire beauté des sporophores d’une jeune mousse.
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le_Bisonle_Bison   04 novembre 2014
Emportant une torche, il se pencha pour s’introduire dans une réserve basse, d’où il revient avec une cruche en terre cuite. Il en ôta le bouchon de liège et l’approcha de ses narines.
« Du whisky ! Indien, mais du whisky quand même.
- Calmez votre joie ! Ce n’est qu’un brut de fût maison, bon pour les indigènes. Si vous avez de la chance vous ne perdrez que la vue. »
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le_Bisonle_Bison   05 septembre 2014
Elle était la plus belle femme que Dieu eût jamais façonnée, avec une peau couleur chocolat et des lèvres suaves comme un sirop d’érable.
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