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ISBN : 2226439110
Éditeur : Albin Michel (31/10/2018)

Note moyenne : 2.76/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Dans les huit nouvelles réunies ici, mathématiciens et chercheurs tentent de trouver un équilibre satisfaisant entre les élans du cœur et la pensée rationnelle, dans l'espoir de créer des liens humains aussi solides que les équations et les grandes théories qui structurent leur existence. Ainsi, un universitaire frustré tente de retranscrire sous forme de diagramme la relation compliquée qu'il entretient avec sa petite amie pour l’analyser.
Un phrénologiste ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  17 octobre 2018
Karl Iagnemma , né en 1972 , est un chercheur américain , docteur en génie mécanique , diplômé de l'université du Michigan .
C'est au début des années 2000 qu'il écrit les histoires courtes publiées dans ce recueil .
Voilà pour la carte de visite .
Elle m'a été nécessaire pour aborder cette lecture , qui , je dois l'avouer m'a quelque peu déroutée au début .
Je m'explique .
Le titre de l'ensemble est celui de la première nouvelle .
Un texte assez loufoque qui tente de démontrer que rien ne peut expliquer l'amour pas même la science , qui souligne aussi le prix de la vie .
Pour véhiculer ces messages , des personnages appartenant à l'institut d'ingénierie du Michigan sont mis en scène en parodiant plus ou moins un humour à la Buster Keaton .
Ensuite, on change d'époque , d'univers .
Donc , les recherches expérimentales sur " les interactions amoureuses " vont prendre des formes diverses . On reste souvent dans l'observation .
Ayant été écrites à des époques différentes , les nouvelles offrent une certaine variété .
Par honnêteté , je dirai que les plus classiques m'ont plu comme par exemple " L'agent des affaires indiennes " , photo intéressante des états d'âme des blancs face à la conquête de territoires indiens .
Je citerai aussi " La femme du mineur " . Une historiette sur l'amour conjugal et la jalousie avec en filigrane l'univers de la mine .

C'est bien écrit et je dois dire que j'ai eu quelques moments d'agréable lecture . Ce recueil a un atout, il attise la curiosité !
Cependant , j'avoue que certains textes m'ont laissée perplexe : leur sens m'aura échappé .
Alors , dans l'ensemble , je retiendrai que cette étude met tout simplement l'amour en exergue par delà les sciences , les religions , les milieux , les époques en soulignant toujours la fragilité des sentiments humains .
Et , la sensibilité émanant de certaines histoires m'incite à vouloir lire "Les expéditions ", le roman de Karl Iagnemma .
Je remercie l'équipe de Masse Critique Privilégiée et les éditions Albin Michel qui m'ont permis de découvrir cet auteur .


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AgatheDumaurier
  10 novembre 2018
Les auteurs nord américains écrivent souvent de remarquables nouvelles (Oates, Munro, Carver...)...Karl Iagnemma s'inscrit dans cette tradition. Cependant, ne nous voilons pas la face, il ne boxe pas dans la même catégorie que les messieurs-dames sus-cités.
Le recueil contient huit nouvelles, dont le thème commun est la relation amoureuse. Vaste sujet. Pour rétrécir son angle d'attaque, Karl Iagnemma aborde le sommet par la face : peut-on rationaliser le désir, l'amour...Euh, a priori, on connaît la réponse, Karl : c'est non...Même pour les mathématiciens et les astrophysiciens...Car ce sont souvent les types de héros que choisit notre auteur : un scientifique de haut niveau aux prises avec des sentiments qu'il ne peut mettre en équation...Bon, ben oui, c'est clair, il ne pourra pas. Ce n'est pas la peine de nous expliquer, on le sait. C'est la faiblesse de ces textes. Ils enfoncent quelques portes ouvertes. Ou alors le scientifique (Iagnemma a une formation scientifique) est vraiment d'une naïveté confondante pour ne pas avoir compris tout cela plus tôt (notre auteur est de 1974, il me semble...)
Cependant, trois nouvelles sortent du lot et sont réellement originales, il me semble :
-l'histoire d'un phrénologue qui se fait plumer
-l'histoire d'un prêtre qui veut évangéliser des Indiens
-L'histoire d'une spécialiste des forêts qui veut rencontrer son idole, le grand spécialiste des forêts
L'originalité se situe aussi dans les passages temporels sans aucune transition entre les nouvelles (on passe de l'époque des pionniers au monde contemporain, mais toujours dans la neige, je crois)
En conclusion, j'ai lu le recueil sans ennui, avec parfois l'envie de tapoter la tête de l'auteur ou de son héros, mais les trois textes qui ressortent m'ont convaincue. Pour les amateurs de nouvelles nord-américaines, je pense que c'est un détour assez intéressant.
Je remercie Babelio et les éditions Albin-Michel pour cet envoi !
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Fifrildi
  21 octobre 2018
Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une Masse critique privilégiée.
Je n'avais encore jamais entendu parler de Karl Iagnemma, ni entendu parler de son premier livre : « Les expéditions ». J'ai donc accepté cette MCP par curiosité.
Malheureusement, je n'ai sincèrement pas accroché au style de l'auteur. Je n'ai aimé que 3 des 8 nouvelles (De la nature des interactions amoureuses, L'agent des affaires indiennes et Règne, ordre, espèce). Les 5 autres nouvelles étaient bizarres (la plus bizarre est celle avec les mannequins en bois) et leur sens m'a échappé. Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette lecture fort ennuyeuse.
Il y a bien un fil conducteur : les relations entre le coeur et la raison. Mais il me semble que Blaise Pascal a déjà répondu à cette question :
« Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point.»
Mauvaise pioche.
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AMR
  12 novembre 2018
Les opérations « Masse Critique privilégiées de Babelio sont pour moi l'occasion de candidater pour des lectures auxquelles je n'aurais pas forcément pensé autrement… Ainsi, je n'avais pas entendu parler de Karl Iagnemma… Un coup d'oeil sur le site des éditions Albin Michel, que je remercie au passage pour l'envoi du livre, m'apprend que cet écrivain américain est aussi un scientifique de haut niveau et que c'est justement ce recueil de nouvelles, de la nature des interactions amoureuses, qui l'a révélé au grand public.
La problématique commune aux nouvelles de ce livres tourne autour de l'amour et de la raison… Il s'agit de chercher comment les lois scientifiques pourraient nous aider à mieux comprendre et appréhender l'alchimie des sentiments. Les personnages principaux gravitent pour la plupart dans le milieu de l'informatique, de la technologie, de la médecine et des sciences appliquées qu'ils soient mathématiciens, universitaires, chercheurs, étudiants ou à la limite charlatans. S'ils sont devenus voyageurs de commerce ou tourneuse sur bois, ils développent aussi des idées complexes sur les relations amoureuses, les abordent avec des principes et des théorèmes personnels. Même ceux qui sont issus des classes laborieuses s'intéressent de très prés aux problèmes algébriques ou géométriques…
Karl Iagnemma mêle les époques dans une Amérique lointaine et stylisée, parfois dans des récits entrecroisés dans la même histoire ; les pionniers des XIXème et début du XXème siècles côtoient des amateurs de modélisation des données, les scènes dans des saloons alternent avec les descriptions de campus ou les présentations dans des colloques, la vie rustique des terres reculées ou celle des villes nouvelles…
L'écriture, assez soutenue, passe de points de vue omniscients à une narration à la première personne ou encore aux extraits d'un journal intime ; la tonalité générale est davantage celle d'un traité ou d'une approche théorisante que celle d'un ouvrage à visée divertissante et l'ensemble est un peu soporifique.
L'hiver est présent dans plusieurs récits et accentue la rationalité des approches que je perçois comme nivelées par les couches de neige et conservées et aseptisées par le froid. Par exemple, il y a des suicides sans conséquences parce celles et ceux qui se jettent dans le vide voient leur chute amortie par les congères accumulées au pied du bâtiment, le froid engourdit les corps et les ressentis… Les évocations de la nature ou des espaces naturels contribuent, paradoxalement, à une vague impression d'enfermement.
L'ensemble est englué dans une atmosphère compliquée ; les chutes sont toujours abruptes et révélatrices mais aussi pessimistes, empreintes d'« une dose malsaine de tristesse ».
J'avoue avoir été un peu déroutée par les équations de la première nouvelle qui donne son titre au recueil, dans laquelle « un ingénieur raté au nez crochu » et à la conception de l'amour très analytique s'éprend d'une jeune femme « qui a une odeur d'archives et des cheveux couleur sirop d'érable »…
L'approche phrénologique de la seconde qui présuppose que les instincts, le caractère, les aptitudes, les facultés mentales et affectives sont conditionnées par la conformation externe du crâne a un côté plus suranné, se déroulant au XIXème siècle, à l'époque où des charlatans allaient de ville en ville pour proposer des solutions et des remèdes miracles : ici, il s'agit de sélectionner la femme idéale en repérant sa capacité à aimer qui équivaut « à la somme de son amativité, de son attachement et de son habitativité »…
La troisième nouvelle revisite le triangle amoureux à la lumière des mathématiques et de la religion ; le bonheur des uns apparaît toujours comme relié au chagrin des autres car, quelle que soit l'équation, on a une chance sur deux d'être du mauvais côté…
Parvenue à la quatrième histoire, je dois reconnaître que je ne comprends ni le sens du titre, « L'Approche confessionnelle », ni celui de l'intrigue. Peut-être est-ce dû à la traduction en français ? Une confession est un aveu, un acte de franchise et, personnellement, j'associe à l'adjectif « confessionnel » une vague notion religieuse que je retrouve difficilement dans la description du couple dont il est question ici…
À la moitié du recueil, il y a comme une rupture car il ne s'agit plus de rapports amoureux mais de la colonisation de l'Amérique et du sort réservé aux indiens, vu par le prisme du journal tenu par un « agent des affaires indiennes » entre octobre 1821 et avril 1822 : il est question de solitude, de froidure et de culpabilité. Cette nouvelle est inspirée des écrits d'un véritable ethnologue, ce qui lui donne une portée plus didactique.
La suite évoque enfin une possible rencontre entre une chercheuse en gestion forestière appliquée tombée amoureuse de l'auteur d'un ouvrage approfondi sur les arbres d'Amérique du Nord ; apparemment ils auraient en commun un même amour des classifications scientifiques : « règne, ordre, espèce »... Leur rapprochement ressemble à l'anémogamie, quand le pollen est apporté par le vent, parfois sur de longues distances. J'ai cependant apprécié ici une satire sous-jacente des milieux universitaires, un peu trop renfermés sur eux-mêmes, leurs publications internes et leurs colloques pour initiés.
La septième nouvelle met en scène un mineur et sa femme ; cette dernière s'inquiète de voir son mari s'intéresser, en cachette, à d'étranges énigmes. Alors qu'il cherche la solution d'un problème de géométrie, elle craint qu'il ne soit adepte de pratiques impies…
Le dernier récit, encore une fois inspiré d'expériences médicales réelles datant des années 1820-30, ferme la boucle en revenant sur la thématique du triangle amoureux, du désir d'enfant, du besoin de reconnaissance dans le couple.
Je dois reconnaître que ma lecture a été plutôt laborieuse et que je n'ai pas trouvé un grand intérêt à ce recueil de nouvelles. Les situations décrites ne m'ont procuré aucune émotion particulière, ne m'ont donné aucune piste de réflexion ni ne m'ont permis de m'identifier à l'un ou l'une des personnages.
Je l'ai lu en plusieurs fois, ménageant des pauses que la forme du recueil facilitait, et l'ai ressenti comme un pensum que la construction latine du titre annonçait peut-être.
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Fandol
  26 octobre 2018
Karl Iagnemma n'est pas le premier scientifique à se lancer dans la littérature et je dois reconnaitre qu'il le fait bien. Ce Docteur en génie mécanique, comme me l'apprend Babelio qui m'a donné l'occasion de découvrir cet écrivain, vient de voir publié, en France, son dernier recueil de nouvelles : de la nature des interactions amoureuses. En fait, c'est le titre du premier récit qui a été choisi pour l'ensemble car il reflète bien ce qu'a voulu traduire l'auteur.
Je dois reconnaître que j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce livre, trouvant très pénible la lecture de la première nouvelle, un genre que j'apprécie moyennement. Comme les autres, l'histoire se déroule dans le Michigan où quelques mots français subsistent comme le montre l'auteur au fil des pages.
Cela s'est un peu amélioré avec le rêve du phrénologue où un pseudo-savant trouve plus malin que lui en la personne de Sarah Bennet, manière habile pour l'auteur de tourner en ridicule des croyances. Comme chacune de ces nouvelles, cela se termine un peu brutalement, laissant au lecteur le loisir d'imaginer la suite…
Le théorème de Zilkowski est plus travaillé sur le plan psychologique avec deux hommes amoureux d'une même femme, deux mathématiciens dont l'amant éconduit a commis une grave erreur en voulant rendre service à cette Marya qui vient de trouver la foi et remet tout en question : « La religion comporte autant de questions sans réponse que les mathématiques. »
J'aurais bien aimé connaître la suite de L'approche confessionnelle, une histoire de mannequins en bois et de stand de tir mais Karl Iagnemma m'a laissé en plan… Heureusement, vient aussitôt L'agent des Affaires indiennes qui se passe en 1821 et, comme le précise l'auteur en note finale, l'histoire est inspirée du journal d'un ethnologue du XIXe siècle. Nous sommes à la frontière du Canada, à Sault Sainte-Marie, où le pauvre Hobart a bien du mal à faire respecter les droits des Indiens. le major Howe possède la force et le racisme est une réalité : « Paresse, gloutonnerie, ivresse, impiété : ce sont là des péchés fort répandus parmi les Indiens. »
Passionnée par le livre de John Poole : « Plants of America », Kaye Lindermann, chercheur en gestion forestière appliquée, a une obsession, rencontrer cet homme. C'est intéressant et étonnant mais j'ai préféré La femme du mineur, ce Niklas qui n'a jamais étudié les maths mais qui est passionné par cette discipline. Malgré un travail très difficile et risqué, il donne tout pour sa passion pour les maths et l'histoire est palpitante car sa femme l'aime vraiment.
Enfin, Les enfants de la faim nous ramène à Sault Sainte-Marie, en 1822, avec ce Docteur William Barber qui profite d'un jeune blessé pour mener à bien ses expériences sur le rôle de l'estomac. Là aussi, ce n'est pas de la fiction. Heureusement, il y a Julia qui brûle d'amour pour un homme qui ne pense qu'à ses recherches. C'est finalement, la nouvelle que j'ai préférée.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   20 octobre 2018
Tous les soirs, avant que je parte pour le bureau de l'InfoTech, Alexandra se promène à travers la maison en se débarrassant de son col roulé, de sa jupe mi-longue et de ses collants de bibliothécaire guindée; elle s'allonge alors sur la table de la cuisine, nue et avide. Ses yeux suivent le mouvement de mes mains avec une vivacité d'écureuil pendant que je défais ma ceinture. Dehors, les chasse-neige descendent la rue obstruée par les congères, leurs lames en acier écorchant le bord du trottoir. Alexandra a l'odeur des archives - colle, papier moisi et encre indélébile -, et elle aime le sexe comme un bonhomme de neige aime le froid.
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GaouletteGaoulette   22 octobre 2018
J'ignorais que la solitude pouvait prendre des formes aussi diverses. Pourtant, à la mesure que se prolonge mon séjour, j'apprends à distinguer la solitude impatiente d'un vendredi soir sans visiteurs, la solitude désolante d'un dimanche, quand la neige nous retient à l'intérieur, et celle aride et morne d'un lundi matin dans le Bureau désert. Chacune de ces solitudes possède sa propre saveur douce-amère.
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FandolFandol   26 octobre 2018
À l'ouest s'étend l'obscurité de la forêt d'Ottawa, encore plus noire que la nuit elle-même. Un frisson me passe dans le dos, car une forêt inconnue est semblable à une contrée exotique, avec ses monarques et ses coutumes, ses lois et ses guerres.
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ColchikColchik   23 octobre 2018
Un frisson me passe dans le dos, car une forêt inconnue est semblable à une contrée exotique, avec ses monarques et ses coutumes, ses lois et ses guerres. L’hôte principal d’Ottawa est l’érable à sucre, Acer saccharum, mais même la forêt la plus commune est d’une déconcertante complexité. (À quoi bon, me dis-je quelquefois, faire l’effort d’une classification ? Ces deux arbres sont pareillement des Acer saccharum, mais l’un est courbé tandis que l’autre s’élance vers le ciel. Celui-là est infesté de parasites, et celui-ci est éclatant de santé. Règne, ordre, espèce : comme si un nom alambiqué pouvait rendre compte d’une chose vivante, si simple soit-elle.)
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FifrildiFifrildi   21 octobre 2018
Tourner les pages de ce livre suscite des vagues de réminiscences, comme si je feuilletais l'album-souvenir d'une vie antérieure.
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