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ISBN : 2283031354
Éditeur : Buchet-Chastel (23/08/2018)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 17 notes)
Résumé :
New Jersey, 1946. Alors que le monde sort tout juste des horreurs de la guerre, travailler dans l’industrie florissante de Trenton est une des clés de l’émancipation pour les classes populaires de la côte est des États-Unis. Le rêve américain fonctionne à plein, et le mystérieux Abe Kunstler, nouveau venu à l’usine, semble déterminé à en tirer parti. Travailleur obstiné, bon camarade, buveur émérite, Abe est l’archétype du col bleu : sauf qu’Abe est un mirage, un im... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  16 août 2018
Un imposteur. Abe Kunstler n'est qu'un imposteur. Ca a commencé en 1946, juste après la deuxième guerre mondiale. A Trenton, dans le New Jersey, l'industrie est en plein essor. Les femmes qui travaillaient à l'usine pendant que les hommes étaient au front leur cèdent la place et reviennent derrière leurs fourneaux. Mais certains vétérans sont traumatisés par la boucherie vécue sur le Vieux Continent et ne sont plus bons à grand-chose. Abe n'a pas fait la guerre (et pour cause), même s'il prétend le contraire et affirme avoir été "mutilé". Il a endossé l'identité et le passé d'un de ces malheureux troufions déchus dans l'alcool et la violence. Prêt à tout pour cacher son terrible secret, Abe rêve du rêve américain : travail et confort matériel, mais surtout : famille, qui lui permettra de consolider sa nouvelle identité. Embauché à l'usine, il est rude à la tâche, fait profil bas mais s'intègre et va boire avec ses potes après le boulot. Il fréquente aussi les soirées dansantes, où il jette son dévolu sur Inez. Ce n'est pas vraiment de l'amour (et pour cause), mais la jeune femme servira parfaitement et à son insu, les plans sordides et délirants de Abe. Pendant des années, celui-ci réussira à mystifier son entourage avec le mirage de sa vie de famille. Mais, devenu alcoolique impénitent et toujours aussi violent, paranoïaque et pouilleux, il vacille et voit son secret échapper à son contrôle.
Ce roman est terriblement malsain et dérangeant. Un personnage obsessionnel dévoré d'ambition qui poursuit son objectif en recourant à des manoeuvres de dissimulation invraisemblables, cela aurait pu être intéressant, captivant, passionnant. Mais le gros problème, c'est justement ça : l'invraisemblance. Qu'Abe Kunstler soit un imposteur et un grand malade, pas de doute, mais qu'il soit parvenu à cacher un tel secret pendant plus de 20 ans, qu'il ait su manipuler Inez à ce point et pendant aussi longtemps, qu'il s'enfonce dans le mensonge jusqu'à l'absurde ? Désolée, ça ne passe pas, c'est trop peu crédible en plus d'être glauque. Quant au style, il n'arrange rien : la prose est boursouflée et parfois nébuleuse, en particulier dans les passages introspectifs censés nous éclairer sur les motivations de Abe. Lesquels passages un brin ésotériques ne sont pas cohérents avec le personnage, col bleu ivrogne et pratiquement inculte.
Bref il y avait des thèmes à exploiter davantage, comme les modifications des rôles des femmes et des hommes pendant et après la guerre, l'identité, la condition ouvrière..., mais j'en ressors avec l'impression désagréable que l'auteur s'est laissé aller à se regarder écrire plutôt que de se soucier de donner du plaisir à son lecteur.
En partenariat avec les éditions Buchet-Chastel via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Kittiwake
  28 juillet 2018
Trenton, USA, dans les années 60. Une ville industrielle, abritant son lot de travailleurs à la chaîne . Et parmi ceux-ci, un groupe de gars particuliers, d'autant plus remarquables que la plume de l'auteur en dresse des portraits ambigus. J'y reviendra.
L'ambiguïté est au coeur du récit qui s'ouvre avec le portrait d'Abe Kunstler, prêt à tout et même au pire pour sauvegarder le secret de son passé et de son présent. Des indices sont très vite proposés à la sagacité du lecteur, et l'on pressent dès les premières pages ce qui sera révélé puis occulté. On ne comprend pas tout de suite le but des faits et gestes d'Abe et son attitude bizarre envers Inez, jusqu'à la scène impensable qui met en lumière son obstination diabolique à faire taire à jamais les ragots qui le concernent.
L'histoire est donc originale. Elle est cependant engluée dans un style alambiqué, complexe, qui nécessite lecture attentive et même relecture, pour parfois renoncer à comprendre ce qui se dit en espérant que le propos ne sera pas capital pour suivre le déroulement de l'intrigue.
« Ce moment -là avait été pour lui une renaissance et donc une naissance, un don et il allait rendre la pareille à l'homme qui était reposait en lui, car il était la tombe même d'où l'homme allait pouvoir se relever, les bandages aux bords bleus épinglés autour de sa poitrine en guise de linceul entrouvert. »
Et je ne crois pas que cela concerne la traduction, qui a dû être délicate, car les commentaires concernant la VO , témoignent aussi de la difficulté de lecture et d'interprétation.
Cet artifice relègue au second plan les réflexions sur la guerre, sur les dégâts psychologiques irréversibles conséquents à l'atrocité des combats obscurs. Et sur la vie quotidienne de la population ouvrière, évoquée, partagée entre le travail à l'usine et les soirées au dancing, mais au second plan derrière le portrait d'Abe.
Lecture exigeante donc, plus que nécessaire, l'abus de la métaphore et de la comparaison alourdit une intrigue qui pourrait se suffire à elle même sans se faire remarquer par ce style lourd et sophistiqué jusqu'à la confusion, et qui masque le sordide derrière des phrases ampoulées et un discours abscons.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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tynn
  14 juillet 2018
Une lecture difficile au propre comme au figuré.
Sur le fond, cette histoire de femme qui se réinvente dans un monde d'hommes, au lendemain de la guerre des années 40 est abrupte, violente, et interroge sur l'identité et le sexe.
Elle touche aussi du doigt une société où la femme est négligée, en particulier aux retours des vétérans qui reprennent naturellement leur place de leader dans la vie économique, obligeant les femmes à redevenir des épouses et mères.
Le parcours de Abe, fait de stratégie de dissimulation, promène le lecteur dans un quotidien d'ouvriers entre l'usine, les beuveries dans les bars, jusque dans la recherche du sordide pour construire son rêve de famille américaine.
Concernant la forme, le style est alambiqué, souvent difficile à suivre, en particulier dans les parties de l'introspection de Abe, qui dévoile peu à peu les faits et sa capacité à assumer ce qu'il a été et ce qu'il est devenu. C'est sans doute ce qui m'a le plus dérangé. La première partie du roman est assez narrative, mais la suite frôle l'absurde et j'ai vraiment décroché.
Un roman complexe, pour le moins!
Et un raté complet pour mon plaisir de lectrice.
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LesMissChocolatinebouquinent
  11 septembre 2018
Tadzio Koelb signe ici son premier roman. Un roman extrêmement poignant mettant en évidence le tumulte de ces américains entre deux guerres.

Trenton est la capitale du New Jersey, ville côtière de l'est. Après la seconde guerre mondiale, l'industrie florissante en fait une ville attractive.Un Eldorado où la population en quête d'une meilleure vie est prête à tout.

Au travers de l'histoire et du terrible secret d'Abe Kunstler, Koelb décrit une ville sans dessus-dessous. Des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants qui battent le pavé dans l'espoir de s'enrichir. L'après guerre (1946) apporte son lot de blessés qui tentent de se réintégrer dans la société. Koelb attire son lecteur dans la vraie vie, celle de la rue. Ni dorure ni luxure. Un monde sans pitié où l'alcool, les bagarres, la débrouille, les escroqueries et le sexe règnent en maître. Un monde défait où les rêves sont tels des anges déchus. Des familles pauvres vivotant de tout et de rien. La bravoure des ces travailleurs acharnés forcent le respect. Ses usines apparaissent comme des mangeuses d'hommes.

Abe Kunstler est au centre de toute cette histoire. Son secret ne laisse place à aucun doute mais il est intéressant de voir évoluer cette situation malsaine. Dans une première partie, le lecteur suit la progression du plan machiavélique. Koelb n'hésite pas à intercaler des passages par une mise en lumière sur la position de son personnage principal. Il fait d'ailleurs appel à notre moralité et induit à son lecteur à prendre position. Tout au long des chapitres, la pression monte sans pour autant inquiéter sur les conséquences possibles. Comme si se secret ne pouvait nullement avoir aucune répercussion sur ce fil de vie semblant tout tracé.

Dans la seconde partie et finale, Koelb change de tout au tout son point de vue. Un nouveau personnage rentre en jeu en relation directe avec Abe Kunstler. Nous sommes en pleine période de la guerre au Vietnam. Une jeunesse inquiète d'être envoyée sur le front. L'essor du mouvement hippie apporte une nouvelle manière de vivre. Son anticonformiste face à ce gouvernement pro guerre fait de nombreux émules. Cette partie du roman est beaucoup plus rythmée. Tous les éléments s'emboitent parfaitement pour un final certes connu, mais assez tonitruant. le contraste est saisissant et impressionnant.

MADE IN TRENTON est manifestement un très bon livre, s'adressant à un lectorat bien précis et connaisseur. Koelb est un auteur en devenir qui je suis sûre marquera la littéraire Nord Américaine par sa plume efficace. Il joue parfaitement avec les codes du roman noir en l'agrémentant de sa touche personnelle. Malheureusement pour moi, cette lecture ne m'était pas adressée. Quelque peu décontenancée par la manière dont l'auteur traite sa trame. J'ai eu l'impression de tourner en rond. Malgré cela, je ne m'arrête pas à ce tout premier roman, je serais au rendez-vous pour son prochain roman qui peut être j'apprécierai davantage.

MADE IN TRENTON est un grand livre qui marque cette rentrée littéraire 2018. Une peinture parfaite d'un monde sans pitié.
Lien : https://lesmisschocolatinebo..
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LettresItBe
  05 septembre 2018
C'est une collection que l'on scrute avec beaucoup d'attention chez Lettres it be que celle proposée en littérature étrangère chez Buchet-Chastel. Après avoir déniché un trésor comme Bariloche d'Andrés Neuman dont nous vous parlions il y a quelques mois, il y a fort à parier que les éditeurs de cette collection réitéreront tôt ou tard cette performance, celle de faire vivre dans l'Hexagone un texte hors du commun nous arrivant de bien au-delà de nos frontières. Et si c'était avec Made in Trenton, le premier roman du journaliste et traducteur américain Tadzio Koelb ?
# La bande-annonce
New Jersey, 1946. Alors que le monde sort tout juste des horreurs de la guerre, travailler dans l'industrie florissante de Trenton est une des clés de l'émancipation pour les classes populaires de la côte est des États-Unis. le rêve américain fonctionne à plein, et le mystérieux Abe Kunstler, nouveau venu à l'usine, semble déterminé à en tirer parti. Travailleur obstiné, bon camarade, buveur émérite, Abe est l'archétype du col bleu : sauf qu'Abe est un mirage, un imposteur qui cache un terrible secret.
De l'après-guerre au Vietnam, l'histoire de Kunstler nous montre combien ce rêve américain est une machine implacable qui broie tous ceux qui ne sont pas nés dans la bonne classe, le bon corps, la bonne peau.
Confronté à une société américaine au conformisme impitoyable, empêtré dans une vie de mensonges et menacé de voir son secret révélé, jusqu'où Abe Kunstler sera-t-il prêt à aller pour préserver l'existence qu'il a tenté de se forger ?
# L'avis de Lettres it be
Une existence construite sur le terrain mouvant d'une identité bafouée, c'est le point de départ et d'arrivée du premier roman d'un journaliste américain bien connu pour les lecteurs fidèles du New York Times ou bien du Times Literary Supplement. Tadzio Koelb, c'est son nom, propose avec Made in Trenton un récit de près de 250 pages, récit qui nous immerge dans une société qui refleurit après le chaos outre-Atlantique, qui retrouve la lumière après l'obscurité. Mais dans cette société américaine du possible où les cheminées fument comme jamais auparavant et où les industries se multiplient au rythme des tiroir-caisse, les existences se fracassent alors que le paraître en société commence timidement à pointer le bout de son nez. Ouvrier modèle, collègue fidèle, mari attentionné… Où est la faille ?
Un énième premier roman au coeur d'une rentrée littéraire qui en aura fait sa grande force avec près d'une centaine de livres du genre publiés (94 exactement), une première depuis bientôt dix ans. Mais cette fois, ce Made in Trenton se démarque par une maturité certaine, un sens du phrasé qui fait vivre à chaque page l'industrie américaine post-Seconde Guerre mondiale, et la société qui en découle. Tadzio Koelb, fort de sa grande expérience journalistique, fait vivre un récit globalement sombre en plein coeur d'une société et d'une époque où tout semblait encore possible, y compris le pire.
Retrouvez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SPQRSPQR   04 septembre 2018
Ils n'arrêtent pas de dire que l'armée et la guerre, ça fait de vous un homme, mais à aucun moment je n'ai été un homme là-bas, si par homme on veut dire humain. J'aurais éventré n'importe lequel d'entre vous pour sauver ma propre peau, voilà la vérité.
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StemilouStemilou   13 août 2018
Bien sûr, Kunstler avait son plan en tête depuis le début,
mais d’une certaine manière c’était Jacks qui avait servi de
déclencheur, parce que Jacks avait dit qu’il devrait venir au
dancing, et que Kunstler était venu. C’était aussi Jacks qui
avait présenté Kunstler à la fille, la taxi girl, celle qui s’appelait
Inez Clay.
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StemilouStemilou   13 août 2018
Ce moment -là avait été pour lui une renaissance et donc une naissance, un don et il allait rendre la pareille à l'homme qui était reposait en lui, car il était la tombe même d'où l'homme allait pouvoir se relever, les bandages aux bords bleus épinglés autour de sa poitrine en guise de linceul entrouvert.
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