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EAN : 9782070283576
64 pages
Gallimard (23/02/1973)
4.19/5   8 notes
Résumé :
Ce curieux et émouvant petit ouvrage a été écrit par Joyce à Trieste, alors qu'il allait commencer Ulysse et venait de terminer Portrait de l'artiste adolescent. Le héros porte le nom de Joyce et raconte l'histoire de ses amours avec l'une de ses étudiantes d'anglais, une jeune patricienne juive, très belle, qu'il aperçoit de loin à l'opéra. L'idylle se développe dans une écriture soignée, précieuse, à travers des petits tableaux, des réflexions, pour se terminer en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
mdhennin
  18 mars 2014
A mi-chemin entre la poésie et la nouvelle, ce court texte est une très belle façon d'entrer dans l'univers complexe et éminemment littéraire de James Joyce. Chaque mot compte, chaque phrase compose, comme une touche dans un tableau, la vision d'ensemble du portrait de cette romance, de cette attirance, de ces impressions, de ces souvenirs. C'est beau, futile, étrange et nécessaire à la fois.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   22 décembre 2020
(6)

Brumes en mouvement sur la colline comme, levant la tête, j'arrache mon regard de la nuit, de la boue. Brumes en suspens sur les humides frondaisons. De la lumière dans la chambre du haut. Elle s'habille pour aller au théâtre. Il y a des fantômes dans le miroir...Des chandelles ! Des chandelles !


Douce créature. A minuit, après la musique, tout le long de la via San Michele, ces mots furent murmurés. Eh, doucement, Jamesy ! N'as-tu pas marché la nuit par les rues de Dublin, et, sanglotant, proféré un autre nom ?


Corps de juifs gisent autour de moi pourrissant dans le limon de leur champ sacré. Voici la sépulture de son peuple, dalle noire, silence sans espérance...Le pustuleux Meissel m'a mené ici. Debout de l'autre côté de ces arbres, il se tient la tête couverte devant la tombe de sa femme suicidée, se demandant comment à celle qui dormait dans son lit chose pareille a pu arriver...La sépulture de son peuple et la sienne aussi : dalle noire, le silence sans espérance : et, tout est en place. Ne meurs pas !
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PartempsPartemps   22 décembre 2020
(3)

Une fleur offerte par elle à ma fille. Frêle offrande, frêle donatrice, frêle enfant aux veines bleues.


Padoue au loin de l'autre côté de la mer.Moyen Age silencieux, nuit, noirceur de l'histoire dorment dans la Piazza delle Erbe sous la lune. La ville est endormie. Sous les arcades des rues noires près de la rivière, les yeux des putains guettent les fornicateurs. Cinque servizi per cinque franchi.
Une noire vague sensuelle, à nouveau, et coup sur coup.

Mes yeux sont perdus dans le noir, perdus,
Mes yeux sont perdus dans le noir, amour.

A nouveau. Plus rien.Amour obscur, noir désir.Plus rien.
Le noir.


Crépuscule. Traversant la piazza. Grise vesprée descendant sur de vastes pâturages vert sauge, qui silencieusement épanche ténèbre et rosée. Elle suit sa mère avec une grâce dégingandée, la jument précédent sa pouliche. Le gris du crépuscule épouse tendrement la courbe frêle des hanches, le cou résigné souple tendineux, l'ossature du crâne. Vesprée, calme, le crépuscule de la merveille...Holà ! L'aubergiste ! Holaho !
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PartempsPartemps   22 décembre 2020
(1)

Qui ? Un pâle visage, entouré de lourdes odorantes fourrures.
Ses mouvements, craintifs et nerveux.Elle use d'un face-à-main.
Oui : brève syllabe.Un rire bref.Un bref battement des paupières.

Ecriture arachnéenne, tracée haut et grêle avec sérénité
hautaine et résignation : une jeune femme de qualité.




Je pars sur une vague de verbiage insipide : Swedenborg,
le pseudo-Aréopagite, Miguel de Molinos, Joachim Abbas.
La vague est retombée.Sa compagne, une nouvelle fois lovée
sur la volute de son corps, ronronne dans son italien de Vienne énervé : Che coltura ! Les longs cils battent, se redressent : une brûlante piqûre d'aiguille
darde et tremble dans le velours de l'iris.


De hauts talons claquent clair sur les degrés de pierres sonores.
Air hivernal au château, cottes de maille appendues, grossiers candélabres
de fer sur les retours tortueux des degrés de la tourelle. Tapant claquant - des talons, haut et clair,
Quelqu'un en bas demande si madame est visible.
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PartempsPartemps   22 décembre 2020
(5)

Mio padre : elle s'acquitte des actes les plus simples avec distinction. Unde derivatur ? Mia figlia ha una grandissima amnirazione per il suo maestro inglese. Le visage du vieil homme, digne, un peu rouge, aux traits juifs fortement accusés et longs favoris blancs, se tourne vers moi comme l'un et l'autre nous descendons la colline. O ! Formulé à la perfection : courtoisie, bienveillance, curiosité, confiance, suspicion, naturel, impotence de l'âge, sérénité, franchise, urbanité, sincérité, mise en garde, pathos, compassion : le parfait alliage. Vite, Ignace de Loyola, prête-moi secours !


Ce coeur est dolent et contristé. Malheureux en amour ?




Lourdes lippes au rictus lubrique : mollusques à sang noir.
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PartempsPartemps   22 décembre 2020
(4)

Papa et fillettes dévalant de la colline, à califourchon sur un tobbogan : le Grand Turc et son harem. Bonnet et blouson étroitement ajustés, bottines lacées d'un zigzag expert sur la languette attiédie au contact de la chair, la courte jupe tendue entre les bosses rondes de ses genoux. Un éclat blanc : un flocon, un flocon de neige :

à la prochaine chevauchée,
il la fera bon regarder !


Je me précipite hors du tabac et l'appelle par son nom.
Elle se retourne et s'arrête pour m'entendre balbutier heures, leçons, heures, leçons : et peu à peu ses joues pâles s'empourprent d'un tison de lumière opaline. Nenni, nenni, n'aie crainte !
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Videos de James Joyce (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Joyce
Dans son ouvrage, "Beaucoup de jours. D'après Ulysse de James Joyce", réédité à l'occasion du centenaire de la parution d'Ulysse de James Joyce à Paris, Philippe Forest nous emmène sur les traces du roman-monde.
Lecteur passionné de Joyce, Philippe Forest nous guide dans la lecture de ce monument de la littérature moderne longtemps considéré comme "illisible", "compliqué", qualifié de "faux chef-d'oeuvre par excellence".
"Cette difficulté à laquelle le lecteur est confrontée, c'est ce changement permanent de styles, de points de vue, de genres. C'est lié à l'ambition de Joyce, de créer un roman total, qui couvrirait toutes les ambitions artistiques", nous explique Philippe Forest. Censuré dans le monde anglophone pour obscénité, ce livre, dès sa parution à Paris, "a choqué davantage qu'il n'a apporté d'adhésion" dit Philippe Forest. Face à ses détracteurs, "Beaucoup de jours" se construit comme une aide pour la lecture d'"Ulysse", auquel Philippe Forest, en tant que lecteur, ajoute ses réflexions et méditations personnelles.
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