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Philippe Lavergne (Traducteur)
ISBN : 2070402258
Éditeur : Gallimard (14/05/1997)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Traduit pour la première fois dans sa version intégrale, Finnegans Wake, œuvre rebelle, s'exprime par épiphanies, telles que définies dans Ulysse - c'est-à-dire ces instants où les mots comme des photons reconstituent la figure d'interférence, visible seulement dans sa frange brillante. Pour certains, la révolution est à peine suffisante. Ils partent, hantent les asiles dont ils font une bibliothèque, habitent les prisons où flotte le feu de leurs rêves, créent un p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
jamiK
  16 janvier 2017
Ce livre n'est pas un roman !
Finnegan's wake est une chanson à boire du répertoire comique traditionnel irlandais. Elle date des années 1850.
Elle raconte l'histoire d'un homme qui travaille dans le bâtiment et est assez porté sur le whisky. Il tombe d'une échelle et se brise le crâne. Ses compagnons de travail mènent un deuil plutôt alcoolisé, allant jusqu'à arroser son cadavre de whisky, ce qui provoque sa "résurrection" et lui permet de participer aux réjouissances. (ceci n'est pas un spoil)
https://www.youtube.com/watch?v=qstUxos2cBs
Sur le lien sus-noté, la chanson interprétée par les Dubliners. C'est une chanson de Dublin, donc ça parle surtout d'alcool, de beuverie, et de cuite mémorable. Avec l'accent de Dublin, ça donne quelque chose comme « le bruit d'un paquet de cacahuètes dévalant les escaliers » comme l'avait si bien décrit un critique anglais lors de leur premier passage à la BBC au milieu des années 60, les anglais et les irlandais ne s'aimaient pas trop à l'époque.
Donc il faut voir le livre de James Joyce comme un long poème, poème épique où les dieux des mythologie celtiques et européennes cotoient le monde populaire du Dublin de l'époque, le son rocailleux et rebondissant de leur langue et les délires d'ivrognes. Si vous entrez dans ce livre, vous allez aussi vous prendre une fameuse cuite avec un risque de gueule de bois non négligeable si vous en abusez, « la Grande Beuverie » version Dublin, mais rein ne vous empêche de le savourer de temps en temps le soir, par petites gorgées, comme on savoure un whiskey 18 ans d'âge (triple distillation), en alternant avec un verre d'eau. Ici on peut prendre un chapitre entier, ou un paragraphe seul, c'est comme si on lisait deux livre différents, on peut rouvrir deux fois la même page s'en même s'en rendre compte. Même chaque mot peut avoir une signification différente suivant votre humeur, le temps qu'il fait, ce que vous avez mangé à midi... Ce livre n'a pas de sens, c'est vous qui lui donnez son sens. c'est une sorte de livre qui à chaque fois que vous l'ouvrez, sera un nouveau livre, c'est juste un livre magique, un « Nécronomicon » d'ivrogne (ou d'irlandais). Un livre éternel.
Mais surtout, ne vous fatiguez pas à retrouver l'histoire dans ce livre, ce n'est pas un roman, et celui prétend avoir compris l'histoire en le lisant n'a sans doute jamais connu les propos poético-philosophiques incohérents d'une soirée très arrosée dont on ne se souvient plus du sujet le lendemain matin (ni même avec qui on en parlait).
Mais attention, la magie ne peut opérer à chaque fois. Parfois vous l'ouvrez et il ne se passe rien...
PS. Wiskhy vient du vieil irlandais qui veut dire "Eau de vie"
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mdhennin
  04 février 2012
Finnegans wake est un roman crypté, un livre extrêmement ardu à lire sans le code de déchiffrage. Malheureusement, il est livré quasiment nu - la maigre introduction et les trop rares notes de l'édition folio apportent un éclairage pertinent mais insuffisant si l'on ne connaît pas dans le détail la vie et l'oeuvre de Joyce, mais aussi et surtout l'histoire de l'Irlande et de Dublin en particulier, les sagas nordiques, le contexte politico-historique des années 20-30, ainsi que les amis et ennemis de Joyce qui parsèment le texte de références multiples et croisées. La langue est en perpétuelle réinvention et devient jubilatoire lorsque l'on adhère au système joycien ; la trame sous-jacente et les thématiques de la résurrection émergent alors au travers de la construction.
Ce livre magistral est, finalement, une victoire du verbe sur le temps.
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zohar
  10 avril 2011
Ce qui est important dans ce roman, c'est sa construction et non l'intrigue qui est, en somme, secondaire.
Finnegans Wake est un roman qui évoque la résurrection d'un maçon qui, passant pour mort à la suite d'une chute, retrouve la vie, après avoir reçu sur le visage du whisky.
L'unité de l'ensemble se construit également à partir de la vision cyclique de l'humanité vue à travers de multiples cultures mais synthétisée par le schéma du philosophe du XVIIIe siècle Vico : selon sa théorie, toutes les sociétés humaines progressent à travers des cycles allant de la barbarie (le chaos) à la civilisation (phase démocratique) pour retourner à la barbarie.
James Joyce s'inspire, indéniablement, de cette vision cyclique de l'Histoire qui, par ailleurs, est très importante pour comprendre les interactions entre les personnages!
Il s'agit, en outre, du livre de la nuit qui succède au livre du jour que représentait Ulysse.
Dans cette composition en forme de puzzle qui organise l'ensemble du roman (cela est censé nous rappeler la technique du monologue intérieur utilisée également par Virginia Woolf), le sommeil et le rêve dominent, véhiculant par là-même tout un langage.
La complexité de l'expression qui non seulement emprunte à différents domaines linguistiques, mais utilise aussi la parodie, rend la lecture de l'ouvrage des plus difficiles. Mais « …n'ayons pas peur de nous laisser dominer par la littérature, n'ayons pas peur de nous confronter à des oeuvres qui nous dépassent… ».
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stcyr04
  13 janvier 2017
Vous avez aimé l'Ulysse de Joyce? Vous en voulez encore? Alors coltinez vous Finnegans Wake!
L'objet défie tout résumé, j'y renonce. Il suffira de dire que l'oeuvre est réputée intraduisible, voire illisible. Certes on ne demande pas cela au génie, mais force est de constater que Joyce ne condescend pas à quitter l'empyrée pour se mettre un tant soit peu à notre hauteur. Les coqs-à-l'âne loufoques, les jeux de mots burlesques et iconoclastes arrachant un maigre sourire, les références obscures à la littérature, les indices autobiographiques, tout ce fond, ce confond dans une prose méandreuse au long cours (900 pages, aïe!) et nous inflige une lecture hermétique, absconse, ésotérique. Il semble même que le traducteur s'est lassé à voire la raréfaction progressive des notes en bas de page. Le sens du texte s'éclaircie (faiblement) au cours des deux dernières parties, au cours d'illuminations que l'auteur qualifie "d'épiphanie" et grâce au retour périodique de certains épisodes. Un tel galimatias pour un récit aussi sordide! Si Joyce est un génie, il est le génie de la mystification; il est, ce me semble, le fossoyeur de toute littérature. Finnegans Wake ne saurait éveillé l'intérêt que des seuls érudits érodés (Mince le démon Joycien est en moi!) et des exégètes de l'oeuvre de l'auteur irlandais. Pour les autres, point de salut. A laisser, à la limite, en évidence, pour épater le bourgeois ou briller en société. A éviter si vous ne voulez pas vous dégoutter de la lecture (à dieu ne plaise!) et vous retrouver comme après une dépression post libation ("plus jamais çà!"). "Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate" (Laissez toute espérance, vous qui entrez. Dante - L'enfer).
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Jipi
  20 avril 2016
Finnegans Wake de James Joyce site littéraire quantique saturé de phrases incompréhensibles contient l'ensemble d'un concept bizarre, étrange, presque traumatisant.
La dernière phrase du livre se projette dans sa seconde partie au début du livre faisant de l'ouvrage une circonférence sans fin.
Le langage originel absolu sans queue ni tête.
Un étalage de syntaxes invraisemblables donnant une liberté suprême de pensée à une association de non sens.
Un désordre tellement parfait qu'il en devient ordonné.
Une suite de mots dont l'incohérence est un retour aux sources offrant des connexions infinies avec les origines et la possibilités du langage.
Des locutions faites d'éléments improbables.
L'alpha et l'oméga du langage transcendantal.
A l'origine, celui-ci devait contenir toutes les combinaisons possibles.
Que des mots en vrac disposés n'importe comment.
Ces premiers éléments détruits par un langage basé sur la logique sont sans nul doute les premiers balbutiements de l'esprit.
Un tohu bohu primordial tapit derrière le mur de Planck.
Une explosion idiomatique forgeant nos premières phrases dans une infinité d'ingrédients dont la plupart ont disparus.
Les photons s'organisent, se regroupent.
Les mots se confondent dans un bouillon primitif microscopique que l'ordonnancement macroscopique gravitationnel va se charger de restructurer.
Des expériences de perceptions primordiales et intenses sont éliminés au profit d'un verbe domestiqué, subordonné rapproché de nos systèmes d'éthiques.
James Joyce est l'idiome Babélien de Jorge Luis Borges.
La mise en page infinie et absolue de toutes les vibrations incohérentes d'un texte irrationnel.
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   20 février 2017
Jaun (après avoir en premier lieu enlevé son chapeau de couronne d'épines* renforcées, et s'être incliné en direction de tous les autres chœurs à la louange des filles de bonne volonté pour leur très excellente conduite qui toutes étaient filles d'abeilles s'empressant en essaim pour lui-le-post aussi bourdonnantes qu'elles pouvaient l'être pour lire l'écriture de sa main chérie, se pelotonnant tout autour de lui, se pressant et faisant un gazouillis de fille effroyable à propos de lui leur pêle-mâle, leur jeune premier et son sourire en bouquet de rose, dérangeant l'ordre de sa chevelure frisée et les boucles de sa grotesque personne, toutes sauf une ; la plus belle de Finfria, vêtue de lettres d'amour comme tout un plateau de tartelettes de ronce faux-mûrier (ne sont-elles pas jolies, très, très jolies et n'ont-elles pas de succès?) sentant d'un sourire, de paire en paire, de large en largesse et minces jusqu'au plus effilé, les parfums de beauté qui savent convier à se déshabiller (c'est du beau) ce qui n'était rien qu'angélique, goûtant le thym sauvage et le persil mélangé aux miettes de pain (O c'est bon!) touchant sa large panse si tactilement et faisant tinter les grelots de ses boyaux car, bien qu'il eût l'air d'un jeune chapelain allant atteindre la sixtaine, elles pouvaient en frôlant sa virilité sentir qu'il n'était qu'un assassin assez sain [...]
Page 642
Jaun (after he had in the first place doffed a hat with a reinforced crown and bowed to all the others in that chorus of praise of goodwill girls on their best beehiviour who all they were girls all rushing sowarmly for the post as buzzy as sie could bie to read his kisshands, kittering all about, rushing and making a tremendous girlsfuss over him pellmale, their jeune premier and his rosyposy smile, mussing his frizzy hair and the golliwog curls of him, all, but that one; Finfria's fairest, done in loveletters like a trayful of cloudberry tartlets (ain't they fine, mighty, mighty fine and honoured?) and smilingly smelling, pair and pair about, broad by bread and slender to slimmer, the nice perfumios that came cunvy peeling off him nice!) which was angelic simply, savouring of wild thyme and parsley jumbled with breadcrumbs (O nice!) and feeling his full fat pouch for him so tactily and jingaling his jellybags for, though he looked a young chapplie of sixtine, they could frole by his manhood that he was just the killingest ladykiller all by kindness

*pas d'épines dans le texte de Joyce, pas de couronne non plus, crown est seulement en anglais courant le dessus du chapeau
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gavarneurgavarneur   03 mai 2017
Tel pêcheur ; tel fils, telle est en effet la devise de la famille MacCowell. Le poing ganté (en peau de cri) fut introduit dans leur arbre sacerdotal devant l'estuaire du Forth et c'est même un peu étrange que les quatre horologues sonnent toutes encore les trois coups pour la pièce de Jacob van des Bethel, fumant derrière sa pipe, avec Esaü mésopotage, restituant son plat de lentilles réchauffé, avant de cymbaliser le symbole des apôtres à chaque heure de changement. Première et dernière énigme de l'univers : lorsqu'un homme n'a rien, n'a t'il rien d'un homme. Regarde ! La Voie Royale des Héros où nos chairs laissent leurs os et où chaque gars et fille remplissent la foire du rentre-dedans. C'est leur signal pour que les vieux Champs-Elyzod cherchent les ombres de la retraite et pour que les jeunes Chapelle-Yssies fassent un tour pour inciter leurs cavaliers aux délices d'amour à l’Éveil de Finnegan.
Page 892
Great sinner, good sonner, is in effect the motto of the MacCowell family. The gloved fist (skrimmhandsker) was intraduced into their socerdatal tree before the fourth of the twelfth and it is even a little odd all four horolodgeries still gonging restage Jakob van der Bethel, smolking behing his pipe, with Essav of Messagepostumia, lentling out his borrowed chafingdish, before cymbaloosing the apostles at every hours of changeover. The
first and last rittlerattle of the anniverse; when is a nam nought a nam whenas it is a. Watch! Heroes' Highway where our fleshers leave their bonings and every bob and joan to fill the bumper fair. It is their segnall for old Champelysied to seek the shades of his retirement and for young Chappielassies to tear a round and tease their partners lovesoftfun at Finnegan's Wake.
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gavarneurgavarneur   07 avril 2017
Avec l'Impératrice d'Isie et la Reine de Colombie pour nymphes servants d'amour et les sables chanteurs de la musique des Hébrides : une gardienne d'oies nous a oint coincoin, des cannes canailles en ont fait une chanson où moi et elle avons baissé nos pantalons : et j'ai donné mon nom et passé mariage d'un anneau de cotton de Bolton autour de la taille d'icelle pour la porter jusqu'à la tombe, ma chère petite méchance, Appia Lippia Pluviabilla*, tandis que la magnifique accapareuse tenait office de virilité en moi : j'ai en chaîné l'échanson de sa chasteté pour empoigner les contrebandiers du fleuve, sa chambrette je l'ai couverte de puanteur pour punir les furieux : j'étais sa montagne, son piano, son everest, elle était ma mie, ma Lorelei, ma Mélisande : qui a coupé ses rubans quand ce n'était pas ma prouesse ?
Page 812
*Ce personnage est habituellement appelé Anna Livia Plurabelle

With Impress of Asias and Queen Columbia for her pairanymphs and the singing sands for herbrides' music: goosegaze annoynted uns, canailles canzoned and me to she her shyblumes lifted: and I pudd a name and wedlock boltoned round her the which to carry till her grave, my durdin dearly, Appia Lippia Pluviabilla, whiles I herr lifer amstell and been: I chained her chastemate to grippe fiuming snugglers, her chambrett I bestank so to spunish furiosos: I was her hochsized, her cleavunto, her everest, she was my annie, my lauralad, my pisoved: who cut her ribbons when nought my prowes?
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gavarneurgavarneur   05 mars 2017
Très chère sœur, ajouta Jaun, d'une voix un peu embuée, bien qu'un peu condescendante, en lui tournant le dos pour lui rendre hommage, surmenant ses méninges pour donner le ton de l'explication, imbus d'incuriosité phonoscopique et mélancolité en ce bref instant, comme à l'accomplissement, il béait d'admiration, les yeux saturniens tournés vers l'attraction stellaire, il s'ensuivit prestement une marée imaginaire selon la loi de Swift. O, Vanité de Vanessa ! Tout s'achève en évanescence !
668
Sis dearest, Jaun added, with voise somewhit murky, what though still high fa luting, as he turned his dorse to her to pay court to it, and ouverleaved his booseys to give the note and score, phonoscopically incuriosited and melancholic this time whiles, as on the fulmament he gaped in wulderment, his onsaturncast eyes in stellar attraction followed swift to an imaginary swellaw, O, the vanity of Vanissy! All ends vanishing!
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gavarneurgavarneur   28 janvier 2017
Il y a un certain rassurantisme dans le fait de savoir que souvent de la haine inspirée en première audition vient l'amour en seconde vue. Fais sienne ta petite parlotte pécheresse dans un baril de subjonctions, duel en duel, et prude au pluriel, mais même l'homme de ma rue le plus extraorien applaudirait au plus-que-parfait de tes préfigurations et peut-être se peut-il que haec genua omnia, par hasard soit sur le point d'être dans le cas de devenir une pâle pitrerie des portraits de Peter Wright malgré tes accusatifs tendus alors que tu mursol (b) comme tes gérondifs pour la meilleure part de la moitié d'un soupir ou sanglot.

(b) Avec son caniche feignant d'être abandonnée et se sentir morte à elle-même. L'amour pire-t-il d'être vécu ? [note de Joyce]
Page 417
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