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ISBN : 2266134388
Éditeur : Pocket (01/03/2003)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 332 notes)
Résumé :
Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dublinois. Quelle surprise pour les lecteurs de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires.Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les moeurs de la bourgeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  23 juin 2013
Livre impressionniste par excellence, son titre aurait pu être Impression Dublin Levant. Exactement à la manière des peintres de la mouvance de Monet qui essayaient de capturer la lumière d'un instant, James Joyce essaye de recueillir en le moins de pages possible des impressions, des sensations, des sentiments fugaces, qui, mis bout à bout, donnent une idée de la « température » du Dublin début de siècle, juste après la grande hémorragie de la seconde moitié du XIXème et juste avant la nouvelle hémorragie de la Première Guerre Mondiale et en plein processus d'accession à l'indépendance dans un contexte religieux houleux dont on sait ce qu'il deviendra.
Dans son style, ce recueil de quinze nouvelles peut être rapproché du livre de John Dos Passos, Manhattan Transfer, qui reprendra cette manière impressionniste de Joyce en cherchant lui aussi à dresser non le portrait de personnages, mais l'atmosphère d'une ville et d'une époque.
Moi qui avait été tellement déçue à la lecture d'Ulysse, je ne peux qu'applaudir devant la finesse d'écriture, l'élégance, la justesse et la maîtrise de l'exercice, plutôt périlleux, s'il en est, et qui m'a ravi.
On peut certes être dérangé par la sensation de « papillonnement » autour de telle ou telle personnalité qu'on aimerait creuser davantage. Mais dans le projet littéraire que James Joyce s'est proposé, c'est absolument parfait, des petits instantanés au Polaroïd de sa plume, où l'on évoque la religion, l'émigration, les problèmes économiques, le nationalisme, l'alcool et les pubs, les relations de travail, les formes de l'amour et surtout le Caractère avec un grand C de ces gens de Dublin (ou de ces Dublinois, selon la traduction).
En guise de conclusion, si vous aviez encore un doute sur quel bouquin de Joyce vous deviez lire, je vous conseille sans ambages Gens de Dublin plutôt qu'Ulysse (ou pire encore Finnegans Wake, sauf pour notre ami Gurevitch qui doit le trouver limpide et même un peu simpliste), cela vous prendra beaucoup moins de temps et vous n'y perdrez pas au change, en tout cas c'est mon misérable avis émis depuis le continent, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Foxfire
  22 juin 2015
"Ulysse" de James Joyce est réputé être un sommet de la littérature, une oeuvre de très haut niveau, exigeante et difficilement accessible, un livre qui se mérite en somme. Sur cette réputation, il est devenu mon Everest littéraire. Mais ne sentant pas mon cerveau aussi affûté que les pieds d'un sherpa, j'ai préféré opter, pour commencer à appréhender l'oeuvre de Joyce, pour une altitude plus raisonnable avec le recueil de nouvelles "Gens de Dublin". Une colline de 200 pages me semblait être une ascension moins escarpée.
Cette oeuvre a de nombreuses qualités. Tout d'abord, l'écriture, élégante, fine, à la fois fluide et très travaillée. Un style au service d'un art de la description tout à fait remarquable. Dans chacun des textes du recueil, Joyce parvient à décrire de façon si précise, si subtile ses personnages qu'ils semblent réels. Cette précision dans les descriptions n'est jamais lourde ni pesante. C'est là toute la finesse de Joyce, parvenir à faire des descriptions fouillées et détaillées tout en gardant une écriture fluide.
Les textes qui composent ce recueil, j'ai du mal à parler e nouvelles tant ces textes forment un tout, sont plus des tranches de vie que des histoires à proprement parler. Il n'y a pas vraiment d'intrigues, pas de chutes. J'ai bien perçu que l'objectif de l'auteur était d'évoquer une atmosphère, une ambiance, de rendre compte de l'identité de la ville de Dublin à une période précise. Etant très ignorante du contexte historique et social évoqué par Joyce, je suis restée assez hermétique au but visé par l'auteur.
Tout en reconnaissant la grandeur de l'écriture de l'auteur, c'est pour moi une rencontre en demi-teinte. J'aurais préféré que ces descriptions si subtiles et cette écriture si fine soient au service d'une véritable histoire, au sens classique du terme, une intrigue de départ, des développements qui la font évoluer dans un arc narratif, et un récit traversé de d'avantages d'émotions.
Après cette lecture, que je ne regrette pas, je me dis tout de même que l'alpinisme n'est peut-être pas pour moi et que je ne tenterai peut-être finalement pas d'aller planter mon petit drapeau au sommet d'"Ulysse".
Challenge Petits plaisirs 27
Challenge Variété 26 (catégorie "un recueil de nouvelles")
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Fx1
  26 décembre 2014
Pour trouver de grands textes il n'y a pas forcément besoin de livres volumineux .
Cet ensemble de nouvelles de James Joyce est en effet très court , mais chaque page est passionnante .
Il y a ici un amour profond pour le sujet abordé , Joyce tient ces gens en haute estime et cela se ressent en permanence .
On ne s'ennuie pas une seule seconde avec ces textes qui effectivement n'on pas des intrigues trépidantes mais il faut savoir ce que l'on veut .
Si l'on est en quête d'un style unique qui fasse ressortir sans aucun misérabilisme les caractères de l'humain alors on à choisi le bon livre .
Un grand opus de la part d'un auteur brillant .
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Myriam3
  03 décembre 2014
James Joyce nous livre ici, par ces 15 nouvelles, l'atmosphère de Dublin au début du vingtième siècle. Déjà loin de la famine et de l'exode vers les Etats-Unis qui ont sévi quelques années auparavant et à un pas de l'indépendance, nous voyageons dans la ville et ses faubourgs, pénétrons dans ses boutiques, ses bureaux, ses pubs et ses églises, comme nous jetons un oeil dans les appartements, chambres et cuisines des Dublinois qui se rencontrent sans doute au détour d'une rue, tant ils marchent - comme Ulysse - tant leurs pas relient un coin de Dublin à l'autre.
En fait, c'est une vision en prismes, une vision presque cubique que nous aurions là, Dublin la même année -les mêmes jours? - sous différents angles.
Il y a des nouvelles que j'ai clairement préférées à d'autres: les premières, notamment, pour ces personnages jeunes, innocents, qui ont encore l'avenir devant eux, bien qu'ils soient alors sur le point de décider de ce qu'il deviendra, contrairement aux personnages qui suivent et dont la vie, finalement, est déjà jouée, cette existence qui prend souvent un tournant ironique, cruellement ironique.
Comme j'ai lu la version anglaise - achetée du temps lointain où j'habitais en Irlande, mais pas à Dublin qui ne m'est pas familière - ma lecture a parfois été ardue, pas toujours enthousiaste suivant la nouvelle que j'entamais. Mais, finalement, je suis heureuse d'avoir enfin pu lire une oeuvre de Joyce, et de découvrir cette ville à cette époque. Je sais d'ores et déjà que beaucoup de ces nouvelles resteront dans ma mémoire, comme l'était déjà Evelyne, étudiée à l'université.
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Geodaney_alias_Louis_Lucas
  08 mai 2017
James Joyce. Combien de fois ai-je pu entendre un critique, un écrivain ou un lecteur averti vanter l'écriture de l'auteur d'"Ulysse" ? Sans doute trop souvent étant donné le nombre d'années qu'il m'a fallu avant de tenter l'aventure. Lorsqu'un écrivain fait autant l'unanimité et qu'il est auréolé du sceau du "sacré" décerné par le petit monde des Lettres, je trouve toujours cela intimidant.
Comme pour Hugo, il m'a donc semblé judicieux de m'imprégner des effluves créatifs de l'Irlandais, d'humer le parfum de ses métaphores avant de plonger tête baissée dans "Ulysse". Et quelle meilleure fragrance plumitive pour introduire un grand homme dans son antre de lecteur qu'un recueil de nouvelles ?
"Gens de Dublin" ou "Dublinois" est un recueil de nouvelles paru à Londres en 1914 qui a connu quelques péripéties avant d'arriver jusqu'à son lectorat. James Joyce n'ayant pas pris la peine de modifier la topographie, les noms des commerçants et les opinions de certains notables du Dublin de l'époque, la parution initiale du recueil en 1907 n'a donné lieu qu'à un seul et unique exemplaire remis à James Joyce. En effet, la légende raconte que l'ensemble des ouvrages a été acheté puis brûlé par un inconnu dont jamais personne n'a découvert l'identité.
Peut-être est-ce ce mystère ou simplement le style qui me rappelait fortement Maupassant qui m'a placé en de bonnes dispositions, quoi qu'il en soit j'ai savouré chaque mot de "Dublinois" avec délectation.
Pour les apprécier comme il se doit, il faut replacer ces nouvelles dans le contexte de l'époque et mentionner le fait qu'un mouvement littéraire appelé "Renaissance Irlandaise" a vu le jour en 1896 et qu'il a pour but de revaloriser la littérature irlandaise traditionnelle tout comme la culture du pays. Chacun des protagonistes de ces quinze nouvelles évolue donc dans une époque de profonds changements, de questionnements qui divisent les moeurs et les aspirations de cette bourgeoisie irlandaise dont James Joyce nous propose quelques tranches de vie.
Chaque histoire se suit, sans se ressembler, introduisant à chaque fois de nouveaux personnages tout en convoquant des thèmes récurrents comme la religion, la position sociale, la musique, l'identité irlandaise, l'insouciance de la jeunesse sans oublier les mondanités inhérentes à toute capitale digne de ce nom.
Au premier abord, James Joyce semble couler sa plume dans un encrier naturaliste. La puissance évocatrice de ses descriptions, la psychologie de ses personnages et cette façon, toujours subtile, de se moquer de ses créatures évoque Maupassant. Pourtant, chemin faisant, nouvelle après nouvelle il se dégage de ces métaphores, de ces fulgurances narratives une certaine forme de lyrisme à l'image de "Les morts", la plus aboutie et la plus touchante de toutes. Il ressort également de cette lecture une sensation étrange, celle d'avoir lu une oeuvre classique dont la construction des récits, la langue et le rapport au corps surprennent toutefois par leur modernité.
Si ce recueil n'est pas exempt de quelques longueurs et que certaines nouvelles souffrent de la comparaison avec d'autres, James Joyce parvient quasiment à chaque fois à emporter le lecteur dès les premières phrases et à susciter un attachement immédiat pour les personnages, allant parfois jusqu'à nous faire regretter que l'un ou l'autre n'ait eu droit à plus d'égards, en l'occurence un roman à lui seul.
Je suis, pour ma part, complètement conquis par ce que j'ai lu et je terminerai donc ce billet en vous donnant le nom des quatre nouvelles qui m'ont le plus marqué, si d'aventure vous vous trouviez en présence de l'une d'elles : "Une rencontre" au cours de laquelle deux adolescents qui font l'école buissonnière vont faire une étrange rencontre, "Après la course" qui exalte l'insouciance et la soif de vie d'une jeunesse aisée, "Une mère" qui témoigne de la force des personnages féminins de James Joyce et, "Les morts" qui ne laissera aucun lecteur indemne et qui justifie à elle seule la lecture de "Dublinois".
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Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   30 juin 2013
- J'étais justement en train de leur dire, Crofton, que nous avons gagné plusieurs électeurs.
- Qui ça avez-vous gagné ? dit M. Lyons.
- Eh bien, j'ai gagné Parkes primo, Atkinson secundo et puis Ward de Dawson Street. C'est un gaillard de bonne étoffe, bon camarade, vieux conservateur. " Est-ce que votre candidat n'est pas nationaliste ? " qu'il me dit, et je lui ai répondu : " C'est un homme respectable, il est favorable à tout ce qui sera utile à ce pays. C'est un gros contribuable. Il a de grands immeubles en ville, trois bureaux ; et est-ce que ce n'est pas son propre avantage de vouloir faire baisser les impôts ? C'est un citoyen éminent, que je lui dis, un administrateur de l'hospice, et il n'appartient à aucun parti, bon, mauvais ou indifférent. " Voilà la façon dont il faut lui parler.
- À propos de l'adresse au roi, dit M. Lyons, faisant claquer ses lèvres après avoir bu.
- Écoutez-moi, dit M. Henchy ; ce que nous voulons dans le pays, comme je disais au vieux Ward, c'est du capital. La venue du roi ici équivaut à un afflux d'argent dans le pays. La population de Dublin en profitera. Regardez toutes les usines fermées le long des quais. Regardez tout l'argent que l'on gagnerait si l'on faisait travailler les vieilles industries, les moulins, les hangars de construction maritimes, les fabriques. Ce sont des capitaux qu'il nous faut.
- Cependant, John, dit M. O'Connor, pourquoi souhaiterions-nous la bienvenue au roi d'Angleterre ? Parnell lui-même n'a-t-il pas... ?
- Parnell, dit M. Henchy, est mort. Quant à mon point de vue, le voici : notre gaillard monte sur le trône après que sa bonne vieille femme de mère l'en a éloigné jusqu'à ce qu'il ait les cheveux gris. C'est un homme du monde et il est bien disposé à notre égard. C'est un chic type, si vous voulez mon avis, et il n'a pas un grain de sottise par la tête. Il doit se dire : " La vieille n'est jamais venue voir ces Irlandais intraitables et, pardieu, j'irai un peu voir de mes yeux ce qu'il en retourne. " Et nous, nous irions insulter cet homme, la fois qu'il vient justement nous faire une visite d'ami ? Eh ? N'ai-je pas raison, Crofton ?
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Nastasia-BNastasia-B   11 juillet 2013
Deux hommes en pardessus, adossés à la cheminée, parlaient familièrement avec Miss Healy et le baryton. C'étaient les reporters du Freeman et M. O'Madden Burke. Le reporter du Freeman était venu dire qu'il ne pouvait pas attendre le concert, ayant à faire le compte rendu de la conférence d'un prêtre américain, à la mairie. Il dit qu'on n'avait qu'à déposer le compte rendu au bureau du Freeman et qu'il veillerait à ce que cela parût. C'était un homme grisonnant au langage spécieux et aux manières prudentes. Il tenait un cigare éteint d'un l'arôme flottait autour de lui. Son intention n'avait pas été de rester parce que concerts et artistes l'excédaient prodigieusement ; mais il n'en demeurait pas moins appuyé contre la cheminée. Miss Healy debout devant lui bavardait et riait. Il était assez âgé pour soupçonner la raison de cette amabilité, mais encore assez jeune d'esprit pour en faire son profit. La chaleur, le parfum et la couleur du corps de la jeune fille parlait à ses sens. Il se plaisait à penser que la gorge qu'il voyait se soulever et retomber lentement se soulevait et retombait pour lui, que le rire, le parfum, les œillades lui étaient donnés en tribut. Quand il ne put rester davantage, il la quitta à regret.
- O'Madden Burke écrira la notice, expliqua-t-il à M. Holohan, et je veillerai à la faire passer.
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Nastasia-BNastasia-B   08 juin 2013
Farrington dirigeait son regard à tout moment vers une des jeunes femmes. Il y avait quelque chose dans son apparence qui attirait l'œil. [...] Farrington considérait avec admiration le bras replet qu'elle remuait fort souvent et avec beaucoup de grâce ; et lorsque, après un peu de temps, elle répondit à son regard, il éprouva encore plus d'admiration pour ses grands yeux bruns. L'oblique fixité de leur expression le fascinait. Elle lui lança une ou deux œillades et quand le groupe quitta la salle, elle frôla la chaise de Farrington et dit : " Oh ! pardon ", avec un accent londonien. Il la suivit des yeux, tandis qu'elle sortait de la pièce, dans l'espoir qu'elle se retournerait, mais il fut déçu. Il maudit sa pénurie d'argent et maudit toutes les tournées qu'il avait offertes, en particulier les whiskys et les apollinaris qu'il avait payés à Weathers. [...] Lorsque Paddy Léonard l'interpella, il s'aperçut que l'on parlait de prouesses athlétiques, de tours de force. Weathers exhibait ses biceps à la compagnie et se vantait tant, que les deux autres en avaient appelé à Farrington pour soutenir l'honneur national. Farrington, effectivement, releva sa manche et exhiba ses muscles à la compagnie. Les deux bras furent examinés, comparés, et il fut finalement convenu qu'ils auraient à mesure leur force. La table fut débarrassée et les deux hommes y appuyant leur coude s'étreignirent la main. Quand Paddy Léonard dit : " Allez ! " chacun devait tâcher d'abaisser la main de l'autre sur la table. Farrington avait un air sérieux et décidé.
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Nastasia-BNastasia-B   27 juin 2013
M. Henchy se mit à renifler et à se frotter les mains au-dessus du feu à une vitesse vertigineuse, puis il dit :
- Pour l'amour du Ciel, Jack, apporte-nous un peu de charbon. Il doit en rester.
Le vieux sortit de la chambre. [...] M. Henchy attendit quelques instants, puis, de la tête désignant la porte :
- Dites-moi, fit-il de l'autre côté de la cheminée, qu'est-ce qui nous amène notre ami ? Qu'est-ce qu'il veut ?
- Eh, parbleu ! le pauvre Jo, dit M. O'Connor jetant dans le feu son mégot, il est dans la purée comme nous tous.
M. Henchy renifla vigoureusement, puis cracha avec tant d'entrain qu'il manqua d'éteindre le feu, lequel émit un sifflement de protestation.
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Nastasia-BNastasia-B   07 juillet 2013
Mrs. Kearney ne dit rien ; mais, à mesure que les numéros médiocres se succédaient sur la scène et que les quelques rares spectateurs se raréfiaient encore, elle commença à regretter de s'être mise en frais pour un tel spectacle. [...] Le concert du jeudi soir fut mieux suivi ; mais Mrs. Kearney vit de suite que la salle ne contenait que des billets de faveur. L'auditoire se conduisit de façon indécente comme si le concert n'avait été qu'une simple répétition en costumes. [...] Dans le courant de la soirée, Mrs. Kearney apprit qu'on allait renoncer au concert du vendredi et que le comité allait remuer ciel et terre afin d'assurer une salle comble pour le samedi soir. [...] Des galopins furent envoyés dans les principales rues de Dublin, de bonne heure, le vendredi matin, avec des monceaux de prospectus. Des annonces spéciales dans les journaux du soir rappelaient au public, épris de musique, la joie qui leur était réservée le soir suivant. Mrs. Kearney fut quelque peu rassurée, mais elle crut bien faire en informant son mari de ses soupçons. Il l'écouta avec attention et dit que ce serait peut-être préférable qu'il l'accompagnât le samedi soir. Elle y consentit. Elle respectait son mari un peu de la même façon dont elle respectait le bureau de poste central ; à la manière d'une vaste administration, sûre et immuable ; et bien qu'elle reconnût le petit nombre de ses talents, elle appréciait sa valeur abstraite en tant que mâle. Elle était contente qu'il lui eût proposé de l'accompagner, et elle récapitula ses projets.

UNE MÈRE.
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Videos de James Joyce (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Joyce
« Ulysse » de James Joyce est un classique qui ne convient vraisemblablement pas à tout le monde... C'est le cas de Philippe Delerm notamment.
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