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EAN : 9782266134385
256 pages
Éditeur : Pocket (01/03/2003)
3.57/5   424 notes
Résumé :
Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dublinois. Quelle surprise pour les lecteurs de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires.Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les moeurs de la bourgeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
3,57

sur 424 notes

Nastasia-B
  23 juin 2013
Livre impressionniste par excellence, son titre aurait pu être Impression Dublin Levant. Exactement à la manière des peintres de la mouvance de Monet qui essayaient de capturer la lumière d'un instant, James Joyce essaye de recueillir en le moins de pages possible des impressions, des sensations, des sentiments fugaces, qui, mis bout à bout, donnent une idée de la « température » du Dublin début de siècle, juste après la grande hémorragie de la seconde moitié du XIXème et juste avant la nouvelle hémorragie de la Première Guerre Mondiale et en plein processus d'accession à l'indépendance dans un contexte religieux houleux dont on sait ce qu'il deviendra.
Dans son style, ce recueil de quinze nouvelles peut être rapproché du livre de John Dos Passos, Manhattan Transfer, qui reprendra cette manière impressionniste de Joyce en cherchant lui aussi à dresser non le portrait de personnages, mais l'atmosphère d'une ville et d'une époque.
Moi qui avait été tellement déçue à la lecture d'Ulysse, je ne peux qu'applaudir devant la finesse d'écriture, l'élégance, la justesse et la maîtrise de l'exercice, plutôt périlleux, s'il en est, et qui m'a ravi.
On peut certes être dérangé par la sensation de « papillonnement » autour de telle ou telle personnalité qu'on aimerait creuser davantage. Mais dans le projet littéraire que James Joyce s'est proposé, c'est absolument parfait, des petits instantanés au Polaroïd de sa plume, où l'on évoque la religion, l'émigration, les problèmes économiques, le nationalisme, l'alcool et les pubs, les relations de travail, les formes de l'amour et surtout le Caractère avec un grand C de ces gens de Dublin (ou de ces Dublinois, selon la traduction).
En guise de conclusion, si vous aviez encore un doute sur quel bouquin de Joyce vous deviez lire, je vous conseille sans ambages Gens de Dublin plutôt qu'Ulysse (ou pire encore Finnegans Wake, sauf pour notre ami Gurevitch qui doit le trouver limpide et même un peu simpliste), cela vous prendra beaucoup moins de temps et vous n'y perdrez pas au change, en tout cas c'est mon misérable avis émis depuis le continent, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Dandine
  10 mai 2020
Toute relecture est une nouvelle decouverte. On n'y entre pas vierge, mais on en ressort comme si on l'avait ete. C'est en tous cas mon sentiment avec ce recueil de nouvelles. Une nouvelle perception, celle d'avoir decouvert un auteur mur, en pleine possession de ses meilleurs moyens. Le grand Joyce (J.J. pour les intimes) est deja la, bien avant l'Ulysse.

Pour commencer, j'ai trouve que c'est un livre organique (ou bien organise), pas un recueil disparate. Ce sont des nouvelles qui se suivent et se completent pour former un tout.

C'est un regard porte sur toutes les etapes de la vie des hommes, des emerveillements de l'enfance jusqu'au delabrement physique et moral de la vieillesse et jusqu'a la mort, en passant par les reves et les espoirs de la jeunesse, les aboutissements, succes ou frustrations de l'age mur.

C'est une ribambelle de personnages (tres nombreux dans certaines nouvelles) qui des fois reapparaissent, ou donnent cette impression, au detour d'une page. De differentes classes sociales, qui se confrontent et se melent pour fusionner en un large tableau de la societe dublinoise du debut du 20e siecle.

Et c'est Dublin. Comme dans Ulysse, cette lecture ebauche une carte de la ville, concrete, d'une realite palpable, de ses differents quartiers, ses avenues et ses ruelles, ses maisons, cossues et miserables, et bien sur ses pubs et ses gargotes. De quoi faire une visite virtuelle, avec differents itineraires pour pouvoir y passer quelques jours. Mais c'est une impression fallacieuse, parce que ce que fait Joyce, ce qu'il reussit si bien, c'est transferer la ville de son apparence objective, perissable et circonstancielle historiquement, vers le monde fictif, intemporel et subjectif des grandes creations litteraires. La Dublin de Joyce n'en est pas pour autant irreelle, mais au contraire elle est plus que reelle. L'amour de Joyce pour sa ville natale (je crois qu'il a vecu beaucoup plus longtemps ailleurs, a Paris ou a Trieste, qu'en elle) le pousse a la malmener autant qu'a la caresser. L'amour vache. Qui ne fait que la rendre plus seduisante a nos yeux.

Seduisante? Oui, mais en litterature. Malgre sa decrepitude et ses rues boueuses. Comme ses habitants. Bien que la societe que Joyce decrit soit plutot sordide, mesquine, etroite de vues et repressive, sous la tutelle minutieuse d'une Eglise dessechee, et ou le nationalisme anti- britannique est pour beaucoup synonyme d'un provincialisme un peu ridicule. Mais la prose de l'auteur, empreinte d'humour autant que de derision, arrive a embellir jusqu'aux plus minables aspects de la societe qu'il evoque. Ce n'est pas un rapport sociologique d'academie, mais une relation plus authentique, plus eclairante sur cette societe que sa realite temporaire.

15 nouvelles. La derniere, "Les morts", beaucoup plus longue que les autres, est un petit chef-d'oeuvre, qui nous emmene depuis une reunion mondaine peuplee de conversations d'une trivialite exasperante jusqu'a un final huis clos poignant entre deux epoux, ou ressurgissent des remembrances de blessures douloureuses. John Huston en avait tire a la fin de sa vie un film memorable: The dead (en francais je crois qu'on l'a titre Gens de Dublin).
Mais il n'y a pas qu'elle. Mes preferees? "Penible incident", ou l'habitude de la solitude abime tout, en soi et autour de soi. "Eveline", ou la peur de l'inconnu aboutit a une fin navrante, qui m'a dechire le coeur. "La pension de famille" ou j'ai retrouve des accents De Maupassant et/ou de Tchekhov. "De par la grace", ou pour railler la religion Joyce utilise des dialogues qui rappellent (anticipent en fait) Ulysse. Et j'en oublie, ou j'en passe...
Gens de Dublin. Pour moi un must. L'ebauche? Non. La graine. La graine qui contient deja toute l'oeuvre ulterieure de Joyce. Sans ses exagerations.
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Foxfire
  22 juin 2015
"Ulysse" de James Joyce est réputé être un sommet de la littérature, une oeuvre de très haut niveau, exigeante et difficilement accessible, un livre qui se mérite en somme. Sur cette réputation, il est devenu mon Everest littéraire. Mais ne sentant pas mon cerveau aussi affûté que les pieds d'un sherpa, j'ai préféré opter, pour commencer à appréhender l'oeuvre de Joyce, pour une altitude plus raisonnable avec le recueil de nouvelles "Gens de Dublin". Une colline de 200 pages me semblait être une ascension moins escarpée.
Cette oeuvre a de nombreuses qualités. Tout d'abord, l'écriture, élégante, fine, à la fois fluide et très travaillée. Un style au service d'un art de la description tout à fait remarquable. Dans chacun des textes du recueil, Joyce parvient à décrire de façon si précise, si subtile ses personnages qu'ils semblent réels. Cette précision dans les descriptions n'est jamais lourde ni pesante. C'est là toute la finesse de Joyce, parvenir à faire des descriptions fouillées et détaillées tout en gardant une écriture fluide.
Les textes qui composent ce recueil, j'ai du mal à parler e nouvelles tant ces textes forment un tout, sont plus des tranches de vie que des histoires à proprement parler. Il n'y a pas vraiment d'intrigues, pas de chutes. J'ai bien perçu que l'objectif de l'auteur était d'évoquer une atmosphère, une ambiance, de rendre compte de l'identité de la ville de Dublin à une période précise. Etant très ignorante du contexte historique et social évoqué par Joyce, je suis restée assez hermétique au but visé par l'auteur.
Tout en reconnaissant la grandeur de l'écriture de l'auteur, c'est pour moi une rencontre en demi-teinte. J'aurais préféré que ces descriptions si subtiles et cette écriture si fine soient au service d'une véritable histoire, au sens classique du terme, une intrigue de départ, des développements qui la font évoluer dans un arc narratif, et un récit traversé de d'avantages d'émotions.
Après cette lecture, que je ne regrette pas, je me dis tout de même que l'alpinisme n'est peut-être pas pour moi et que je ne tenterai peut-être finalement pas d'aller planter mon petit drapeau au sommet d'"Ulysse".
Challenge Petits plaisirs 27
Challenge Variété 26 (catégorie "un recueil de nouvelles")
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colka
  28 avril 2021
Gens de Dublin, première oeuvre de James Joyce, publiée en 1914, après moult difficultés, vaut le détour.
Ces quinze nouvelles courtes sauf la dernière, offrent des tranches de vie saisissantes de l'Irlande, au début du XXe siècle. Et l'on peut applaudir des deux mains, le talent de Joyce à saisir sur le vif, les traits saillants d'un personnage, même si la galerie de portraits qu'il propose n'a rien de réjouissant !
Les hommes, dans cette peinture de la misère sociale qui sévit à cette époque, remportent la palme. Qu'ils soient scribouillards ployant sous le poids de tâches ingrates et mal rémunérées, gigolos à la recherche d'une bonne fortune ou tout simplement déclassés, ce sont tous des "loosers" qui ne trouvent de consolation que dans la "stout" ! Ce qui nous vaut quelques jolies scènes de bar, car Joyce excelle dans l'art de peindre en quelques phrases une ambiance, qu'il s'agisse d'un paysage, d'un lieu animé ou d'un simple arrêt sur image. Et la place des femmes dans ce recueil ? Elles sont très présentes et s'en tirent mieux que les hommes si je puis dire. Souvent victimes ou résignées, elles savent aussi se montrer des "matrones" intraitables lorsqu'il s'agit d'argent ou d'honneur.
Dans cette Irlande de début du XXe siècle, ce qui frappe, en effet, c'est le poids de la morale religieuse. Pas d'autre issue à une relation amoureuse, que le mariage ; pas d'autres remèdes aux souffrances ou dérives personnelles qu'une messe ou une retraite. le clergé tout puissant régente les consciences et étouffe toute velléité de révolte dans le carcan pernicieux de l'auto-censure.
Pas d'échappatoire dans cette société où pauvres et riches se côtoient sans se fréquenter. le seul espoir évoqué dans quelques nouvelles : celui de l'exil. Seule façon d'échapper à la médiocrité de sa condition et à une mort psychique lente et certaine.
L"ombre de la mort, d'ailleurs, plane sur tout le recueil. Pas la mort physique mais la mort à soi-même, résultante du poids des frustrations, du décalage entre les espoirs de jeunesse et la routine usante de la vie de couple par exemple, comme avec ce très beau portrait du "petit Chandler" dans la nouvelle Un petit nuage. Ce sentiment de passer à côté de sa vie, on le retrouve dans la superbe dernière nouvelle : Les Morts où Joyce nous permet de suivre à travers les "flux de conscience" du personnage principal, Gabriel, son cheminement vers un vide existentiel abyssal !
Je crois que ce que j'ai le plus apprécié dans ce recueil est le traitement des personnages. Qu'il s'agisse de caricatures à la Daumier ou de "gros plans" mettant plus en valeur la complexité d'un parcours individuel, avec bien souvent un drame personnel à la clé, ces hommes et ces femmes ont été très présents tout au long de ma lecture et resurgiront probablement de ma mémoire au gré des circonstances...
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rabanne
  09 mai 2020
J'avais depuis longtemps envie de lire cet auteur. Je l'ai abordé avec ce recueil de nouvelles.
Il s'agit de quinze récits qui dépeignent la société de Dublin, au début du XXe siècle, à travers les mentalités de l'époque et les relations humaines : le mariage, l'amitié, les rencontres et mondanités, les questions religieuses et politiques, les bonheurs et les drames, les souvenirs et les regrets.
Des bribes de la vie ordinaire, plus ou moins mouvementées et rythmées, exposées sans emphase aucune mais dans un souci probant du détail. Et il y a, à travers ces scène(tte)s, quelque chose d'indéniablement théâtral et cinématographique ; le lecteur devient comme un intime de ces "gens"...
L'écriture est plutôt dense, d'une qualité absolument littéraire, d'un style désuet mais pas précieux. J'avoue cependant avoir perdu parfois le fil de mon attention, tant il y a de personnages et de descriptions poussées (ambiances, caractères, liens), pour finalement n'apprécier réellement que la moitié du nombre de ces nouvelles.
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Citations et extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   30 juin 2013
- J'étais justement en train de leur dire, Crofton, que nous avons gagné plusieurs électeurs.
- Qui ça avez-vous gagné ? dit M. Lyons.
- Eh bien, j'ai gagné Parkes primo, Atkinson secundo et puis Ward de Dawson Street. C'est un gaillard de bonne étoffe, bon camarade, vieux conservateur. " Est-ce que votre candidat n'est pas nationaliste ? " qu'il me dit, et je lui ai répondu : " C'est un homme respectable, il est favorable à tout ce qui sera utile à ce pays. C'est un gros contribuable. Il a de grands immeubles en ville, trois bureaux ; et est-ce que ce n'est pas son propre avantage de vouloir faire baisser les impôts ? C'est un citoyen éminent, que je lui dis, un administrateur de l'hospice, et il n'appartient à aucun parti, bon, mauvais ou indifférent. " Voilà la façon dont il faut lui parler.
- À propos de l'adresse au roi, dit M. Lyons, faisant claquer ses lèvres après avoir bu.
- Écoutez-moi, dit M. Henchy ; ce que nous voulons dans le pays, comme je disais au vieux Ward, c'est du capital. La venue du roi ici équivaut à un afflux d'argent dans le pays. La population de Dublin en profitera. Regardez toutes les usines fermées le long des quais. Regardez tout l'argent que l'on gagnerait si l'on faisait travailler les vieilles industries, les moulins, les hangars de construction maritimes, les fabriques. Ce sont des capitaux qu'il nous faut.
- Cependant, John, dit M. O'Connor, pourquoi souhaiterions-nous la bienvenue au roi d'Angleterre ? Parnell lui-même n'a-t-il pas... ?
- Parnell, dit M. Henchy, est mort. Quant à mon point de vue, le voici : notre gaillard monte sur le trône après que sa bonne vieille femme de mère l'en a éloigné jusqu'à ce qu'il ait les cheveux gris. C'est un homme du monde et il est bien disposé à notre égard. C'est un chic type, si vous voulez mon avis, et il n'a pas un grain de sottise par la tête. Il doit se dire : " La vieille n'est jamais venue voir ces Irlandais intraitables et, pardieu, j'irai un peu voir de mes yeux ce qu'il en retourne. " Et nous, nous irions insulter cet homme, la fois qu'il vient justement nous faire une visite d'ami ? Eh ? N'ai-je pas raison, Crofton ?
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Nastasia-BNastasia-B   11 juillet 2013
Deux hommes en pardessus, adossés à la cheminée, parlaient familièrement avec Miss Healy et le baryton. C'étaient les reporters du Freeman et M. O'Madden Burke. Le reporter du Freeman était venu dire qu'il ne pouvait pas attendre le concert, ayant à faire le compte rendu de la conférence d'un prêtre américain, à la mairie. Il dit qu'on n'avait qu'à déposer le compte rendu au bureau du Freeman et qu'il veillerait à ce que cela parût. C'était un homme grisonnant au langage spécieux et aux manières prudentes. Il tenait un cigare éteint d'un l'arôme flottait autour de lui. Son intention n'avait pas été de rester parce que concerts et artistes l'excédaient prodigieusement ; mais il n'en demeurait pas moins appuyé contre la cheminée. Miss Healy debout devant lui bavardait et riait. Il était assez âgé pour soupçonner la raison de cette amabilité, mais encore assez jeune d'esprit pour en faire son profit. La chaleur, le parfum et la couleur du corps de la jeune fille parlait à ses sens. Il se plaisait à penser que la gorge qu'il voyait se soulever et retomber lentement se soulevait et retombait pour lui, que le rire, le parfum, les œillades lui étaient donnés en tribut. Quand il ne put rester davantage, il la quitta à regret.
- O'Madden Burke écrira la notice, expliqua-t-il à M. Holohan, et je veillerai à la faire passer.
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Nastasia-BNastasia-B   08 juin 2013
Farrington dirigeait son regard à tout moment vers une des jeunes femmes. Il y avait quelque chose dans son apparence qui attirait l'œil. [...] Farrington considérait avec admiration le bras replet qu'elle remuait fort souvent et avec beaucoup de grâce ; et lorsque, après un peu de temps, elle répondit à son regard, il éprouva encore plus d'admiration pour ses grands yeux bruns. L'oblique fixité de leur expression le fascinait. Elle lui lança une ou deux œillades et quand le groupe quitta la salle, elle frôla la chaise de Farrington et dit : " Oh ! pardon ", avec un accent londonien. Il la suivit des yeux, tandis qu'elle sortait de la pièce, dans l'espoir qu'elle se retournerait, mais il fut déçu. Il maudit sa pénurie d'argent et maudit toutes les tournées qu'il avait offertes, en particulier les whiskys et les apollinaris qu'il avait payés à Weathers. [...] Lorsque Paddy Léonard l'interpella, il s'aperçut que l'on parlait de prouesses athlétiques, de tours de force. Weathers exhibait ses biceps à la compagnie et se vantait tant, que les deux autres en avaient appelé à Farrington pour soutenir l'honneur national. Farrington, effectivement, releva sa manche et exhiba ses muscles à la compagnie. Les deux bras furent examinés, comparés, et il fut finalement convenu qu'ils auraient à mesure leur force. La table fut débarrassée et les deux hommes y appuyant leur coude s'étreignirent la main. Quand Paddy Léonard dit : " Allez ! " chacun devait tâcher d'abaisser la main de l'autre sur la table. Farrington avait un air sérieux et décidé.
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Nastasia-BNastasia-B   27 juin 2013
M. Henchy se mit à renifler et à se frotter les mains au-dessus du feu à une vitesse vertigineuse, puis il dit :
- Pour l'amour du Ciel, Jack, apporte-nous un peu de charbon. Il doit en rester.
Le vieux sortit de la chambre. [...] M. Henchy attendit quelques instants, puis, de la tête désignant la porte :
- Dites-moi, fit-il de l'autre côté de la cheminée, qu'est-ce qui nous amène notre ami ? Qu'est-ce qu'il veut ?
- Eh, parbleu ! le pauvre Jo, dit M. O'Connor jetant dans le feu son mégot, il est dans la purée comme nous tous.
M. Henchy renifla vigoureusement, puis cracha avec tant d'entrain qu'il manqua d'éteindre le feu, lequel émit un sifflement de protestation.
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Nastasia-BNastasia-B   07 juillet 2013
Mrs. Kearney ne dit rien ; mais, à mesure que les numéros médiocres se succédaient sur la scène et que les quelques rares spectateurs se raréfiaient encore, elle commença à regretter de s'être mise en frais pour un tel spectacle. [...] Le concert du jeudi soir fut mieux suivi ; mais Mrs. Kearney vit de suite que la salle ne contenait que des billets de faveur. L'auditoire se conduisit de façon indécente comme si le concert n'avait été qu'une simple répétition en costumes. [...] Dans le courant de la soirée, Mrs. Kearney apprit qu'on allait renoncer au concert du vendredi et que le comité allait remuer ciel et terre afin d'assurer une salle comble pour le samedi soir. [...] Des galopins furent envoyés dans les principales rues de Dublin, de bonne heure, le vendredi matin, avec des monceaux de prospectus. Des annonces spéciales dans les journaux du soir rappelaient au public, épris de musique, la joie qui leur était réservée le soir suivant. Mrs. Kearney fut quelque peu rassurée, mais elle crut bien faire en informant son mari de ses soupçons. Il l'écouta avec attention et dit que ce serait peut-être préférable qu'il l'accompagnât le samedi soir. Elle y consentit. Elle respectait son mari un peu de la même façon dont elle respectait le bureau de poste central ; à la manière d'une vaste administration, sûre et immuable ; et bien qu'elle reconnût le petit nombre de ses talents, elle appréciait sa valeur abstraite en tant que mâle. Elle était contente qu'il lui eût proposé de l'accompagner, et elle récapitula ses projets.

UNE MÈRE.
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Vidéo de James Joyce
Ce reportage retrace l'itinéraire de l'écrivain James JOYCE, en Haute Loire, à l'occasion de l'hommage qui va lui être rendu. Il a séjourné un an à Saint Gérand le Puy, en 1939. Marie Louise Gilbert cite une anecdote.A l'hôtel du village, Anna BOIROT se souvient de l'écrivain.Au magasin du coiffeur, Marcel CHASSAGNETTE est interviewé, et explique que c'était un homme simple, il parlait peu de son travail. La dernière étape de l'itinéraire, c'est le château de LA CHAPELLE où il venait souvent passer la journée. Madame DE ROSIERE, la châtelaine, le décrit comme peu communicatif, il retrouvait son Irlande natale dans les paysages du BOURBONNAIS. Il était grand et maigre et avait de la classe. Odette Bernard que l'on voit feuilleter un livre sera le maître d'oeuvre de l'hommage qui sera rendu à l'écrivain. Images d'archive INA
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