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EAN : 9782355221262
250 pages
Éditeur : Zones (19/09/2019)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s’acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d’à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais ils sont écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui lui-même aggrave l’épuisement des ressources naturelles et les pollutions.
À l’âge d’Amazon, le consumérisme atteint son « stade suprême ».
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ErnestLONDON
  08 octobre 2019
Alors que le capitalisme engendre sans cesse des besoins artificiels toujours nouveaux, que le consumérisme atteint son « stade suprême », Razmig Keucheyan, professeur en sociologie à Bordeaux, élabore une théorie critique et propose une politique émancipatrice basée sur « les besoins « authentiques » collectivement définis ».
(...)
Analyse fine et perspicace.
Compte-rendu de lecture (très) complet sur le blog :
Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Impression-de-lecteur
  27 janvier 2020
Qu'apporte la pensée marxiste à la compréhension et à résolution de la crise écologique ? C'est à partir d'analyses critiques du productivisme et du consumérisme du système capitaliste conceptualisées par Agnès Heller et d'André Gorz dans la théorie des besoins, à partir de la théorie du pouvoir moderne et son objectivisation dans l'état capitaliste représentée par Antonio Gramsci et Nicos Poulantzas et enfin à partir des écrits de Marx surtout les manuscrits de 1844 que Razmig Keucheyan nous dévoile les paradoxes du monde moderne. Notre monde occidental est caractérisé par un état de « bien être » c'est-à-dire que les besoins biologiques absolus - frontière existentiel - sont pourvus par le système capitaliste. En fait la production pourrait assurer les besoins authentiques mais il faudrait une autre forme de répartition. Il y a un écart entre le réel et le possible : 3 millions d'enfants de 5 ans meurent dans le monde chaque année de malnutrition alors que l'on estime que l'humanité peut assurer l'alimentation de 3 milliards de personnes en plus de la population mondiale actuelle (voir sources dans le livre). La société de bien être permet l'émergence de nouveaux besoin appelés besoins qualitatifs ou besoins radicaux, forme de satisfaction supérieure. Dans cet état de bien être la conception du modèle libéral de croissance (jaugé par le PIB) est contesté par la théorie de développement humain d'Amarty Sen et de Martha Nussbaum pour qui la richesse se jauge à partir du niveau de la santé, de l'éducation, de l'environnement, des libertés publiques. Selon Marx, la critique de cette abondance de biens produits et consommés passe par la valeur d'usage – valeur qualitative- ; Benoît Hamon avait proposé aux industriels d'expérimenter l'affichage de la valeur d'usage sur les produits. Mais, comme le rappelle Razmig K, aux mouvements écologiques mainstream, toute revendication politique passe par un rapport de force - la société durable se mesure à l'aune du prolétariat porteur d'universalisme. Il y a beaucoup de choses dans ce livre qui apporte un éclairage sur la prise en compte de l'écologie par la pensée marxiste et ses possibilités d'hybridation avec les divers courants critiques du capitalisme.
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ged7fr
  05 juillet 2020
La thématique de l'essai est intéressante, mais j'ai trouvé son traitement un peu confus et/ou pas toujours accessibles.
La conclusion est un peu une sorte de queue de poisson, qui se résume par : les besoins essentiels sont les besoins individuels permettant sa réalisation (Marx), qui doivent être discuté collectivement, localement, sans définir au préalable (ontologiquement) ce qu'est un besoin artificiel. Dans ce cas' en poussant le trait, le « soviet » du « club du siècle » pourra définir ses besoins sans rien changer de ses exigences actuelles...
Il y a un grand manque dans cet essai, très succinctement abordé dans les dernières pages, le savoir et la pédagogie. Nous vivons dans une société extrêmement plus complexe qu'il y a un siècle au point que les citoyens consomment des biens et des services sans en comprendre grands choses (savez-vous comment fonctionne votre smartphone ?), et sans plus connaître comment vivre sans (savez vous comment faire pousser du blé ? Fabriquer un médicament ?).
Diriger collectivement demande des connaissances et l'apprentissage des choses. Diriger n'est pas consommer, ce n‘est pas exiger comme on fait ses courses. Il faut que tous maîtrisent la nature et le fonctionnement des choses pour prendre des décisions éclairées pour le bien de tous. Ce point est absent de cette essai.
Prenons un exemple pour illustrer le propos. La convention citoyenne a été créée à la suite du mouvement des gilets jaunes, qui c'est révolté alors que l'on allait baisser la vitesse limite de circulation de 90 à 80 km/h (c'était l'élément déclencheur). Cette convention de 150 personnes, choisies au hasard, après 9 mois d'apprentissage, décide notamment de baisser la vitesse limite de circulation de 130 à 110 km/h.
Je retire néanmoins une remarque de l'essai qui me semble très juste : la lutte contre le changement climatique n'est pas une affaire de consensus (la preuve on n'avance pas), mais de rapport de force. A ce jeu une certaine lycéenne suédoise l'a bien compris...
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Goudal
  12 juin 2020
J'avais déjà lu Hémisphère gauche et La nature est un champ de bataille quand j'ai lu ce bouquin. D'autre part,, j'apprécie les articles de Keucheyan dans le monde diplomatique. Hémisphère gauche explorait les développements de la pensée marxiste dans le monde. On y découvrait la vigueur et l'actualité de cette pensée en Inde et aux Etats-Unis. Dans La nature est un champ de bataille, Keucheyan situait et intégrait l'écologie dans cette pensée. Dans ce troisième essai, il donne des pistes très concrètes pour sortir du consumérisme.Il fait le lien indispensable entre productivisme et consumérisme déjà conceptualisé par Agnès Heller et André Gorz d'une part dans la théorie des besoins. Il convoque aussi Antonio Gramsci et Nicos Poulantzas avec la théorie du pouvoir capitaliste et bien évidemment les oeuvres de jeunesse de Karl Marx notamment les manuscrits de 1844. Au delà de ces références multiples et nombreuses, Keucheyan déconstruit le système productiviste et consumériste. Il énumère toutes les formes de lutte concrète déjà présente. Il reconstruit un système nouveau de richesse basé sur la santé, l'éducation et la protection de l'environnement. Au-delà encore, il définit les conditions nécessaires d'apparition de ces changements en identifiant le nouveau prolétariat et en invoquant la fusion des syndicats ouvriers et des organisation de défense des consommateurs. C'est le moment.
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Flocava1
  23 décembre 2019
J'avais entendu l'auteur sur une émission de France Inter et il m'avait semblé lumineux... son livre est à l'image de ce monsieur : intelligent, érudit, fourni et en même temps simple tout en interrogeant notre rapport à la consommation et la société de consommation elle-même avec une seule valeur : l'argent, la puissance, le pouvoir, le gain toujours plus en vain....il brasse la politique, l'histoire, le droit, l'écologie , la psychologie , et propose de penser une nouvelle société basée sur d'autres rapports de force. Une utopie peut être mais au moins on peut essayer...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AdalarasiAdalarasi   29 mars 2020
Pour Marx, les besoins, certains d'entre eux en tout cas, sont donc à la fois biologiques et historiques. Le caractère historique d'un besoin peut mettre du temps à se manifester. Nous respirons par les poumons sans y penser, ou en y pensant lorsque le rythme de notre respiration s'accélère à l'occasion d'un sprint, ou décélère lorsque nous nous endormons. Mais des dispositifs de respiration artificielle existent, pour soulager les victimes d'insuffisance respiratoire ou permettre aux astronautes visitant des planètes sans oxygène de survivre. Leur invention remontent au XVe siècle. Ce n'est toutefois que dans la seconde moitié du XXe siècle qu'ils se diffusent. Dans les villes où l'air est particulièrement pollué, comme en Chine, les masques dotés d'un purificateur d'air rencontrent aujourd'hui un succès important. Les dispositifs de respiration artificielle deviennent objet de consommation courante. Comme la faim, avant lui, le besoin naturel qu'est la respiration s'historicise.
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ErnestLONDONErnestLONDON   08 octobre 2019
Naturaliser un besoin est une manière de présenter son assouvissement comme inévitable. Le dénaturaliser permet au contraire de montrer qu’il peut être combattu et réfréné.
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Impression-de-lecteurImpression-de-lecteur   27 janvier 2020
Une hypothèse formulé par Hartmund Rosa est que le peu de temps dont nous disposons dans nos sociétés de l’accélération pour jouir des biens achetés- par exemple lire un livre- nous conduit à en acheter de nouveaux, dans l’espoir constamment différé que le temps viendra où nous pourrons en profiter enfin.
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ErnestLONDONErnestLONDON   08 octobre 2019
La crise environnementale actuelle est la conséquence du capitalisme industriel tel qu’il s’est développé depuis la fin du XVIIIe siècle.
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ErnestLONDONErnestLONDON   08 octobre 2019
Les GAFA représentent une variante particulièrement sophistiquée de dictature des besoins.
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Videos de Razmig Keucheyan (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Razmig Keucheyan
Face à l?épuisement des ressources naturelles, il y a urgence à distinguer les vrais besoins des besoins artificiels. Razmig Keucheyan nous en parle dans "Les besoins artificiels".
La Grande table Idées d?Olivia Gesbert ? émission du 18 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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