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EAN : 9782330175375
368 pages
Actes Sud (05/04/2023)
3.95/5   21 notes
Résumé :
Un matin de fin d'été, les habitants d'un petit village des Alpes se réveillent avec vue sur un golfe immense : les montagnes sont devenues des îles éparses, au loin, et toutes les vallées sont noyées.
Très vite, la petite communauté épargnée va devoir réapprendre à vivre uniquement avec les ressources locales, en misant sur la confiance et la force du collectif.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Voilà qui risque de faire passer nos précieux amis du Giec pour des "petits joueurs" !
Le niveau des océans vient de prendre huit cent mètres en une nuit !
Heureusement, heureusement ...
"Montées des eaux" est un roman écrit par Pierre Lieutaghi, et publié en avril 2023 dans la collection "Domaine du Possible" des éditions "Acte Sud".
En plein mois d'août, comme dans un mauvais rêve, sans avoir été annoncé d'aucune manière, sans pluies torrentielles, sans avertissement du très haut, le niveau des mers et des océans a submergé le monde des humains, n'épargnant que quelques villages en altitude.
Au Serres, C'est l'hébétude d'un réveil pâteux et incompréhensible mais la vie, très vite, va reprendre et se réorganiser ...
Ce récit est un récit apocalyptique que son auteur a soulagé des maux les plus terribles du genre grâce à sa connaissance approfondie de l'herboristerie.
Après une maîtrise de lettres modernes, Noé Magnan s'est reconverti dans la botanique et l'étude des plantes médicinales.
Jour après jour, il va tenir un journal entrecoupé d'interventions de Marie, sa compagne qui vient de terminer ses études de médecine, et de témoignages d'autres habitants de ce village de basse-montagne des Serres.
Le récit se déplie lentement au fil des récoltes de plantes, des menus événements de la vie qui reprend et des quelques tragédies qui viennent secouer la petite communauté, jusqu'à un épilogue quelque peu attendu, qui pourtant ne s'avèrera être au final qu'un recommencement ...
Il y a des longueurs mais l'auteur, herboriste lui-même connaît la valeur du temps.
Il faut savoir ici ralentir le pas pour le suivre dans cette nouvelle ère à réinventer.
Car c'est là toute l'originalité du récit de Pierre Lieutaghi que d'avoir réinventé le genre, d'avoir réaxé la fin du monde dans un monde paisible et quasi-ordinaire.
Le thym et le romarin s'avèrent être des remèdes efficaces contre le zombie et le cannibale qui ont été priés d'aller vivre ailleurs leurs apocalypses agitées !
Le style simple de l'écriture de ce livre lui confère une crédibilité encore accrue.
Ici pas d'exercices difficiles, pas de prouesses d'écrivain, ni de rebondissements inattendus qui viendraient durcir le récit.
Pourtant quelques questions sont posées par l'auteur, de celles qui forcément s'imposent à la lecture d'un tel récit.
Une, principale et lancinante, vient s'imposer à Noé et Marie dans leurs réflexions, capitale celle-là pour eux mais aussi pour nous : Un XVIIIème siècle amélioré ne vaudrait-il pas mieux que cet abandon au désespoir que nous fait vivre ce XXIème siècle ?
Car l'on sent bien que l'auteur de ce roman n'est pas un fervent adepte de la frénésie citadine !
La question religieuse, pourtant sous-entendue par le thème même du récit et par le caractère des personnages est pourtant très rapidement éludée.
La messe aura bien lieu à 10H30 comme chaque dimanche puisqu'aucune société ne peut survivre sans rituels !
Plus intéressante, et plus prenante dans le récit, la lutte contre le rétrécissement des savoirs est venue interpeler ma lecture, et quelques vaines certitudes.
Ce roman apocalyptique est original dans son genre.
Il est agréable à la la lecture, et prenant, sans toutefois réussir à être vraiment passionnant.
Mais il a ceci de particulier et de disruptif qu'il vient profondément remettre en question notre mode de vie actuel destructeur, délétère et indifférent ...







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Pierre Lieutaghi, Montée des eaux, 2023, 364 pages, @actessud .

🌊Cela pourrait être une dystopie, car dans ce roman, la catastrophe a eu lieu : les océans et mers ont gonflé et noyé les terres jusqu'à 800 m d'altitude.
Malgré tout, éco-anxieux, ne passez pas votre chemin ! Car Pierre Lieutaghi vous réserve une surprise de taille. Il va nous montrer dans cette fiction que rien n'est jamais perdu. Avec de l'ingéniosité, de l'organisation, et surtout de la solidarité, du collectif bien ancré, on peut sans sortir !
🌊Mais quelques précisions sont nécessaires quant au scénario présenté dans ce roman. Un village de 200 habitants, Les Serres, situé en moyenne montagne, juste au-dessus de 800 m, a échappé au désastre, un matin du 12 août. Après la sidération, le deuil, la douleur, tous ont conscience qu'une organisation stricte pour survivre est nécessaire.
🌊D'abord une mise en commun de toutes les compétences humaines, mais aussi d'absolument toutes les ressources. Prévoir l'hiver, sans électricité, sans téléphone, sans réserve de gaz, sans réserve de médicaments... Tout manque ou va manquer. Une gestion et un travail collectif gigantesques se mettent en place, qui leur évitent de sombrer tant la fatigue physique les écrase.
🌊Le roman est présenté comme le journal de bord du botaniste du village, auquel se joindra la voix d'une femme médecin. Tous deux témoignent de la limite de l'exercice : on parvient à s'entendre parce qu'on est 200, mais la commune voisine, avec 10 fois plus d'habitants, s'en sort plus difficillement : résistance au collectif, vieux réflexes d'appropriation, incivilités.
🌊Cette chronique d'une catastrophe annoncée fait la part belle à l'élan collectif, au soutien, à la créativité technique et artistique. Car oui, pour survivre, il faut aussi recréer de la culture, musique, poésie, qui soignent les âmes. Un livre intelligent par un auteur brillant !
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Quelle émotion de lire ce livre, le dernier, quelques mois après la disparition de Pierre Lieutaghi...
On y retrouve tout ce qui fait la beauté de cet homme... L'intelligence, la douceur, le pont entre le monde végétal et celui des humains, la force d'être confiant bien que lucide.
Faisons vivre la pensée de l'auteur, elle est d'une force germinative indispensable, partageons cette lecture !
Merci pour tout Pierre Lieutaghi, merci, merci...
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Après une montée des océans de 800 mètres, aussi rapide (en une nuit seulement) qu'inexpliquée, les rares survivants de cette catastrophe doivent s'organiser pour survivre. le roman suit un groupe de villageois dans les Alpes et prend la forme d'un journal de bord de ces Robinson des sommets.
Au travers de l'utilisation de tout ce que la nature montagnarde peut apporter (plantes médicinales, champignons, fruits, eau des rivières ou encore animaux des forêts), l'auteur nous livre un hymne à la résilience, l'espoir, l'entraide et à ce que l'humanité a de plus beau : l'intelligence collective.
Par effet miroir, apparaissent aussi tous les travers de nos sociétés modernes. Voici un livre engagé dont on prend plaisir à dévorer les pages.
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Montée des Eaux de Pierre Lieutaghi, publié quelques mois avant la mort de l'auteur, dont j'avais lu, dans un autre genre, La Plante compagne. C'est un roman post-apocalyptique tout ce qu'il y a de plus classique dans son essence, mais avec un ton très optimiste, qu'on pourrait même qualifier d'utopique (la vie est quand même plus sympa après l'apocalypse et les enfants ne s'emmerdent plus à l'école). C'est bien écrit et c'est loin d'être bête, mais le fait est que je me suis très vite ennuyé, et ennuyé fort. J'ai scanné les pages, lisant un mot sur dix, tant ça m'a semblé vide et verbeux.

Les eaux montent et le village des Serres se retrouve isolé avec ses 200 habitants et quelques randonneurs. On s'organise, on met en commun, on résiste à une attaque de pillards, il y a un viol, et un vieux qui a du diabète. On ramasse des champignons, on retape le moulin et on va à la néo-messe. Il ne se pas grand-chose de plus, vraiment. Bien sûr, ce n'est pas un mal en soi, et je comptais sur les talents de l'auteur en botanique pour venir épicer tout ça. Hélas, cet aspect du roman est extrêmement décevant.

L'un des deux narrateurs est herboriste, et il ramasse quelques plantes, fait des tisanes, des pommades et des teintures-mères. Même un peu d'homéopathie, je vous jure. Il donne quelques conseils sur l'alimentation : ramasser les glands, les cynorrhodons, etc. On ne va pas plus loin. L'auteur évoque le début d'une réappropriation paysanne du territoire, il mentionne des semis de céréales, les élevages, mais ça ne dépasse pas le stade de l'évocation. C'est d'autant plus frappant que le roman ne dure que trois mois ! On ne voit même pas le village traverser l'hiver : tout l'aspect survie de la communauté semble beaucoup trop facile et sans aucune profondeur, et l'aspect paysannerie à long terme, qui aurait donné au roman un angle unique, est globalement absent. Au lieu de tels développements on a droit aux bavardages incessants et insignifiants de nos deux narrateurs, qui occupent l'essentiel du texte.

Lien : https://lespagesdenomic.blog..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
On ne pourra pas empêcher que des pans entiers de la connaissance se perdent.
Moi, par exemple, qu'est-ce que je peux transmettre de ce que j'ai appris en dix ans d'étude ?
Où sont les profs, les livres, la biologie, la génétique, les stages dans divers services, le matériel, l'imagerie médicale, les remèdes ?
Faut-il s'efforcer d'enseigner ce qui n'existe plus ? ...
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Quand je me suis mis à ce journal le jour même de la Montée des Eaux, c'était pour me lancer une bouée (tant pis pour l'image). Sur le moment je l'ignorais bien sûr. Comme c'était impossible de parler à qui que ce soit, je me suis parlé à moi-même. Il est probable que d'autres, ailleurs, tiennent aussi la chronique des heures et des jours d'après. Plus tard on fera peut-être l'analyse comparée de nos témoignages, ce qui ne manquera pas de passionner les historiens et autres sociologues.
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Video de Pierre Lieutaghi (1) Voir plusAjouter une vidéo

Pierre Lieutaghi ou le Langage des Arbres
Pierre LIEUTAGHI, jeune écrivain retiré à Forcalquier, en Haute Provence, pour être plus proche de la nature, représente le berger dans la "Nativité 1969" de l'émission. Claude SANTELLI s'entretient avec lui à son domicile, à propos tout d'abord des vertus médicinales des plantes, dans la médecine traditionnelle, notamment le gui. Il explique la «doctrine des signatures » de la...
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