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ISBN : 1892597659
Éditeur : Abstract Studios (13/12/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Collects issues 6-10. Samantha Locklear's reclusive life has been turned upside down since a flying saucer was shot down near her junkyard. Helping the alien escape his attackers brings back disturbing memories for Sam; the war in Iraq, the little boy wired to a bomb, the stuffed gorilla he solemnly entrusted to her care. The lines between reality and fantasy are blurring for Sam who must choose between a life-saving operation and her vow to leave no man behind.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  27 mars 2018
Ce tome constitue la deuxième moitié d'une histoire complète. Il faut donc avoir lu le premier tome Motor Girl 1 - Real life (épisodes 1 à 5) avant. Celui-ci contient les épisodes 6 à 10, initialement parus en 2017, écrits, dessinés et encrés par Terry Moore. Cette histoire est en noir & banc.
2 soucoupes volantes sont apparues dans le ciel nocturne à proximité de la casse que gère Sam Locklear. Aussitôt 2 véhicules tout-terrain foncent depuis la base établie par Lewis Walden et son équipe pour se rendre à proximité de la soucoupe qui s'est écrasée dans le désert. Les 2 véhicules arrivent à proximité de l'épave plantée dans le sol du désert. Lewis Walden sort du tout-terrain le premier et demande à ses hommes de ne pas tirer tant qu'il ne l'a pas ordonné. 2 mercenaires en jean et teeshirt noir, arme automatique à la main, lui enjoignent de ne pas trop s'approcher. Tout d'un coup, un extraterrestre apparaît, une masse velue anthropoïde essayant de s'extirper de la carcasse encore fumante. Les hommes ouvrent aussitôt le feu avec leur mitraillette, vidant leur chargeur sur la créature. Lorsqu'ils s'arrêtent, le sol est jonché de douilles, mais il n'y a pas trace de la créature.
Dans sa baraque, Sam Locklear a recueilli Larry absolument traumatisé par son enlèvement par les extraterrestres, et pas du tout remis de son séjour dans leur soucoupe. Il accepte la bière que lui tend Sam, mais est incapable d'expliquer, ni même de décrire ce qui lui est arrivé. Mike en déduit qu'il sera impossible d'en tirer quoi que ce soit. Lorsque Sam lui demande s'il a vu un petit bonhomme répondant au nom de Bik, Larry se contorsionne pour se cacher sous le coussin du fauteuil. Sam ne parvient qu'à récupérer sa chaussure, mais on frappe à la porte. C'est Bik qui a réussi à sortir de sa soucoupe et qui vient demander de l'aide, mais qui perd connaissance sur le pas de la porte. En apercevant la lumière des projecteurs qui fouillent le ciel de la nuit, Sam Locklear subit une remémoration. Elle se retrouve en Iraq, alors qu'elle et un autre militaire se tiennent devant un immeuble d'une fenêtre duquel un enfant demande de l'aide. Elle se revoit entre dans l'immeuble pour rejoindre l'enfant dans l'appartement.

Encore sous le charme du premier tome, le lecteur plonge avec confiance dans cette deuxième moitié, curieux de savoir ce qu'il en est de ces extraterrestres, et de savoir ce qui va arriver à Sam Locklear. Comme dans le premier tome, il découvre une citation en début de chaque chapitre : Sting pour le numéro 6, Winston Churchill pour le 7, la devise du United States Marine Corp pour le 8, un couplet d'une chanson de King Crimson pour le 9, et une réplique de Libby (l'un des personnages de l'histoire) pour le 10. Visuellement la séquence d'ouverture commence comme un film d'extraterrestres, descriptive. Dès la page 4, la créature extraterrestre s'extirpe avec difficulté du vaisseau endommagé, grimaçant comme un beau diable. le lecteur constate une forme d'humour visuelle avec cette grimace. En tournant la page, il a la confirmation de cette forme d'humour visuel, avec le nombre de douilles expulsées quasiment instantanément des fusils automatiques des 2 mercenaires. Il y a une exagération qui place la narration dans le domaine de l'humour. Ainsi Terry Moore va exagérer plusieurs séquences : Larry qui réussit à se contorsionner pour se glisser sous le coussin du fauteuil et s'y cacher complètement, l'extraterrestre velu en train de prendre son bain dans la baignoire de Sam, avec une charlotte pour protéger ses cheveux, les 2 mercenaires qui s'introduisent dans la baraque de Sam en défonçant le chambranle du fait de leur largeur d'épaule et en défouraillant à tout va, laissant derrière eux une quantité de douilles impossible, ou encore Mike (le gorille, l'ami imaginaire de Sam) conduisant une grosse moto à 3 roues sur une highway, sous le regard médusé d'un automobiliste et de sa famille. L'auteur utilise donc des images absurdes pour introduire une veine comique dans sa narration. Cela a pour effet de faire douter le lecteur de la réalité des événements qui sont en train de survenir.
Mais ces moments absurdes sont en nombre maîtrisé, et ils s'intercalent entre des scènes de nature bien différentes. Comme dans le tome précédent, Terry Moore raconte un drame, celui de cette vétéran de la guerre en Irak, avec 3 services à son actif, et un an passé en tant que prisonnière soumise à la torture. Après l'entrée en matière tonitruante et exagérée de l'épisode 6, le lecteur découvre Samantha Locklear en uniforme militaire dans une rue d'une ville en zone de combat. Elle répond bien sûr à l'appel à l'aide de l'enfant qui tient dans ses bras une peluche à l'effigie d'un gorille. le lecteur comprend immédiatement le lien avec Mike et sait par avance qu'il s'agit d'un souvenir traumatisant. L'artiste donne l'impression de raconter la scène en temps réel, comme si le lecteur marchait dans les pas de Sam, ou se tenait à ses côtés. Il assiste donc en direct à l'impact émotionnel de cette action sur le terrain, avec les expressions de visage mesurées représentées par Moore. Cette première scène en Irak est complétée par 2 autres dans la suite. le créateur dépeint Sam Locklear avant tout comme un être humain, avec des gestes professionnels de militaire, mais sans aucune velléité de glorifier ses actions d'éclat, ou de les teinter de romantisme. Il s'agit plus d'une description factuelle, très prosaïque. Ce choix graphique renforce la crédibilité de l'histoire personnelle de Sam, son ressenti, son mutisme, son comportement très pragmatique.
Bien sûr, le passage d'un moment exagéré à l'absurde à un moment très réaliste accentue l'effet de l'un (comique) et de l'autre (drame), mais il est possible également que le lecteur éprouve des difficultés d'ajustement à passer ainsi d'un registre extrême à un autre tout aussi prenant. Toutefois, comme il a développé une relation affective avec Sam dans le premier tome où le contraste était moins poussé, il se retrouve automatiquement impliqué émotionnellement dans son histoire, et il peut trouver un peu agaçant les moments énormes. Il se rend compte qu'il retrouve également avec plaisir Victor qui fait tout pour conserver sa dignité et son amour propre, alors même qu'il a conscience de sa forme d'imposture du fait de son manque de compétences et d'utilité. À nouveau les dessins montrent un individu très crédible et incarné, réussissant à dire aux autres qu'ils lui doivent un minimum de respect, et qu'ils ne peuvent pas le traiter comme un paillasson. le lecteur retrouve également Libby, la dame âgée propriétaire de la casse et assumant le rôle de mère par défaut de Sam. Dans le tome précédent, les dessins montraient une femme d'une soixantaine d'années, rabougrie mais énergique, sapée comme un sac de pomme de terre mais active. Il prend un grand plaisir en découvrant son langage corporel, bien campée sur ses pieds, droite, faisant face à Lewis Walden pour faire valoir ses droits, et indiquer qu'elle n'est pas intimidée. Par comparaison avec le premier tome, Libby se positionne plus dans le registre du personnage réaliste que comme personnage secondaire comique.
En gardant à l'esprit que dessinateur et scénariste ne sont qu'une seule et même personne, le lecteur s'interroge quand même parfois sur cette dichotomie narrative entre les moments absurdes et les moments dramatiques, comme si les premiers sapaient une partie du premier degré des seconds, ou constituaient une indication sur le ressenti des personnages impliqués dans la situation. Dans les 2 types de scène, il admire le dosage visuel de Terry Moore. Il sait aussi bien montrer l'appareillage médical complexe envahissant d'une salle d'hôpital, que le vide du désert, tout en lui conférant une texture par le biais de petits traits. Il voit que Terry Moore a encore gagné en apparence organique dans les dessins, mêlant des traits évoquant une esquisse rapide, avec d'autres à l'apparence plus aboutie, issue d'une construction rigoureuse, proprement repassés. Cette approche élaborée aboutit à des séquences d'un naturel évident et criant, que ce soit Libby en train d'admonester Victor, les Jeep fonçant à fond sur le sol inégal du désert, Mike conduisant son énorme moto à 3 roues, Sam prenant connaissances des résultats du scanner dans une page muette des plus touchantes, une nuée de soucoupes volantes apparaissant dans le ciel sans nuage…
Du point de vue l'intrigue, Terry Moore mène le récit jusqu'à une forme de résolution pour Sam Locklear, et pour la présence des extraterrestres. Son personnage principal continue de générer une forte empathie chez le lecteur, ressentant une forte sympathie pour cette personne amochée par la vie, angoissée à l'idée d'accepter la vie pour ce qu'elle est devenue, de lâcher prise, d'affronter un changement inéluctable qu'elle a tenu à l'écart le plus longtemps possible. le lecteur est donc beaucoup plus investi dans les personnages et leur évolution que dans l'intrigue relative aux extraterrestres et à la volonté de maîtrise de Lewis Walden. le déroulement du récit laisse supposer que ces soucoupes et leurs passagers sont à prendre au premier degré, même si finalement on n'en apprend pas plus sur leur provenance ou leurs objectifs. de même manière que l'exagération des attaques conduit le lecteur à les prendre au second degré, l'absence de motivation des agissements des extraterrestres conduit le lecteur à les reléguer à l'arrière-plan, à les considérer comme un sous-produit secondaire de l'histoire.
Dans ce deuxième tome, l'auteur prend le parti d'augmenter les particularités de la narration que ce soit la dimension parodique des scènes d'action (avec des centaines de douilles), ou la force des épreuves subies par les premiers rôles. le jeu et la direction d'acteurs étant impeccables, le lecteur ressent les conséquences douloureuses des mises à l'épreuve. L'exagération comique étant manifeste, il n'arrive pas à prendre au sérieux les éléments plus liés à l'action. En fonction de son horizon d'attente et de sa connivence avec Terry Moore, il peut trouver le récit un peu schizophrénique (4 étoiles), ou bien très personnel et intense (5 étoiles).
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