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ISBN : 1092011463
Éditeur : Anacharsis (15/03/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Avec Le chien, la neige, un pied, Claudio Morandini compose un conte cruel, une de ces histoires fascinantes et terribles qu’on se raconte le soir à la veillée.

Adelmo Farandola vit seul dans son chalet perdu dans la montagne. Depuis un temps immémorial. Les années ont passé, identiques à elles-mêmes. Quoique. Adelmo Farandola n’a pas le souvenir très lucide. Les saisons s’empilent dans sa mémoire comme en un brouillard indistinct.
Une longue g... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Merik
19 avril 2017
Adelmo Farandola est un ermite.
Plutôt du genre dégoûtant, habitué qu'il est à s'envelopper de ses odeurs comme d'une « aura de chaleur ». Il faut dire que son environnement immédiat l'oblige à s'organiser, pour lutter avec efficacité contre les éléments, notamment le froid. C'est dans un chalet en pleine montagne aride qu'il vit Adelmo, dans un recoin sujet aux éboulis de terrain. Tout seul. Enfin plus vraiment maintenant, depuis qu'un chien l'a suivi, au retour d'une de ses pérégrinations bis-annuelles au village le plus proche. du coup il est moins solitaire, et peut même taper un brin de causette. Avec le chien, s'entend. Car il parle, le chien.
Adelmo a en effet ce don, d'entrer en communication avec des êtres ou des choses auxquelles on ne pense pas généralement, vous et moi. La faim, le froid, le sommeil, le chien...
Mais a-t-il encore toute sa tête Adelmo ? L'épicière du village est surprise de le voir deux fois en une semaine, le garde chasse semble douter. La 4eme de couv' aussi : « Adelmo Farandola n'a pas le souvenir très lucide ».
Alors inutile de vous dire que quand un pied est retrouvé, jaillissant des débris d'une avalanche, j'ai commencé moi aussi à me poser des questions, au vu de sa réaction.
On me l'a fait pas comme ça, à moi ^^
Voilà un court roman qui vire au mauvais rêve glauque et lancinant, une histoire frémissante comme une légende de vallée qu'on se raconterait d'un ermite, mais vécue de l'intérieur. Malgré les grands espaces enneigés alentour, l'atmosphère devient claustro, à rester en compagnie de cet Adelmo qui aime à s'encloîtrer, et dont la tête n'est plus très sûre :
« Adelmo Farandola ignore s'il a vraiment retrouvé le souvenir de cet événement dans le grand désordre de sa tête, s'il se l'est remodelé sur la base des ruminations des derniers jours, s'il a mêlé un de ses rêves avec le souvenir d'un événement réel ou s'il est encore en train de rêver – un long rêve exaspérant et pénible, qui le mettra de mauvaise humeur toute la matinée, même quand il l'aura oublié. »
Venant d'Italie où il a eu un joli prix, c'est la photo de une de ce livre qui m'a tilté en librairie, bien m'en a pris de m'être laissé tenter. En bonus « l'histoire de l'histoire » de l'auteur, une bonne idée de l'éditeur.
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lucia-lilas
01 avril 2017
Je ne sais d'où me vient ce goût pour les textes qui évoquent la vie d'hommes volontairement coupés du monde, dans les alpages, bloqués l'hiver et profitant de la belle saison pour faire des réserves. Moi qui aime la ville et les gens, me voilà fascinée par les ermites perdus au beau milieu de nulle part… Et à tous les coups, ça marche ! J'avais adoré le très beau livre de l'italien Paolo Cognetti le Garçon sauvage (Carnet de montagne) qui raconte l'histoire d'un garçon de la ville qui décide de tenter l'expérience de la solitude dans les hauteurs de la Vallée d'Aoste.
C'est encore d'un livre italien dont je vais vous parler et qui porte un titre qui m'a tout de suite conquise (pourquoi ? mystère !) : le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini chez Anacharsis. Comment définir ce texte ? L'auteur raconte dans une postface que l'oeuvre est née d'une rencontre dans la montagne : en effet, un jour qu'il grimpait, il reçut soudain une volée de pierres et de pommes de pin. Il leva la tête et découvrit un homme au regard sombre qui l'observait d'un air pas très aimable. L'homme était accompagné d'un chien. Au retour de son excursion, l'auteur interrogea les villageois de la vallée : qui était cet homme, comment vivait-il ? Personne ne semblait le connaître ni même se préoccuper de lui. L'année suivante, l'auteur suivit le même sentier en espérant rencontrer l'homme qui l'avait intrigué. Mais il ne vit personne.
De cette singulière expérience naquit une fiction : l'histoire d'Adelmo Farandola, un vieil homme qui, il y a bien longtemps de cela, avait voulu échapper à des militaires pendant la guerre. Alors, il s'était caché au coeur de la montagne, dans une espèce de galerie à peine plus large que son corps et avait attendu que les hommes en pardessus quittent la région. Et il n'était plus jamais redescendu.
Chaque année, avant l'hiver, Adelmo a pris l'habitude de se rendre à l'épicerie du village. On se moque de lui car il perd un peu la boule et traîne une sacrée odeur. Il ne s'est pas lavé depuis un bon bout de temps. La crasse tient chaud…
Il se charge de viande séchée, de saucisses, de vin et de beurre et remonte, lentement, jusqu'à son vieux chalet.
Un jour, il sent une présence à ses côtés : c'est un pauvre chien affamé et infesté de tiques qui le regarde. Adelmo le chasse et finit par le laisser entrer. S'il crève de faim cet hiver, il pourra toujours manger le chien. Finalement, l'homme et l'animal se trouvent bien ensemble : ils marchent, sont à l'affût des moindres odeurs, observent la vie qui grouille sur la montagne. Un soir, le chien se met à parler à Adelmo. Il a faim et demande à manger.
le roman se fait conte ou l'homme devient fou. Peut-être bien les deux… On ne sait pas. J'aime bien cette hésitation.
La nuit, tandis que le chalet est recouvert de neige, le bois craque, les bêtes hurlent, le silence est criblé de mille bruits inquiétants. « Les gens imaginent que la montagne enneigée est le royaume du silence. Mais la neige et la glace sont des créatures bruyantes, éhontées, moqueuses. » Adelmo parle aux bruits, se moque d'eux, les insulte…. Pour se rassurer certainement…
L'hiver est long : « Suis-je fou ? » demande Adelmo à son chien. « - Disons que tu es un peu bizarre, oui. - C'est à cause des lignes à haute tension. le chien lève la tête, ne les voit pas « Quelles lignes ? - Celles de quand j'étais petit. »
Le printemps arrive, homme et bête sortent respirer un peu, observer les têtards, chasser le chamois. le chien se plaint d'une odeur un peu forte. Un jour de dégel, sous un amas de neige, apparaît… un pied. Il faudra attendre encore quelques jours pour savoir à qui il appartient. Dans tous les cas, un pied, c'est toujours un peu embarrassant surtout quand on ne sait pas comment il est arrivé là…
Le chien, la neige, un pied est une histoire étrange et fascinante, de celles que l'on se racontait autrefois le soir au coin du feu : une légende de la montagne et des êtres solitaires qui l'habitent. C'est un texte qui tient du conte et du récit fantastique. L'écriture (et sa merveilleuse traduction) évoque très subtilement ce monde fait de silence et de bruits ténus, la poésie qui émane de la beauté sauvage de la nature.
Les dialogues entre l'homme et le chien sont à la fois irrésistibles de drôlerie et empreints d'une immense tendresse. C'est désespéré et cocasse à la fois.
Un grand plaisir de lecture…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Walden-88
28 mars 2017
Adelmo Farandola est un vieil homme qui depuis des années vit tel un ermite dans son chalet. Il n'aime pas trop la compagnie, allant même jusqu'à s'installer dans une petite cabane perdue dans la montagne pour fuir les randonneurs l'été. Sans parler de cet enquiquineur de garde-chasse avec sa fausse sympathie et ses questions indiscrètes. Adelmo Farandola quitte sa solitude le temps d'une journée où il descend au village. Il doit faire des provisions pour tenir tout l'hiver. Il ne fait guère attention à la gérante du magasin qui lui affirme l'avoir vu la veille. Alors qu'il regagne sa tanière, il se rend compte que la grange est pleine de vivres et que la femme ne lui a pas joué un mauvais tour.
"Oh Adelmino tu perds la boule" voilà ce qu'on pourrait lui dire si seulement il avait un ami. Mais j'y pense, il n'est plus seul ! Entre-temps, il a rencontré un vieux chien, qui l'a suivi, bravant les interdictions du vieil homme, les jets de cailloux et les coups de pieds. Ce chien va devenir son compagnon pendant de longs mois, au fil du temps, le chien aide l'homme à se souvenir des événements de la veille qui sont de plus en plus confus dans son esprit. Ils entretiennent même des conversations tous les deux et partagent le triste sort que leur fait endurer cet hiver interminable.
Jusqu'au jour où le printemps pointe le bout de son nez, amenant avec lui, une découverte bien étrange : celle d'un pied humain dans la neige. A qui appartient t-il ? Adelmo Farandolo est-il le responsable ? Un roman court mais puissant sur la condition de l'homme et la solitude qui peut parfois le faire sombrer dans la folie. Bien que l'histoire et le sujet ne soient pas les mêmes, ce petit conte m'a étrangement fait penser à l'excellent Les jours, les mois, les années de Yan Lianke.
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Corboland78
17 juillet 2017
Né en 1960 à Aoste en Italie, Claudio Morandini, écrivain et enseignant en lettres modernes, est auteur de pièces de théâtre et radiophoniques, de contes et de romans. Sixième roman de l'écrivain mais premier traduit en français, le Chien, la neige, un pied vient de paraître.
Adelmo Farandola vit en ermite dans un chalet isolé planqué dans la montagne. Il ne se lave plus depuis longtemps, fuit le monde, n'a de contacts avec personne, si ce n'est quand il descend à l'épicerie du village faire quelques courses de temps en temps. Un jour un chien errant s'accroche à ses basques et s'invite chez lui contre son gré, bientôt l'animal et l'homme vont avoir des conversations ; il faut dire qu'Adelmo perd un peu les pédales, c'est « le grand désordre de sa tête » qui lui cause des hallucinations. Retranchés dans le chalet enfoui dans la neige, l'homme et le chien attendent la fin de l'hiver et quand débute le dégel, émerge d'une avalanche le pied d'un homme…
Roman rural et éthéré, un poil mystérieux puisqu'on ne sait jamais très bien s'il faut prendre au pied de la lettre ce que l'on lit, ou bien si ce ne sont que les délires d'un pauvre homme retranché dans sa solitude. Petit à petit l'écrivain nous permet de reconstituer une partie du puzzle qu'est la vie passée d'Adelmo. Puis arrive ce pied, à qui appartient-il ? Me croyant malin j'avais élaboré une hypothèse qui s'avèrera fausse – et c'est tant mieux car le roman eut été niais.
Un texte court, joliment écrit et assez intrigant pour ne pas le lâcher avant la fin. Seule critique – mais qui peut se discuter – le dernier chapitre, où l'écrivain explique l'origine de l'idée donnant naissance à ce roman, elle ramène le récit achevé au réel, ce qui lui ôte toute sa part d'onirisme. J'ai trouvé cela bien dommage… Un atterrissage forcé pour le monde flottant dans lequel l'auteur nous avait joliment embarqués.
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Bellonzo
04 juin 2017
Il est des petits livres, 140 pages, qui sont des merveilles. Claudio Morandini est un auteur italien né en 1960, né en Val d'Aoste, donc en Italie montagnarde et le chien, la neige, un pied ne quitte pas non plus les hauteurs alpines. Evidemment j'ai pensé à Dino et Mario, deux de mes auteurs de chevet. Et je trouve que c'est assez cohérent, Morandini peut apparaître partiellement comme un héritier de ces conteurs hors pair, Buzzati et Rigoni Stern. Avouez que la barre est haut placée, normal pour ces écrivains alpinistes.
Adelmo Farandola vit seul, âgé, reclus, mémoire défaillante, dans un chalet perdu avec son fusil et quelques fruits dans l'étable. Dans cette totale solitude sa misanthropie était prévisible. Ce vieux ronchon, plutôt muré, d'ailleurs il descend à peine au bourg pour quelques modestes provisions. Les très rares visiteurs sont mal reçus. C'est qu'il a la grisaille agressive, l'Adelmo. Si je me souviens bien Mario Rigoni Stern c'est tout à fait le contraire, ses montagnards (souvent inspirés de lui-même) cultivent encore le goût des autres et un certain parfum d'humanité.
Mais voilà que l'arrivée d'un chien, plutôt moche, vieux lui aussi, change un peu la donne. Un peu seulement car Adelmo n'est pas dans le genre bras ouverts et le quadrupède aura plus de coups de pied que de d'os à ronger. Qu'importe car il est bavard ce chien (Buzzati aussi a mis en scène des chiens, parfois dotés de la parole). Ils passent comme ci comme ça le plus gros de l'hiver. La crasse tient lieu de manteau à Adelmo et le chien finit par obtenir quelque pitance.
Troisième intervenant, à la fonte des neiges, un pied. Un pied humain qui dépasse du sol. Ce peid appartient bien à quelque corps. Et quel corps? Mémoire défaillante Adelmo aurait-il tué un garde ou un randonneur? Curieuses interrogations du vieillard presque sénile et du chien disert. Vous croyez au moins à une histoire d'amitié entre l'homme et l'animal? Avez-vous raison? C'est un joli conte assez cruel, en absurdie, qui s'accomode fort bien de la concision. Et qui frôle bien souvent la poésie et le surralisme. Un très beau moment. Je vais me renseigner sur ce Morandini.
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Les critiques presse (1)
Telerama26 avril 2017
On aimerait en lire davantage du même auteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
Corboland78Corboland7817 juillet 2017
A sa manière, c’est un chien sage, ou peut-être est-il seulement vieux, et son attitude désabusée n’est-elle due qu’à ses forces qui l’abandonnent. Des fois, pour le récompenser de cette résignation, Adelmo Farandola le laisse entrer dans la maison, où le chien renifle tout, avidement. L’homme ne sent plus rien depuis un moment. Depuis qu’il a arrêté de se laver il est anesthésié à ses propres odeurs, et les pets qu’il lance la nuit sous les couvertures ne sont que de chaudes caresses, qu’il cultive avec une alimentation adéquate.
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Video de Claudio Morandini (1) Voir plusAjouter une vidéo
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