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EAN : 9782714481726
Belfond (05/09/2019)
3.59/5   35 notes
Résumé :
Traumatismes de guerre, déracinement, écartèlement entre deux cultures... Mais aussi crise conjugale, visites de fantômes, découverte de l'homosexualité et choc des générations... Après le retentissement mondial du Sympathisant, Viet Than Nguyen brosse le portrait tout en finesse de réfugiés dans un recueil de nouvelles époustouflantes de justesse.

Californie, années 1980-1990. Une ghost writer qui reçoit la visite du fantôme de son frère mort vingt-c... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique

En 2017 sortait en France le Sympathisant, qui était l'oeuvre de l'auteur amérasien Viet Thanh Nguyen, auréolé du prix Pulitzer 2016. Ce roman ample et dense avait l'ambition formidable de traiter de la guerre du Vietnam et de porter un regard inédit sur les vietnamiens loin d'Apocalypse Now et autre Platoon où ils étaient souvent de simples silhouettes sans incarnation.

Avant d'écrire ce roman, Viet Thanh Nguyen avait publié aux USA un recueil de nouvelles "Les Réfugiés "qui n'arrivent qu'en cette rentrée littéraire en France.et qui est animé du même esprit que son roman écrit plus tard: celui de rendre un visage et à une humanité à cette population vietnamienne liée étroitement à l'histoire des USA

Les huit nouvelles que composent "Les réfugiés " abordent des thèmes comme le déracinement, les impacts de la guerre du Vietnam, le choc culturel éprouvé dans un nouveau pays.

On apprécie particulièrement la nouvelle L'autre homme où on suit un jeune asiatique, Liem, qui a fuit Saïgon pour San Fransico et qui a beaucoup de mal à trouver ses repères.

Mais au dela de la question de l'intégration et et de l'immigration, Viet Thanh Nguyen réussit la prouesse d'insuffler à ses nouvelles des réflexions qui toucheront un plus large public en abordant des problématiques universelles comme le cheminement intérieur et les parcours de vie que tout un chacun fait à un moment de sa vie, ou bien encore les non dits qui obstruent des relations de couple ou familiales.

Viet Thanh Nguyen possède une faculté d'évocation peu commune et une plume aussi élégante que racée qui offre un bien bel hommage à tous les déracinés qui vivent sur cette planète.

"L'anti dépresseur ne faisait que restaurer en lui un sentiment de normalité. Pourquoi se demandait Arthur avait il besoin d'une pilue pour cela?" ( La greffe)

UN grand merci aux éditions Belfond et à Babelio pour la masse critique littérature de septembre !


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Repéré au titre, parce qu'il s'agissait en y regardant de près des réfugiés de la guerre du Vietnam, et que tout ce qui touche à cette période m'intéresse au plus haut point. L'auteur, Vietnamien né en 1971 et réfugié aux Etats-Unis après la chute de Saïgon, s'est fait remarquer avec 𝐿𝑒 𝑆𝑦𝑚𝑝𝑎𝑡ℎ𝑖𝑠𝑎𝑛𝑡 (traduit chez Belfond en 2017), prix Pullitzer 2016 entre autres, et comparer à John le Carré et Saul Below. Dans ce roman que je n'ai pas lu, on lui prête une reconstitution minutieuse, ambitieuse, des années 75-80 du Vietnam jusqu'en Californie, une fresque politique et palpitante.

Je me penchai alors sur ces huit nouvelles avec gourmandise, et fus largement rassasiée.

D'abord, parce que ce que la presse française rapide et monomaniaque s'empressera de faire, comme l'ont fait les américains immédiatement si j'en juge la revue de presse imprimée en rabat, à savoir alarmer et pleurer, militer et trépigner, Viet Thanh Nguyen ne le fait pas. Jamais. Pas une ligne qui ne soit détournée de son patient travail de précision, de détail, de subtiles touches de vie animant une communauté que l'on ne regarde pas : la diaspora vietnamienne.

Ensuite, parce qu'on se trouve en présence de personnages de tous genres, têtus, fiévreux, pénibles, à côté de la plaque, sensibles, très loin de tout manichéisme, construits, tissés solidement dans une économie de pages, sous des termes pesés et sans esbroufe, j'allais dire, liquides entre les mains, dont on peinera à citer quelque passage que ce soit, la soustraction d'un extrait le rendant immédiatement insipide et privé d'âme, la magie tenant dans chaque ensemble composé.

Enfin parce qu'à l'instar d'un Coetzee dans ses nouvelles contenues dans 𝐿'𝐴𝑏𝑎𝑡𝑡𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑒 𝑣𝑒𝑟𝑟𝑒, paru exactement l'année dernière - dans un style fort différent -, la préoccupation centrale de notre auteur est de nous faire emprunter nos tunnels familiaux les plus enfouis, de déblayer nos empêchements et nos frustrations, de nous prendre délicatement par la main pour nous embarquer sur un cargo bien loin de tout sensationnalisme, vers les terres chargées de sang fier, frappé de malheur, qui nous attendent. Quel que soit le temps que cela nous prendra.

Une lecture douce, discrète, sans effet de manche, qui vous tient bien le corps, bellement traduite par Clément Baude (les épreuves non corrigées n'ont presque aucune faute, d'ailleurs)

Parution le 5 septembre.

En parallèle paraît, du même auteur chez le même éditeur, à la même date, 𝐽𝑎𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑛𝑒 𝑚𝑒𝑢𝑟𝑡. 𝑉𝑖𝑒𝑡𝑛𝑎𝑚, 𝑚𝑒́𝑚𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑔𝑢𝑒𝑟𝑟𝑒, essai finaliste du National Book Award, for those who care 'bout that. Je le lirai sans doute.

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Viet Thanh Nguyen est décidément très doué pour mettre des mots sur des émotions complexes.

J'avais déjà beaucoup aimé "Le sympathisant" de lui que j'avais trouvé très réussi et ce recueil de huit nouvelles écrit antérieurement est dans la même veine.

Nous y découvrons la vie de réfugiés aux États-unis après la guerre du Vietnam, leurs peurs, leur (tentative d') adaptation, les difficultés rencontrées, l'exil, la tristesse d'être loin des leurs et de leur pays. Nous suivons certains personnages très débrouillards, d'autres qui ne savent pas exprimer ce qu'ils ressentent. La jeune génération ne comprend d'ailleurs pas toujours leurs parents et vice-versa, par manque de dialogue. La plupart d'entre eux doivent faire face à leurs démons intérieurs pour essayer de trouver la paix. La paix avec les leurs et avec leur histoire.

Ces huit nouvelles sont donc un très beau condensé d'émotions décrites avec une plume agréable.

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Très beau recueil de nouvelles sur le déracinement, la fuite, l'exil, la résilience, la confrontation entre deux cultures. Une belle réflexion sur ces personnes qui vivent entre deux mondes et qui doivent s'adapter à la réalité d'une société en perte de repères, de valeurs et de sens pour beaucoup d'entre elles, comme pour beaucoup d'entre nous. A travers ces nouvelles, l'auteur nous invite à découvrir des parcours, des vies, des personnalités différentes mais qui toutes se retrouvent sur la difficulté de faire face à cette double culture, à ce grand écart entre deux mondes. Un monde où ils peinent à trouver leur place et leur identité et un monde qui devient un souvenir idéalisé d'une vie d'avant avec ses codes, ses valeurs, ses propres références culturelles et familiales.

Une belle écriture, une ambiance empreinte de nostalgie et de mélancolie et des caractères travaillés et attachants qui nous donnent envie de nous plonger dans ce monde en suspension, ces vies entre parenthèses et dans ces histoires où les fantômes retrouvent les vivants pour les aider à avancer sur le chemin de la rédemption et de la résilience. Un recueil sur la perception des souvenirs, ce qu'il en reste une fois que le deuil, la perte, le chagrin a tracé sa route dans les mémoires et dans les coeurs… A travers ces vies brisées, ces histoires de famille, ces personnages à demi effacés qui hantent les pages de ce livre, on découvre le droit à l'oubli, le droit à la renaissance, le droit à la vie tout simplement. A travers toutes les histoires de ces hommes et de ces femmes, l'auteur parle d'une guerre, d'un pays, d'un drame humain, sans jamais vraiment le nommer. A aucun moment on tombe dans le pathos, dans le sordide, dans la surenchère de détails… et pourtant tout est écrit, en filigrane, comme ces morceaux de vies esquissés, cette vie d'avant, ailleurs, sur une terre qui n'est plus qu'un vague souvenir.

Chaque nouvelle retrace la vie d'une famille, d'un personnage… Si certains essaient de s'en sortir en acceptant les codes et les usages d'une société qui n'est pas la leur et en essayant de faire table rase du passé, d'autres essaient tant bien que mal de conserver au fond d'eux cette petite part de leur histoire, voire d'aller à la rencontre de ce pays si souvent rêvé, de ces parents restés là-bas, de cette culture qui n'est plus vraiment la leur. Certains ont décidé d'oublier et d'autres au contraire vivent encore et encore leur histoire, à travers leurs souvenirs et leurs fantomes. Mais sauront-ils un jour trouver la paix ?

Un grand merci au traducteur qui a su recréer cette atmosphère douce-amère et partager avec les lecteurs ces esquisses de vie.

A lire sur le blog :


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Des nouvelles qui laissent les émotions suspendues. Que l'auteur choisit de laisser suspendues. Comme ce recueil qui n'est lui aussi que points de suspension. D'un sujet que je n'avais jamais eu l'occasion de lire (ni de voir au cinéma ou autre, d'ailleurs). Celui des réfugiés ou exilés Vietnamiens. Leurs petites histoires, leurs décalages, des pépites de vécus.

La littérature abonde de livres dans ce genre pour les exilés Juifs aux Etats-Unis, par exemple, comme Bashevis Singer. Mais rien pour les Vietnamiens, alors que la guerre du Vietnam a tellement vu de productions diverses. Cet angle-ci je ne le connaissais pas. C'est donc intéressant, pour moi.

Et le style y est aussi. C'est amusant, décalé, original sans être perturbant non plus, sans être culturellement inaccessible (pas besoin d'une connaissance approfondie, et le texte n'est pas du tout un amas d'éléments culurels.) C'est une finesse du quotidien, de petites touches. Qui montrent une différence.

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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   14 octobre 2019
Tel que son titre le laisse entendre, les huit nouvelles qu’il renferme dressent le portrait d’hommes et de femmes qui ont fui le Vietnam pour se réfugier aux États-Unis. [...] Des histoires qui font réfléchir et qui, oui, ont régulièrement réussi à nous ébranler.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Liem ne savait pas trop si Marcus voulait parler de la trahison de son amant, des projets de son père ou de l'argent de Parrish. ce Qu'il voulait savoir c'est ce que signifiait une " image crue". Marcus se contentait de faire son thé, visiblement sans attendre de réponse ( L'autre homme)
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S'il aimait tant voler, il y avait une bonne raison à cela.presque tout semblait plus beau de loin. La planète devenait toujours plus parfaite à mesure que l'on montait et que l'on voyait le monde à travers les yeux de Dieu. Les taudis et les palais des hommes disparaissaient, les somments et les vallées de la géographie s'estompaient pour devenir de simples coups de pinceau sur un globe divin.
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Devenir de plus ne plus bête était une des conséquences de l'âge auxquelles il n'était pas préparé. L'âge était censé apporter de la sagesse mais il ne savait pas trop à quoi ressemblait la sagesse. En revanche, il savait que l'intelligence était une combustion constante des synapses et le cerveau une mitrailleuse Gatling à six canons. Aujourd'hui, son esprit ne se servait plus que d'un ou deux canons pour envoyer des pensées : il n'avait jamais été aussi lent depuis l'époque où Claire et William étaient des nouveaux-nés, quand leurs besoins nocturnes l'arrachaient à son sommeil.
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Les histoire sont de simples inventions de notre part, rien de plus. Nous les cherchons dans un monde parallèle au notre, puis nous les laissons sur place, vêtements laissés par des fantômes.
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"Mais je sais qu'il n'est pas facile à aimer.
- Une femme ne peut pas tomber amoureuse d'un homme pour qui elle a de la peine. Si ?
- Je ne sais pas. Je ne suis jamais tombée amoureuse."
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